USURJ: University of Saskatchewan Undergraduate Research Journal
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Quand la pierre fait l'outil. (Pré) histoires de galets
International audienceLithic artifacts are widely considered by all prehistorians as the product of an epigenetic dynamic between the human being (craftsman) and his milieu (mineral resources) at a certain time in the past. Lithic materiality would then allow access to the technical fact, and even to the craftsman through the indices inscribed in the object, reflecting his gestures, his intentions, his preferences, even his spirit. We technologists remain confined to the limits of an anthropology of prehistoric techniques. Are not we called to make archaeological objects speak and to find the prehistoric behind them? Can there be another past beyond ours as a genus and species? Do stones have a past? Why should we pass from past’ stones to stone’s past? Granting a specific past to archaeological lithic material would it imply freeing oneself from humans? The main objective of this work is to rethink these questions based on the technical analysis of the most underestimated lithic objects by prehistorian technologists: pebble/cobble tools. Indeed, because of their situation at the border between the natural and the technical, these objects question as much the instability of the technical choices of prehistoric humanities, as the diversity of the ways of being in the world when one is a lithic. Beneath an apparent technical simplicity built by our gaze plunged into oblivion, the pebble is no more than the reflection of what we imagine of it: a dead lithic, void of complex technical investment. Our technicofunctional observations in different pebbles assemblages allow us to move away from this vision, since the natural parts of these objects present functional potentialities (backs, bevels, edges, etc.) which integrate the operational functioning of the target tool. Much of the tool was already organized in the pebble. This simple observation makes it possible to question the common vision of these tools and therefore the notion of technical intentionality in our analyses: the tool is not only the result of an artisanal intention imposed on the inert material but an emergent structure resulting from the relational encounter between the craftsman and his associated milieu. Pebble tools then become living litchis in constant ontogenetic phase-shift with human beings (prehistoric groups and prehistorians) and nature.L’objet lithique archéologique est largement considéré par tous les préhistoriens comme le produit d’une dynamique épigénétique entre l’être humain (artisan) et son milieu (ressources minérales) à un certain moment du passé. La matérialité lithique archéologique permettrait alors d’accéder au fait technique, et même à l’artisan à travers les indices inscrits dans l’objet, reflétant ses gestes, ses intentions, ses préférences, voire son esprit. Nous, technologues, restons confinés aux limites d’une anthropologie des techniques préhistoriques. Ne sommes-nous pas appelés à faire parler les objets de la préhistoire et à retrouver le préhistorique derrière elles ? Peut-il y avoir un autre passé au-delà du nôtre en tant que genre et espèce ? Les pierres ont-elles un passé ? Pourquoi faudrait-il passer des pierres du passé au passé des pierres ? Accorder un passé propre au matériel lithique archéologique impliquerait-il de s’affranchir des humains ? L’objectif central de ce travail est de repenser ces questions à partir de l’analyse technique des objets lithiques archéologiques les plus sous-estimés par les technologues préhistoriens : les outils sur galet. En effet, du fait de leur situation à la frontière entre le naturel et le technique, ces objets interrogent autant l’instabilité des choix techniques des humanités de la Préhistoire, que la diversité des manières d’être au monde lorsque l’on est un lithique. Sous une apparente simplicité technique construite par notre regard plongé dans l’oubli, le galet n’est plus que le reflet de ce que l’on s’imagine de lui : un lithique mort, vide d’investissement technique complexe. Nos observations technicofonctionnelles dans différents assemblages lithiques sur galet nous permettent de nous éloigner de cette vision, puisque les parties naturelles de ces objets présentent des potentialités fonctionnelles (dos, biseaux, émoutures, etc.) qui intègrent le fonctionnement opératoire de l’outil recherché. Une grande partie de l’outil était déjà organisée dans le galet. Ce simple constat permet de questionner la vision commune de ces outils et donc la notion d’intentionnalité technique dans nos analyses : l’outil n’est pas seulement le résultat d’une intention artisanale imposée à la matière inerte, mais une structure émergente issue de la rencontre relationnelle entre l’artisan et son milieu associé. L’outil sur galet devient alors un lithique vivant en constant déphasage ontogénétique avec les êtres humains (préhistoriques et préhistoriens) et la nature
Présence et évasion : l’hypnothérapie en milieu carcéral
International audienceA clinical psychologist within a penitentiary establishment exercises in a context far removed from that of care, which requires therapeutic arrangements. The introduction of hypnosis into our prison practice has allowed us to open up spaces for the patient as well as for the therapist. However, it is not so simple to do hypnosis with prisoners, the relationship with others being indeed problematic for many. The meeting with Léo, a young man in his twenties, who became a psychopath and imprisoned for murder allowed the emergence of this research work and to build our position as a clinician-researcher. Over the course of this meeting rooted in prison reality, we thought of an innovative device : the musical trance. It is through this authentic clinical experience that we have developed a methodology to evaluate this award in creative charge with incarcerated psychopathic patients.Un psychologue clinicien au sein d’un établissement pénitentiaire exerce dans un contexte bien loin de celui du soin, ce qui nécessite des aménagements thérapeutiques. L’introduction de l’hypnose dans notre pratique carcérale nous a permis d’ouvrir des espaces pour le patient comme pour le thérapeute. Pourtant il n’est pas si simple de faire de l’hypnose avec les détenus, la relation à autrui étant en effet problématique pour beaucoup. La rencontre avec Léo, un jeune homme d’une vingtaine d’années, diagnostiqué psychopathe et incarcéré pour assassinat a permis l’émergence de ce travail de recherche et de construire notre posture de clinicien-chercheur. Au fil de cette rencontre ancrée dans la réalité carcérale, nous avons pensé un dispositif innovant : la transe musicale. C’est au travers de cette authentique expérience clinique que nous avons élaboré une méthodologie afin d’évaluer cette prise en charge créative auprès de patients psychopathes incarcérés
De la carte statistique à la marche urbaine: identifier et cartographier les territoires communautaires de Belfast
International audienceSi la signature du traité de paix mettant fin aux Troubles en 1998 a profondément changé la ville de Belfast, la capitale d’Irlande du Nord reste profondément ségréguée entre des communautés protestantes (ou unionistes/loyalistes) d’une part et catholiques (nationalistes/républicaines) d’autre part. Certaines zones de contact entre des quartiers ouvriers habités par ces deux communautés sont matérialisées par des barrières physiques dont la forme la plus visible est le mur, appelé peace wall. Se pose alors le problème de la cartographie de ces différents quartiers de la ville et des frontières des territoires communautaires. Si les cartes statistiques produites par des géographes ou démographes travaillant spécifiquement sur les questions de ségrégations ou par la Northern Ireland Statistics and Research Agency (NISRA) peuvent aider, elles ont toutefois d’importantes limites. En effet, pour un chercheur travaillant sur le conflit nord-irlandais, la connaissance du territoire, parfois au mètre près, est fondamentale pour appréhender les phénomènes qu’il étudie. L’objectif de cette présentation est de proposer un tour d’horizon des différentes manières de cartographier précisément les limites des territoires communautaires de Belfast. Une approche plus qualitative peut ainsi être mise en œuvre par le cartographe/chercheur qui cherche alors des indices dans des écrits (journaux, livres, littérature scientifique …) ou à travers des entretiens (formels ou informels) avec des habitants ayant une connaissance intime de la ville. L’observation de terrain, caractérisée par de longues marches urbaines, permet également d’identifier et de cartographier les structures défensives, les symboles (peintures murales, drapeaux, mémoriaux et graffitis sectaires …) et parfois les rituels (marches, bonfires) qui bornent les quartiers ouvriers ségrégués de la ville
La réorientation après un échec au concours de médecine à l’aune des concepts de deuil, de soutien social perçu et de processus transitionnels
International audienc