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Le sens de l'hospitalité (1995-2001)
Cette enquête d’Anne Gotman étudie les pratiques et représentations de l’hospitalité dans les sociétés urbaines. Sont comparées différentes formes d’hospitalité, domestique, associative ou d’Etat. Elle agrège plusieurs terrains menés entre 1997 et 1999 en région parisienne et lyonnaise et portant sur des personnes ayant vécu des expériences d’accueil de membres de leur entourage (hospitalité domestique), de réfugiés du Kosovo (hospitalité d’Etat) ou de malades du Sida (hospitalité associative). Sont contrastés l’accueil individuel d’hôtes connus et l’accueil individuel ou collectif d’hôtes inconnus dans le cadre d’une action collective. Les données de l’enquête reposent principalement sur un corpus de 31 entretiens qui ont été conservés, et sur des observations du lieu de halte Arc-en-Ciel dépendant de l’association AIDES, à Paris. L’ouvrage éponyme de 2001, mêlant approche sociologique, historique et littéraire, décrit les transformations et les permanences de cette pratique. Anne Gotman y montre en quoi l’hospitalité est une épreuve sociale liée à la construction et à la gestion du rapport à l’Autre - du proche à l’étranger en passant par l’inconnu recommandé. Elle étudie les règles encadrant cette épreuve : le don comme moyen et fin de l’hospitalité, dans une relation de réciprocité différée ; le travail de régulation de la situation asymétrique entre accueillant et accueilli, générateur de tension dans les sociétés égalitaires actuelles ; le travail de pacification des malentendus ou conflits naissant de la tension entre désir d’égalité et persistance de rapports de force asymétriques, ou d’attentes différentes entre hôtes ; les tensions entre accueil et confinement et les gestion de la bonne distance. Plus généralement l’enquête souligne les contradictions entre logiques privée, marchande, associative, ou d’Etat organisant les pratiques contemporaines d’hospitalité
Sondage de Sortie des Urnes, 1er tour Présidentielles 1995
Le Sondage Sortie des Urnes (SSU) est un sondage de grande ampleur réalisé le jour même des scrutins électoraux, à la sortie des bureaux de vote. Les SSU permettent de comprendre les clefs sociologiques et politiques significatives d'un scrutin et constituent en ce sens une véritable radiographie du corps électoral. S'agissant de l'élection présidentielle, les Sondages Sortie des Urnes livrent des informations précieuses sur les dimensions suivantes : - les contours socio-démographiques et politiques du vote (qui a voté pour qui ?) ; - les motivations du vote des électeurs (quel enjeu a conditionné le vote en faveur de quel candidat ?) et aussi les conditions de détermination du vote (à quel moment les électeurs se sont-ils décidés ?) ; - les itinéraires de vote et les comportements électoraux ; - les attentes des électorats par rapport aux candidats ; - les intentions de vote pour le second tour et les attentes des électorats face à l'après présidentielle (choix du Premier ministre, composition souhaitée du gouvernement, premières mesures attendues...). Mais cet instrument d'analyse sociologique et politique comporte toutefois une limite claire : il ne permet en aucun cas de donner des indications fiables sur les résultats de l'élection compte tenu du nombre de personnes refusant de répondre et de la relative sincérité des réponses données. Un SSU n'a par conséquent pas la même fiabilité qu'une estimation des résultats, ni même qu'un sondage classique, réalisé d'après la méthode des quotas. Les fichiers de Sondages de Sortie des Urnes de 1995 sont conservés au CDSP, mais le questionnaire original n'a pas pu être retrouvé. La documentation est donc principalement la documentation réalisée par la BDSP en 1995, considérée comme faisant foi. Les variables n'étant pas documentées sont indiquées. L'intérêt historique de ces fichiers de données a cependant paru justifier leur inclusion dans les archives disponibles du CDSP, et ce d'autant plus que l'élection de 1995 a été parmi les premières à éveiller des débats importants autour de la validité et de l'utilité des sondages d'opinion.
The Sondage Sortie des Urnes (SSU - exit poll) is a large-scale poll conducted at the exit from polling stations on the day of voting. SSUs are a way to understand the key significant sociological and political factors affecting a ballot and in this respect constitute a kind of x-ray of the electorate. For the presidential election, the SSUs provide valuable information on the following elements: - the sociodemographic and political outlines of the vote (who voted for whom?); - the voting motives of the electorate (what issues affect the vote in favour of which candidate?) and also the conditions of voting decisions (at what point did the voters decide?); - the pathways to voting decisions and electoral behaviours; - what voters expect of the candidates; - voting intentions for the second round and voters’ expectations for the post-electoral phase (choice of Prime Minister, preferences for the composition of the government, first measures awaited…). However, this instrument of sociological and political analysis has one clear limitation: it in no way provides reliable indications on the election results, given the number of people who refuse to answer and uncertainty over the sincerity of the answers given. As a result, a SSU is not as reliable as an estimate of results, or even a conventional poll conducted using the quota method. The 1995 SSU files are kept at the CDSP, but the original questionnaire could not be found. The documentation is therefore mainly that produced by the BDSP in 1995, which is considered authentic. The variables that are not documented are identified. The historical value of these data files nevertheless seemed to justify their inclusion in the CDSP’s available archives, especially as the 1995 election was one of the first to trigger significant debates around the validity and utility of opinion polls
Sondage de Sortie des Urnes, Second tour Présidentielles 1995
Le Sondage Sortie des Urnes (SSU) est un sondage de grande ampleur réalisé le jour même des scrutins électoraux, à la sortie des bureaux de vote. Les SSU permettent de comprendre les clefs sociologiques et politiques significatives d'un scrutin et constituent en ce sens une véritable radiographie du corps électoral. S'agissant de l'élection présidentielle, les Sondages Sortie des Urnes livrent des informations précieuses sur les dimensions suivantes : - les contours socio-démographiques et politiques du vote (qui a voté pour qui ?) ; - les motivations du vote des électeurs (quel enjeu a conditionné le vote en faveur de quel candidat ?) et aussi les conditions de détermination du vote (à quel moment les électeurs se sont-ils décidés ?) ; - les itinéraires de vote et les comportements électoraux ; - les attentes des électorats par rapport aux candidats ; - les attentes des électorats face à l'après présidentielle (choix du Premier ministre, composition souhaitée du gouvernement, premières mesures attendues...). Mais cet instrument d'analyse sociologique et politique comporte toutefois une limite claire : il ne permet en aucun cas de donner des indications fiables sur les résultats de l'élection compte tenu du nombre de personnes refusant de répondre et de la relative sincérité des réponses données. Un SSU n'a par conséquent pas la même fiabilité qu'une estimation des résultats, ni même qu'un sondage classique, réalisé d'après la méthode des quotas. Les fichiers de Sondages de Sortie des Urnes de 1995 sont conservés au CDSP, mais le questionnaire original n'a pas pu être retrouvé. La documentation est donc principalement la documentation d'époque, considérée comme faisant foi. Les variables n'étant pas documentées sont indiquées. L'intérêt historique de ces fichiers de données a cependant paru justifier leur inclusion dans les archives disponibles du CDSP, et ce d'autant plus que l'élection de 1995 a été parmi les premières à éveiller des débats importants autour de la validité et de l'utilité des sondages d'opinion.
The Sondage Sortie des Urnes (SSU - exit poll) is a large-scale poll conducted at the exit from polling stations on the day of voting. SSUs are a way to understand the key significant sociological and political factors affecting a ballot and in this respect constitute a kind of x-ray of the electorate. For the presidential election, the SSUs provide valuable information on the following elements: - the sociodemographic and political outlines of the vote (who voted for whom?); - the voting motives of the electorate (what issues affect the vote in favour of which candidate?) and also the conditions of voting decisions (at what point did the voters decide?); - the pathways to voting decisions and electoral behaviours; - what voters expect of the candidates; - voting intentions for the second round and voters’ expectations for the post-electoral phase (choice of Prime Minister, preferences for the composition of the government, first measures awaited…). However, this instrument of sociological and political analysis has one clear limitation: it in no way provides reliable indications on the election results, given the number of people who refuse to answer and uncertainty over the sincerity of the answers given. As a result, a SSU is not as reliable as an estimate of results, or even a conventional poll conducted using the quota method. The 1995 SSU files are kept at the CDSP, but the original questionnaire could not be found. The documentation is therefore mainly that produced by the BDSP in 1995, which is considered authentic. The variables that are not documented are identified. The historical value of these data files nevertheless seemed to justify their inclusion in the CDSP’s available archives, especially as the 1995 election was one of the first to trigger significant debates around the validity and utility of opinion polls
Baromètre nucléaire (1995)
Le Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA/IPSN/LSEES) et Électricité de France (EDF/DER) ont développé de concert, dans les années 1975, une recherche sur les ressorts du débat nucléaire. Elle a conduit à la mise en place en 1977 d'un système très particulier d'enquêtes et à la création de l'association Agoramétrie (Jean-Pierre Pagès et Karl Van Meter). Les 29 enquêtes nationales réalisées entre 1977 et 2005, dans le même esprit et en respectant les mêmes procédures, ont permis de constater que le débat public, sur l'ensemble des thèmes qui font controverse au niveau national, s'organise toujours, quelle que soit l'époque, autour des mêmes structures. Trois périodes doivent être distinguées dans la recherche menée au nom d'Agoramétrie : - 1974-1976 : la période « Héroïque ». Des petites enquêtes par entretien et par sondage sur l'opinion et le nucléaire ont été menées par le Laboratoire de Statistiques et d'Etudes Economiques et Sociales (CEA/IPSN/LSEES) en relation avec l'Institut de Statistique des Universités de Paris (ISUP) et l'Université de Grenoble. Ce sont ces enquêtes préliminaires, dont les données ne sont pas disponibles, qui sont à l'origine de la création d'Agoramétrie et de la mise en place de son système d'enquêtes. Il était apparu que le nucléaire était, au niveau des opinions, loin d'être une énergie comme les autres. Étant l'objet d'une controverse politico-médiatique, il devait être analysé par comparaison, non pas avec les autres énergies, mais avec les autres controverses qui agitaient au même moment l'espace public. Au delà des opinions sur le nucléaire et de leur évolution, la compréhension du débat public autour de tout ce qui fait controverse a donc été retenue comme principal objectif de la recherche à Agoramétrie. Inspirée des travaux de Gabrielle Tarde et de Pierre Bourdieu, l'approche du débat public alors empruntée peut être qualifiée de « structuralo-constructiviste ». - 1977-1991: la période « Structures de l'opinion publique ». Les 13 enquêtes annuelles qui ont été réalisées (les données recueillies lors de la petite enquête de juin 1981 ont été perdues) portent en priorité sur le débat public autour de l'ensemble de toutes les controverses politico-médiatiques. Il s'agit d'en étudier les structures. Le nombre d'entretiens, d'une durée moyenne d'une demi-heure, varie entre 1 000 à 2 000 environ d'une enquête à l'autre. Ce sont les structures dégagées en mars 1981 qui ont servi par la suite à Agoramétrie de « structures de référence » : pour se « recaler » sur ces structures, la « méthode de la greffe » a été mise au point. - 1992-2005: la période « Baromètre nucléaire ». Suite aux bons résultats obtenus entre 1977 et 1991, une place beaucoup plus grande a été réservée aux opinions sur le nucléaire dans les questionnaires des 16 enquêtes qui ont été réalisées entre mars 1992 et décembre 2005. Il faut distinguer ici deux types d'enquêtes : 1. Les enquêtes « approfondies » (enquêtes « point zéro » ou « de recalage ») qui permettent de replacer toute controverse, dont le nucléaire, dans les structures extraites précédemment. Faites environ tous les cinq ans, elles reposent sur 2 000 entretiens environ, d'une durée moyenne de une heure. 2. Les enquêtes légères ou « de suivi » qui comptent deux fois moins d'entretiens, de durée moyenne deux fois moindre. Si les questionnaires évoluent d'une enquête à l'autre, des précautions sont prises pour éviter autant qu'il est possible les « effets de halo ». L'enquête « Les structures de l'opinion 1977 » est la première enquête du dispositif (hors enquêtes préliminaires). Elle prend en compte 56 controverses politico-médiatiques, 24 arguments nucléaires et 21 propositions sur l'image des services publiques. Le sondage est réalisé par la SECED qui a la responsabilité des interviews (1000 interviews réalisées).
In 1975, the Atomic Energy Commission (CEA/IPSN/LSEES) and Électricité de France (EDF/DER) together developed research on the ebbs and flows of the nuclear debate. This led in 1977 to the establishment of a very specific set of surveys and to the creation of the Agoramétrie Association (Jean-Pierre Pagès and Karl Van Meter). The 29 national surveys conducted between 1977 and 2005, from the same perspective and using the same procedures, led to the conclusion that public debate – about every topic that attracts nationwide controversy, and regardless of the era – is always organised around the same structures. The research conducted on the part of Agoramétrie can be divided into three periods: 1974-1976: the “Heroic” period. Small surveys based on interviews and opinion polls on nuclear power were conducted by the Laboratory of Economic and Social Statistics and Studies (CEA/IPSN/LSEES) together with the Paris Universities Institute of Statistics (ISUP) and the University of Grenoble. It is these preliminary surveys, for which the data are not available, that led to the creation of Agoramétrie and the establishment of its system of surveys. It had become apparent that nuclear power was, for public opinion, much more than just another source of energy. As a subject of politico-media controversy, it needed to be analysed not by comparison with other energy types, but by comparison with other controversies that were stirring up public debate at the same time. Beyond people’s changing opinions about nuclear energy, understanding the public debate around all sources of controversy thus became the main objective of research at Agoramétrie. Inspired by the work of Gabrielle Tarde and Pierre Bourdieu, the approach to public debate thus adopted can be described as “structural-constructivist”. 1977-1991: the “Structures of Public Opinion” period. The 13 annual surveys that were conducted (the data collected in the small survey of June 1981 have been lost) primarily focus on the public debate around politico-media controversies as a whole, for the purpose of studying study their structures. The number of interviews, lasting an average of half an hour, varied between 1000 to 2000 from one survey to another. It was the structures identified in March 1981 that were subsequently used by Agoramétrie as “reference structures”: in order to “realign” with these structures, the “graft method” was developed. - 1992-2005: the “Nuclear Barometer” period. Following the good results achieved in 1977 and 1991, a much greater role was assigned to opinions on nuclear power in the questionnaires for the 16 surveys conducted between March 1992 and December 2005. Two types of survey need to be distinguished here: 1. “In-depth” surveys (“point zero” or “reset” surveys) used to re-situate any controversy, including the nuclear controversy, within the previously identified structures. Conducted approximately every five years, they were based on around 2000 interviews lasting an average of one hour. 2. Light or “tracking” surveys, consisting of half as many interviews, each lasting an average of half an hour. While the questionnaires changed from one survey to the next, precautions were taken to as far as possible avoid “halo effects”. The “1977 Opinion Structures” survey is the first survey in the set (excluding preliminary surveys). It covers 56 politico-media controversies, 24 nuclear arguments and 21 suggestions on the image of the public services. The poll was carried out by SECED, which was responsible for the interviews (1000 interviews conducted)
Avec ceux du FN (1995-2003)
Enquête de Daniel Bizeul sur les militants du Front national. Il y décrit le travail de propagande et de mobilisation accompli par les membres d’un parti faisant figure d’ennemi politique et objet de répulsion y compris au sein de la communauté académique. En immersion ethnographique, il s’intéresse à un aspect du Front national peu étudié : les actions directement engagées par les membres d’une organisation en vue de convaincre, de recruter, de mobiliser. Le terrain, réalisé entre 1996 et 2003, a été mené principalement au sein d’une association caritative satellite du parti ainsi qu’auprès de cadres du siège national, de militants du Front national des jeunes et de militants de la section d’un arrondissement parisien. Les matériaux collectés se composent de 71 notes d’observation et de 28 entretiens. De la documentation a aussi été compilée, dont de nombreux articles de presse qui n’ont pas été joints au corpus. L’analyse, thématique, se fonde sur l'identification d’une trentaine de thèmes eux-mêmes composés de sous-thèmes. Les résultats publiés dans un ouvrage paru en 2003 invitent à reconsidérer plusieurs idées reçues sur ce parti. Rompre d’abord avec l’idée que l’engagement au FN s’explique avant tout ou uniquement par l’adhésion à des préjugés racistes et xénophobes. Rompre ensuite avec l’idée d’une homogénéité des militants ; ils forment un conglomérat d’expériences socio-historiques, de milieux socio-économiques et de positions idéologiques ayant peu en commun. Ces expériences ne sont pas réductibles à un même mouvement psychologique, comme le ressentiment. Un important travail d’unification est assuré par le parti autour de la diffusion ou du renforcement d’un sentiment de déni de justice. Le déclassement social et l’exacerbation des luttes de classement qu’il implique constituent un ressort sociologique important de l’adhésion au Front national
Baromètre nucléaire (1994)
Le Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA/IPSN/LSEES) et Électricité de France (EDF/DER) ont développé de concert, dans les années 1975, une recherche sur les ressorts du débat nucléaire. Elle a conduit à la mise en place en 1977 d'un système très particulier d'enquêtes et à la création de l'association Agoramétrie (Jean-Pierre Pagès et Karl Van Meter). Les 29 enquêtes nationales réalisées entre 1977 et 2005, dans le même esprit et en respectant les mêmes procédures, ont permis de constater que le débat public, sur l'ensemble des thèmes qui font controverse au niveau national, s'organise toujours, quelle que soit l'époque, autour des mêmes structures. Trois périodes doivent être distinguées dans la recherche menée au nom d'Agoramétrie : - 1974-1976 : la période « Héroïque ». Des petites enquêtes par entretien et par sondage sur l'opinion et le nucléaire ont été menées par le Laboratoire de Statistiques et d'Etudes Economiques et Sociales (CEA/IPSN/LSEES) en relation avec l'Institut de Statistique des Universités de Paris (ISUP) et l'Université de Grenoble. Ce sont ces enquêtes préliminaires, dont les données ne sont pas disponibles, qui sont à l'origine de la création d'Agoramétrie et de la mise en place de son système d'enquêtes. Il était apparu que le nucléaire était, au niveau des opinions, loin d'être une énergie comme les autres. Étant l'objet d'une controverse politico-médiatique, il devait être analysé par comparaison, non pas avec les autres énergies, mais avec les autres controverses qui agitaient au même moment l'espace public. Au delà des opinions sur le nucléaire et de leur évolution, la compréhension du débat public autour de tout ce qui fait controverse a donc été retenue comme principal objectif de la recherche à Agoramétrie. Inspirée des travaux de Gabrielle Tarde et de Pierre Bourdieu, l'approche du débat public alors empruntée peut être qualifiée de « structuralo-constructiviste ». - 1977-1991: la période « Structures de l'opinion publique ». Les 13 enquêtes annuelles qui ont été réalisées (les données recueillies lors de la petite enquête de juin 1981 ont été perdues) portent en priorité sur le débat public autour de l'ensemble de toutes les controverses politico-médiatiques. Il s'agit d'en étudier les structures. Le nombre d'entretiens, d'une durée moyenne d'une demi-heure, varie entre 1 000 à 2 000 environ d'une enquête à l'autre. Ce sont les structures dégagées en mars 1981 qui ont servi par la suite à Agoramétrie de « structures de référence » : pour se « recaler » sur ces structures, la « méthode de la greffe » a été mise au point. - 1992-2005: la période « Baromètre nucléaire ». Suite aux bons résultats obtenus entre 1977 et 1991, une place beaucoup plus grande a été réservée aux opinions sur le nucléaire dans les questionnaires des 16 enquêtes qui ont été réalisées entre mars 1992 et décembre 2005. Il faut distinguer ici deux types d'enquêtes : 1. Les enquêtes « approfondies » (enquêtes « point zéro » ou « de recalage ») qui permettent de replacer toute controverse, dont le nucléaire, dans les structures extraites précédemment. Faites environ tous les cinq ans, elles reposent sur 2 000 entretiens environ, d'une durée moyenne de une heure. 2. Les enquêtes légères ou « de suivi » qui comptent deux fois moins d'entretiens, de durée moyenne deux fois moindre. Si les questionnaires évoluent d'une enquête à l'autre, des précautions sont prises pour éviter autant qu'il est possible les « effets de halo ». L'enquête « Les structures de l'opinion 1977 » est la première enquête du dispositif (hors enquêtes préliminaires). Elle prend en compte 56 controverses politico-médiatiques, 24 arguments nucléaires et 21 propositions sur l'image des services publiques. Le sondage est réalisé par la SECED qui a la responsabilité des interviews (1000 interviews réalisées).
In 1975, the Atomic Energy Commission (CEA/IPSN/LSEES) and Électricité de France (EDF/DER) together developed research on the ebbs and flows of the nuclear debate. This led in 1977 to the establishment of a very specific set of surveys and to the creation of the Agoramétrie Association (Jean-Pierre Pagès and Karl Van Meter). The 29 national surveys conducted between 1977 and 2005, from the same perspective and using the same procedures, led to the conclusion that public debate – about every topic that attracts nationwide controversy, and regardless of the era – is always organised around the same structures. The research conducted on the part of Agoramétrie can be divided into three periods: 1974-1976: the “Heroic” period. Small surveys based on interviews and opinion polls on nuclear power were conducted by the Laboratory of Economic and Social Statistics and Studies (CEA/IPSN/LSEES) together with the Paris Universities Institute of Statistics (ISUP) and the University of Grenoble. It is these preliminary surveys, for which the data are not available, that led to the creation of Agoramétrie and the establishment of its system of surveys. It had become apparent that nuclear power was, for public opinion, much more than just another source of energy. As a subject of politico-media controversy, it needed to be analysed not by comparison with other energy types, but by comparison with other controversies that were stirring up public debate at the same time. Beyond people’s changing opinions about nuclear energy, understanding the public debate around all sources of controversy thus became the main objective of research at Agoramétrie. Inspired by the work of Gabrielle Tarde and Pierre Bourdieu, the approach to public debate thus adopted can be described as “structural-constructivist”. 1977-1991: the “Structures of Public Opinion” period. The 13 annual surveys that were conducted (the data collected in the small survey of June 1981 have been lost) primarily focus on the public debate around politico-media controversies as a whole, for the purpose of studying study their structures. The number of interviews, lasting an average of half an hour, varied between 1000 to 2000 from one survey to another. It was the structures identified in March 1981 that were subsequently used by Agoramétrie as “reference structures”: in order to “realign” with these structures, the “graft method” was developed. - 1992-2005: the “Nuclear Barometer” period. Following the good results achieved in 1977 and 1991, a much greater role was assigned to opinions on nuclear power in the questionnaires for the 16 surveys conducted between March 1992 and December 2005. Two types of survey need to be distinguished here: 1. “In-depth” surveys (“point zero” or “reset” surveys) used to re-situate any controversy, including the nuclear controversy, within the previously identified structures. Conducted approximately every five years, they were based on around 2000 interviews lasting an average of one hour. 2. Light or “tracking” surveys, consisting of half as many interviews, each lasting an average of half an hour. While the questionnaires changed from one survey to the next, precautions were taken to as far as possible avoid “halo effects”. The “1977 Opinion Structures” survey is the first survey in the set (excluding preliminary surveys). It covers 56 politico-media controversies, 24 nuclear arguments and 21 suggestions on the image of the public services. The poll was carried out by SECED, which was responsible for the interviews (1000 interviews conducted)
Baromètre nucléaire (1993)
Le Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA/IPSN/LSEES) et Électricité de France (EDF/DER) ont développé de concert, dans les années 1975, une recherche sur les ressorts du débat nucléaire. Elle a conduit à la mise en place en 1977 d'un système très particulier d'enquêtes et à la création de l'association Agoramétrie (Jean-Pierre Pagès et Karl Van Meter). Les 29 enquêtes nationales réalisées entre 1977 et 2005, dans le même esprit et en respectant les mêmes procédures, ont permis de constater que le débat public, sur l'ensemble des thèmes qui font controverse au niveau national, s'organise toujours, quelle que soit l'époque, autour des mêmes structures. Trois périodes doivent être distinguées dans la recherche menée au nom d'Agoramétrie : - 1974-1976 : la période « Héroïque ». Des petites enquêtes par entretien et par sondage sur l'opinion et le nucléaire ont été menées par le Laboratoire de Statistiques et d'Etudes Economiques et Sociales (CEA/IPSN/LSEES) en relation avec l'Institut de Statistique des Universités de Paris (ISUP) et l'Université de Grenoble. Ce sont ces enquêtes préliminaires, dont les données ne sont pas disponibles, qui sont à l'origine de la création d'Agoramétrie et de la mise en place de son système d'enquêtes. Il était apparu que le nucléaire était, au niveau des opinions, loin d'être une énergie comme les autres. Étant l'objet d'une controverse politico-médiatique, il devait être analysé par comparaison, non pas avec les autres énergies, mais avec les autres controverses qui agitaient au même moment l'espace public. Au delà des opinions sur le nucléaire et de leur évolution, la compréhension du débat public autour de tout ce qui fait controverse a donc été retenue comme principal objectif de la recherche à Agoramétrie. Inspirée des travaux de Gabrielle Tarde et de Pierre Bourdieu, l'approche du débat public alors empruntée peut être qualifiée de « structuralo-constructiviste ». - 1977-1991: la période « Structures de l'opinion publique ». Les 13 enquêtes annuelles qui ont été réalisées (les données recueillies lors de la petite enquête de juin 1981 ont été perdues) portent en priorité sur le débat public autour de l'ensemble de toutes les controverses politico-médiatiques. Il s'agit d'en étudier les structures. Le nombre d'entretiens, d'une durée moyenne d'une demi-heure, varie entre 1 000 à 2 000 environ d'une enquête à l'autre. Ce sont les structures dégagées en mars 1981 qui ont servi par la suite à Agoramétrie de « structures de référence » : pour se « recaler » sur ces structures, la « méthode de la greffe » a été mise au point. - 1992-2005: la période « Baromètre nucléaire ». Suite aux bons résultats obtenus entre 1977 et 1991, une place beaucoup plus grande a été réservée aux opinions sur le nucléaire dans les questionnaires des 16 enquêtes qui ont été réalisées entre mars 1992 et décembre 2005. Il faut distinguer ici deux types d'enquêtes : 1. Les enquêtes « approfondies » (enquêtes « point zéro » ou « de recalage ») qui permettent de replacer toute controverse, dont le nucléaire, dans les structures extraites précédemment. Faites environ tous les cinq ans, elles reposent sur 2 000 entretiens environ, d'une durée moyenne de une heure. 2. Les enquêtes légères ou « de suivi » qui comptent deux fois moins d'entretiens, de durée moyenne deux fois moindre. Si les questionnaires évoluent d'une enquête à l'autre, des précautions sont prises pour éviter autant qu'il est possible les « effets de halo ». L'enquête « Les structures de l'opinion 1977 » est la première enquête du dispositif (hors enquêtes préliminaires). Elle prend en compte 56 controverses politico-médiatiques, 24 arguments nucléaires et 21 propositions sur l'image des services publiques. Le sondage est réalisé par la SECED qui a la responsabilité des interviews (1000 interviews réalisées).
In 1975, the Atomic Energy Commission (CEA/IPSN/LSEES) and Électricité de France (EDF/DER) together developed research on the ebbs and flows of the nuclear debate. This led in 1977 to the establishment of a very specific set of surveys and to the creation of the Agoramétrie Association (Jean-Pierre Pagès and Karl Van Meter). The 29 national surveys conducted between 1977 and 2005, from the same perspective and using the same procedures, led to the conclusion that public debate – about every topic that attracts nationwide controversy, and regardless of the era – is always organised around the same structures. The research conducted on the part of Agoramétrie can be divided into three periods: 1974-1976: the “Heroic” period. Small surveys based on interviews and opinion polls on nuclear power were conducted by the Laboratory of Economic and Social Statistics and Studies (CEA/IPSN/LSEES) together with the Paris Universities Institute of Statistics (ISUP) and the University of Grenoble. It is these preliminary surveys, for which the data are not available, that led to the creation of Agoramétrie and the establishment of its system of surveys. It had become apparent that nuclear power was, for public opinion, much more than just another source of energy. As a subject of politico-media controversy, it needed to be analysed not by comparison with other energy types, but by comparison with other controversies that were stirring up public debate at the same time. Beyond people’s changing opinions about nuclear energy, understanding the public debate around all sources of controversy thus became the main objective of research at Agoramétrie. Inspired by the work of Gabrielle Tarde and Pierre Bourdieu, the approach to public debate thus adopted can be described as “structural-constructivist”. 1977-1991: the “Structures of Public Opinion” period. The 13 annual surveys that were conducted (the data collected in the small survey of June 1981 have been lost) primarily focus on the public debate around politico-media controversies as a whole, for the purpose of studying study their structures. The number of interviews, lasting an average of half an hour, varied between 1000 to 2000 from one survey to another. It was the structures identified in March 1981 that were subsequently used by Agoramétrie as “reference structures”: in order to “realign” with these structures, the “graft method” was developed. - 1992-2005: the “Nuclear Barometer” period. Following the good results achieved in 1977 and 1991, a much greater role was assigned to opinions on nuclear power in the questionnaires for the 16 surveys conducted between March 1992 and December 2005. Two types of survey need to be distinguished here: 1. “In-depth” surveys (“point zero” or “reset” surveys) used to re-situate any controversy, including the nuclear controversy, within the previously identified structures. Conducted approximately every five years, they were based on around 2000 interviews lasting an average of one hour. 2. Light or “tracking” surveys, consisting of half as many interviews, each lasting an average of half an hour. While the questionnaires changed from one survey to the next, precautions were taken to as far as possible avoid “halo effects”. The “1977 Opinion Structures” survey is the first survey in the set (excluding preliminary surveys). It covers 56 politico-media controversies, 24 nuclear arguments and 21 suggestions on the image of the public services. The poll was carried out by SECED, which was responsible for the interviews (1000 interviews conducted)
Baromètre nucléaire (Décembre 1992)
Le Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA/IPSN/LSEES) et Électricité de France (EDF/DER) ont développé de concert, dans les années 1975, une recherche sur les ressorts du débat nucléaire. Elle a conduit à la mise en place en 1977 d'un système très particulier d'enquêtes et à la création de l'association Agoramétrie (Jean-Pierre Pagès et Karl Van Meter). Les 29 enquêtes nationales réalisées entre 1977 et 2005, dans le même esprit et en respectant les mêmes procédures, ont permis de constater que le débat public, sur l'ensemble des thèmes qui font controverse au niveau national, s'organise toujours, quelle que soit l'époque, autour des mêmes structures. Trois périodes doivent être distinguées dans la recherche menée au nom d'Agoramétrie : - 1974-1976 : la période « Héroïque ». Des petites enquêtes par entretien et par sondage sur l'opinion et le nucléaire ont été menées par le Laboratoire de Statistiques et d'Etudes Economiques et Sociales (CEA/IPSN/LSEES) en relation avec l'Institut de Statistique des Universités de Paris (ISUP) et l'Université de Grenoble. Ce sont ces enquêtes préliminaires, dont les données ne sont pas disponibles, qui sont à l'origine de la création d'Agoramétrie et de la mise en place de son système d'enquêtes. Il était apparu que le nucléaire était, au niveau des opinions, loin d'être une énergie comme les autres. Étant l'objet d'une controverse politico-médiatique, il devait être analysé par comparaison, non pas avec les autres énergies, mais avec les autres controverses qui agitaient au même moment l'espace public. Au delà des opinions sur le nucléaire et de leur évolution, la compréhension du débat public autour de tout ce qui fait controverse a donc été retenue comme principal objectif de la recherche à Agoramétrie. Inspirée des travaux de Gabrielle Tarde et de Pierre Bourdieu, l'approche du débat public alors empruntée peut être qualifiée de « structuralo-constructiviste ». - 1977-1991: la période « Structures de l'opinion publique ». Les 13 enquêtes annuelles qui ont été réalisées (les données recueillies lors de la petite enquête de juin 1981 ont été perdues) portent en priorité sur le débat public autour de l'ensemble de toutes les controverses politico-médiatiques. Il s'agit d'en étudier les structures. Le nombre d'entretiens, d'une durée moyenne d'une demi-heure, varie entre 1 000 à 2 000 environ d'une enquête à l'autre. Ce sont les structures dégagées en mars 1981 qui ont servi par la suite à Agoramétrie de « structures de référence » : pour se « recaler » sur ces structures, la « méthode de la greffe » a été mise au point. - 1992-2005: la période « Baromètre nucléaire ». Suite aux bons résultats obtenus entre 1977 et 1991, une place beaucoup plus grande a été réservée aux opinions sur le nucléaire dans les questionnaires des 16 enquêtes qui ont été réalisées entre mars 1992 et décembre 2005. Il faut distinguer ici deux types d'enquêtes : 1. Les enquêtes « approfondies » (enquêtes « point zéro » ou « de recalage ») qui permettent de replacer toute controverse, dont le nucléaire, dans les structures extraites précédemment. Faites environ tous les cinq ans, elles reposent sur 2 000 entretiens environ, d'une durée moyenne de une heure. 2. Les enquêtes légères ou « de suivi » qui comptent deux fois moins d'entretiens, de durée moyenne deux fois moindre. Si les questionnaires évoluent d'une enquête à l'autre, des précautions sont prises pour éviter autant qu'il est possible les « effets de halo ». L'enquête « Les structures de l'opinion 1977 » est la première enquête du dispositif (hors enquêtes préliminaires). Elle prend en compte 56 controverses politico-médiatiques, 24 arguments nucléaires et 21 propositions sur l'image des services publiques. Le sondage est réalisé par la SECED qui a la responsabilité des interviews (1000 interviews réalisées).
In 1975, the Atomic Energy Commission (CEA/IPSN/LSEES) and Électricité de France (EDF/DER) together developed research on the ebbs and flows of the nuclear debate. This led in 1977 to the establishment of a very specific set of surveys and to the creation of the Agoramétrie Association (Jean-Pierre Pagès and Karl Van Meter). The 29 national surveys conducted between 1977 and 2005, from the same perspective and using the same procedures, led to the conclusion that public debate – about every topic that attracts nationwide controversy, and regardless of the era – is always organised around the same structures. The research conducted on the part of Agoramétrie can be divided into three periods: 1974-1976: the “Heroic” period. Small surveys based on interviews and opinion polls on nuclear power were conducted by the Laboratory of Economic and Social Statistics and Studies (CEA/IPSN/LSEES) together with the Paris Universities Institute of Statistics (ISUP) and the University of Grenoble. It is these preliminary surveys, for which the data are not available, that led to the creation of Agoramétrie and the establishment of its system of surveys. It had become apparent that nuclear power was, for public opinion, much more than just another source of energy. As a subject of politico-media controversy, it needed to be analysed not by comparison with other energy types, but by comparison with other controversies that were stirring up public debate at the same time. Beyond people’s changing opinions about nuclear energy, understanding the public debate around all sources of controversy thus became the main objective of research at Agoramétrie. Inspired by the work of Gabrielle Tarde and Pierre Bourdieu, the approach to public debate thus adopted can be described as “structural-constructivist”. 1977-1991: the “Structures of Public Opinion” period. The 13 annual surveys that were conducted (the data collected in the small survey of June 1981 have been lost) primarily focus on the public debate around politico-media controversies as a whole, for the purpose of studying study their structures. The number of interviews, lasting an average of half an hour, varied between 1000 to 2000 from one survey to another. It was the structures identified in March 1981 that were subsequently used by Agoramétrie as “reference structures”: in order to “realign” with these structures, the “graft method” was developed. - 1992-2005: the “Nuclear Barometer” period. Following the good results achieved in 1977 and 1991, a much greater role was assigned to opinions on nuclear power in the questionnaires for the 16 surveys conducted between March 1992 and December 2005. Two types of survey need to be distinguished here: 1. “In-depth” surveys (“point zero” or “reset” surveys) used to re-situate any controversy, including the nuclear controversy, within the previously identified structures. Conducted approximately every five years, they were based on around 2000 interviews lasting an average of one hour. 2. Light or “tracking” surveys, consisting of half as many interviews, each lasting an average of half an hour. While the questionnaires changed from one survey to the next, precautions were taken to as far as possible avoid “halo effects”. The “1977 Opinion Structures” survey is the first survey in the set (excluding preliminary surveys). It covers 56 politico-media controversies, 24 nuclear arguments and 21 suggestions on the image of the public services. The poll was carried out by SECED, which was responsible for the interviews (1000 interviews conducted)
Baromètre nucléaire (Mars 1992)
Le Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA/IPSN/LSEES) et Électricité de France (EDF/DER) ont développé de concert, dans les années 1975, une recherche sur les ressorts du débat nucléaire. Elle a conduit à la mise en place en 1977 d'un système très particulier d'enquêtes et à la création de l'association Agoramétrie (Jean-Pierre Pagès et Karl Van Meter). Les 29 enquêtes nationales réalisées entre 1977 et 2005, dans le même esprit et en respectant les mêmes procédures, ont permis de constater que le débat public, sur l'ensemble des thèmes qui font controverse au niveau national, s'organise toujours, quelle que soit l'époque, autour des mêmes structures. Trois périodes doivent être distinguées dans la recherche menée au nom d'Agoramétrie : - 1974-1976 : la période « Héroïque ». Des petites enquêtes par entretien et par sondage sur l'opinion et le nucléaire ont été menées par le Laboratoire de Statistiques et d'Etudes Economiques et Sociales (CEA/IPSN/LSEES) en relation avec l'Institut de Statistique des Universités de Paris (ISUP) et l'Université de Grenoble. Ce sont ces enquêtes préliminaires, dont les données ne sont pas disponibles, qui sont à l'origine de la création d'Agoramétrie et de la mise en place de son système d'enquêtes. Il était apparu que le nucléaire était, au niveau des opinions, loin d'être une énergie comme les autres. Étant l'objet d'une controverse politico-médiatique, il devait être analysé par comparaison, non pas avec les autres énergies, mais avec les autres controverses qui agitaient au même moment l'espace public. Au delà des opinions sur le nucléaire et de leur évolution, la compréhension du débat public autour de tout ce qui fait controverse a donc été retenue comme principal objectif de la recherche à Agoramétrie. Inspirée des travaux de Gabrielle Tarde et de Pierre Bourdieu, l'approche du débat public alors empruntée peut être qualifiée de « structuralo-constructiviste ». - 1977-1991: la période « Structures de l'opinion publique ». Les 13 enquêtes annuelles qui ont été réalisées (les données recueillies lors de la petite enquête de juin 1981 ont été perdues) portent en priorité sur le débat public autour de l'ensemble de toutes les controverses politico-médiatiques. Il s'agit d'en étudier les structures. Le nombre d'entretiens, d'une durée moyenne d'une demi-heure, varie entre 1 000 à 2 000 environ d'une enquête à l'autre. Ce sont les structures dégagées en mars 1981 qui ont servi par la suite à Agoramétrie de « structures de référence » : pour se « recaler » sur ces structures, la « méthode de la greffe » a été mise au point. - 1992-2005: la période « Baromètre nucléaire ». Suite aux bons résultats obtenus entre 1977 et 1991, une place beaucoup plus grande a été réservée aux opinions sur le nucléaire dans les questionnaires des 16 enquêtes qui ont été réalisées entre mars 1992 et décembre 2005. Il faut distinguer ici deux types d'enquêtes : 1. Les enquêtes « approfondies » (enquêtes « point zéro » ou « de recalage ») qui permettent de replacer toute controverse, dont le nucléaire, dans les structures extraites précédemment. Faites environ tous les cinq ans, elles reposent sur 2 000 entretiens environ, d'une durée moyenne de une heure. 2. Les enquêtes légères ou « de suivi » qui comptent deux fois moins d'entretiens, de durée moyenne deux fois moindre. Si les questionnaires évoluent d'une enquête à l'autre, des précautions sont prises pour éviter autant qu'il est possible les « effets de halo ». L'enquête « Les structures de l'opinion 1977 » est la première enquête du dispositif (hors enquêtes préliminaires). Elle prend en compte 56 controverses politico-médiatiques, 24 arguments nucléaires et 21 propositions sur l'image des services publiques. Le sondage est réalisé par la SECED qui a la responsabilité des interviews (1000 interviews réalisées).
In 1975, the Atomic Energy Commission (CEA/IPSN/LSEES) and Électricité de France (EDF/DER) together developed research on the ebbs and flows of the nuclear debate. This led in 1977 to the establishment of a very specific set of surveys and to the creation of the Agoramétrie Association (Jean-Pierre Pagès and Karl Van Meter). The 29 national surveys conducted between 1977 and 2005, from the same perspective and using the same procedures, led to the conclusion that public debate – about every topic that attracts nationwide controversy, and regardless of the era – is always organised around the same structures. The research conducted on the part of Agoramétrie can be divided into three periods: 1974-1976: the “Heroic” period. Small surveys based on interviews and opinion polls on nuclear power were conducted by the Laboratory of Economic and Social Statistics and Studies (CEA/IPSN/LSEES) together with the Paris Universities Institute of Statistics (ISUP) and the University of Grenoble. It is these preliminary surveys, for which the data are not available, that led to the creation of Agoramétrie and the establishment of its system of surveys. It had become apparent that nuclear power was, for public opinion, much more than just another source of energy. As a subject of politico-media controversy, it needed to be analysed not by comparison with other energy types, but by comparison with other controversies that were stirring up public debate at the same time. Beyond people’s changing opinions about nuclear energy, understanding the public debate around all sources of controversy thus became the main objective of research at Agoramétrie. Inspired by the work of Gabrielle Tarde and Pierre Bourdieu, the approach to public debate thus adopted can be described as “structural-constructivist”. 1977-1991: the “Structures of Public Opinion” period. The 13 annual surveys that were conducted (the data collected in the small survey of June 1981 have been lost) primarily focus on the public debate around politico-media controversies as a whole, for the purpose of studying study their structures. The number of interviews, lasting an average of half an hour, varied between 1000 to 2000 from one survey to another. It was the structures identified in March 1981 that were subsequently used by Agoramétrie as “reference structures”: in order to “realign” with these structures, the “graft method” was developed. - 1992-2005: the “Nuclear Barometer” period. Following the good results achieved in 1977 and 1991, a much greater role was assigned to opinions on nuclear power in the questionnaires for the 16 surveys conducted between March 1992 and December 2005. Two types of survey need to be distinguished here: 1. “In-depth” surveys (“point zero” or “reset” surveys) used to re-situate any controversy, including the nuclear controversy, within the previously identified structures. Conducted approximately every five years, they were based on around 2000 interviews lasting an average of one hour. 2. Light or “tracking” surveys, consisting of half as many interviews, each lasting an average of half an hour. While the questionnaires changed from one survey to the next, precautions were taken to as far as possible avoid “halo effects”. The “1977 Opinion Structures” survey is the first survey in the set (excluding preliminary surveys). It covers 56 politico-media controversies, 24 nuclear arguments and 21 suggestions on the image of the public services. The poll was carried out by SECED, which was responsible for the interviews (1000 interviews conducted)
Les structures de l'opinion (1991)
Le Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA/IPSN/LSEES) et Électricité de France (EDF/DER) ont développé de concert, dans les années 1975, une recherche sur les ressorts du débat nucléaire. Elle a conduit à la mise en place en 1977 d'un système très particulier d'enquêtes et à la création de l'association Agoramétrie (Jean-Pierre Pagès et Karl Van Meter). Les 29 enquêtes nationales réalisées entre 1977 et 2005, dans le même esprit et en respectant les mêmes procédures, ont permis de constater que le débat public, sur l'ensemble des thèmes qui font controverse au niveau national, s'organise toujours, quelle que soit l'époque, autour des mêmes structures. Trois périodes doivent être distinguées dans la recherche menée au nom d'Agoramétrie : - 1974-1976 : la période « Héroïque ». Des petites enquêtes par entretien et par sondage sur l'opinion et le nucléaire ont été menées par le Laboratoire de Statistiques et d'Etudes Economiques et Sociales (CEA/IPSN/LSEES) en relation avec l'Institut de Statistique des Universités de Paris (ISUP) et l'Université de Grenoble. Ce sont ces enquêtes préliminaires, dont les données ne sont pas disponibles, qui sont à l'origine de la création d'Agoramétrie et de la mise en place de son système d'enquêtes. Il était apparu que le nucléaire était, au niveau des opinions, loin d'être une énergie comme les autres. Étant l'objet d'une controverse politico-médiatique, il devait être analysé par comparaison, non pas avec les autres énergies, mais avec les autres controverses qui agitaient au même moment l'espace public. Au delà des opinions sur le nucléaire et de leur évolution, la compréhension du débat public autour de tout ce qui fait controverse a donc été retenue comme principal objectif de la recherche à Agoramétrie. Inspirée des travaux de Gabrielle Tarde et de Pierre Bourdieu, l'approche du débat public alors empruntée peut être qualifiée de « structuralo-constructiviste ». - 1977-1991: la période « Structures de l'opinion publique ». Les 13 enquêtes annuelles qui ont été réalisées (les données recueillies lors de la petite enquête de juin 1981 ont été perdues) portent en priorité sur le débat public autour de l'ensemble de toutes les controverses politico-médiatiques. Il s'agit d'en étudier les structures. Le nombre d'entretiens, d'une durée moyenne d'une demi-heure, varie entre 1 000 à 2 000 environ d'une enquête à l'autre. Ce sont les structures dégagées en mars 1981 qui ont servi par la suite à Agoramétrie de « structures de référence » : pour se « recaler » sur ces structures, la « méthode de la greffe » a été mise au point. - 1992-2005: la période « Baromètre nucléaire ». Suite aux bons résultats obtenus entre 1977 et 1991, une place beaucoup plus grande a été réservée aux opinions sur le nucléaire dans les questionnaires des 16 enquêtes qui ont été réalisées entre mars 1992 et décembre 2005. Il faut distinguer ici deux types d'enquêtes : 1. Les enquêtes « approfondies » (enquêtes « point zéro » ou « de recalage ») qui permettent de replacer toute controverse, dont le nucléaire, dans les structures extraites précédemment. Faites environ tous les cinq ans, elles reposent sur 2 000 entretiens environ, d'une durée moyenne de une heure. 2. Les enquêtes légères ou « de suivi » qui comptent deux fois moins d'entretiens, de durée moyenne deux fois moindre. Si les questionnaires évoluent d'une enquête à l'autre, des précautions sont prises pour éviter autant qu'il est possible les « effets de halo ». L'enquête « Les structures de l'opinion 1977 » est la première enquête du dispositif (hors enquêtes préliminaires). Elle prend en compte 56 controverses politico-médiatiques, 24 arguments nucléaires et 21 propositions sur l'image des services publiques. Le sondage est réalisé par la SECED qui a la responsabilité des interviews (1000 interviews réalisées).
In 1975, the Atomic Energy Commission (CEA/IPSN/LSEES) and Électricité de France (EDF/DER) together developed research on the ebbs and flows of the nuclear debate. This led in 1977 to the establishment of a very specific set of surveys and to the creation of the Agoramétrie Association (Jean-Pierre Pagès and Karl Van Meter). The 29 national surveys conducted between 1977 and 2005, from the same perspective and using the same procedures, led to the conclusion that public debate – about every topic that attracts nationwide controversy, and regardless of the era – is always organised around the same structures. The research conducted on the part of Agoramétrie can be divided into three periods: 1974-1976: the “Heroic” period. Small surveys based on interviews and opinion polls on nuclear power were conducted by the Laboratory of Economic and Social Statistics and Studies (CEA/IPSN/LSEES) together with the Paris Universities Institute of Statistics (ISUP) and the University of Grenoble. It is these preliminary surveys, for which the data are not available, that led to the creation of Agoramétrie and the establishment of its system of surveys. It had become apparent that nuclear power was, for public opinion, much more than just another source of energy. As a subject of politico-media controversy, it needed to be analysed not by comparison with other energy types, but by comparison with other controversies that were stirring up public debate at the same time. Beyond people’s changing opinions about nuclear energy, understanding the public debate around all sources of controversy thus became the main objective of research at Agoramétrie. Inspired by the work of Gabrielle Tarde and Pierre Bourdieu, the approach to public debate thus adopted can be described as “structural-constructivist”. 1977-1991: the “Structures of Public Opinion” period. The 13 annual surveys that were conducted (the data collected in the small survey of June 1981 have been lost) primarily focus on the public debate around politico-media controversies as a whole, for the purpose of studying study their structures. The number of interviews, lasting an average of half an hour, varied between 1000 to 2000 from one survey to another. It was the structures identified in March 1981 that were subsequently used by Agoramétrie as “reference structures”: in order to “realign” with these structures, the “graft method” was developed. - 1992-2005: the “Nuclear Barometer” period. Following the good results achieved in 1977 and 1991, a much greater role was assigned to opinions on nuclear power in the questionnaires for the 16 surveys conducted between March 1992 and December 2005. Two types of survey need to be distinguished here: 1. “In-depth” surveys (“point zero” or “reset” surveys) used to re-situate any controversy, including the nuclear controversy, within the previously identified structures. Conducted approximately every five years, they were based on around 2000 interviews lasting an average of one hour. 2. Light or “tracking” surveys, consisting of half as many interviews, each lasting an average of half an hour. While the questionnaires changed from one survey to the next, precautions were taken to as far as possible avoid “halo effects”. The “1977 Opinion Structures” survey is the first survey in the set (excluding preliminary surveys). It covers 56 politico-media controversies, 24 nuclear arguments and 21 suggestions on the image of the public services. The poll was carried out by SECED, which was responsible for the interviews (1000 interviews conducted)