Les Cahiers du GREMS
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ADVERBE DE NÉGATION : PLACE ET PORTÉE STYLISTICO-SÉMANTIQUE DANS LA VALSE DES TOURMENTS DE KOUAME ADJOUA FLORE
Le positionnement des termes négatifs dans la phrase relève de lasyntaxe dont les caractéristiques laissent entrevoir plusieurs places dans la phrase : la forme continue induit une antéposition des termes négatifs à l’infinitif présent, quand la forme discontinue appelle une antéposition de la partie atone au verbe simple et quand la partie tonique reste postverbale. Dans une structure verbale composée, les termes négatifs encadrent l’auxiliaire avec une antéposition de la partie tonique au participe passé. Le respect ou la transgression de ces normes suscite des effets littéraires et linguistiques (niveaux langue courant, familier et soutenu)
PROCÉDÉS D’ÉNUMÉRATION ET ESTHÉTIQUE SATIRIQUE DANS D’ÉCLAIRS ET DE FOUDRES DE JEAN-MARIE ADIAFFI
L’énumération s’inscrit dans une vision grammaticale ; car elle présente le discours dans une liste coordinative. Cette expansion de la phrase puise sa force dans l’organisation linéaire et spatiale du texte d’Adiaffi, en se présentant sous divers aspects morphosyntaxiques. Ses valeurs esthétiques ne passent pas inaperçues car cette réorganisation phrastique procède par différents écarts paradigmatiques comme la répétition, la reprise, l’accumulation, l’anaphore rhétorique et l’énumération elle-même. Cette diversité esthétique permet de mettre en place des dispositifs idéologiques pour expérimenter une littérature nouvelle tout en déployant un discours virulent et satirique
LA PHRASE ET SA STRUCTURE, OUTIL D’INTERPRÉTATION DU TEXTE LITTÉRAIRE EN CONTEXTE SCOLAIRE GABONAIS
Les outils d’interprétation des textes littéraires semblent monotones, voire sclérorisés, en contexte scolaire gabonais. Pour nous en forger une idée plus précise, nous avons conçu un questionnaire de deux items sur la place des outils d’analyse, et sur celle de la phrase et de sa structure chez les apprenants de niveau 1re de trois établissements de Libreville (Lycée international Berthe et Jean, Lycée Monseigneur Bessieux et Lycée National Léon Mba). Il en ressort que la structure de la phrase de base, outil bien connu en grammaire nouvelle ou moderne19, n’est pas du tout exploitée. Seules les figures de style sont, quasi inévitablement, utilisées. Les raisons dégagées par les apprenants et le regard sur les pratiques enseignantes les plus courantes ont amené à proposer une esquisse d’exploitation de la phrase et de sa structure dans l’analyse littéraire, à partir d’un corpus tiré d’un roman de la littérature gabonaise
LES PARTICIPES DANS LEURS USAGES : ENTRE RIGUEUR NORMATIVEET TOLÉRANCE DANS LA CARTE D’IDENTITE DE JEAN-MARIE ADIAFFI
Langue d’emprunt, le français se présente comme le moyen de communication le plus usuel. Certains de ses usages font de lui une marque d’exception. C’est le participe. Réputé comme le bon usage de la langue française, le participe se présente comme une difficulté pour tout apprenant surtout dans ses règles d’accord. Cependant, à la lecture de La carte d’identité, Jean-Marie Adiaffi fait de cet élément grammatical un principe de belles lettres
L’ABSENCE DE DETERMINANT EN FRANÇAIS DE CÔTE D’IVOIRE
Le système ivoirien de la langue est fait d’alternances de constructions et de possibilités d’omettre de nombreux éléments, aussi bien dans les structures verbales que dans les structures nominales. Le déterminant zéro, véritable statut du déterminant en français de Côte d’Ivoire, est, d’une part, dû, au fait qu’il existe un déterminant zéro dans les langues ivoiriennes, à l’image du dioula tagboussi et du baoulé, et d’autre part, à l’incapacité de nombre d’Ivoiriens à trouver le genre exact des substantifs qu’accompagnent les déterminants
LA PROBLÉMATIQUE DU LANGAGE HYPOCORISTIQUE DANS LA RONDE DES JOURS DE BERNARD DADIÉ
Avec La ronde des jours, Dadié offre au lecteur une écriture simple et spontanée, éloignée des tours recherchés et maniérés. Au moyen de ce langage hypocoristique ou enfantin, l’auteur lance un cri de protestation contre une époque et des pratiques douloureuses, exprime son engagement et chante l’amour et la fraternité vrais. On s’étonne donc, au regard des présupposés communicationnels, qu’en abordant des sujets aussi sérieux Dadié ait eu recours à un lexique aussi simple et aussi dépouillé, pratique contraire aux habitudes communicationnelles
LE BLOC-NOTES DE FRANÇOIS MAURIAC OU L’ECRITURE DE L’INSTANT
L’originalité du Bloc-notes de François Mauriac réside dans l’évocation d’un instant infime qui relève de l’intériorité de son auteur.Composé de textes brefs dont la construction converge rapidement vers une chute, Le Bloc-notes cherche à saisir le monde dans ses variations de chaque instant en prenant le plus souvent la forme d’un récit où la tension dramatique est extrême. Cette expérience relève de la prise de conscience de son auteur, car c’est l’intensité du ressenti qui est ici à l’œuvre sous de multiples facettes.La forme du journalisme permet l'insertion de tout dans le journal car rien n'est insignifiant de ce qui agite l'âme et l'esprit de l'auteur
LA COMMUNICATION SOCIALE ENTRE PERSUASION ET ENGAGEMENT
La communication sociale vise à influencer, à infléchir des opinions et des comportements dans le sens voulu par l’émetteur de l’information. Elle se présente comme le moyen privilégié de modifier les attitudes aussi bien individuelles que collectives par la persuasion. La persuasion provoque, dès lors des effets directs et puissants sur le récepteur. Ce dernier, face aux tentatives de changement d’attitude, reste souvent passif et très vulnérable. Cependant, on peut constater que la dimension persuasive de la communication a des limites qui méritent réflexion et analyse. Elle souligne l’importance des dimensions psychologiques et psychosociologiques du récepteur et considère que l’individu est plus autonome qu’on ne l’imagine face aux messages persuasifs auquel il peut être exposé. Cela introduit alors une prise de conscience du récepteur dont la volonté de changement ne réside que dans son engagement à le faire
LA QUESTION DU PRÉSENT DE L’INDICATIF DANS KAYDARA D’AMADOU HAMPATÉ BA
La question du présent de l’indicatif dans Kaydara se résume à travers ses caractéristiques et ses valeurs. D’abord, Le présent traduit, ici, le caractère fugitif et périssable à travers lequel les personnages de Hamtoudo et Dambourou se définissent. Ensuite, le présent étendu qui est le temps des épreuves, des efforts et de l’endurance. Enfin, le présent de vérité général et de l’atemporalité. A ce niveau, le présent de l’indicatif devient, pour Kaydara, l’Etre suprême, une conciliation du passé, du présent et du futur. C’est d’ailleurs, à partir de cela que le personnage de Hammadi triomphe par le bonheur impérissabl
LES EXPRESSIONS METONYMIQUES ET LES REFERENCES MUSICALES DE LA RUMBA CONGOLAISE CHEZ HENRI LOPES
La présente réflexion porte sur les expressions métonymiques et les références musicales de la Rumba congolaise chez Henri Lopes. A partir d’une approche stylistique, notre analyse consiste à montrer comment certains procédés stylistiques et intertextuels liés à la Rumba congolaise occupent une place importante dans les textes de fiction de l’écrivain congolais, à travers la métonymie et la référence. L’usage par Lopes des expressions métonymiques relatives aux titres des chansons ou des œuvres phonographiques, ainsi que des références musicales liées aux chansons dans ses récits permet d’établir la relation entre la Rumba congolaise et la littérature, vecteur essentiel de l’envol de la base identitaire vers les vertices du patrimoine de l’humanité. « Indépendance cha-cha », « Soki olingui ambiance », « Ziboula makolo mama », « Massoua akéï », « Félicité », « Atandélé », « Na yébi yo », « Mokolo na kokoufa », « Makambo Mibalé », « Para Fifi », « Nakomi tounaka » et « Tongo étani na mokili ya Congo » sont des titres des chansons de grandsmusiciens et orchestres tels que Franklin Boukaka, Jean Serge Essous, Nino Malapet, Franco, African Jazz, Les Bantous de la Capitale, Le Tout Puissant OK Jazz et bien d’autres qui ont marqué l’histoire de la musique congolaise des années cinquante. Ces nombreux emplois des expressions métonymiques et des références musicales de la Rumba congolaise pris dans notre corpus inscrivent les romans de Lopes dans les perspectives esthétiques de la production littéraire et de la réception