Actes sémiotiques (E-Journal)
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Le kitsch
Si le kitsch fut initialement l’objet d’un jugement péjoratif, il est peu à peu devenu un style artistique apprécié, assumé. Comment comprendre un tel renversement de sa valeur, de son statut ? Pour répondre à cette question nous reprendrons des éléments historiques, sociaux, notamment l’apport de la bourgeoisie au XIXè siècle, mais surtout nous postulerons la nécessité d’une théorie des valeurs. Nous supposerons également que dévaluation et appréciation du kitsch relève d’une réversibilité inhérente à ce type de productions et de conduite. Divers exemples nous amèneront à osciller entre bonheur et tragédie
L'impression textuelle des paysages
Le présent article aborde la notion de paysage textuel, en se demandant concrètement ce qu’est un paysage mis en discours verbal, ce que devient la structure d’horizon, l’observateur, la distance, etc, et autres éléments supposés être constitutifs de la notion de paysage. La recherche porte sur un corpus particulier : la poésie contemporaine, et la méthodologie se veut à la fois lexico-sémantique, puiqu’on travaille à partir des emplois du termes « paysage », et sémiotique, dans la mesure où l’on tente d’appréhender les configurations perceptives associées au paysage dans le texte. Au final est proposé le concept de bascule méréologique, répondant de la texualisation des paysages
Kitsch et dérision
En assumant une des propriétés de la dénomination « kitsch », qui est d’intégrer dans la désignation même une modalité de jugement, on s’attache à dégager la composition sémiotique et énonciative de ce jugement, ainsi que ses implications quant à la « réalité » fluctuante de l’objet qu’il désigne ainsi. Ce jugement relève du discours de la dérision dont on cherchera à mettre en évidence le composé d’humour et d’ironie qu’il manifeste. La distinction entre ces deux formes de dérision repose sur les deux régimes de déformation d’une règle qui les caractérisent : déformation d’un ordre syntagmatique dans le cas de l’humour, générant des valeurs extrémales d’hyper-qualification, déformation d’un ordre paradigmatique dans celui de l’ironie, générant des valeurs de disqualification. Quel en est le régime dans le cas du jugement de kitsch ? Et surtout comment se positionnent les instances appelées à participer à la scène kitsch du sens ? La ronde énonciative des instances en jeu dans cette scénographie, victimes consentantes de la praxis et de l’esthésis discursives, est envisagée notamment à partir d’un texte kitsch par excellence, Le Dictionnaire des idées reçues de Flaubert
Quel décor pour quel récit dans la bande dessinée contemporaine ?
Le présent article s’interroge sur la manière – plus ou moins ouverte ou contraignante – dont les particularités formelles et institutionnelles d’un média déterminent la nature aussi bien que la forme des représentations, en l’occurrence paysagères, de ce même média. Prenant l’exemple de la bande dessinée, on s’efforce dans un premier temps de poser quelques jalons d’une analyse de la ‘spécificité ‘ de ce média et d’examiner l’impact de cette spécificité sur les contenus suscités (ou permis) par ce média. Dans un second temps, on analyse une bande dessinée contemporaine, Vie et mort du héros triomphante de Frédéric Coché (2005), qui a la singularité de repenser un média (la tradition de l’eau forte et son iconographie traditionnelle) à l’intérieur d’un nouveau média (la bande dessinée muette, sans paroles). L’analyse du thème paysager révèle l’impact direct des médias mis en jeu sur le type de représentation sélectionné