Actes sémiotiques (E-Journal)
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La dicotomia saussuriana langue/parole e Sechehaye/Hjelmslev. Sulle tracce del concetto glossematico di schema
La linguistica di Saussure è stata motivo di diversi dibattiti, a vari livelli e tempi. Uno di essi riguarda la distinzione sincronia/diacronia, che Sechehaye e Hjelmslev hanno fatto oggetto dei propri interventi esegetici. Come è noto, essa dipende dalla precedente e basilare distinzione di langue e parole con diverse conseguenze di tali nozioni circa i rapporti tra i due linguisti e quindi le loro differenze linguistiche, anche profonde. Sechehaye nel suo Les trois linguistiques saussuriennes (1940) con la pretesa di risolvere la suddetta dicotomia introduce un nuovo elemento diacronico chiamato parole organisée teoricamente conoscibile come “schema de parole”. Hjelmslev nella sua Langue et parole, al contrario, pur rispondendo in qualche modo a questa inedita suggestione, cerca di abbandonare l’approccio diacronico, sebbene implicitamente il concetto di schema di Sechehaye venga ricusato mentre questo lemma parola viene ri-coniato e ri-concepito nel senso glossematico di langue-forme, la questione specifica su cui si concentra la presente analisi.Saussure’s linguistics has been the motive of different debates, at various levels and times. One of them concerns the distinction synchrony/diachrony, which Sechehaye and Hjelmslev have made object of their own exegetical interventions. As known, it depends on the previous and most basic distinction of langue and parole with different consequences of such notions concerning relations between the two linguists and therefore their linguistic, also deep, differences. Sechehaye in his Les trois linguistiques saussuriennes (1940) with the purport of resolving the afore-said dichotomy introduces a new diachronic element named parole organisée theoretically knowable as a “schéma de parole”. Hjelmslev in his Langue et parole, on the contrary, even in answering somehow to this unedited suggestion, tries abandoning the diachronic approach, though implicitly Sechehaye’s concept of the scheme is recused while this word is re-coined and re-conceived in the glossematic sense of langue-form, the specifical issue on which the present analysis is focused
Tiziana Migliore, La Parola trasformatrice. Strutture, enunciazione, intersoggettività, Milano, Mimesis, 2023, 280 p.
Diataxe. De l’activité configuratrice à la saisie des transitions
Notre contribution vise à problématiser les pratiques sémiotiques lorsque l’activité configuratrice, paradigme d’une visée perceptive ou d’une énonciation, doit céder la place à une saisie et à une valorisation des transitions. Ces dernières semblent échapper à la fois à une organisation paratactique d’éléments catégorisés à l’avance (effets de coordination, juxtaposition, accumulation, etc.) et à une structuration hypotactique à même d’imposer un ordre intégrateur. Entre ces deux logiques syntaxiques s’introduirait une solution dans laquelle la signification n’a pas la structuration méréologique typique des langages « digitaux » (caractérisés par des unités discrètes), mais possède plutôt une sorte de diataxe, laquelle exemplifierait des écarts sans avoir recours à des proportionnalités ou à des enchâssements préalables. Au contraire d’une prise analytique soutenue par les organisations syntaxiques traditionnelles et la « rection » qu’elles assurent, la diataxe semble promouvoir une synthèse « enharmonique » qui se maintient entre constitution et aspersion, favorisant ainsi la prise en compte de la transition en tant que telle ; une transition entre des valeurs qui ne semblent pas devoir rivaliser pour se partager les valences en jeu. En effet, la transition n’est plus conçue comme une phase d’absence de forme, prélude d’une comparaison qui sera tôt ou tard possible entre un principe organisationnel en amont et un principe en aval ; la transition exemplifie une coalescence formelle qui s’impose aux formes qu’elle héberge et fluidifie, sans se réduire à la notion de continuum. L’article aborde la transition selon trois stratégies différentes : l’observation de la transition, la tentative de la médier, la transition directement incarnée. La dernière stratégie nous amènera à introduire brièvement une étude de cas concernant un tableau anonyme. Il s’agit sans doute de l’œuvre d’un peintre qui a travaillé en reflétant sa propre condition de « transitaire » dans l’évolution incertaine (entre mythe et dénonciation sociale) d’un sujet assez délicat tel quel le suicide.Our contribution aims to problematize semiotic practices when the configuring activity, paradigm of a perceptive aim or enunciation, must give way to a grasp and valorization of transitions. The latter seem to escape both a paratactic organization of elements categorized in advance (effects of coordination, juxtaposition, accumulation, etc.) and a hypotactic structuring capable of imposing an integrating order. Between these two syntactic logics would be a solution in which meaning does not have the mereological structuring typical of "digital" languages (characterized by discrete units), but rather has a kind of diataxis, which would exemplify deviations without recourse to prior proportionalities or embeddings. In contrast to an analytical grasp supported by traditional syntactic organizations and the "rection" they ensure, diataxis seems to promote an "enharmonic" synthesis that holds between constitution and aspersion, thus favoring consideration of the transition as such; a transition between values that don't seem to have to compete to share the valences at stake. Indeed, transition is no longer conceived as a phase of formlessness, the prelude to a comparison that will sooner or later be possible between an upstream and a downstream organizational principle; transition exemplifies a formal coalescence that imposes itself on the forms it hosts and fluidifies, without being reduced to the notion of continuum. The paper approaches transition through three different strategies: observing transition, seeking to mediate it, and directly embodying transition. The last strategy leads us to briefly introduce a case study of an anonymous painting. This is undoubtedly the work of a painter who has worked by reflecting his own condition as a "transitor" in the uncertain evolution (between myth and social denunciation) of a rather delicate subject such as suicide
Existe-t-il des œuvres transitoires ? Le désœuvrement de l’art à partir de Robert Filliou : un défi sémioesthétique
Existe-t-il des œuvres transitoires ? Cette question est posée au premier chef comme un défi, car pour y répondre faut-il d’abord définir le transitoire ou, mieux, la manière dont la transition peut s’appliquer à des manifestations de l’art telles des « œuvres ». Dans cette contribution, nous chercherons à appréhender la transition d’un point de vue initialement méthodologique afin de mettre en lumière son potentiel heuristique vis-à-vis d’objets sémiotiquement denses. L’hypothèse est la suivante : la transition permet de réactiver l’interrogation sur le statut objectal des productions artistiques qui ne sont pas des « œuvres » au sens traditionnel du terme. L’examen du Principe d’équivalence de Robert Filliou exemplifiera le changement de regard épistémologique nécessaire afin de relever le défi sémioesthétique posé par ces objets sémiotiques et nous permettra de revenir sur certaines dynamiques générales de la sémiose, dont notamment une réévaluation des oppositions participatives de Louis Hjelmslev.Are there transitional works of art? This question is posed primarily as a challenge. In order to answer, we must first define the transitory or, better still, the way in which transition applies to manifestations of art such as "works". In this contribution, we seek to approach transition starting from a methodological viewpoint in order to highlight its heuristic potential with regard to semiotically dense objects. The hypothesis is as follows: transition enables us to reactivate the questioning of the objectal status of artistic productions that are not "works" in the traditional sense of the term. An examination of Robert Filliou's Principle of Equivalence will exemplify the epistemological shift required to meet the semioesthetic challenge posed by these semiotic objects and allow us to revisit some general dynamics of semiosis, including a reappraisal of Louis Hjelmslev's participatory oppositions
Sans transition. Enquête sur la place des transitions dans l’espace des pratiques numériques
C’est le chemin et ses indéterminations, ses renversements, et non le dessein, qui semble caractériser la transition numérique. Plus encore, la conception sémiotique de la transition l’envisage comme un parcours non téléologique, caractérisé comme un « espace-temps critique » (Basso, 2017). Pourtant, la praxis numérique est marquée, dans certaines pratiques, par des opérations d’éviction ou de virtualisation des transitions spatialisantes et temporalisantes. Cet article vise à s’interroger sur les modalités et le rôle de cette virtualisation de la transition dans l’espace numérique, en s’appuyant notamment sur la séquence requête/résultat des moteurs de recherche. Nous tenterons de mettre en lumière les significations socioculturelles en négociation dans cette tension entre pratiques individuelles et ontologie du numérique.It is the path and its indeterminations, its reversals, and not the design, that seems to characterize the digital transition. What's more, the semiotic conception of transition envisages it as a non-teleological journey, characterized as a "critical space-time" (Basso Fossali 2017). Yet digital praxis is marked, in certain practices, by operations of eviction or virtualization of spatializing and temporalizing transitions. The aim of this paper is to examine the modalities and role of this virtualization of transition in digital space, drawing in particular on the search engine query/result sequence. We will attempt to shed light on the socio-cultural meanings negotiated in this tension between individual practices and digital ontology
Groupe µ and “the system of plastic form” -for an evaluation-
Le Groupe µ et "le système de formes plastiques” -à propos d’une évaluation- L’objectif de cet article est de fournir quelques exemples et de proposer certains éclaircissements qui peuvent contribuer à la compréhension de la théorie du signe plastique conçu par le Groupe μ. Plus précisément, l’article porte sur les éléments de la théorie en question qui constituent une analyse du système de la forme tant qu’elle est distincte du système de la couleur et du système de la texture. Dans l’espoir de faire connaître quelques-uns des fondations et des implications de ce système de forme plastique, principalement aux lecteurs anglo-saxons, l’article tente également de clarifier sa place au sein de la théorie générale du signe visuel articulé par Groupe μ dans son Traité du signe visuel (1992). La première section de l’article traite de la notion esthétique générale de forme et de sa relation avec d'une part la notion de forme/formation visuelle et de l'autre la notion de forme sémiotique telle qu’elle a été développée par Hjelsmlev. On prend note du risque que les visées d’une sémiotique plastique puissent être indûment confondues avec celles du formalisme dans l'esthétique. Selon l’avis de l’auteur, les études de sémiotique visuelle ne sauraient bénéficier de ce genre de confusion, mais devraient plutôt tenter de maintenir sa distance par rapport aux conjectures et luttes de pouvoir dans le(s) monde(s) de l'art. La deuxième section explique la distinction faite par le Groupe μ entre le signe iconique et le signe plastique, conçus comme des couches séparées du signe visuel. Selon le Groupe μ, le signe iconique forme une structure triadique contenant le signifiant, le type et le référent. Il y a des similarités entre cette conception et le triangle d’Ogden & Richards. Or, la notion du Type a des implications plus vastes que la conception d’Ogden & Richards, selon lesquels il existe une image très générale qui met en relation symbole/signifier et référent – le type est ici le résultat de modélisations et de catégorisations, et il est valable aussi bien pour le signe iconique que pour le signe plastique. Par définition, le signe plastique manque de référent : la relation entre un motif et ses variations dépend donc uniquement du rapport Signifier/Type. Sur la base de cette relation Signifier/Type, les signes plastiques apparaissent, selon le Groupe µ, aux trois niveaux de la sémiose, sur le niveau purement plastique, sur le niveau extravisuel (ou symbolique), et dans une interaction avec le signe iconique sur le niveau iconico-plastique. La troisième section de l’article explique le système de forme plastique telle qu’elle est conçue par le Groupe μ. Le système est constitué par trois « formemes » (ou catégories), à savoir position, dimension et l'orientation. Il est conçu en termes de figures apparaissant dans un plan restreint. Comme les relations fondamentales dans le plan sont celles entre le centre - la marge, le haut - le bas et la gauche - la droite, le système de positions alternatives (par exemple marginal, au-dessus et au centre) est isomorphe au système d'autres orientations (par exemple vers l'intérieur, d'en haut vers le centre). Le système d'autres dimensions/tailles, par contraste, est défini par le biais de la fonction de la taille de la figure en relation à la taille du plan de l’image et le point focal. Ces valeurs plastiques de position, de dimension et d’orientation sont les signifiants du système. Ils sont liés à leurs signifiés de la manière suivante : la position à l’attraction, la dimension à la domination, l'orientation à l'équilibre. Cette corrélation est validée par les auteurs au moyen d’une démonstration visuelle. Dans la quatrième et dernière section de l’article, des observations sont faites au sujet des répercussions plus vastes ainsi que des applications du système. Conformément à la visée du propre Groupe µ à surmonter les limitations qui résultent de la spécialisation de disciplines telles que la psychologie de la perception, l'auteur soutient que des systèmes théoriques comme celui du système plastique peut fournir un cadre interdisciplinaire qui facilite l’évaluation à la fois des données scientifiques et des discours philosophiques généraux concernant le monde visuel. En ce qui concerne des applications plus proches, l'auteur estime que les théories du sens visuel et de la rhétorique du Groupe μ, si elles étaient plus largement connues, contribueraient considérablement à la compréhension de l'importance du sens plastique dans la communication visuelle et au développement des méthodes pédagogiques pour la description et l’interprétation de l'image
Sémiotique de la « Taille1 »
Qu’il soit tailleur de pierre ou buriniste, l’artiste alchimiste ou franc-maçon utilise une technicalité de la « taille » précise et singulière. En altérant, creusant et polissant la matière, il reproduit le geste sémiotique de la tradition ésotérique : séparer la matière pour laisser jaillir l’unité d’une œuvre. Du savoir-faire de l’artiste-philosophe dit « ésotérique », se dégage une double phénoménologie, celle de la « taille » et celle des sciences ésotériques, qui donne à voir et à penser la production d’œuvres alchimiques et maçonniques, gravées et/ ou taillées, comme un acte énonciatif du discours « ésotérique ». Dans le présent texte, nous nous pencherons exclusivement sur les modalités sémiotiques qui instaurent un lien entre la production du signe gravée et sa signification « ésotérique