Open Access Publications (Univ. de Genève)
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Kostan Zarian: Turn and Return between Homeland and Diaspora:
Kostan Zarian, one of the foremost figures of twentieth-century Armenian literature, left a vast literary corpus of prose and poetry. This essay introduces one of his main subjects: his project of nation building through literature, particularly addressed during the decades he spent in the Armenian diaspora. It is noteworthy that Zarian explicitly rejected the Armenian dispersion brought by the catastrophic genocide of 1915, a rejection embodied by his (re)turn to the homeland in the twilight of his life.Kostan Zarian, l’une des figures majeures de la littérature arménienne du XXe siècle, a laissé un vaste corpus littéraire de prose et de poésie. Cet essai présente l’un de ses principaux sujets : son projet de construction de la nation par la littérature, particulièrement traité au cours des décennies qu’il a passées dans la diaspora arménienne. Il convient de noter que Zarian a explicitement rejeté la dispersion des Arméniens provoquée par le génocide de 1915, un rejet qu’il incarna lorsqu’il (re)vint à sa patrie au crépuscule de sa vie
« Le Pays Naïri » et « la nation ordinaire »
Violette Krikorian analyses the literary bridge between two icons of Armenian literature, Vahan Terian and Yeghishe Ch\u27arents\u27, whose tragic destiny merges with that of the nation. Witnesses to the turmoil of war, genocide and revolution, both died in the prime of their lives. The elder Terian succumbed to tuberculosis at the age of thirty-five, far from his hometown, in Orenburg, where he was spreading the Bolshevik word. His younger brother, his admirer and critic at the same time, embodies another romantic figure, that of the murdered poet, victim of Stalinist repression at the age of forty. In a way, they are the emblem of the revolution that devours its children.Violette Krikorian propose ici une analyse du pont littéraire entre deux icones de la littérature arménienne, Vahan Térian et Yéghiché Tcharents, dont le destin tragique se confond avec celui de la nation. Témoins du fracas de la guerre, du génocide et de la révolution, les deux furent fauchés à la fleur de l’âge : l’aîné, Térian, succomba à la tuberculose à trente-cinq ans, loin de chez lui, à Orenbourg, où il répandait la bonne parole bolchevique ; son cadet, son admirateur et critique à la fois, incarne une autre figure romantique, celle du poète assassiné, victime de la répression stalinienne à quarante ans. D’une certaine façon, ils sont l’emblème de la révolution qui mange ses enfants
« Écrire les camps » en Arménie soviétique : Barbelés en fleurs de Gourguen Mahari
Gurgen Mahari (1903–1969) is one of the most important writers in the literature of Soviet Armenia. In his youth, he was an active participant in the intellectual movements of the capital, briefly presented in this paper, before falling into disgrace in 1936 and being deported to the Gulag camps, from which he could only return after Stalin’s death. This article focuses on Barbed Wires in Blossom, a work written in 1965 and resulting from the writer’s long years in the camps. Censored in Soviet Armenia, it was first published in the diaspora (Beirut and Paris) in 1971–1973, and only in 1988 in Armenia, in the context of perestroika. This article analyses the narrative plans of Barbed Wires in Blossom and the writing processes employed by Mahari by comparing them with the writing choices adopted by other non-Armenian writers to “write the camps”. A cross-reading with Mahari’s second major work, Burning Orchards, about the self-defence of the city of Van in 1915, proved to be fundamental. In both works, the author makes use of dialogism and refraction, to make a plurality of voices and perspectives heard. The article also recalls some aspects of the bans on Armenian-Soviet literature, not only in the name of party ideology, but also of the official Armenian discourse on the history of the liberation of the Armenians from the Ottoman Empire. The Armenian censors did not forgive Mahari for showing the Armenian revolutionary movement, in Burning Orchards, from the perspective of deheroisation and desacralisation.Gourguen Mahari (1903–1969) est l’un des écrivains les plus marquants de la littérature de l’Arménie soviétique. Dans sa jeunesse, il participa activement aux mouvements intellectuels de la capitale, brièvement présentés dans ce travail, avant de tomber en disgrâce, en 1936, et d’être déporté dans les camps du Goulag, d’où il ne put rentrer qu’après la mort de Staline. Cet article porte sur Barbelés en fleurs, une œuvre écrite en 1965 et issue des longues années passées par l’écrivain dans les camps. Censurée en Arménie soviétique, elle fut publiée pour la première fois en diaspora (Beyrouth et Paris), en 1971–1973, et seulement en 1988 en Arménie, dans le contexte de la perestroïka. Cet article analyse les plans narratifs de Barbelés en fleurs et les procédés d’écriture employés par Mahari en les comparant avec les choix d’écriture adoptés par d’autres écrivains, non arméniens, pour « écrire les camps ». Une lecture croisée avec une deuxième œuvre majeure de Mahari, Vergers en feu, sur l’autodéfense de la ville de Van en 1915, s’est révélée fondamentale. Dans les deux ouvrages, l’auteur fait recours au dialogisme et à la réfraction pour faire entendre une pluralité de voix et de perspectives. L’article rappelle aussi quelques aspects des interdictions qui ont frappé la littérature arméno-soviétique, non seulement au nom de l’idéologie du Parti, mais aussi du discours officiel arménien sur l’histoire de la libération des Arméniens de l’Empire ottoman. La censure arménienne ne pardonna pas à Mahari d’avoir montré le mouvement révolutionnaire arménien, dans Vergers en feu, sous l’angle de la déshéroïsation et de la désacralisation
Introduction : Les écrivains au risque de la littérature. L’État et les intellectuels en Arménie soviétique
This article focuses on Armenian-Soviet literature and examines the relationship between communist power and writers. The latter were subject to the injunctions of a totalitarian state which, since Lenin, has always considered literature as an instrument of propaganda, and writers – and more generally intellectuals – as auxiliaries of the Party. Hence the difficulty of dealing with literary currents and aesthetics independently of the various phases of the history of the USSR. In addition to issues common to non-Russian peoples – is it a national or provincial literature? –, in Armenia, we can add those specific to a country that has inherited diverse cultural influences after several centuries of division between empires, a double linguistic norm (Eastern and Western), and a worldwide diaspora resulting from the genocide of 1915. We can thus measure the effects of the attempt to standardise a literature that must be "national in form, socialist in content", often leading to its folklorisation, but also a degree of resistance to this process by the "engineers of souls".Cet article porte sur la littérature arméno-soviétique et étudie les relations entre le pouvoir communiste et les écrivains. Ces derniers sont soumis aux injonctions d’un État totalitaire qui, depuis Lénine, a toujours considéré la littérature comme un instrument de propagande, et les hommes de lettres – et plus généralement les intellectuels – comme des auxiliaires du Parti. D’où la difficulté de traiter de courants et d’esthétiques littéraires indépendamment des diverses phases de l’histoire de l’URSS. Outre des questionnements communs aux peuples non-russes – s’agit-il d’une littérature nationale ou provinciale ? –, en Arménie s’ajoutent ceux spécifiques à un pays héritier d’influences culturelles diverses après plusieurs siècles de partage entre des empires, une double norme linguistique (orientale et occidentale), et une diaspora mondiale issue du génocide de 1915. On y mesure ainsi les effets de la volonté uniformisatrice d’une littérature devant être « nationale par la forme, socialiste par le contenu », aboutissant souvent à sa folklorisation, mais aussi une certaine résistance des « ingénieurs des âmes » à ce processus
Todd Cleveland, Tarminder Kaur et Gerard Akindes (dir.) - Sports in Africa: Past and Present
Critical review: Todd Cleveland, Tarminder Kaur and Gerard Akindes (eds.), Sports in Africa: Past and Present, Athens, Ohio University Press, 2020, 299 p.Recensé : Todd Cleveland, Tarminder Kaur et Gerard Akindes (dir.), Sports in Africa: Past and Present, Athens, Ohio University Press, 2020, 299 p
Daniel Couriol (2020) - Mieux vaut tard que jamais. Sur les traces des six tirailleurs guinéens fusillés à Clamecy en juin 1940
Critical review: Daniel Couriol, Mieux vaut tard que jamais. Sur les traces des six tirailleurs guinéens fusillés à Clamecy en juin 1940, Paris, L’Harmattan, 2020, 96 p.Recensé : Daniel Couriol, Mieux vaut tard que jamais. Sur les traces des six tirailleurs guinéens fusillés à Clamecy en juin 1940, Paris, L’Harmattan, 2020, 96 p
′′Insinança das Damas′′: Educação e literacia femininas na corte portuguesa de Quatrocentos
La cour portugaise a été l\u27une des premières à traduire l\u27œuvre de Christine de Pizan, Livre des Trois Vertus ou Trésor de la Cité des Dames. Selon la tradition, la traduction portugaise a été ordonnée par la reine Isabel de Coimbra, c. 1446-1455, mais le livre serait parvenu au sein de la cour des années avant, envoyé par Isabelle, duchesse de Bourgogne. Intitulé Livro das Tres Vertudes A Insinança das Damas (Livre de Trois Vertus L’enseignement des Dames) c\u27est le seul livre sur l\u27éducation des femmes à circuler dans la cour portugaise à cette époque. La même œuvre sera imprimée au début du XVIe siècle, parrainée par la reine Eleanor. Les deux éditions de cette œuvre sont paradigmatiques d\u27un modèle d\u27éducation et de mécénat féminins pratiqués à la cour. Dans cet article, je vais analyser comment les femmes de la haute aristocratie ont été impliquées dans la lecture, l\u27écriture, la possession et l\u27édition de livres, et agissent comme sources de changement culturel dans la cour portugaise.A corte portuguesa foi uma das primeiras a traduzir a obra de Christine de Pizan, Livre des Trois Vertus ou Trésor de la Cité des Dames. Segundo a tradição, a tradução para português foi ordenada pela rainha D. Isabel de Coimbra, c. 1446-1455, mas o livro terá chegado à corte anos antes, enviado por Isabel, duquesa da Borgonha. Intitulado Livro das Tres Vertudes A Insinança das Damas este é o único livro sobre a educação das mulheres a circular na corte portuguesa neste período. A mesma obra seria impressa no início do século XVI, com patrocínio da rainha D. Leonor. Estas duas edições desta obra são paradigmáticas de um modelo de educação e mecenato femininos praticados na corte. Neste artigo analisarei como as mulheres da alta aristocracia estiveram envolvidas na leitura, escrita, posse e edição de livros, actuando como agentes de mudança cultural na corte portuguesa
Are super-Earths more conducive to life?
In this paper, we present the results of our studies on the properties of iron at the extreme conditions that exist inside the Earth\u27s core. We have found that rocky planets outside the Solar System that are about 4-6 times the size of Earth might have magnetsoheres that last much longer, thereby providing longer-lasting shielding from harmful cosmic rays, possibly making them more habitable
The Ocean 100: the big fishes of the blue economy
Growing economic use of the oceans may help determine the achievement of global conservation goals. In looking to see where this capacity rests, we find that the 10 largest companies in 8 core ocean-based industries generate, on average, 45% of each industry’s total revenues. This level of concentration presents both risks and opportunities to sustainability
An eye-opening explosion
Have you ever wondered how plants make use of sunlight to do photosynthesis? What happens inside your eye such that your brain can perceive your smartphone screen or your coffee cup? It turns out this is eventually triggered by tiny rearrangements of individual atoms. Our aim is to develop an imaging method sensitive enough to watch such processes in single molecules on the atomic level