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Tenure, Experience, Human Capital, and Wages: A Tractable Equilibrium Search Model of Wage Dynamics
We develop and estimate an equilibrium job search model of worker careers, allowing for human capital accumulation, employer heterogeneity and individual-level shocks. Wage growth is decomposed into contributions of human capital and job search, within and between jobs. Human capital accumulation is largest for highly educated workers. The contribution from job search to wage growth, both within- and between-job, declines over the first ten years of a career – the ‘job-shopping’ phase of a working life – after which workers settle into high-quality jobs using outside offers to generate gradual wage increases, thus reaping the benefits from competition between employers
Évaluer la productivité globale des facteurs en France : l'apport d'une mesure de la qualité du capital et du travail
L'estimation et la prévision de la croissance potentielle d'une économie reposent généralement sur une décomposition de la croissance en trois facteurs : la quantité de travail disponible, la quantité de capital qui peut être utilisée et un « résidu », qu'on appelle productivité globale des facteurs (PGF). Ce résidu est souvent assimilé au progrès technique même s'il représente plus largement toutes les sources de croissance non prises en compte par les deux premiers facteurs de production. Il est possible de réduire l'ampleur de ce résidu en mesurant la contribution à la croissance de la « qualité » du capital et du travail, c'est-à-dire en tenant compte des différences de productivité des différentes catégories de capital et de main-d'oeuvre. Entre 1979 et 2010, sur l'ensemble des branches de l'économie à l'exception de l'agriculture, de l'immobilier et des services non marchands, le stock de capital net croît de 2,5 % par an et la qualité de ce capital de 0,4 % par an. Ces effets de qualité sont plus forts lors des périodes où les entreprises investissent massivement. Sur le même champ, les heures travaillées totales restent globalement stables alors que la qualité du travail croît de 0,5 % par an. Entre 1994 et 2007, sur l'ensemble de l'économie, tenir compte des effets de qualité fait ainsi passer la croissance de la PGF de 1,3 % à 0,9 % par an, la prise en compte du cycle économique faisant passer cette croissance à 0,7 %. À partir de cette nouvelle mesure de la PGF et en formulant différentes hypothèses sur la hausse des effets de qualité, sur l'accumulation du capital et sur l'évolution de la population active, nous proposons trois scénarios de croissance potentielle pour la période 2015-2025. L'incertitude la plus forte porte sur les évolutions à venir de la productivité globale des facteurs. Selon qu'on suppose un retour de la PGF à son rythme de croissance d'avant la crise de 2008 ou une inflexion de la PGF plus ou moins importante après la crise, la croissance potentielle peut être ainsi projetée entre 1,2 % et 1,9 % par an
Survol de Mésange : un modèle macroéconomique à l'usage du praticien
National audienceLes modèles macroéconomiques inspirés de l'approche de la Cowles Commission connaissent une longévité remarquable dans l'administration économique. Ils y ont résisté aux critiques qui leur ont été adressées dans la littérature et ont survécu à l'apparition puis à la montée en puissance d'autres outils d'analyse macroéconomique en raison de leur utilité pour le praticien. Grâce à l'équilibre qu'ils réalisent entre degré d'ancrage à la théorie et qualité d'ajustement aux données, ces outils généralistes contribuent à éclairer un large éventail de questions se posant en milieu opérationnel. En outre, les modélisateurs y ont intégré les progrès de l'économétrie des séries temporelles et les utilisent désormais de manière combinée avec des outils d'analyse complémentaires. Développé par l'Insee et la direction générale du Trésor, Mésange est un modèle de ce type. Il comporte une quarantaine d'équations de comportement estimées économétriquement, pour un total d'environ 500 équations et trois branches modélisées (manufacturière, non manufacturière marchande et non marchande). Il existe sous deux versions, les données en volume étant calculées de deux façons différentes par les comptables nationaux trimestriels : en volumes à prix constants et à prix chaînés, ces derniers correspondant aux données publiées par l'Insee depuis 2007. Deux types d'utilisation sont exposés et illustrés. Dans le premier, l'effet de chocs sur l'économie est étudié à court, moyen et long termes. Les propriétés à long terme du modèle doivent alors être bien connues et maîtrisées. Ceci conduit à privilégier l'utilisation de la version du modèle avec volumes à prix constants. Pour le second type d'utilisation, qui s'attache à la relecture des prévisions conjoncturelles et à l'analyse du passé récent, l'adéquation aux données des comptes publiés est indispensable : on s'appuie alors sur la version du modèle avec volumes à prix chaînés
Les ajustements des entreprises françaises pendant la crise de 2008/2009
During the 2008/2009 crisis French businesses were hit by a slump in domestic andworld demand, while French banks encountered difficulties that may have encouragedthem to tighten their credit conditions.This crisis strongly affected the number of business start-ups as well as the initial sizeof these start-ups; firm growth was also slashed, in particular that of the mostpromising among them.In 2008 and 2009 subsidiaries of groups experienced a sharper drop in activity thanindependent enterprises, particularly in the manufacturing industry. The companiesthat were least likely to be affected by financial constraints were those that mostadjusted their short-term output, as well as their employment and investment levels.These elements suggest that in France, unlike in the United States, enterprisessuffered more from a demand shock than from a credit shock.Durant la crise de 2008/2009, les entreprises françaises ont été affectées par uneffondrement de la demande domestique et mondiale, tandis que les banquesfrançaises rencontraient des difficultés de nature à les inciter à resserrer lesconditions de crédit.Cette crise a fortement affecté le nombre de créations d'entreprises et leur tailleinitiale ; la croissance des entreprises a aussi été amputée, notamment celle des plusprometteuses.Les filiales des groupes ont connu une baisse d’activité en 2008 et 2009 plus forte queles entreprises indépendantes, en particulier dans le secteur de l’industriemanufacturière. Ce sont les entreprises les moins susceptibles d’être contraintesfinancièrement qui ont le plus ajusté leur volume de production à court terme, ainsique leurs niveaux d’emploi et d’investissement. Ces éléments suggèrent qu’enFrance, contrairement aux États-Unis, les entreprises ont davantage pâti d’un choc dedemande que d’un choc de crédit
Déconstruire la doxa dominante, construire une pensée politique alternative. Du lien entre les représentations, les principes et les normes
International audienceThe general aim of this text is to propose an engineering to deconstruct / build power devices. This engineering is based on a model that distinguishes and makes explicit three levels in the power devices. The first level is that of standards governing concrete economic life. The second level is that of principles guiding standards and establishing their conceptual and methodological framework. The third level refers to worldviews underlying the principles and standards: the doxai. The political object "enterprise" is taken as illustration. This object is first deconstructed, and then reconstructed according to an alternative doxa. The text emphasizes the importance of institutions that design and produce dominant doxai and instruments through which they materialize.La perspective générale de ce texte est celle d'une ingénierie pour dé/construire des dispositifs de pouvoir. Cette ingénierie s'appuie sur un modèle qui distingue et explicite trois niveaux dans les dispositifs de pouvoir. Le premier niveau est celui des normes qui encadrent concrètement la vie économique. Le deuxième niveau est celui des principes qui orientent les normes, qui établissent leur cadre conceptuel et méthodologique. Le troisième niveau renvoie aux visions du monde sous-jacentes aux principes et aux normes : les doxai. L'objet politique « entreprise » est pris comme illustration. Cet objet est d'abord déconstruit, puis reconstruit selon une doxa alternative. Le texte souligne l'importance des institutions qui conçoivent et produisent les doxai dominantes et les instruments par lesquels elles se matérialisent
School as a Shelter? School Leaving-Age and the Business Cycle in France
International audienc
Prélèvements et transferts aux ménages : des canaux redistributifs différents en 1990 et 2010
Pris dans leur ensemble, les prélèvements et prestations monétaires reposant sur les ménages ont-ils en 2010 un caractère progressif plus ou moins prononcé que vingt ans plus tôt ? Afin d'éclairer cette question, nous appliquons les législations socio-fiscales de 1990 et 2010 à un même échantillon représentatif des ménages français en 2010. Au total, le cœur du système de redistribution monétaire, l'impôt sur le revenu et les prestations, ont perdu en progressivité, tandis qu'en amont dans le processus de taxation, les prélèvements sociaux ont gagné en progressivité. L'impôt sur le revenu a vu son poids diminuer et est devenu nettement moins progressif, cette évolution étant très largement imputable à l'évolution de son barème, et plus marginalement à la multiplication des " niches fiscales ". Dans le même sens, les prestations sociales apparaissent moins redistributives qu'elles ne l'étaient en 1990. Elles ont été le plus souvent revalorisées selon l'inflation, et ont donc évolué moins vite que les revenus moyens de la population, ce qui a affecté leur capacité à réduire les inégalités. À l'inverse, le financement de la protection sociale a été profondément remanié, et ces changements ont joué en faveur de la progressivité. Des contributions (CSG et CRDS), assises sur l'ensemble des revenus, ont été substituées aux cotisations, assises uniquement sur les revenus du travail. Les exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires ont également été progressivement renforcées. Selon les hypothèses retenues dans les quatre scénarios élaborés dans cet article, la progressivité d'ensemble du système socio-fiscal n'aurait pas connu d'inflexion majeure entre 1990 et 2010. Toutefois, l'analyse présentée ici ne tient compte ni des prélèvements sur le patrimoine, ni des prélèvements pesant sur les entreprises, alors que leur évolution pourrait avoir davantage affecté les ménages ayant de hauts revenus
Évolution de l’instabilité sur le marché du travail français pendant les trente dernières années
We use the 30-year DADS panel to describe the evolution of job stability by examining the duration of employment periods. The study offers two different perspectives aimed at describing and characterizing this evolution. First, the analysis of survival rates and the modeling of employment period duration clearly show that instability has increased over the last thirty years. Moreover, there is a variety of situations depending on the characteristics of employees and companies. The rise in instability is particularly pronounced before the second year of employment. Younger workers are both the most unstable and have experienced the greatest increase in job instability. Managers are the most stable employees, and after a period of convergence between socio-professional categories, the differences have increased, but differently between men and women. Stability in service sector companies is lower than in other sectors, and its evolution is less favorable. In a second step, we study fixed heterogeneity over time, both at the employee and firm levels, using a double-effects fixed model. Our estimates suggest, in particular, that individual instability increases across generations, and employees increasingly work in firms with lower stability. Furthermore, intermediate professions constitute the most unstable socio-professional category in terms of individual stability, while manual workers are employed in firms with the shortest employee retention periods of time.Nous utilisons le panel DADS sur 30 ans pour décrire l'évolution de la stabilité dans un emploi en étudiant la durée des périodes d'emploi. L'étude propose deux perspectives différentes qui visent à décrire et caractériser cette évolution. Tout d'abord, l'analyse des taux de survie et la modélisation de la durée des périodes d'emploi montre clairement que l'instabilité a augmenté au cours des trente dernières années. De plus, il existe une variété de situations selon les caractéristiques des salariés et des entreprises. La hausse de l'instabilité est particulièrement prononcée avant la deuxième année des emplois. Les plus jeunes sont à la fois les plus instables et ceux qui ont connu la hausse la plus importante de l'instabilité en emploi. Les cadres sont les salariés les plus stables, et après une période de convergence entre catégories socio-professionnelles les différences se sont accrues, mais de manière différente parmi les hommes et parmi les femmes. La stabilité dans les entreprises du secteur des services est plus faible que dans les autres secteurs et son évolution est moins favorable. Dans un second temps, nous étudions l'hétérogénéité fixe dans le temps, à la fois au niveau des salariés et au niveau des firmes, à l'aide d'un modèle à doubles effets fixes. Nos estimations suggèrent en particulier que, au fil des générations, l'instabilité individuelle augmente et les salariés travaillent de plus en plus dans des entreprises où la stabilité est moindre. De plus, les professions intermédiaires forment la catégorie socio-professionnelle la plus instable en termes de stabilité individuelle, tandis que les ouvriers travaillent dans les entreprises qui gardent leurs salariés le moins longtemps
L’introduction de la tarification à l’activité dans les hôpitaux en France
Many countries have reformed hospital reimbursement policies to provide strongerincentives for quality and cost reduction. The purpose of this work is to show how theeffect of such reforms depends on the intensity of local competition. We build anonprice competition model to examine the effect of a shift from global budget topatient-based payment for public hospitals in France. We predict that the number ofpatient admissions should increase in public hospitals by more than in private clinicsand that the increase in admissions should be stronger in public hospitals that aremore exposed to competitive pressure from private clinics. Considering the reformimplemented in France between 2005 and 2008, we find empirical evidencesupporting these predictions: the activity increased up to 10% in public hospitals moreexposed to competitive pressure from private clinics while it hardly raised by 4% inpublic hospitals less exposed to such a competitive pressure, in comparison withprivate clinics.De nombreux pays ont réformé leur politique de financement des établissements desanté afin de fournir davantage d’incitations à la qualité ainsi qu’à la réduction descoûts. L’objectif de ce travail est de montrer comment l’effet de telles réformes dépendde l’intensité de la concurrence locale. Nous développons un modèle de concurrencenon tarifaire pour étudier l’effet d’un changement de tarification, à savoir le passaged’une enveloppe globale à un paiement fondé sur l’activité, comme dans le cas deshôpitaux publics français lors de la réforme « tarification à l’activité » (T2A). Cemodèle prédit que le nombre d’admissions de patients devrait davantage augmenterdans les hôpitaux publics que dans les cliniques privées, et ce, d’autant plus que leshôpitaux publics sont soumis à une pression concurrentielle forte de la part descliniques privées. À partir de la T2A implémentée en France entre 2005 et 2008, nousdocumentons des faits empiriques cohérents avec ces prédictions : relativement àl’activité dans les cliniques privées, l’activité a en effet augmenté d’environ 10 % dansles hôpitaux publics davantage soumis à une telle pression concurrentielle, contreseulement 4 % dans les hôpitaux publics moins soumis à cette concurrence
La participation aux pôles de compétitivité : quelle incidence sur les dépenses de R&D et l’activité des PME et ETI ?
The French cluster policy “Pôles de compétitivité” has been launched in 2004 to foster collaborations betweenfirms, research institutions, and training institutions. Many firms taking part in these clusters have obtainedsubsidies to finance R&D collaborative projects involving other firms and research institutions. This studyanalyzes the effects of taking part in a Pôle de compétitivité on the activity of firms. The effects are estimated bymatching firms taking part in clusters to similar firms that remained out of the policy. This method only permits toestimate an effect for SME and intermediate-sized enterprises that spend less than 16 million euros in R&D peryear, that are at least two years old, and that already realized R&D before taking part in a cluster.Firms participating in a Pôle de compétitivité would have increased their total R&D expenditures. Not all firmshave taken part in a subsidized project, but they would have received more subsidies on average. These firmswould have also benefited from higher amounts of Research tax credit (Crédit Impôt Recherche – CIR) butoverall we do not find any evidence of “crowding out effect” : public funds do not substitute private R&D. Theeffect seems to be additive : firms would add the amount of subsidies and tax credit to their private budget. HigherR&D spending is realized through an increase in investment and employment devoted to R&D. By cons, there isno significant short-term effect on the turnover and the number of patents. While cluster participation seems toincrease R&D spending, it has not been possible to precisely disentangle the role played by the clusters and therole played by CIR, which has strongly reduced the cost of R&D at the end of the period of interest.Lancée en 2004, la politique de cluster des pôles de compétitivité a eu pour but de développer des réseaux comprenant des entreprises et des organismes de recherche et de formation. De plus, en participant aux pôles certaines entreprises ont pu obtenir des subventions pour financer des projets collaboratifs de R&D. Cette étude analyse les effets de la participation aux pôles sur l'activité des entreprises. L'évaluation est réalisée en appariant des entreprises des pôles à des entreprises semblables restées hors du dispositif. Cette technique ne permet pas de calculer un effet pour l'ensemble des entreprises mais seulement sur un champ spécifique : les PME et ETI qui font moins de 16 millions d'euros de R&D par an, qui ont au moins deux ans d'existence et qui faisaient de la R&D avant de participer à un pôle. Nos résultats montrent que, suite à leur participation aux pôles de compétitivité, ces PME et ces ETI auraient augmenté leurs dépenses de R&D. Si elles n'ont pas toutes participé à un projet subventionné, elles auraient en moyenne reçu plus de subventions (issues, ou non, de la politique des pôles) que les entreprises restées hors des pôles. Ces entreprises auraient aussi bénéficié de montants de Crédit d'Impôt Recherche (CIR) plus élevés mais au total l'évolution des dépenses de R&D ne semble pas correspondre à un effet d'aubaine : les dépenses financées par des subventions ou par le CIR ne se seraient pas substituées aux dépenses privées de R&D (hors CIR). L'effet semble être additif, mais non d'entraînement : ces dépenses privées financées en propre n'auraient pas non plus augmenté significativement. Si la participation aux pôles semble bien avoir un impact positif sur les dépenses de R&D, il n'a pas été possible de distinguer précisément cet effet du rôle joué par le CIR qui a fortement diminué le coût de la R&D sur la fin de la période étudiée