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Décès en 2020 et début 2021 : pas tous égaux face à la pandémie de Covid-19
International audienceAs a result of the Covid-19 pandemic, the number of deaths soared in France in 2020 and the first half of 2021: +9.1% for deaths from all causes in 2020 and +7.3% in the first half of 2021, compared to the same periods in 2019.The risk of death increased among men aged 35 and above and women aged 55 and above, while mortality fell among the younger generations, particularly men, as a result of the "protection" provided by the lockdowns.Life expectancy at birth dropped 0.5 years and 0.6 years for women and men, respectively, in 2020, largely due to the increase in mortality among people aged 70 and above. This drop in life expectancy in 2020 was more pronounced in the French regions most affected by the first two waves of the pandemic: Île-de-France, Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté and Hauts-de-France, as well as Mayotte, which experienced outbreaks of Covid-19 and dengue fever simultaneously.The pandemic also proved more deadly to those born abroad, particularly people from Africa and Asia. These populations are more likely to live in the regions hardest hit by the pandemic and in densely populated areas, a factor linked to higher risk of death in 2020.Comparing the number of deaths observed to those expected if the pandemic had not occurred allows us to take into account population ageing and the downward trend of risk of dying by age. In 2020, 668,900 people died — 47,000 more than expected had the risks of dying by age continued to drop in line with the trend seen over the last decade. In April and November 2020, deaths were more than 30% higher than forecast. This additional amount was more modest during the third wave in April 2021 (+13%) thanks to vaccines and the harvesting effect, whereby there were fewer vulnerable people in 2021, following increased deaths in 2020.En raison de l’épidémie de Covid-19, le nombre de décès en France s’est fortement accru en 2020 et au premier semestre 2021 : + 9,1 % toutes causes confondues en 2020 et + 7,3 % au premier semestre 2021 par rapport aux périodes équivalentes de 2019.Les risques de décéder ont augmenté dès 35 ans pour les hommes et 55 ans pour les femmes, tandis que la mortalité des plus jeunes, surtout celle des hommes, a baissé compte tenu de l’effet « protecteur » des confinements.L’espérance de vie à la naissance a reculé de 0,5 an pour les femmes et 0,6 an pour les hommes en 2020, essentiellement du fait de la hausse de la mortalité des personnes de 70 ans ou plus. La perte d’espérance de vie en 2020 affecte en particulier les régions les plus touchées par les deux premières vagues de l’épidémie : Île-de-France, Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté et Hauts-de-France, mais aussi Mayotte, qui a cumulé épidémies de Covid-19 et de dengue.La pandémie a été plus meurtrière pour les personnes nées à l’étranger, en particulier celles nées en Afrique ou en Asie. Celles-ci résident en effet plus souvent dans les régions les plus touchées par l’épidémie et dans des communes à l’habitat dense, facteur associé à des risques de décès plus forts en 2020.Comparer le nombre de décès observés à ceux attendus en l’absence de pandémie permet de tenir compte du vieillissement de la population et de la tendance à la baisse des risques de décéder par âge. En 2020, 668 900 personnes sont décédées, soit 47 000 de plus qu’attendu si les risques de décéder par âge avaient baissé au rythme de la dernière décennie. En avril et en novembre 2020, les décès ont dépassé de plus de 30 % ceux attendus. L’excédent a été plus modéré au pic de la troisième vague, en avril 2021 (+ 13 %), du fait de la vaccination et de l’effet « moisson » (les personnes les plus fragiles sont moins nombreuses en 2021, étant davantage décédées en 2020)
Ségrégation à l’entrée des études supérieures en France et en région parisienne : quels effets du passage à Parcoursup ?
Cet article étudie l’impact de l’introduction de la plateforme Parcoursup en 2018 sur la ségrégation à l’entrée des études supérieures en France en fonction du niveau scolaire, de l’origine sociale et du genre des étudiants. À l’aide des données administratives de pré-inscription du supérieur de 2013 à 2019, ces phénomènes sont mesurés au moyen d’indices d’exposition normalisés. En 2017, les néo-bacheliers se répartissent inégalement dans les formations d’enseignement supérieur en fonction de leur niveau scolaire, de leur origine sociale et de leur genre. La moitié de la ségrégation scolaire et de la ségrégation sociale provient de la répartition des étudiants entre les grandes catégories de formations (licence, classes préparatoires, BTS, IUT, etc.), tandis que la ségrégation femmes-hommes s’effectue davantage entre filières d’études au sein de chacune de ces catégories. Une grande partie de la ségrégation à l’entrée dans l’enseignement supérieur est déjà présente dans les voeux exprimés par les candidats, alors que les classements des candidats opérés par les formations n’y contribuent que faiblement. La mise en place de Parcoursup en 2018 a eu un fort impact sur les pratiques de classement des formations non sélectives (licences universitaires) : la part des mentions bien ou très bien est ainsi passée de 29 % à 59 % parmi les candidats recevant en premier une proposition d’admission. Cependant, les niveaux de ségrégation mesurés selon les trois dimensions étudiées sont globalement stables. Dans les licences en tension, les nouvelles règles de classement des candidats ont eu un impact substantiel, celles-ci ne disposant pas d’une capacité d’accueil suffisante pour admettre tous ceux souhaitant s’y inscrire. La dernière partie de l’étude montre que la mise en place de Parcoursup a modifié de manière plus nette la répartition des étudiants entre les formations d’Île-de-France, territoire où se concentrent de nombreuses licences en tension et où la ségrégation sociale et scolaire est historiquement élevée
Un service au cœur de la qualité des bases de données. Présentation d’un prototype d’ATMS
International audienceDatabases must ideally evolve over time along with the change of their environment according to their uses. Taking these changes into account has a strategic impact on administrative data quality, and therefore on the statistical information systems using them. In order to help manage the transformations resulting from the observable reality affecting data, this article proposes an innovative, operational approach generalizable to any relational database management system. Thanks to the advances of research in data quality, the study of anomalies and their management has given rise to an original prototype, called ATMS (Anomalies Transactions Management System). This service allows the tracking of anomalies and processing, supporting the back tracking method: in a preventive approach of data quality, the method is intended to structurally improve quality at the source, and its implementation provides a significant return on investment. The characteristics of the ATMS prototype are combined with the use of data quality tools in curative approaches, offering new perspectives for statistical information systems.Les bases de données doivent idéalement pouvoir être adaptées aux évolutions de leur environnement selon leurs usages. La prise en compte de ces changements revêt un impact stratégique pour la qualité des données administratives, et de ce fait pour les systèmes d’information statistiques qui les utilisent. Afin de gérer au mieux les transformations issues du réel observable touchant les données, il existe désormais une approche innovante, opérationnelle et généralisable à tout système de gestion de base de données relationnel. Grâce aux avancées de la recherche en matière de qualité de données, l’étude des anomalies et de leurs traitements donne le jour à un prototype original, appelé ATMS (Anomalies Transactions Management System). Ce service permet un suivi des anomalies et des traitements, en support à la méthode dite du back tracking : dans une approche préventive de la qualité des données, la méthode est destinée à améliorer structurellement la qualité à la source, et son implémentation révèle un retour sur investissement important. Les caractéristiques du prototype d’ATMS sont mises en relation avec le recours aux data quality tools en usage dans les approchescuratives, offrant de nouvelles perspectives pour les systèmes d’information statistiques
Pondérations du panel ELIPSS rafraîchi en 2020
Le présent document fait état de modifications, par rapport à la démarche décrite dans Pilorin et Legleye (2018), de la procédure de calcul des pondérations initiales (première phase de correction de la non réponse totale) du panel ELIPSS pour son rafraîchissement en 2020. Dans un premier temps, nous listons les étapes de ce calcul fixées pour l’intégration de la nouvelle vague de recrutement en collaboration avec la Direction de la méthodologie et de la coordination statistique et internationale de l’Insee. Ensuite, nous nous focalisons plus spécifiquement sur le problème de la dispersion des poids (après leur redressement) des panélistes actifs, présents dans le panel avant son rafraîchissement, et du panel intégré, ainsi que les solutions mises en place pour résoudre ce problème
Une décennie de modélisation du système de retraite. La genèse du modèle de microsimulation TRAJECTOiRE
International audienceThe French pension system is characterised by its highly complex regulatoryframework and by the very wide diversity of career profiles of its members. In thiscontext, and in order to best carry out its missions of producing statistical informationand shedding light on public policies in the area of pensions, DREES, the Health andSolidarity Ministerial Statistical Department, collects data from the various schemeson a sample of contributors and on a sample of pensioners. Since 2010, DREES hasbeen developing a dynamic microsimulation model based on these two inter-regimesamples. TRAJECTOiRE was created through the juxtaposition of three modules: thefirst models professional careers, the second simulates retirement ages and the thirdcalculates retirement pensions. The development of each new module was madenecessary by the limitations of the pre-existing tools. As a particularly rich model,TRAJECTOiRE has since been used on numerous occasions.Many other institutions, such as INSEE, the main pension schemes and certaingovernment departments and research institutes, have adopted similar models.Although this diversity leads to a fragmentation of resources, it is also an asset forunderstanding and managing the French pension systemLe système de retraite français se caractérise par sa très grande complexitéréglementaire et par une très grande diversité des profils de carrière de ses assurés.Dans ce contexte, et pour assurer au mieux ses missions de production d’informationsstatistiques et d’éclairage des politiques publiques en matière de retraite, la Drees,le service statistique du Ministère des Solidarités et de la Santé, collecte des donnéesauprès des différents régimes sur un échantillon de cotisants, et sur un échantillonde retraités. Depuis la fin des années deux-mille, la Drees a développé un modèle demicrosimulation dynamique basé sur ces deux échantillons inter-régimes. TRAJECTOiREest né de la juxtaposition de trois modules : le premier modélise les carrièresprofessionnelles, le deuxième simule les âges de départ à la retraite et le troisièmecalcule les pensions de retraite. Le développement de chaque nouveau module a étérendu nécessaire par les limites que présentaient les outils pré-existants. Modèleparticulièrement riche, TRAJECTOiRE a depuis fait l’objet de nombreuses exploitations.Beaucoup d’autres institutions se sont dotées de modèles similaires : l’Insee, lesprincipaux régimes de retraite, certaines administrations et instituts de recherche.Si cette diversité entraîne une fragmentation des ressources, elle est aussi une richessepour la connaissance et le pilotage du système de retraite français
La mesure du numérique explique‑t‑elle le ralentissement de la productivité ? Le cas de l’Australie
International audienceThe post 2004 slowdown in productivity growth in developed nations has led to speculation that mismeasurement of digital activities within the national accounts may be responsible. The Australian Bureau of Statistics (ABS) modelling of potential missing output confirms the findings of Syverson (2017), Ahmad & Schreyer (2016) and Byrne, Fernald Reinsdorf (2016) that unrecorded digital activities were of insufficient magnitude to explain theproductivity slowdown. While there may be room for improvement in data sources and methods more broadly, conceptually digital activities are captured in the National Accounts framework.Le ralentissement de la croissance de la productivité enregistré dans les pays développés après 2004 a donné naissance à des spéculations sur la responsabilité d'une erreur de mesure des activités numériques dans la comptabilité nationale. L'Australian Bureau of Statistics (ABS) a modélisé la possible production manquante et confirme les conclusions de Syverson (2017), Ahmad & Schreyer (2016) et Byrne, Fernald & Reinsdorf (2016), selon lesquelles l'ampleur des activités numériques non enregistrées ne suffit pas à expliquer le ralentissement de la productivité. Bien que, de façon générale, les sources de données et les méthodes puissent être améliorées, au niveau conceptuel, les activités numériques sont déjà intégrées dans le cadre de la comptabilité nationale
Perspectives de population mondiale – Une vision sur lelong terme
International audienceThere is no need to justify interest in population dynamics. But there is a pertinentneed for sufficient, detailed and consistent evidence. Today, there is ample information aboutdemographic trends for countries small, exceptionally large, and in‑between. This was notalways the case. Since the late 1940s, the United Nations Population Division endeavored tocollect (often sparse) evidence for an increasingly complete picture known as World PopulationProspects. Its evolution, through 26 revisions, is the topic of this article. It starts with thehistorical context, followed by brief discussions of the demographic components of change:fertility, mortality and (net) migration. Based on a reconstruction of past trends (or estimates),the Populations Division projects the population of today 235 countries or areas; the world’spopulation could reach between 9.4 to 12.7 billion people, with a median of 10.9 billion. Thearticle closes with suggestions about further improvementsNul besoin de justifier l'intérêt porté à la dynamique des populations. En revanche, il faut apporter des éléments suffisants, détaillés et cohérents. Aujourd'hui, les informations abondent sur les tendances démographiques des pays, quelle que soit leur taille. Cela n'a pas toujours été le cas. Depuis la fin des années 1940, la Division de la population des Nations Unies s'efforce de collecter des éléments (parfois rares) afin de dresser un tableau de plus en plus fourni appelé « Perspectives de population mondiale ». Son évolution, au travers de 26 révisions, est le sujet de cet article. Nous commençons par tracer le contexte historique, puis présentons brièvement les composantes des changements démographiques : la fécondité, la mortalité et la migration (nette). À partir d'une reconstruction des tendances (ou estimations) passées, la Division de la population projette la population actuelle de 235 pays ou régions. La population mondiale pourrait atteindre entre 9.4 et 12.7 milliards de personnes, avec une médiane de 10.9 milliards. Nous concluons avec des suggestions d'améliorations pour l'avenir
A decomposition of labor earnings growth: Recovering Gaussianity?
International audienceRecent works have concluded to non-Gaussian features of labor earnings growth. We argue in this paper that it is mainly due to working hours' volatility. Using the non-parametric approach developed by Guvenen et al. ( 2016), we find on French data that labor earnings changes exhibit strong asymmetry as well as high peakedness. However, after decomposing labor earnings growth into wage and working time growth, the log-normality of hourly wages remains a quite plausible assumption since deviations from Gaussianity stem mainly from working time changes. The joint dynamics of hourly wages and working time help explain those deviations which relate most likely to labor supply decisions at the extensive margin
Why Do Apprentices Smoke Much More than High School Students? Understanding Educational Disparities in Smoking with a Oaxaca-blinder Decomposition Analysis
International audienceAbstract Background Educational disparities in daily smoking begin during adolescence and can lead to educational disparities in health among adults. In particular, vocational students including apprentices have higher daily smoking rates compared to non-vocational students. This study aimed to identify the determinants of the gap in daily smoking between French apprentices and high school students aged 17 in 2008 and in 2017. Methods We used data from a cross-sectional repeated survey representative of all French adolescents aged 17 in 2008 and 2017. We conducted a non-linear extension of the Oaxaca-Blinder decomposition technique and included the following variables: sociodemographic and familial characteristics, parental smoking, cannabis and alcohol use, suicidal attempt, grade repetition and money received. Results Daily smoking was about two times higher among French apprentices compared to high school students in 2008. This gap did not decrease between 2008 and 2017. Differences in measured characteristics between the two groups explained this gap partly, from 28.6 to 51.2%. Cannabis and alcohol use, money received and parental smoking contributed the most to the daily smoking gap. Conclusions Prevention programs could target cannabis and alcohol use as well as parental smoking to help decrease educational disparities in smoking status among French adolescents
Travailler autant en dépensant moins ? Les effets de l’accueil collectif du jeune enfant sur les revenus salariaux des parents
I leverage the staggered expansion of subsidized childcare institutions across municipalities, induced by a succession of national plans, to investigate the effect of collective childcare on parents' labor outcomes and childcare choices in France between 2007 and 2015. These plans did not lead to any substantial change neither in the labor outcomes of parents nor in the take-up of paid parental leave. Instead, these collective childcare expansions crowded out more costly formal childcare solutions, such as childminders or at-home childcare. These crowding-out effects highlight a downside of family policy strategies that foster the coexistence of multiple childcare arrangements.Une série de plans nationaux destinés à augmenter la capacité des Établissements d'Accueil du Jeune Enfant (EAJE) a généré, dans certaines communes, des hausses soudaines, et survenant à des dates variables, de la capacité de ces établissements. Cela permet d'en identifier l'effet sur les revenus et l'offre de travail des parents, et leurs choix de mode de garde, entre 2007 et 2015. Ces plans n'ont affecté de façon significative ni les revenus salariaux des parents, ni le recours au congé parental. Ces solutions collectives se sont en revanche substituées aux assistantes maternelles et à la garde à domicile, plus coûteuses pour les familles. Cette substitution signale un écueil potentiel de politiques familiales qui soutiennent de multiples solutions d'accueil du jeune enfant