823 research outputs found

    Éthique et pratiques éducatives : une mathesis de l’instabilité ?

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    La posture et l’exigence éthiques sont inhérentes aux pratiques éducatives, aimantées vers un nouvel ordonnancement des vécus et des ressentis, en vue d’autres fins. Mais, par trop formalisée, cette nécessité risque d’occulter toute la traversée expérientielle de ces vécus, trop facilement relégués dans une conception néfaste de la passivité, voire de l’Imaginaire. Les apports de la phénoménologie de Marc Richir, de Henri Maldiney, notamment, sont susceptibles de dépasser cette focalisation sur la maîtrise éthique stabilisatrice pour orienter les penseurs de l’éducation vers une formation autre que procédurale et étroitement didactique, en mesure d’infléchir le geste éthique selon un espace-sujet topologique confronté à l’« en deçà » d’un sujet souverain, dans une véritable « mathesis de l’instabilité », qui défie les pratiques éducatives

    Bullshit Jobs, par David Graeber et Crack Capitalism, par John Holloway

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    David Graeber était un anthropologue et économiste britannique, professeur à la London School of Economics, militant anarchiste. Il a contribué à la création du mouvement Occupy Wall Street en 2011. Il est décédé en 2020. Il a publié en 2019, à la suite d’une série d’articles, un ouvrage intitulé Bullshit Jobs (« Jobs à la con »), qui propose une réflexion sur ce qu’est le travail.John Holloway est professeur à l’université de Puebla, au Mexique. Son ouvrage, intitulé Crack Capitalism (2012) en

    Fenêtres

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    Cette rubrique est liée aux différents événements scientifiques, récents ou en cours, susceptibles de nourrir les réflexions et les problématisations à l’œuvre dans la revue La Pensée d’ailleurs.

    Vous avez dit dramaturgie circassienne ?

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    L’ouvrage Contours et détours des dramaturgies [sic] circassiennes codirigé par Diane Moquet, Karine Saroh et Cyril Thomas est l’une des publications récentes du Centre national des arts du cirque (CNAC) et plus particulièrement d’ICiMa : la Chaire d’innovation cirque et marionnette. L’introduction, brève, inscrit le contexte d’où émerge l’ouvrage : la création d’un certificat de dramaturgie circassienne, en 2016, par le CNAC et l’École supérieure des arts du cirque (ESAC). Certificat qui s’adre

    Savoirs et savoir-faire miniers et métallurgiques dans le Rhin supérieur au Moyen Âge

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    L’exploitation des mines polymétalliques requiert une technicité spécifique. Dans le Rhin supérieur comme ailleurs, la transmission de ce savoir-faire s’opérait largement par voie orale, avant la généralisation et la mise en œuvre de la diffusion plus massive de l’écrit. Cependant, les savoirs minéralogiques, dès les premiers siècles du Moyen Âge, se sont structurés autour des encyclopédistes, recopiés dans les scriptoriums puis imprimés dans les ateliers urbains. L’apparition de l’imprimerie a notamment permis la diffusion de savoirs et techniques liés à l’art des mines. Les pôles urbains du Rhin supérieur ont joué un rôle majeur dans la propagation de ces savoirs et savoir-faire.The exploitation of polymetallic mines requires specific technical skills. In the Upper Rhine as elsewhere, the transmission of this know-how took place largely orally, before the generalization and implementation of the more massive dissemination of writing. However, mineralogical knowledge, from the first centuries of the Middle Ages, was structured around encyclopaedists, copied in scriptoriums, and then printed in urban workshops. The appearance of the printing press notably allowed the dissemination of knowledge and techniques related to the art of mining. The urban centres of the Upper Rhine have played a major role in the spread of this knowledge and know-how.Die Ausbeutung polymetallischer Minen erfordert besondere technische Fähigkeiten. Die Weitergabe dieses Know-hows erfolgte am Oberrhein wie anderswo weitgehend mündlich, vor der Verallgemeinerung und Umsetzung der massiveren Verbreitung der Schrift. Allerdings wurde das mineralogische Wissen aus den ersten Jahrhunderten des Mittelalters um Enzyklopädisten herum strukturiert, in Skriptorien kopiert und dann in städtischen Werkstätten gedruckt. Das Erscheinen der Druckerpresse ermöglichte insbesondere die Verbreitung von Kenntnissen und Techniken im Zusammenhang mit der Bergbaukunst. An der Verbreitung dieses Wissens und Know-hows haben die urbanen Zentren des Oberrheins maßgeblich mitgewirkt

    Présentation

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    Les conflits et les malentendus sont souvent la conséquence de la mise en confrontation de normes, valeurs et représentations entre individus ou entre institutions, ou encore du choc entre des interprétations et des visions hermétiques les unes aux autres, lors de situations « carrefour », mettant en exergue la conflictualité latente qui peut exister en chacun de nous. Les articles qui constituent ce dossier abordent différents types de situations propices à l’émergence de malentendus ou de conf

    La lutte identitaire pour franchir et s’affranchir des frontières symboliques : la situation des « sans domiciles fixes »

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    Marcel Mauss définissait la vie sociale comme constituée de rapports symboliques où les hommes et les femmes d’une même société s’unissent autour de représentations collectives, de croyances ou encore de pratiques communes. Toutefois, qu’en est-il de ce symbolisme des rapports qui font le social lorsque ceux-ci sont empêchés par l’érection de frontières elles-mêmes symboliques, puisque séparant des individus pourtant issus du même territoire et pratiquant la même culture ? D’un point de vue épistémologique nous souhaitons ici aborder des situations sociales nées de l’élaboration d’un type de frontières bien spécifiques, puisque symboliques et mettant en jeu des personnes « sans domicile fixe » perçues comme « exclues » du système, ou encore pour reprendre cette rhétorique du territoire et des frontières, étrangères au social. Ce symbolisme des frontières nous l’entendrons comme un effet de distanciation se basant sur des schèmes de pensée traçant une ligne imaginaire entre des personnes occupant pourtant le même espace social mais séparés par des écarts différentiels de nature socio-économique, qui assignent l’individu à une place dans la hiérarchie sociale. Pour autant, ce phénomène d’« exclusion » résultant de ces frontières symboliques, est-il une fatalité pour les personnes « sans domicile fixe » le subissant quotidiennement ? Répondre à cette question paraît chose peu aisée si l’on considère la position du chercheur, décalée puisqu’à l’intérieur des frontières définissant la situation d’extériorité de l’« objet d’étude ». Pour ce faire il s’agira d’aller à la rencontre de ces personnes dans la rue, afin de recueillir par le biais de récits de vie et d’observations, un certain nombre d’informations venant révéler la réflexivité mise en œuvre au service d’un remaniement identitaire permettant à ces personnes de survivre dans la rue, malgré tout.Marcel Mauss defined social life as a form of symbolic exchanges where people in the same society unite in collective representations, beliefs or common practices. However, what can we say about the symbolic means of defining social life when they are prevented by the institution of symbolic borders, when they outcast people living in the same territory and sharing the same culture? From an epistemological point of view we would like to discuss in this article the social situation arising from a specific type of borders, symbolic ones bringing into play the homeless, perceived as side-lined from the system or, using the territory and border rhetoric, foreigners to the community. The symbolism of borders will be taken as an effect of distanciation based on patterns of thought, drawing an imaginary line between people sharing the same territory, but yet separated by differential gaps of socioeconomic nature, justifying integration in society and assigning the individual to a place in the social hierarchy. But is the phenomenon of ‘exclusion’ resulting from these symbolic borders inevitable for the homeless? Answering this question seems uneasy if we consider the position of scientific research, unavoidably out-placed since inside the borders defining the situation of exteriority of the “object of study”. To do this, we have met the homeless in the street to collect stories and observations in order to inform the study of how they manage to survive in the street using reflexivity and identity strategies

    La neutralité après l’adhésion à l’Union européenne. La réinterprétation du concept

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    La période de la bipolarité a constitué un âge d’or de la neutralité en Europe, même si celle-ci a toujours été l’objet d’une flexibilité plus ou moins marquée selon les pays considérés. La chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, provoque une rupture stratégique en Europe qui met fin au risque d’un affrontement global entre deux blocs, au profit de l’apparition de nouveaux risques plus diffus. Après la perte de son conflit de référence, la neutralité connaît un processus de remise en cause en Europe, à l’issue duquel plusieurs des États de tradition neutraliste font le choix de rejoindre une Union européenne qui se dote de compétences pour les questions de sécurité. Ces États, loin de bloquer la constitution d’une Politique Européenne de Sécurité, participent aux missions de Petersberg et renoncent aux fonctions traditionnelles de la neutralité, au profit d’un concept plus modeste de non-alliance. Celui-ci se fonde uniquement sur le refus d’adhésion à une alliance militaire et de défense commune. Il permet de sauver l’apparence du maintien du concept, qui demeure un élément de culture nationale auquel les opinions publiques sont attachées. S’il concerne l’ensemble des États de tradition neutraliste devenus membres de l’Union européenne, ce concept est appliqué de manière différenciée par chacun. La Suède et la Finlande s’illustrent ainsi plus volontiers dans la construction de la PESC que l’Irlande ; l’Autriche et Malte se situent entre ces deux pôles. Le nouveau paradigme produit des effets sur la construction de l’Europe de la défense et il cherche à l’orienter vers un soft power, centré sur une gestion plus civile que militaire des crises. La neutralité demeure un concept évolutif, comme le prouve l’inclusion d’une clause de défense mutuelle dans le Traité de Lisbonne, ce qui était inimaginable au regard de la tradition de neutralité.The period of bipolarity was a golden age for neutrality in Europe, although it has always been understood with flexibility, from one country to the other. The fall of the Berlin Wall on the 9th of November 1989 introduced a strategic shift in Europe. The risk of a global confrontation between two blocks disappeared and gave room for the emergence of new and more diffused risks. After the loss of its “reference conflict”, the European neutralism undergoes a re-definition process, in which several neutralist tradition states make the choice to join a European Union with increased skills on security issues. These states, far from inhibiting the formation of a European Security Policy, will participate in the Petersberg tasks and give up the traditional functions of neutrality in favour of the new concept of non-alliance. It implies solely the rejection to enter a military and a common defence alliance. Neutrality is apparently preserved, as it remains a most important element of national culture for public opinion. Every neutralist state being a member of the European Union is concerned. However, each one understands the concept in a different way. Sweden and Finland prove themselves to be in better terms with the construction of the CFSP than Ireland; Austria and Malta lay between these two poles. The new paradigm is effective in the construction of the European defence as it pushes towards a soft power, centred on the management of a civil-military crisis in which the civil keeps the military under control. Neutrality remains an evolving concept, as evidenced by the inclusion of a mutual defence clause in the Lisbon Treaty, which used to be unthinkable under the neutralist tradition

    Les émotions populaires à l’assaut des ambassades

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    Depuis la généralisation du système diplomatique européen initiée à Vienne en 1815, ambassades et consulats sont devenus les cibles de plus en plus récurrentes d’explosions de colère provoquées par différents types d’émotions collectives. L’article présenté ici vise à analyser les origines de ce phénomène. Centré sur une période – de 1815 à l’entre‑deux‑guerres – où de tels épisodes étaient d’autant plus transgressifs qu’ils étaient encore exceptionnels, cet article montre comment se forment les différents types d’« émotions diplomatiques » qui font aujourd’hui régulièrement la une de l’actualité. De Téhéran en 1829 à l’Europe ou l’Amérique latine des années 1920, il s’agit de comprendre comment certaines formes d’émotions populaires se sont progressivement tournées contre les représentations diplomatiques, et de s’interroger sur ce que cette nouvelle pratique révèle de l’assimilation du système diplomatique par les populations. La confrontation entre une émotion collective souvent exprimée par la violence et un système de relations codifié et intellectualisé, ne peut être lue comme la simple opposition entre un déchaînement de passions primitives et un comportement rationnalisé ou civilisé. Chacun des épisodes étudiés souligne plutôt l’évolution de la perception de l’artifice diplomatique par les populations aux quatre coins du monde : l’exposition croissante des représentations diplomatiques aux émotions populaires apparaît surtout comme le signe de la progressive reconnaissance de leur représentativité. Le besoin de protection, parfois paranoïaque, est le premier résultat de cette nouvelle vulnérabilité diplomatique : il conduit directement aux ambassades barricadées devenues aujourd’hui familières. Élevant des barrières infranchissables entre diplomates et populations qui les accueillaient, il changea profondément – et sans doute irrémédiablement – le sens du contact et de l’immersion diplomatiques.Since the rigid codification and gradual worldwide extension of the European diplomatic system initiated at Vienna in 1815, embassies, consulates and other forms of diplomatic implantations abroad have been more and more frequently targeted by local populations, in outbursts of rage triggered by different forms of collective emotions. The article presented here aims at analyzing the origins of this phenomenon. Focusing on a period – between 1815 and the interwar‑years – when such episodes were still exceptional and highly transgressive events, it intends to show how the different kinds of “diplomatic emotions” that have become a common item in international news today, emerged and took then form. From Tehran 1829 to Europe and Latin America in the 1920’s, it seeks to understand why and how popular emotions got progressively used to targeting diplomatic representations abroad, and what this new “habit” says about popular understanding of the diplomatic system. The confrontation between collective—and most of the time violent—emotions on one side, and a codified system of international relationships on the other, can indeed not be seen only as the bare opposition between unleashed primitive passions, and rationalized or civilized behaviour. Each episode of the long century presented here underlines much more the evolution of the perception of the diplomatic mechanisms by populations all over the planet, and the growing exposure of embassies and consulates to collective anger or frustrations appears mainly as the result of the gradual recognition of their legitimacy. The sometimes paranoiac need of safety quickly became the consequence of their new vulnerability: it lead to the over‑protected embassies that we know today. Building strong bars between diplomats in residence abroad and the cities they lived in, it profoundly changed the signification of diplomatic contact, and immersion

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