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Un projet colonial des Fugger (1530-1531)
Un projet colonial des Fugger (1530-1531) — En 1530, deux ans après que l’exploitation du territoire vénézuélien a été concédée aux banquiers Welser, Veit Hörl, représentant de la famille Fugger, fait parvenir au Conseil des Indes, l’administration chargée des affaires ultramarines, un projet de conquête et de colonisation de la région qui commence au détroit de Magellan. Cette proposition fera l’objet d’âpres tractations durant l’année 1531 avant d’être au dernier moment abandonnée par ceux-là mêmes qui en avaient été à l’initiative, sans que les fonctionnaires du Conseil n’en comprennent la raison. Depuis la seconde moitié du xixe siècle, ce corpus de documents a été retranscrit et brièvement discuté par plusieurs historiens, essentiellement latino-américains et allemands, sans qu’aucune réponse satisfaisante à l’énigme n’ait pu être apportée. Sans évidemment prétendre donner une réponse définitive aux multiples problèmes que pose ce dossier, cette étude s’attache, en revenant aux questions sine qua non de la chronologie dans laquelle s’inscrit la proposition des Fugger et surtout de la localisation de la région effectivement visée par leur projet, à reprendre le travail d’élucidation commencé précédemment en utilisant de nombreuses sources qui jusqu’alors n’avaient pas encore été mobilisées sur ce sujet.A Fugger colonial project (1530-1531) — In 1530, two years after the concession of Venezuelan territory has been granted to the Welser bankers, Veit Hörl, representative of the Fugger family, sends to the Council of Indies, the administration in charge with overseas affairs, a project of conquest and colonization of the region which starts at the Magellan strait. This proposal would be the subject of intense negotiations during the year 1531 before being given up by its very bearers, which caused incomprehension on the side of the Council administrators. Since the second half of the 19th century, this documental corpus has been transcribed and briefly discussed by several historians, mainly Latin-American and German, but no satisfactory answer has yet been given to the enigma. Without pretending to give a definitive answer to the multiple problems raised by this issue, this study attempts, by returning to the sine qua non questions of the chronology within which the Fugger proposal falls and most of all the localization of the region actually aimed at by their project, to continue the elucidation work previously started by using many sources which were not mobilized until now for this subject.
Jean-Noël Sánchez is Associate Professor of Spanish Studies at the University of Strasbourg.Un proyecto colonial de los Fugger, 1530-1531 — En 1530, dos años antes de que se concediera la explotación del territorio venezolano a los banqueros Welser, Veit Hörl, representante de la familia Fugger, hizo llegar al Consejo de Indias un proyecto de conquista y de colonización de la región que empieza con el estrecho de Magallanes. Esta propuesta dio lugar a intensas negociaciones durante el año 1531 antes de ser abandonada en el último momento por los mismos que la habían planteado, sin que los funcionarios del Consejo comprendieran el motivo. Desde la segunda mitad del siglo xix, este corpus documental ha sido transcrito y brevemente analizado por varios historiadores, principalmente latinoamericanos y alemanes. No obstante, no se ha encontrado ninguna respuesta satisfactoria al enigma. Sin pretender dar una solución definitiva a los múltiples problemas que plantea el asunto, este artículo propone volver a las cuestiones fundamentales de la cronología en la que se inscribe la propuesta de los Fugger y de la localización de la región efectivamente concernida por su proyecto. Además, procura profundizar el trabajo de investigación realizado con anterioridad mediante el uso de numerosas fuentes que hasta ahora no se habían tenido en cuenta.
Jean-Noël Sánchez Pons es Profesor Titular en Estudios Hispánicos en la Universidad de Estrasburgo.Ein Kolonialprojekt der Fugger (1530-1531) — 1528 wurde das venezolanische Territorium den Welser-Bankiers anvertraut. Zwei Jahre später wandte sich Veit Hörll im Namen des Augsburger Konkurrenzunternehmens der Fugger mit einem Projekt an den Consejo de Indias (Indienrat), der Verwaltungsinstitution für Übersee-Angelegenheiten. Dieses Projekt der Eroberung und Kolonialisierung der Region, die an der Magellanstraße beginnt, war im Jahr 1531 Gegenstand zäher Verhandlungen, bevor es im letzten Moment von seinen Autoren verworfen wurde, ohne dass der Consejo die Gründe dafür verstanden hätte. Seit der zweiten Hälfte des 19. Jahrhunderts wurden die diesbezüglichen Akten transkribiert und von mehreren, vor allem aus Lateinamerika und Deutschland stammenden Historikern kurz erörtert. Eine zufriedenstellende Antwort auf das Enigma ist aber bisher ausgeblieben. Die hier vorgelegte Untersuchung kann selbstverständlich nicht den Anspruch erheben, die zahlreichen Probleme zu lösen, die dieser Quellenfundus aufwirft. Sie führt mit Hilfe bisher nicht ausgewerteter Quellen die Aufarbeitung fort und beschäftigt sich dabei mit den entscheidenden Fragen der Chronologie, in die sich der Vorschlag der Fugger einreiht, und insbesondere der exakten geographischen Lage der anvisierten Region.
Jean-Noël Sánchez ist Dozent für Iberische Studien an der Universität Straßburg
Compte rendu du colloque « Perpignan 1415 : un sommet européen à l’époque des conciles » (23-25 septembre 2015)
Ce colloque international a réuni plus d’une vingtaine de chercheurs à l’occasion de la commémoration de la rencontre entre le roi des Romains Sigismond de Luxembourg (empereur du Saint-Empire à partir de 1433) et le pape « d’Avignon » Benoît XIII, l’Aragonais Pedro de Luna, entre septembre et novembre 1415, afin de l’inviter à renoncer au titre pontifical et mettre ainsi fin au Grand Schisme, dans le contexte du concile de Constance, qui avait débuté en novembre 1414. À cette rencontre se joign
Le CECRL en formation initiale des futurs enseignants de FLE à l’école primaire en Allemagne
L’objet de cet article n’est pas de procéder à une critique supplémentaire du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL). Sa mise en place dans les politiques éducatives et son application dans les classes constitue un fait incontournable. La question qui se pose désormais est de savoir comment l’utiliser de façon raisonnée aussi bien à la fois sur le terrain de la classe de langue que dans la formation des professeurs de langues et comment articuler les deux domaines au sein de la formation initiale des enseignants de FLE à l’école primaire au sein de l’École supérieure de pédagogie en Allemagne. Nous discuterons d’abord le portfolio de langues pour l’apprentissage précoce des langues dans les classes en immersion et pour les cours extensifs tel que nous le travaillons aussi avec les étudiants se destinant au professorat du français langue étrangère (FLE) à l’école primaire. Cette initiation nous amène à réfléchir avec ses mêmes étudiants sur leurs propres compétences langagières. Cette prise de conscience de l’impact du CECRL les conduit à une autoévaluation selon le schéma du CECRL.The purpose of this article is not to make an additional critique of the Common European Framework of Reference for Languages (CEFR). Its implementation in educational policies and its application in the classroom is now widespread. Nonetheless, it might be useful to think how it can be implemented in a reasonable way both in the language classroom, and in pre-service teacher training. More particularly, our article will focus on the training of teachers of French as a foreign language for primary school as proposed by the Faculty of Education in Germany. We will first discuss the language portfolio for early language learning in immersion classes and for extensive courses and how it can be used by students intending to teach French as a foreign language. This process leads them to reflect on their own language skills and to assess the impact of the CEFR on their own practice
Que nous dit la maison de La petite maison dans la prairie ?
La petite maison dans la prairie est l’une des séries américaines des années 1970-80 les plus diffusées au monde. Le paysage de son imagerie est composé de prés fleuris et de puritanisme, mais aussi de maisons en bois, un environnement fait d’objets visuels prenant la forme de « constructions visuelles du champ social » (Mitchell, 2005). En reproduisant en série l’image de colons qui s’installent légitimement sur ces terres avec leurs cabanes, ces représentations s’inscrivent dans le « champ de la visualité » (Mirzoeff, 2011). L’objectif est ici de déconstruire l’image positive et dominante de la log-cabin du pionnier américain comme symbole des self-made men, représentée par les productions artistiques, en lui préférant une représentation plus critique, plutôt comme l’objet matériel de la colonisation naturalisante des pionniers sur les territoires amérindiens. Que nous dit alors la log-cabin de la représentation des pionniers de l’Ouest américain et de leur identité
Andrée Tabouret-Keller et les thématiques « alsaciennes »
PrésentationLa livraison des Cahiers du GEPE pour l’année 2021 présente un caractère particulier non tant par les thématiques traitées, au premier chef le plurilinguisme, qui restent au cœur des préoccupations de la revue, que par le fait que l’ensemble des articles publiés est dû à une seule plume et constitue une reproduction d’articles parus entre 1959 et 2006. En effet, la revue Les Cahiers du GEPE a choisi de rendre hommage à Andrée Tabouret-Keller (1929-2020), en offrant aux lecteurs un en
« Meschung » : un idiome inattendu
Meschung, mélange, code switching : une bonne partie des Alsaciens sont passés maîtres dans cette pratique qui consiste à jongler avec deux langues dans une même conversation.Le meschung a mauvaise presse – on l’oppose à la pureté de la langue – ; pourtant, il témoigne à sa manière de la réalité du bilinguisme régional. Lors d’une enquête sur la situation linguistique en milieu rural en Alsace, à la fin des années soixante-dix, à une question sur les usages des enfants entre eux, nous avons déco
La « causerie » d’A. Tabouret-Keller et son contexte
Le titre de la « causerie » d’Andrée Tabouret-Keller, qui doit avoir lieu durant la réunion publique annoncée pour le 25 juin 1963, dans un espace recevant, en ces temps-là, plutôt des hommes (un restaurant) semble entrer dans la catégorie « coup de poing », qui ne s’embarrasse pas d’une prudence rhétorique : « La femme est-elle une esclave ? Si oui, pourquoi ? ». Il est permis de faire l’hypothèse que c’est la conférencière qui a proposé ce titre. Le tract d’annonce (reproduit ci-dessous), en f