John Paul II Catholic University of Lublin

Quêtes littéraires
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    La vanité et le tragique existentiel dans l’œuvre durassienne

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    Duras’s work is a deep reflection on the emptiness of the human condition. In her works, a man realizes his/her inability to live in a senseless, unfriendly world in which all efforts to change the course of events or improve fate turn out to be futile. Therefore they express senselessness of any activity or commitment of the individual as confronted with the cruelty of fate.  This state of affairs results from the inseparable connection between life and death inscribed in human nature. The works by Duras reflect the end of the world so perceived and the absurd manifestations of the inevitable disaster. In this dramatic way, the author shows the tragedy of human existence associated, in particular, with the despair of suffering and injustice. The protagonists who are powerless and lost in precarious reality submit passively to unrelenting fate.L’œuvre de Marguerite Duras est une profonde réflexion sur la vanité de la condition humaine. Ses ouvrages présentent l’individu qui se rend compte de l’impossibilité à vivre dans un monde privé de sens et hostile où tous les efforts pour changer le cours des événements ou d’améliorer son sort se révèlent insignifiants. Ainsi, ils expriment la vanité de toute action humaine, de tout engagement par rapport à une fatalité cruelle des êtres humains. Cet état de choses, résulte, semble-t-il, d’un lien inséparable de la vie et de la mort, inscrit dans la nature humaine. Les textes durassiens reflètent la fin d’un tel monde ainsi que les avatars absurdes  d’un malheur inévitable. De façon dramatique, l’auteure démontre le tragique existentiel lié, en particulier, à l’injustice, au désespoir, à la souffrance. Impuissants, égarés dans un univers incertain, les personnages durassiens se soumettent passivement à un destin inexorable

    La Vanité à l’usage des demoiselles : savoir-vivre et savoir-mourir dans le roman d’éducation pour filles dans le Second Empire

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    In the 1850es, the Second Empire settles in after five stormy decades that unveil the vanity of temporal power. The legitimist writers Sophie Rostoptchine, countess de Ségur, and Victorine Monniot, have left a deep imprint in the education of Second Empire young ladies. Their teaching, which taps on practical interpretation of Cahtolic catechism illustrate the Christian principles of renunciation taught by the memento mori while echoing the anguishes of the time. The article aims to study the presence of vanity as a pedagogical tool in Le Journal de Marguerite (1858) and the cycle of Sophie (1858-1859) and to highlight the links between these edifying novels and the fears expressed by Baudelaire and Edmond de Goncourt.Les années 1850 voient s’installer le Second Empire après un demi-siècle houleux où s’illustre la vanité du pouvoir temporel. Toutes deux légitimistes, Sophie Rostoptchine, comtesse de Ségur, et Victorine Monniot, ont laissé une empreinte profonde dans l’éducation des jeunes filles du Second Empire. Leur enseignement, fondé sur une interprétation concrète du catéchisme catholique, illustre les principes chrétiens de renonciation aux biens matériels enseignés par le memento mori tout en se faisant l’écho des angoisses de l’époque. L’article se propose d’étudier la présence de la vanité comme outil pédagogique dans Le Journal de Marguerite (1858) et le cycle de Sophie (1858-1859) et de mettre au jour les liens entre ces romans édifiants et les hantises exprimées par Baudelaire ou Edmond de Goncourt

    Mallarmé et les paradoxes de la vanité

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    This article analyses a polysemous term of vanity in Mallarmé’s idea and œuvre. This concept shows paradoxes of Mallarmé’s creation: a misunderstood poet accused of being vain who was torn between the dream of glory and the self-devaluation. It was in the autoreflexive art par excellence, where Mallarmé saw his satisfaction and found the sense of life. After the experience of spiritual crisis and the discovery of worthlessness of language, Mallarmé, finding in the Nothingness the resources of  poetry, decided to extend the illusion of literature. “Digging into the line”, he built the poetics of vanity which is a synonym of futility or void where the sense of word is replaced by the language sonority. What is more, while fighting against the poetic impotence, Mallarmé, due to writing about Vanitas, immersed into death to create an “ideal tomb” for his late son.L’article analyse la notion polysémique de vanité dans la pensée et dans l’œuvre de Mallarmé. Le concept dévoile les paradoxes de la création mallarméenne : le poète jugé obscur et accusé de vanité, était déchiré entre le rêve de gloire et l’autodévalorisation. C’est dans l’Art auto-réflexif par excellence qu’il projetait sa satisfaction d’artiste et trouvait un sens de la vie. Mais ayant vécu une crise spirituelle et découvert la vanité du langage, Mallarmé a choisi de prolonger une illusion de la littérature en trouvant dans le Néant les ressources de sa poésie. À force de « creuser le vers », il construit donc une poétique de la vanité qui reste synonyme d’inanité ou de vide où le sens des mots est relayé par la sonorité du langage. En plus, tout en luttant contre la stérilité poétique, à travers l’écriture des Vanités, Mallarmé s’immerge dans la mort afin de créer un « tombeau idéal » pour son fils disparu

    Le sablier, la vanité et le sermon protestant français au XVIIe siècle

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    As a symbol of the passage of time, the hourglass is an important iconic element of vanitas paintings. It is also, in the 17th century, the object set on the pulpit of the Protestant preacher who, within the time limits of the hourglass, must exhort the faithful to make good use of their mortal life so they can expect eternal life. The theological and moral discourse of preachers is echoed in the aside sentences that recur in the texts about the little time left to the preacher to deliver his sermon, thus meaning that if human life is vanity, the very discourse conveying the idea must avoid it, banishing all hollow or swollen words, and remain within the limits of the hourglass.Emblématique du temps qui passe, le sablier est un élément iconique majeur des tableaux de Vanités. Il est aussi, au XVIIe siècle, l’objet qui figure sur la chaire du pasteur protestant qui, dans le temps imparti de l’écoulement du sable, doit exhorter le fidèle à faire bon usage de son temps de mortel, pour aspirer au temps éternel. Le discours théologique et moral des prédicateurs rentre en collision avec les incises récurrentes dans les sermons sur le peu de temps qu’il reste encore au prédicateur pour achever son sermon, signalant ainsi que si la vie humaine n’est que vanité ; le discours qui le porte doit aussi s’en garder, en évitant toute parole creuse ou enflée, et rester dans les limites fixées par le sablier

    Chateaubriand et la vanité : varietas ou pari pascalien ?

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    Chateaubriand’s work is a paradox: he was accused of being vain although he endlessly fought against vanity; he used all the meanings of the word vanity, this, contrary to contemporaneous writers or predecessors like Rousseau and Retz. Hence these questions: Should we reduce his work to a vain and egocentric rhetorical exercise full of brilliance and profusion, varietas, or should we consider its author as the heir of a moralist like Pascal and therefore an “incomprehensible monster” during his century.Chateaubriand a produit une œuvre paradoxale : il fut accusé de vanité bien qu’il ait combattu sans relâche la vanité ; il employa le terme de vanité sous toutes ses acceptions, cela contrairement à ses contemporains ou ses prédécesseurs, Retz et Rousseau. D’où ces questions : doit-on réduire son œuvre à une vaine ποικιλíα, un exercice de rhétorique égocentrique procédant du miroitement et de la profusion, ou doit-on considérer son auteur comme un moraliste, continuateur de Pascal et donc un « monstre incompréhensible » à son siècle

    Le Tramway de Claude Simon : une vanité postmoderne ?

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    The theme of vanity occupies a prime place in Claude Simon's "Tramway". In this text, he has adopted a new conception of vanity. Certainly, the author has always evoked themes intimately associated with vanity, such as the theme of death, the theme of melancholy, the theme of war, etc., but the “finitude” has always been for him a crucial phase for the return to the primordial and the origin for the beginning of a new cycle of life. In "The Tramway", the vanity of the world is presented in a tragic way. No reference to the primordiality or the cyclical return of things. The author insists on updating in the memory of the time of death. A large number of metaphors and symbols highlight this theme of death; it is as if the author throws to the reader a memento mori from someone on the point of experiencing this fatal experience which is irremediable and definitive. This gives the text a tragic and undeniable human dimension.Le thème de la vanité occupe une place de choix dans Le Tramway de Claude Simon. Dans ce texte, il a adopté une nouvelle conception de la vanité. Certes, l’auteur a toujours évoqué des thèmes intimement associés à la vanité, tels que le thème de la mort, le thème de la mélancolie, le thème de la guerre, etc., mais la finitude a toujours été pour lui une phase cruciale pour le retour au primordial et à l’origine, pour le commencement d’un nouveau cycle  de la vie. Dans Le Tramway, la vanité du monde est présentée d’une manière tragique. Il n’y a aucune référence à la primordialité ni au retour cyclique des choses. L’auteur insiste sur l’actualisation, dans la mémoire, du temps de la mort. Un nombre important de métaphores et de symboles mettent en exergue ce thème de la mort ; c’est comme si l’auteur lançait au lecteur un memento mori de la part de quelqu’un sur le point de vivre cette expérience funeste qui est irrémédiable et définitive. C’est ce qui confère au texte une dimension tragique et humaine indéniable

    Les mouvements de la vanité à l’époque des Lumières

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    This article examines the progressive secularization of vanity in the 17th and 18th centuries. Once removed from its theocentric origins, vanity will denote less the vacuity and transience of earthly life and will refer increasingly to socially indecorous behavior that is firmly anchored in the temporal. This shift from the sacred to the saeculum will also cause a shift in the way we imagine vanity’s connoted movements. Once the transient and fleeting, vanity in the 18th century will come to designate the unpliable and the rigid.Cet article propose de considérer la laïcisation progressive de la vanité aux XVIIe et XVIIIe siècles. Une fois sortie du champ théocentrique, la vanité dénotera moins la vacuité et la brièveté de la vie terrestre qu’une une malséance sociale qui va à l’encontre des mœurs du temps et qui s’inscrit donc dans le temporel. Ce glissement du sacré au saeculum entrainera aussi un changement par rapport au mouvement qu’elle connote. Si jadis, la vanité était le passager et le fugace, elle désignera désormais l’impliable et le rigide

    Plénitude du vide : dévoiement libertin des vanités classiques

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    Could vanities be the overlooked essence of so-called ‘libertine’ fiction? 18th century French erotic literature has observed and analysed the new human condition on the brink of modernity. There is no more God to fill up the void, no more eternity to hope for beyond human finitude; only humanity, the present moment and the truth of a sensation. The adventures of this fiction’s characters stage the wisdom of the homo bulla that would be, tacitly, a coping mechanism to that new reality. Nothing is vanity for these frivolous beings, as long as the vanity of pleasures manages to keep away the memory of the vanity of life. However, the irony of those narrations suggests, like in the classical model of vanitas, that these temporal delectations may not be enough to avoid angst. The reader is asked a question as he or she discovers in the libertine figure an anamorphosis of all humanity: knowing that you are mortal, what will you choose between anguishes and vanities?Les Vanités composeraient-elles l’essence trop souvent oubliée de la littérature dite « libertine » du dix-huitième siècle ? La fiction voluptueuse du siècle des Lumières a observé et problématisé la nouvelle condition humaine à l’aube de la modernité : plus de Dieu capable de remplir le vide ; plus d’éternité à espérer au-delà de la finitude humaine ; plus rien que l’humain, le moment présent et la vérité de la sensation. Les personnages de cette littérature érotique mettent en scène une sagesse de l’homme-bulle qui serait un mécanisme d’adaptation à cette nouvelle réalité. Rien n’est vain pour ces êtres légers, tant que la vanité des plaisirs tient à distance le souvenir de la vanité de l’existence que menace le néant. Cependant, l’ironie de ces narrations libertines suggère, comme dans le modèle classique, que ces jouissances temporelles peuvent ne pas suffire à combler l’angoisse du vide. Une question est posée au lecteur qui surprend, dans la figure du libertin, l’anamorphose de l’humain : toi, te sachant mortel, entre angoisse et insouciance, quelle voie choisis-tu 

    Le théâtre des vanités mondaines : le Bois de Boulogne dans les chroniques zoliennes

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    Emile Zola’s journalistic work deals with every aspect of Parisian reality of his time, from “serious” political and social subjects to slight or frivolous ones. The existence of the Parisian upper classes under the reign of Napoleon III is considered by the author as trivial, based on appearances and an ostentatious display of one’s richness. Actually, vanity is the main default of the Parisian high society of the Second Empire, and showing off is their new religion. The everyday parade of wealthy and fashionable people takes place at the Bois of Boulogne, freshly reshaped into an English landscape park. The paper analyzes some elements of this “vanity parade” in relation to Zola’s hostile attitude towards the Second Empire.L’œuvre journalistique d’Émile Zola touche tous les aspects de la réalité parisienne de son époque : des sujets « sérieux », sociaux et politiques, à ceux qu’on peut qualifier de légers, voire frivoles. L’existence de la gentry de la capitale sous le règne de Napoléon III compte, selon l’écrivain, selon ces derniers, étant focalisée sur les apparences et sur un affichage ostentatoire de la richesse. En effet, la vanité s’avère être le défaut principal de la belle société parisienne du Second Empire, et le paraître devient sa nouvelle religion. La scène préférée de la parade quotidienne des mondains est le Bois de Boulogne, récemment transformé en un parc à l’anglaise. L’article se penche sur quelques éléments de cette « parade des vanités » dans le contexte de l’attitude hostile de Zola à l’égard du régime qu’il déteste

    Entre la danse macabre et l’apologie de la vie, ou les vanités selon Joris-Karl Huysmans

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    In Joris-Karl Huysmans’ works, particularly those created in the transition between his decadent phase, symbolised by Down there (1891), and the period of mystical naturalism, which reaches its peak with The Cathedral (1898), it is possible to trace a complete and profound evolution of the vanitas motif. This article offers an analysis of three major stages of this change. It begins with the macabre vanitas characteristic for Down there. It is interpreted in the light of Félicien Rops’ aesthetics, which fascinates Huysmans in the 1880s, and the artistic adaptations of the temptation of saint Anthony in late Middle Ages and early Renaissance. Then, the article examines Huysmans’ approach to the Karlsruhe and the Isenheim Altar pieces by Matthias Grünewald, which marks a transition between the aesthetics of the dance of death and the mystical naturalism. The article finishes with a study of Grünewald's ekphraseis’ legacy: the apology of life, a new interpretation of the vanitas in The Cathedral.Dans l’œuvre huysmansienne, en particulier celle de la transition entre sa phase décadente, marquée par Là-bas (1891), et la période du naturalisme mystique, dont le fruit le plus mûr reste La Cathédrale (1898), il est possible de retracer la transformation complète et profonde du traitement de la vanitas. Le présent article propose une analyse de trois étapes de cette évolution. Il part de la vanitas macabre de Là-bas, proche de l’esthétique de Félicien Rops, auquel Huysmans s’intéresse dans les années 1880, et du motif de la tentation de saint Antoine dans les arts de la fin du Moyen-Âge et du début de Renaissance. Ensuite, il examine l’approche huysmansienne à la Crucifixion de Cassel et au retable d’Issenheim de Matthias Grünewald, qui constitue un passage entre l’esthétique de la danse macabre et celle du naturalisme mystique. Finalement, il étudie le legs des ekphraseis de Grünewald : l’apologie de la vie et un regard nouveau sur la vanitas dans La Cathédrale

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