Open Access Publications (Univ. de Genève)
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La Finlande et la Suède, des pays non-alliés ? Cultures et politiques de sécurité à l’épreuve des tensions régionales dans l’espace baltique
As “small countries” of Northern Europe, Finland and Sweden each chose neutrality to ensure their security in a context where they felt weakened by their proximity to Russia. After the collapse of the Soviet Union and at the end of the Cold War, they pursued an original policy, combining full participation in the European Union’s Common Foreign and Security Policy and non-participation in military alliances. However, the Ukrainian crisis disrupted the balance in Northern Europe, leading Finland and Sweden to distance themselves from neutrality in armed conflicts, although this objective had been at the heart of their security policy since the 1950s. Beyond what appears to be a break with their security tradition, both countries remain in reality faithful to their security culture: as in the past, their security choices are determined by their self-image, and this image has remained unchanged.« Petits pays » d’Europe du Nord, la Finlande et la Suède ont chacune fait le choix de la neutralité pour assurer leur sécurité dans un contexte où elles se sentaient fragilisées par leur voisinage avec la Russie. Après l’effondrement de l’Union soviétique au sortir de la Guerre froide, elles ont mené une politique originale, associant la participation pleine et entière à la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union européenne et la non-participation à des alliances militaires. Toutefois, bouleversant en profondeur l’équilibre en Europe du Nord, la crise ukrainienne a conduit la Finlande et la Suède à prendre leurs distances avec l’objectif de neutralité dans un conflit armé, qui avait été au cœur de leur politique sécuritaire depuis les années 1950. Par-delà ce qui apparaît comme une rupture avec leur tradition sécuritaire, la Finlande et la Suède demeurent en réalité fidèles à leur culture de sécurité : comme par le passé, c’est l’image qu’elles ont chacune d’elles-mêmes, une image demeurée inchangée, qui continue d’encadrer leurs choix sécuritaires
Les films à l’affiche dans les salles africaines Secma-Comacico (1960-1961)
En s’appuyant sur des sources à ce jour inexploitées, la présente contribution se propose d’analyser en détail la programmation, au lendemain des indépendances, des salles des deux circuits cinématographiques dominants l’Afrique francophone sud saharienne, notamment situées au Sénégal et en Côte d’Ivoire, marchés les plus importants. Ces sources permettent de largement relativiser, voire contredire, nombre de discours qui se sont tenus concernant la « qualité » des films proposés et d’en révéler la nature strictement idéologique. Elles permettent en outre de mieux comprendre le fonctionnement de l’activité de programmation des groupes, et également de saisir une partie des pratiques spectatorielles de l’époque. Au-delà de la nationalité des films, l’étude de leurs genres ou leurs modes d’exposition permettront de décrypter partiellement la réalité de l’offre des années 1960, révélant en creux les goûts des publics concernés
Journalisme et politique en Côte d’Ivoire (années 1930-1964): Itinéraires croisés d\u27une profession
Cet article met en évidence les modes de formation et de transformations de la profession de journaliste de presse écrite, en Côte d’Ivoire, depuis la brève parution du premier journal créé par des Africains, en 1935, jusqu’à l’émergence, en 1964, du quotidien national Fraternité-Matin. Il se nourrit de la sociologie du journalisme pour mettre en lumière les multiples relations que les journalistes ivoiriens ont entretenu avec la sphère politique et pour inscrire leur biographie au cœur du mouvement continu qui a façonné la profession. Le parcours de Félix Houphouët-Boigny – premier président de la Côte d’Ivoire, très tôt investi dans le secteur de la presse – et de Laurent Dona Fologo – premier rédacteur en chef du premier quotidien ivoirien et, depuis, acteur connu de la scène politique ivoirienne – sont pris en compte dans cette perspective
Adam Mayer (2016) - Naija Marxisms: Revolutionary Thought in Nigeria
Critical review: Adam Mayer, Naija Marxisms: Revolutionary Thought in Nigeria, London, Pluto Press, 2016, 241 p.Recensé : Adam Mayer, Naija Marxisms: Revolutionary Thought in Nigeria, Londres, Pluto Press, 2016, 241 p
Paul Mercier (2021) - Dakar dans les années 1950, édité par Jean Copans
Critical review: Paul Mercier, Dakar dans les années 1950, edited by Jean Copans, Paris, Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS), coll. Le regard de l’ethnologue, 2021, n°31, 335 p.Recensé : Paul Mercier, Dakar dans les années 1950, édité par Jean Copans, Paris, Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS), coll. Le regard de l’ethnologue, 2021, n°31, 335 p
Identifier, haïr, exterminer: Questions de recherche autour du génocide des Tutsi du Rwanda
Vingt-sept ans après le génocide des Tutsi du Rwanda, cet article revient sur certains des travaux en sciences sociales consacrés à cet évènement majeur de la fin du XXe siècle, afin d’en proposer un bilan historiographique. Sont notamment analysées les recherches consacrées aux décennies précédant le génocide, pour tenter d’inscrire celui-ci dans sa profondeur historique sans en faire l’aboutissement inexorable des évolutions sociales et politiques du pays depuis la période coloniale et les luttes politiques de l’indépendance. Sur l’évènement lui-même, l’article expose les différentes grilles de lecture qui en ont été proposées, entre celles qui insistent surtout sur son arrière-plan idéologique dans le cadre d’un racisme qui se traduit par de multiples pratiques de cruauté pendant les massacres, et celles qui pointent davantage les structures sociales et politiques qui conditionnent la mobilisation des groupes de tueurs.Vingt-sept ans après le génocide des Tutsi du Rwanda, cet article revient sur certains des travaux en sciences sociales consacrés à cet évènement majeur de la fin du XXe siècle, afin d’en proposer un bilan historiographique. Sont notamment analysées les recherches consacrées aux décennies précédant le génocide, pour tenter d’inscrire celui-ci dans sa profondeur historique sans en faire l’aboutissement inexorable des évolutions sociales et politiques du pays depuis la période coloniale et les luttes politiques de l’indépendance. Sur l’évènement lui-même, l’article expose les différentes grilles de lecture qui en ont été proposées, entre celles qui insistent surtout sur son arrière-plan idéologique dans le cadre d’un racisme qui se traduit par de multiples pratiques de cruauté pendant les massacres, et celles qui pointent davantage les structures sociales et politiques qui conditionnent la mobilisation des groupes de tueurs
Apreender a alteridade: auto e heterorrepresentações
O ser humano é um animal social. A atual situação pandémica e as limitações que impõe aos contactos sociais lembram-nos esta realidade a cada dia que passa. O indivíduo estabelece relações com o Outro, desde o dia em que nasce, primeiro com a família próxima, para pouco a pouco ir alargando o seu mundo de relações e se inserir numa matriz social, que cria o sentido de pertença a um grupo, um Nós. É no seio dessa matriz que cada indivíduo vai formar a sua identidade, através das trocas, contactos e relações que vão orientando as suas escolhas identitárias, quer estas se alinhem com o coletivo, quer se demarquem do mesmo. É nesse sentido que os filósofos da identidade afirmam que o Eu só se pode formar por confronto com o Outro. Como o explicou Paul Ricoeur, entre vários filósofos, só pode ter uma forma narrativa, pois definir-se é, em última instância, contar-se. Indivíduos ou coletividades definem-se através das histórias que contam a si e aos outros sobre si (Ricoeur, 1991). Stuart Hall confirma-o afirmando que a identidade se constrói no interior e não no exterior da representação
O monumento ao jesuíta António Vieira, em Lisboa, e o debate sobre a “conquista” e a colonização portuguesas das terras americanas
Dans cet essai, une réflexion critique est présentée sur un monument récemment érigé à Lisbonne dédié au jésuite António Vieira. Dans la première partie, nous argumentons qu’une telle sculpture dit très peu sur la « conquête » portugaise des terres des peuples amérindiens et sur l’imposition d’une forme de domination qui s’appuie sur la minorisation, politique et juridique, des indigènes. Dans la deuxième partie, nous argumentons qu’António Vieira s’identifiait à ce système de domination et
qu’il a peu fait pour le modifier d’une manière substantive. Cette constatation sert surtout à situer le jésuite dans les cadres culturels et politiques de son temps, et non à le juger. Dans la troisième partie, nous établissons une relation entre ce monument dédié à Vieira et la persistante vision bénigne de la colonisation portugaise des terres américaines, asiatiques et africaines. À la fin, nous défendons que, dans l’actuelle société portugaise, il y a un intérêt croissant pour une compréhension plus critique, plurielle et juste du passé colonial.Neste ensaio é apresentada uma reflexão crítica sobre um monumento recentemente erigido em Lisboa dedicado ao jesuíta António Vieira. Na sua primeira parte argumenta-se que tal escultura pouco diz sobre a “conquista” portuguesa das terras dos povos ameríndios e a imposição de uma forma de dominação que assentou na menorização, política e jurídica, dos indígenas. Na segunda parte do artigo argumenta-se que António Vieira se identificava com esse sistema de dominação e que pouco fez para o modificar de uma forma substantiva. Tal constatação serve, acima de tudo, para situar o jesuíta nos quadros culturais e políticos do seu tempo, e não para o julgar. Na terceira parte estabelece-se uma relação entre este monumento dedicado a Vieira e a persistente visão benigna da colonização portuguesa de terras americanas, asiáticas e africanas. No final, defende-se que, na atual sociedade portuguesa, há um crescente interesse por uma compreensão mais crítica, plural e justa do passado colonial
Ancrages et transferts transcontinentaux des positions de Paulo Freire: Une théorie de la pratique de la liberté plus qu’une théorie de l’éducation
How can we understand the immense popularity of Paulo Freire? After having shown the extent of his popularity through a quantitative analysis, this critical essay attempts to identify the context in which his work was developed and re-appropriated by different social movements and intellectual currents. To this end, we draw on an extensive body of literature on Freire\u27s intellectual trajectory and militant commitment. By seeking to periodize his career, we examine the way in which this reformist pedagogue positions himself in relation to other schools of thought, notably through an analysis of the evolution of the references cited in his work. We thus attempt to grasp Freire’s ability to draw inspiration from his political sensibility, which provides some indications that may explain the pedagogue’s current success. Extending the discussion to the University Professors who invited us to discuss Freirism, we ultimately question how Freire’s tools can help pedagogues approach the problems facing today’s schools.Comment comprendre l’immense popularité de Paulo Freire ? Après avoir montré cette popularité à travers une analyse quantitative, nous nous efforçons, dans cet essai critique, de cerner le contexte dans lequel son œuvre a été élaborée puis réappropriée pardifférents mouvements sociaux et courants intellectuels. Nous tirons parti pour ce faire d’une ample littérature disponible sur la trajectoire intellectuelle et les engagements militants de Freire. Esquissant une périodisation de son parcours, nous examinons la manière dont ce pédagogue réformiste se positionne au regard d’autres écoles de pensée, via notamment une analyse de l’évolution des références citées dans son œuvre. Nous tentons ainsi de saisir la capacité de Freire de s’inspirer d’une sensibilitépolitique, qui pourrait fournir des éléments d’explication du succès actuel du pédagogue. Prolongeant le questionnement des professeurs de l’Université qui nous ont invités à discuter le freirisme, nous nous interrogeons in fine sur les outils que Freire apporte aux pédagogues pour penser les problèmes auxquels l’école d’aujourd’hui est confrontée
Promoting a capability approach and impacting social justice through a wellbeing framework: a case study of VET reform in Georgia
Georgia is currently undergoing a VET reform, bringing together public, private, and social actors, based on the principle of solidarity. This paper aims to identify ways in which the Georgian VET reform can be a force for economic prosperity, as well as wellbeing for different communities. Results are presented through a comprehensive research methodology, mobilizing a state of the art through in-depth analysis of primary and secondary data sources, as well as seven semi-structured, face-to-face interviews with education practitioners and policymakers in Georgia. The article highlights how progress is hindered by a peculiar mix of Soviet era and neo-liberal legacies that has shaped a unidimensional human capital approach focused on economic growth. We suggest limitations to this approach, and instead propose to re-align the system towards the objective of wellbeing, employing a Social Return on Investment (SROI) framework and advocating for collectivized intelligence between actors. Through an innovative meta-theoretical framework, we emphasize the importance of historical path-dependency and lay out the context. We analyze stakeholder interviews through the SROI framework and suggest socially-minded changes, benefiting individuals and the society as a whole.Une réforme du système de formation professionnelle est actuellement en cours en Géorgie impliquant les acteurs/trices privé-es, publics/ques et sociales/aux selon le principe de solidarité. Cet article interroge cette réforme sur son potentiel à soutenir la prospérité économique du pays et le développement du bien-être de sa population. Il s’appuie sur une revue de la littérature concernant les politiques de formation professionnelle, ainsi que sur les résultats d’une analyse de contenu de données primaires et secondaires concernant la réforme entreprise en Géorgie, et sur sept entretiens semi-structurés avec des responsables politiques et praticien-nes de la formation professionnelle en Géorgie. Les résultats soulignent le poids de l’héritage socioculturel soviétique et des préceptes néolibéraux qui façonnent une vision unidimensionnelle du capital humain mettant en péril les objectifs visés par la réforme. Il met en évidence les limites de cette démarche et propose de réaligner le système vers l’objectif de bien-être, en mobilisant le modèle de Retour Social sur Investissement (RSSI) centré sur un principe de solidarité et d’intelligence collective mobilisant les acteurs concernés par la réforme. Il suggère finalement des changements à visée sociale bénéficiant aux individus et à la société dans son ensemble