Actes sémiotiques (E-Journal)
Not a member yet
    889 research outputs found

    Paysage et catégories topologiques

    No full text
    Pourquoi reconnaissons-nous un paysage là où un tableau montre deux bandes superposées ? Comment, plus généralement, stabilisons-nous l’icône du paysage ? Si de telles questions se posent devant les peintures de la série de Thierry de Cordier, intitulée Un homme, une maison et un paysage, qui les situe dès l’abord dans le genre du paysage, elles se posent aussi devant les œuvres de Mark Rothko qui, ne se trouvant pas inscrites dans le genre, utilisent pourtant certains principes fondateurs du paysage tels l’horizontalité, la superposition de bande et en certains cas, le format du paysage.On interrogera donc ce primat topologique du paysage qui convoque les catégories topologiques de Greimas, de même que les notions de support et de format qui révèlent ici leur importance pour la stabilisation iconique.Voyant comment une icône du paysage se stabilise (ou ne se stabilise pas), on fera le lien entre le genre du paysage et les pratiques énonciatives, une pratique de peintre-écrivain pour de Cordier qui recourt au support de la page et associe peinture et écriture contre une pratique de peintre pour Rothko

    « Mettre au monde le monde ». Sur la relation entre sémiotique de la production  et production sémiotique

    No full text
    Le concept de production sémiotique admet au moins une double déclinaison. En premier lieu, et historiquement, il concerne la praxis responsable de la réalisation d’objets qui rentrent dans le domaine de la sémiotique. En d’autres termes, c’est en fonction de la reconnaissance du caractère sémiotique du produit que l’on étudie le parcours historique qui en est à l’origine ; parcours qui, en fonction de cette origine, est pour cela même d’intérêt sémiotique, en tant que « production ». Par exemple, il s’agit de partir d’une œuvre et, une fois qu’elle a assumé le statut de « texte », d’y étudier le travail de l’artiste. En deuxième lieu, on entend par « production » un ensemble d’opérations qui président à la construction sémiotique d’un objet. Or, ce dernier ensemble d’opérations devrait recevoir une formalisation sémiotique qui rende compte du processus de production qui préside à l’achèvement de l’état du produit (et qui est déjà entièrement interne à l’ordre du sémiotique). Si le produit dont il est question est le texte-énoncé (et d’ailleurs cela ne pourrait pas être autrement), alors une théorie de la production coïncide pour l’essentiel avec une théorie de l’énonciation – c’est d’ailleurs ce que Greimas et Courtés remarquaient dans le Dictionnaire, à l’entrée « production ». A partir de cette double déclinaison, une duplicité intéressante découle : un même objet-texte peut donner accès à deux théories de la production, l’une à vocation « exogonique » et l’autre à vocation « endogonique ». La première permet la convocation des pratiques de production historiquement attestées (et par là même, l’étude empirique des pratiques elles-mêmes) ; la seconde conduit à la définition formelle du concept de praxis en sémiotique (à travers un travail fondamental sur la praxis énonciative, travail qui est bien loin d’être terminé). Toutefois, ce hiatus constitue aussi la possibilité d’une connexion. La discussion générale sur le concept de « pratique » demande donc un « nouement » : il sera question de garder ensemble pratiques historiques et modèles sémiotiques, afin d’en évaluer les relations possibles. Pour l’instant, et en exploration, on peut vérifier cet ensemble de problèmes à partir de deux exemples relevants. Le premier est le cas de la notation musicale contemporaine et des phénomènes concernés, entre composition, notation et exécution. Le deuxième exemple sera avancé à partir de quelques compositions d’Alighiero Boetti, dans lesquelles la relation entre projet et réalisation semble suivre des parcours analogues à ceux de la notation musicale.The article discusses the relation between a semiotic of production and the semiotic production. The first term indicates a theoretical enquiry into a semiotical discussion of practices, the second the object of this theoretical effort. Is it possible to study practices using the same methodologies defined for other « objects » more traditionally considered by semiotics (i.e. textuality) ? Or may not this new object to be studied prompt for a radical change in some of the epistemological tenets of the discipline ? In order to develop this point, the paper discusses some recent contributions by Jacques Fontanille, in which the French semiotician assumes that a hierarchy of multiple levels can, on one side, take into account the new dimensions that the study of practices introduces into a semiotic epistemology, while, on the other side, it still preserves a local validity the « classic » textual approach. It is then suggested that Fontanille's propositions can be integrated with Eco's so-called theory of modes of semiotical production, introduced in the Trattato di semiotica generale (1975). Eco's categories fully develop a semiotical description of practices, and they provide a still to be discovered framework for a semiotic of praxis. In order to analytically test the validity of the Eco's proposal in the perspective of Fontanille's hierarchical context, some works of Alighiero Boetti (one of the most relevant Italian artists in the last thirty years) are the discussed. These works represent an interesting theoretical challenge as in some way seems to be objects (so that they can be also more traditionally thought as artistic « texts ») created to simply demonstrate the practice instantiating them

    L’étude des paysages alluviaux par les techniques de l’écologie du paysage

    No full text
    Parce que le paysage est depuis quelques années un sujet d’étude pour de nombreuses disciplines, sa définition peut varier en fonction de la perception de chaque spécialité. L’objectif de cette communication est, dans un premier temps, d’évoquer ce qu’est le paysage tel qu’il est défini par la discipline appelée “Ecologie du Paysage” : le paysage est considéré comme un espace hétérogène composé d’éléments qui interagissent dans l’espace ; il est caractérisé par sa dynamique et est gouverné en grande partie par les activités humaines. Son étude a comme perspective de comprendre comment, d’une part, il s’est formé et a évolué et, d’autre part, en quoi sa structure complexe influence son organisation et les processus écologiques.Dans un second temps, grâce à l’exemple des paysages alluviaux de la plaine d’inondation de la rivière Allier entre 1946 et 2000, nous aborderons la méthodologie d’étude de cet écocomplexe (Blandin et al. 1988). Fondée sur la cartographie et le calcul d’indices d’écologie du paysage et sur un large emploi des Systèmes d’Information Géographique (SIG), la démarche proposée permet notamment d’avoir une approche qualitative et quantitative du paysage, d’élaborer les étapes de sa mise en place ainsi que sa tendance évolutive

    Faire corps avec le paysage

    No full text
    Pour beaucoup de pratiques artistiques et poétiques contemporaines, le paysage est lié à un état du corps autant qu’à un état de l’âme. Cette incarnation du paysage correspond à l’importance croissante du rôle reconnu et dévolu au corps dans l’art et la littérature contemporaines. Mais cette valorisation de l’expression corporelle peut s’orienter selon deux directions divergentes. La poésie contemporaine peut faire ainsi du corps l'instrument d'une rupture avec l'idéalisme supposé de la tradition poétique et dresse le corps contre l'esprit ; valorisant l’in-sensé et l’im-monde, elle fait alors un usage critique et ironique du paysage. Mais elle peut aussi faire du corps un carrefour entre la matière et l'esprit, le sujet et le monde ; elle trouve alors dans le paysage un lieu privilégié où renouer l’unité du sens et du sensible. C’est cette seconde tendance, qui vise à faire corps avec le paysage, que M. Collot éclaire à l’aide de la phénoménologie et illustre d’exemples empruntés notamment à Valéry, Artaud et Gaspar

    Transition et transgression

    No full text
    Nous cherchons, par la mise en parallèle des notions de transition et transgression, à comprendre les processus de changement et leur utilisation dans le discours notamment écologique. Nous montrerons, au prisme de la sémiotique lotmanienne, l'importance du rapport à la frontière et la norme dans la compréhension des dynamiques de changement de ces notions, mais également de leurs degrés de prévisibilité et de leurs capacités d'innovation. Par le biais de la sémiotique tensive, nous aborderons les problématiques de rythme, d'intensité et d'extensité afin de nous permettre d'interroger la compatibilité tensive entre la transition écologique et la crise écologique. Une analyse sémantique révélera que le double sens de transgression - dépasser/enfreindre - permet de définir une transformation comme une innovation ou comme une infraction. La notion de transition devient-elle un outil de prédiction, de contrôle du changement et de maintien de la norme face à l'imprévisible ?Drawing parallels between the notions of transition and transgression, we seek to understand change mechanisms and the use of those notions in the ecological discourse. With Lotman’s semiotics of culture, we will show the importance of relationship to boundary and to the language’s system in understanding the cultural dynamics in these notions, as well as their degrees of predictability and their capacity for innovation. Addressing the issues of rhythm, intensity and extent through the lens of tensive semiotics will enable us to question the tensive compatibility between ecological transition and ecological crisis. A semantic analysis will reveal that the double meaning of transgression - to trespass/to violate- allows us to define a transformation as an innovation or as an infringement. Can the notion of transition become a tool for predicting and controlling change as well as maintaining the norm in the face of the unpredictable

    Transition médiatique sur les corps et pratiques homosexuels : de la censure à la présence obligatoire

    No full text
    Au Brésil, pendant le XXe siècle, les corps et les pratiques homosexuels étaient constamment réprimés et censurés ; la prédominance d’une morale conservatrice a contribué à la promotion d’actions discriminatoires de la part de la société civile et de l’État. Aujourd’hui, l’émergence des discours qui promeuvent la reconnaissance des LGBTQIAP+ cherche à répondre aux demandes sociales et médiatiques. Les demandes sociales se réfèrent à l’inclusion de cette minorité qui se constitue comme une « identité concessive » (Oliveira 2021) par rapport à des constructions identitaires hétérocisnormatives. Les demandes médiatiques correspondent aux intérêts marchands qui s’adaptent aux exigences sociales et donnent lieu à l’insertion de personnages LGBTQIAP+ dans diverses sphères de communication. Afin d’aborder ces transitions socioculturelles et médiatiques, nous mobilisons des concepts de la sémiotique pour comparer la répression des homosexuels qui a été mise en évidence dans les articles d’opinion du journal Lampião da Esquina (1978-1981) avec la présence de nombreux corps LGBTQIAP+ dans les productions médiatiques contemporaines.In Brazil, during the 20th century, homosexual bodies and practices were constantly repressed and censored. The prevalence of conservative morals contributed to the promotion of discriminatory actions by part of civil society and the State. Nowadays, with the evidence of social movements and the growing concern with identity agendas, the emergence of discourses that promote LGBTQIAP+ recognition seeks to meet social and media demands. The social demands refer to the inclusion of this minority group that is constituted as a "concessive identity" (OLIVEIRA 2021) in relation to heteronormative identity constructions. The media demands correspond to market and media interests that adapt to social demands and lead to the insertion of LGBTQIAP+ characters in various spheres of communication. To address these socio-cultural and media transitions, we mobilize concepts from discourse semiotics to contrast homosexual repression evidenced in opinion articles from the newspaper Lampião da Esquina (1978-1981) with the numerous presence of LGBTQIAP+ in contemporary media productions

    Religiosité d’intonation1 et régimes conversationnels au cinéma. Sokourov et ses dialogues avec Soljénitsine

    No full text
    Le sujet de cet article est l’étude de l’intonation religieuse dans des conversations attestées dans le cinéma documentaire, intonation qui émerge toujours à partir d’une transition fragile entre régimes de communication poussés au-delà de l’intimité. Dans certaines attestations cinématographiques, la tension entre intimité et universalisation des valeurs peut apporter un pli religieux au discours, et ce pli peut se voir renforcé par l’énonciation filmique. Le cas d’étude analysé, à savoir le film documentaire d’Alexandre Sokourov Le Nœud. Dialogues avec Soljénitsine, tourné en 1998 pour le studio Nadezhda (Saint-Pétersbourg), démontre que certains films documentaires focalisés sur l’attestation d’une rencontre peuvent échapper à la définition d’une simple interview et se rapprocher d’une conversation intime, imprégnée d’une intonation religieuse. Notre recherche s’inscrit dans la quête de ce qu’on appellera une « intonation religieuse » de la conversation, se situant ainsi au croisement de la sémiotique visuelle et la linguistique interactionnelle.The subject of this article is the study of the religious intonation in the conversations attested in documentary cinema, an intonation that always emerges from a fragile transition between different communication regimes pushed beyond intimacy. In certain cinematographic attestations, the tension between intimacy and the universalization of values can bring a religious fold to the discourse, and this fold can be reinforced by the filmic enunciation. The case study, namely the documentary film by Alexandre Sokurov The Knot. Dialogues with Solzhenitsyn shot in 1998 for the Nadezhda studio (Saint-Petersburg), demonstrates that certain documentary films focused on the attestation of an encounter can escape the definition of a simple interview and approach an intimate conversation, imbued with a religious intonation. Our research is part of the quest for what will be called a religious intonation of conversation, thus being at the crossroads of visual semiotics and interactional linguistics

    Apprendre à douter des critères de la vraisemblance ou l’art de l’intrigue chez Marjane Satrapi

    No full text
    L’article prend le contrepied de la thèse selon laquelle la vraisemblance serait la principale mesure-étalon de la recevabilité d’une fiction. Arguant du fait qu’il y a toujours quelque chose d’invraisemblable dans le sujet d’une fiction – les fictions réussies, à ce sujet, ne sont pas en reste –, l’article avance l’hypothèse qu’une certaine dose d’invraisemblance est consubstantielle à la nature même de la fiction. Cette hypothèse est mise à l’épreuve d’une bande dessinée qui, par son côté imprévisible et transgressif, bat en brèche les paramètres qui sous-tendent l’évaluation de son degré de vraisemblance. Loin d’être l’expression d’un vice de forme poétique, les aspects invraisemblables de cette fiction (Poulet aux prunes de Marjane Satrapi) sont la clé d’une stratégie de mise en cause méthodique et délibérée des paramètres culturels qui façonnent le rapport de la société à l’imaginaire fictionnel. Mimétisme aidant, la portée de cette mise en cause s’étend à toutes les situations de la vie réelle qui ressemblent aux situations représentées dans la fiction. Se renouvelle ainsi la vocation inscrite dans le tournant phylogénétique qui a présidé à la naissance des toutes premières fictions : repenser en termes non-dogmatiques le rapport de l’homme aux croyances, en adoptant à leur égard une attitude mentale plus distancée et critique : le « faire semblant ».The article takes the opposite view of the thesis according to which plausibility is the main standard measure of the validity/reception of fiction. I argue that there is always something improbable within fiction –even when fiction reaches its primary targets. My interrogation relies on the idea that a certain amount of implausibility is consubstantial with the very nature of fiction. This hypothesis is explored in reference to a comic strip which, through its unpredictable and transgressive side, seems to undermine the assessment of its degree of plausibility. Rather than being the result of a defect in poetic form, the improbable aspects of such a work of fiction (Poulet aux prunes by Marjane Satrapi) are key to a strategy of methodical and deliberate questioning of the cultural parameters which design the tangible relations between society and the fictional imagination. Through mimesis, the scope of this questioning extends to any real-life situation which may reflect a situation in fiction. The aim of the phylogenetic turn which presided over the birth of the very first works of fiction is thus renewed: to rethink the relationship between man and beliefs in non-dogmatic terms, by adopting a more distanced and critical view through “make-belief”

    0

    full texts

    889

    metadata records
    Updated in last 30 days.
    Actes sémiotiques (E-Journal)
    Access Repository Dashboard
    Do you manage Open Research Online? Become a CORE Member to access insider analytics, issue reports and manage access to outputs from your repository in the CORE Repository Dashboard! 👇