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: Une étude de la composition sociale des collèges français
National audienceLa mesure de la ségrégation consiste à quantifier un état de séparation de personnes appartenant à des groupes (sociaux, ethniques, etc.) différents, sur un territoire donné. Son opposé correspond à la mesure, plus positive, de la mixité sociale. Mesurer la ségrégation, en particulier celle qui existe entre les établissements scolaires, est un enjeu fort pour l'analyse et le pilotage du système éducatif. Cet article rappelle les principes généraux des indicateurs permettant de mesurer la ségrégation, et discute les propriétés des principaux indices habituellement utilisés. Nous nous appuyons sur l'un de ces indicateurs, l'indice d'entropie normalisé, pour proposer des éléments de diagnostic sur la ségrégation sociale entre les collèges français, à partir des données issues du système d'information Scolarité. Ces éléments permettent, dans un premier temps, de caractériser les territoires selon un degré plus ou moins fort de ségrégation entre les collèges : nous mettons en évidence une ségrégation plus forte dans les académies et dans les départements urbains. L'indice d'entropie normalisé, de par sa propriété de décomposabilité, permet de mettre en évidence des mécanismes de ségrégation différents selon les groupes sociaux et d'évaluer l'importance du secteur d'enseignement dans la ségrégation
Employment and the Working Poor
International audienceWhile the bulk of the working poor - and the poor - live in developing and emerging countries, it is in wealthy countries, where there are almost no working poor according to the World Bank absolute poverty threshold, that working poverty has been construed as a specific social issue. This reflects that, in rich countries, working poverty is considered as a paradox: those who work (enough) should be able to avoid poverty. Yet working enough is not systematically sufficient to escape poverty. But in the first place, both the notions of “working” and “poverty” raise conceptual and measurement issue. The chapter starts with a look at the diversity of statistical definitions which reflects both conceptual issues and national specificities in the labor market functioning and social protection systems. It then proposes an assessment of the factors impacting on working poverty both at individual and household level, before turning to public policies aimed at “making work pay” to reduce poverty – including minimum wage, inwork benefits and activation policies
Inégalités économiques entre hommes et femmes après le divorce : le revers de la spécialisation conjugale
If divorce has large consequences on both ex-spouses, its economic impact may be verydifferent for each partner. It is well-documented that women generally experience a largedecrease of their living standards after union dissolution, whereas men's living standards areoften presented as stable or increase. Thanks to a very rich administrative dataset on Frenchcouples who broke up their marriage in 2009, matched with identical still married spouses,we interestingly show that both women and men support a loss in average, but still of largermagnitude for women (19%) than for men (2.5%). Results show that the number of childrenonly plays a minor role in the explanations of the large women's impoverishment. The shareof couple's resources each spouse provides before divorce, resulting mainly from maritalspecialization, is the main driver. Child support payments, public transfers and the massivelabor market reentry of inactive women mitigate but do not cancel post-divorce genderinequalities.Les conséquences économiques d'un divorce peuvent être très différentes pour les deux exépoux et de nombreuses études étrangères mettent en évidence une baisse importante du niveau de vie des femmes et une stabilité voire une hausse de celui des hommes. Pour éclairer cette question dans le contexte français, nous utilisons les données fiscales de l'impôt sur le revenu et de la taxe d'habitation relatifs aux couples qui ont divorcé ou rompu leur PACS en 2009. En les comparant avec des couples aux caractéristiques identiques avant séparation et qui, eux, sont restés mariés, nous montrons que le divorce est à l'origine d'une perte de niveau de vie moyenne de 19 % pour les femmes, nettement supérieure à celle des hommes (2,5 %). Nos résultats montrent que ce n'est pas le nombre d'enfants qui a l'effet le plus important sur ces variations mais que ce sont les différences de revenus et d'activité entre époux avant la séparation, celles-ci pouvant résulter des choix de spécialisation du couple pendant le mariage. Les transferts publics jouent un rôle important, de même que les transitions sur le marché du travail. Ainsi, on observe un retour massif sur le marché du travail des ex-époux qui étaient sans activité un an avant le divorce, principalement des femmes. L'existence de transferts publics et les ajustements professionnels atténuent fortement sans toutefois compenser totalement la différence de pertes de niveaux de vie entre les hommes et les femmes
Réformes structurelles et modèles DSGE: un plaidoyer en faveur d'analyses de sensibilité
In a standard DSGE model of the Euro Area derived from the Smets and Wouters’ coremodel and comparable to most institutional models (ECB, EC, IMF, etc.), we shed new lighton a popular exercise: pro-competitive (structural) reforms evaluation. First, we provide witha detailed analysis of the underlying mechanisms, insisting on the importance of thehousehold’s consumption-leisure arbitrage. We then proceed to a quantitative sensitivityanalysis. We show that the simple redefinition of households’ utility can lead to additionalgains or losses of a few percentage points in output following goods or labour markets pro-competitive reforms. In addition, welfare analyses show that policy recommendations forstructural reforms are less clear-cut than those solely based on output gains. Introducing nonRicardian agents allows stylized yet informative inequality analyses showing that goodsmarket reforms reduce inequalities while labour market reforms are neutral. In all, our resultsadvocate for the extensive use of sensitivity analyses in that class of models when used forquantitative policy purposes.À l’aide d’un modèle DSGE standard inspiré par du modèle de Smets et Wouters etcomparable aux principaux modèles institutionnels (BCE, FMI, CE, etc.), nous nousconcentrons sur un exercice classique: l’évaluation de réformes pro-concurrentielles(structurelles). Tout d’abord, nous mettons précisément en évidence les mécanismes sous-jacents et insistons sur l’importance de l’arbitrage consommation-loisir des ménages. Dansun deuxième temps, nous présentons une analyse de sensibilité. Nous montrons qu’unesimple redéfinition de la fonction d’utilité des ménages peut conduire à des gains ou pertesd’activités supplémentaires de quelques points de pourcentage suite à des réformes pro-compétitives sur les marchés des biens ou du travail. Par ailleurs, une analyse de bien-êtremontre que des politiques économiques conduites sur la seule base d’une analyse deseffets sur la production peuvent diverger de politiques prenant en compte le bien-être desménages. L’introduction de ménages non-Ricardiens permet une analyse stylisée maispertinente des inégalités entre ménages. Cette analyse montre que les réformes sur lemarché des biens conduisent à une réduction des inégalités, tandis que des réformes dumarché du travail sont neutres. Dans l’ensemble, nos résultats plaident en faveur d’uneimplémentation systématique de tests de sensibilité dans cette classe de modèles quandceux-ci sont utilisés pour ce type d’exercice
La possession d’animaux de compagnie en France : une évolution sur plus de vingt ans expliquée par la sociologie de la consommation
Les satisfactions qu’on peut tirer d’un animal de compagnie peuvent apparaître à un ménage, personne seule ou famille, qui n’en possède aucun et n’en a jamais possédé, sans commune mesure avec les contraintes qu’il impose et les coûts occasionnés par cette présence supplémentaire et pourtant près d’un ménage sur deux continue à en posséder. Pour expliquer cet attachement qui a résisté à la migration de la campagne vers la ville, aux difficultés économiques de l’emploi et aux transformations de la vie conjugale, les sociologues ont privilégié la relation symbolique à l’animal et les attentes largement inconscientes qu’entretient le maître à son égard (Héran, 1987 ; Yonnet, 1983).Nous proposons ici d’approcher ce phénomène sous un angle différent. Il n’est pas nécessairement en contradiction avec le précédent, mais il permet de faire ressortir des données importantes et originales, qui restent invisibles dans d’autres perspectives. Dans notre approche quantitative, nécessairement partielle, la possession d’un animal de compagnie est le résultat d’une décision qui n’est pas fondamentalement différente de celle que prend le ménage vis-à-vis des produits de la consommation. Gary Becker (1973 ; 1974) est le premier à avoir appliqué l’analyse économique à ce type de décisions, notamment dans le domaine de la démographie. Dans sa mouvance, il est devenu légitime d’analyser des phénomènes comme le choix du conjoint ou les décisions de fécondité en utilisant les outils de la microéconomie, avec à la base un agent maximisant son utilité sous contraintes. L’analyse présentée s’appuie sur ce type d’ap- proche. Chaque espèce animale offre des opportunités de service que le ménage est en mesure de saisir ou non selon ses ressources budgétaires et le temps libre dont il dispose. Pour surveiller son domicile, aller à la chasse ou donner un compagnon de jeu à son enfant, le ménage ne retient pas le même animal. Car les différentes espèces animales et les différentes races n’ont pas les mêmes capacités à remplir les services divers qu’on attend d’elles. Comme le suppose Lancaster (1966), le consommateur n’arbitre pas entre des biens ou des paniers de biens mais entre leurs caractéristiques. Cette décision tient compte des conséquences multiples qu’un genre particulier d’équipement peut avoir sur les autres aspects de son mode de vie. De la même façon, le ménage choisit le nombre d’animaux et l’espèce de chacun en fonction des propriétés supposées de chaque animal ou du groupe de plusieurs animaux que peut comporter ce que nous appellerons la ménagerie domestique.Bien entendu, l’animal de compagnie a d’autres propriétés, qui peuvent être également étudiées à travers des approches quantitatives. Il entretient une proximité physique avec certaines personnes au point qu’il est le témoin de leur vie intime et, souvent, intervient comme acteur dans leurs épanchements sentimentaux : il est caressé, câliné ou subit la colère du maître. Toutefois, nous n’aborderons pas ici cet aspect. Aucune des deux enquêtes de l’Insee, ni « Budget de Famille 2010 », ni « Trois aspects du mode de vie 1988 » sur lesquelles nous nous appuierons principalement ici, ne fournit d’informations sur l’aspect émotionnel de la relation entre l’animal et ses maîtres. Dans l’étude que nous présentons le nombre d’animaux possédés et leur espèce sont utilisés comme un premier type d’indicateurs : celui des usages possibles de l’animal dans le foyer. En tant qu’instrument présentant une certaine combinaison de propriétés, chaque animal familier est en compétition ou en complémentarité avec d’autres animaux, mais aussi des biens matériels et des services. Tableaux et gravures, plantes et fleurs, mais aussi poissons rouges dans leur bocal se complètent ou s’excluent pour la décoration du logement ; alarme électronique et chien pour sa surveillance ; ronronnement du chat et psychothérapie pour calmer les chagrins des enfants. Un second groupe de caractéristiques concerne les ménages. Leurs besoins, goûts ou préférences dépendent de leur situation matérielle, mais aussi de leurs convictions idéologiques ou morales. Par exemple, le débat actuel sur la cause animale peut conduire à s’interroger sur le bien-fondé d’une vie de chien en appartement, mais peut aussi pousser à adopter un chat errant. En conséquence, l’habitat, le milieu social, la composition du ménage et l’âge sont considérés dans notre analyse comme des contraintes autant que comme les indicateurs de goût caractérisant aussi bien les possesseurs que les non-possesseurs d’animaux de compagnie.Les deux enquêtes ont été réalisées à plus de vingt ans d’intervalle. Elles font apparaître que la France reste également partagée entre possesseurs et non-possesseurs (tableau 1). Mais cette stabilité du taux de possession n’implique pas que la relation entre l’animal de compagnie et son maître soit restée identique. Sans vouloir attribuer l’évolution observée à celle des seules préférences, il est désormais attendu de l’animal familier moins de services domestiques et plus de compagnie dans les loisirs
Patrimoine privé et retraite en France
L’existence d’un système de retraite modifie les comportements d’épargne des ménages. Nous estimons le phénomène de substitution entre épargne privée et montant des droits à pension dans le cas français à partir des données de l’enquête Patrimoine et du modèle de microsimulation Destinie de l’INSEE. Les comportements d’épargne sont modélisés à l’aide du modèle de Gale (1998). Les résultats mettent en évidence des comportements de substitution entre l’épargne des ménages et leurs droits à pension. L’amplitude de ces effets est sensible aux paramètres d’actualisation des agents. Une hausse des pensions publiques induit une diminution de l’épargne complémentaire retraite et une diminution de l’investissement immobilier. Cesecond effet est prédominant
Projections de population 2013-2070 pour la France : méthode et principaux résultats, Document de travail
The French National Office for Statistics, Insee, has conducted a new set of population projections for France. The previous one was based on the population estimates for 2007. The new projections start from 2013 and are based on new assumptions made concerning fertility, mortality and migrations. They are extended to France as a whole (included five overseas department). The component method was used. Some methodological changes were made in the projection of each of the component. What is more, since 2007, the French population has been revised upwards using the annual census surveys from 2007 to 2013. A total of 27 scenarios have been implemented, including a baseline scenario and 26 variants useful to analyze how changing assumptions can affect the results. In the baseline scenario of the new projection, fertility is higher than in the previous one (completed fertility maintained between 2.05 and 2.10 children per woman for generations from 1990 to 2007 and then drop to 1.95 children per woman from generation 2019 whereas that level was reached in 1990 generation in the previous model). Life expectancy is extended by 2.5 years for men and 0.6 for women in 2060 (88.5 years of life expectancy at birth for men in 2060 against 86.0 in the previous model and 91.7 years for women against 91.1 years). The annual net-migration balance was revised downwards (+70 000 inhabitants) given recent population estimates available, and recent work by INSEE on the inputs and outputs of the territory. Indeed, the comparison between the previous projection exercise and population estimates between 2007 and 2016 shows that the difference comes primarily from this component which had been overstated. According to the baseline scenario, the population size will increase from 65.8 million in 2013 to 76.4 million in 2070, that’s to say 10.7 millions more.L’Insee a élaboré de nouvelles projections de population pour la France pour la période 2013-2070. Alors que les projections réalisées en 2010 portaient sur la France métropolitaine, les nouvelles projections sont élargies à la France dans son ensemble (France métropolitaine + 5 DOM). Elles intègrent également les révisions de population liées aux recensements de 2008 à 2013. Les nouvelles projections s’appuient sur les estimations de population définitives par sexe et âge au 1er janvier 2013. Ces projections sont toujours réalisées par la méthode des composantes, c’est à dire à partir d’hypothèses sur les trois éléments conditionnant l’évolution de la population : fécondité, mortalité et migration. Quelques modifications méthodologiques ont été apportées dans la projection de chacun des flux. De plus, l’intégration des nouvelles données disponibles dans le calcul des tendances a conduit à faire de nouvelles hypothèses sur l’évolution de ces trois composantes. Un ensemble de 27 scénarios a été établi, comprenant un scénario central et des variantes. Celles-ci permettent d’analyser les effets d’un changement d’hypothèse sur les résultats projetés. Dans le scénario central, la fécondité est plus élevée que dans le précédent exercice (descendance finale maintenue entre 2,05 et 2,10 enfants par femme pour les générations 1990 à 2007 puis baisse jusqu’à 1,95 enfant par femme à partir de la génération 2019 alors que ce niveau était atteint dès la génération 1990 dans le précédent exercice). L’espérance de vie est allongée de 2,5 ans pour les hommes et de 0,6 ans pour les femmes à l’horizon 2060 (88,5 ans d’espérance de vie à la naissance pour les hommes en 2060 contre 86,0 ans dans l’exercice précédent et 91,7 ans pour les femmes contre 91,1 ans). Le niveau du solde migratoire a été revu à la baisse (+70 000 contre +100 000) compte tenu des dernières estimations de population disponibles, et des travaux récents de l’Insee sur les entrées et sorties du territoire. En effet, la comparaison entre l’exercice de projection précédent et les estimations de population entre 2007 et 2016 montre que l’écart vient essentiellement de cette composante qui avait été surestimée. Au 1er janvier 2070, selon le scénario central de la projection la France compterait 76,4 millions d’habitants, soit 10,7 millions de plus qu’en 2013