Interfaces numériques (E-Journal)
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    Sémiotique de la communication en coprésence et à distance

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    Cet article se veut une réflexion et une mise à l’épreuve des théories émises à la fois par la sémiotique textualiste et la sémiotique des pratiques. La réflexion porte sur la communication synchrone en coprésence et sur la communication synchrone à distance outillée par l’usage d’interfaces numériques. Dans les activités collaboratives expertes, comme par exemple dans l’élaboration de projets architecturaux à distance, les pratiques des interlocuteurs sont soumises aux contraintes inhérentes au médium et doivent s’adapter à la dynamique constamment renouvelée des scènes prédicatives pour assurer l’efficacité de la communication.Un des objectifs de l’article consiste en une exploration des différentes propositions théoriques et méthodologiques visant les pratiques telles qu’émises par la sémiotique de Fontanille (2008) et l’ergonomie du « cours d’action » de Theureau (2006). Il est également question de mettre à l’épreuve le résultat de ces réflexions théoriques par l’examen d’un corpus particulier afin d’évaluer l’efficacité des nouvelles propositions de la sémiotique face à une analyse de cas. Cette analyse interroge notamment les aspects de la multimodalité et le rôle des différents types d’énoncés dans l’efficience de la communication et l’adaptation des pratiques sémiotiques à la contrainte du support de la communication. Nous proposons aussi une réflexion sur les médiations possibles entre pratiques en cours et objectivations de celles-ci en faisant une distinction entre textualisation et notation.This article aims to challenge and reflect on the theories issued by both textualist semiotics and the semiotics of practices. Our reflexion shall focus, on the one hand, on synchronic communication in copresence and, on the other hand, on virtual participative remote collaboration by means of digital interfaces. In high-level collaborative activities —such as remote architectural project developments— the practices of the partners involved in the communication process are conditioned by intrinsic material constraints; they have to gradually readapt to the constantly renewed dynamics of the predicative structures in order to ensure communication efficiency.One of the main purposes of this paper consists in exploring the theoretical propositions and methodologies connected to practices, as proposed by Jacques Fontanille’s semiotics (2008) and by Jacques Theureau’s ergonomics of the “course of action” (2006). The results of these theoretical reflections will be tested through their application to a specific corpus, in an aim to confront the efficiency of such proposals with a case study. Multimodality and the role played by the different types of utterances in the efficiency of communication, as well as the adaptation of the semiotic practices to the digital interfaces also fall under the scope of this paper. Besides, the authors propose a reflection on potential mediations between the ongoing practices and their objectivation through textualisation and notation

    Pour une ontologie de l’hybridité techno-communicationnelle

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    La nouvelle communication technique est proposée depuis des décennies comme synonyme d’une circulation transversale des savoirs, d’un développement plus inclusif, du triomphe des logiques participatives et collaboratives, etc. D’aucuns, parmi ses promoteurs, parlent d’une communication conçue dans la perspective des processus communautaires, quand d'autres la disent portée par l’innovation des marges. Du point de vue des régions sous-industrialisées du monde, la technologie de communication, continuellement dite « nouvelle » depuis ses débuts, est soutenue par un discours « passe-partout », d’un côté se légitimant par l’inclusion des populations défavorisées, et d’un autre, caractérisé par un certain flou empirique et la persistance d'une frontière entre les mondes usagers et les univers concepteurs. La polysémie du discours ne manque pas de résonner avec la duplicité des diffusions mais aussi avec les processus de domestication dont il faut prendre en compte l’intrinsèque hétérogénéité.The new technical communication has been proposed for decades as synonymous with a transversal circulation of knowledge, a more inclusive development, the triumph of participatory and collaborative logic, etc. According its promoters, the new communication integrate the perspective of community processes and is driven by margin's innovation. From the point of view of the less industrialized regions of the world, the current communication technology, always called « new » since its beginnings, is supported by a « passe-partout » discourse, on the one hand legitimized by the inclusion of marginalized populations, and on the other hand, characterized by an empirical blurring and the persistence of a gap between the ordinary and poor users and the universe of productive elites. The polysemy of discourse does not fail to resonate with the duplicity of the diffusions but also with the processes of domestication of which we must consider the intrinsic heterogeneity

    L’usage au fil des Tic

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    Le contexte de développement des technologies de l’information et de la communication se révèle prégnant et quasi inextricable des avancées de la recherche en sciences de l’information et de la communication. En effet, les concepts d’usages, et d’usages sociaux, naissent dans les travaux des collègues, dont plusieurs sociologues, tous issus d’études de terrain, d’expérimentations particulières et inédites. Ces liens constituent des fondamentaux importants non pas à rappeler mais à exposer pour deux raisons majeures. Premièrement, mettre en évidence l’ancienneté de certains questionnements qui, parce qu’ils sont toujours d’actualité, se retrouvent à tort trop souvent rattachés au déploiement du numérique. Deuxièmement, montrer à quel point la notion d’usages s’affirme comme centrale au fil du temps mais dans des acceptions et définitions évolutives que son unité sémantique a tendance à masquer ou à atténuer. Enfin, ce travail est soutenu par un travail antérieur de constitution d’un corpus de références bibliographiques traitant la question des usages, de 1980 à 2010.The context of development of Information and communication technologies shows itself significant, almost inextricable from the advances of researches in Sciences of the information and the communication. Indeed, the concepts of uses, social uses were born in the papers of colleagues, among which several sociologists, all stemming from studies of ground, from particular and unpublished experiments. All these links constitute fundamentals important not to remember but to expose for two major reasons. In the first place, to highlight the seniority of certain questionings, which because they are always current, find themselves, wrongly, too often connected with the deployment of the digital. Secondly, to show just how extent the notion of uses asserts itself as central over time but in meanings and evolutionary definitions which its semantic unit tends to mask or to mitigate. Lastly, this work is supported by a previous work of constitution of a French language bibliography corpus handling the question of the uses from 1980 till 2010

    Design et humanités numériques, Anthony Masure, Éditions B42, 2017

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    Les pratiques de fact-checking journalistique participatif, entre contraintes et intérêts

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    Les unités journalistiques dites de fact-checking, consacrées à la vérification de l’information et des propos des gouvernants ou des personnalités, ont opéré en 2017 une conversion vers le « debunking » ou « démystification de rumeurs », en accentuant désormais la participation des publics. Cet article examine le cas emblématique de la rubrique de Libération devenue “CheckNews”, qui collecte les questions de ses usagers sur des informations qu’ils souhaitent voir vérifiées. Comment s’est opérée la synthèse entre journalisme participatif et fact-checking, et en répondant à quels principes ? Fondé sur l’analyse du site CheckNews.fr et sur l’analyse des critères réglementaires de certification des cellules journalistiques de vérification de l’information, cet article se donne pour ambition d’y répondre, et de mettre en perspective les pratiques, les limites et les craintes d’une telle ouverture aux publics.Fact-checking journalistic units, dedicated to verify claims by politicians or by personalities, have transformed their model into debunking in 2017 ; in so doing, they enhanced the participation of their users. This articles examines the case of the French daily Libération’s fact-checking unit, “CheckNews”, which collects the questions of its users on information they wish to see verified. How was the synthesis between participatory journalism and fact-checking made, and following which principles ? This article is based on the analysis of the site CheckNews.fr and of the regulatory criteria to certify fact-checking units ; it aims to put the practices, the limits and fears of such an opening to the public in perspective

    Le numérique comme objet intellectuel

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    L’article prend à rebours la notion de représentations du numérique pour considérer le numérique comme une représentation, sociosémiotiquement construite et qui détermine le rapport du sujet à son environnement en termes de perception, de conception et de faire. À partir de travaux sur les web-séries et selon un modèle sémio-pragmaticiste de la communication le but est de démontrer le statut sémiotique particulier du numérique permettant d’expliquer son fonctionnement à la fois individuel et collectif.The paper reverses the idea of representations of digital in order to consider digital as a representation, sociosemiotically built and therefore establishing relations between subject and its environment in terms of perception, conception, and doing. Based on works on web series and following a semio-pragmaticist communication modelization, the goal is to prove the specific « digital’s » semiotic status which allows to explain its working both individual and collective

    Demain le design

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    Cet article propose une analyse critique sur une forme de pensée dominante dans le domaine du design dit « numérique », qui voudrait caractériser ce dernier comme porteur systématique d’interfaces. Ce diktat des interfaces résulte d’une série d’ivresses numériques qui désorientent les visions, les propositions, et l’analyse des enjeux. Nous proposons de montrer ici que le designer a intérêt à se détacher de ces pensées et pratiques conform(ist)es et en continuité, pour adopter des démarches disruptives issues d’une pensée qui l’est tout autant. Il y a dans l’attachement aux interfaces et aux interactions associées, un désir de contrôle qui est un barrage au nouveau design à naître, le design relationnel. Les objets de demain auront des relations avec nous, et elles seront bien plus importantes que leurs fonctionnalités.This article aims at making a critical analysis on a dominant way of thought in the so‐called “digital” design field that would characterize the latter as systematically bearing interfaces. This diktat of interfaces is the result of a series of digital euphoria, disorienting the visions, the propositions and the analyses of what is at stake. We want to show here that the designer should free himself from these conformist and continuous thoughts and practices, and choose disruptive approaches resulting from as disruptive a way of thinking. This attachment to interfaces, and to the associated interactions, shows an eagerness to control, which prevents a new design from developing ‐ relational design. Tomorrow's objects will have relations with us, which will be much more important than their functionalities

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