ORFEE2.0 Open Repository For Educational E-prints (HEP Vaud)
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(Se) former en gestion de classe entre pairs et experts
Cette contribution documente les effets générés par un dispositif de formation continue en gestion de classe basé sur l’activité filmée d’enseignants de niveau primaire et secondaire. L’analyse des échanges ayant eu lieu lors de confrontations collectives aux activités filmées durant une année scolaire se base sur les extraits significatifs choisis par les participants en lien avec les différentes étapes de formation. Elle donne à voir les relations entre « faire une formation à partir de l’activité réelle » du côté des formateurs et « gérer la classe » et « apprendre de ce faire » du côté des enseignants
Reconnaître l'expérience comme puissance formatrice: un enjeu pour des dispositifs de formation des enseignant·es en Suisse
Résumé de l'ouvrage : Cet ouvrage explore la formation tout au long de la vie à travers une approche transdisciplinaire. L’auteur, octogénaire, partage ses réflexions et expériences sur l’auto-socio-écoformation, une méthode intégrant les apprentissages personnels, sociaux et écologiques. Il met en lumière la nécessité de conjuguer formation formelle et expérientielle pour donner du sens à l’existence.
L’ouvrage retrace les évolutions méthodologiques des histoires de vie, de la reconnaissance des acquis, de l’accompagnement et de l’alternance en formation. Il souligne l’importance des rythmes de la vie dans l’apprentissage et plaide pour une autonomisation des individus face aux institutions.
En filigrane, il interroge la transformation des sciences de la formation et la nécessité d’un nouveau paradigme intégratif, mettant en perspective les défis contemporains liés à l’éducation, à la recherche et à l’action sociale.
|| Résumé de ma contribution : Dans ce texte, Geneviève Tschopp Rywalski engage une réflexion critique et engagée sur la place de l’expérience dans la formation des enseignant·es, en résonance avec les travaux de Gaston Pineau. Elle défend une conception située et existentielle de la formation, où l’expérience vécue, souvent marginalisée, devient source de savoir et d’identité professionnelle. À travers différents dispositifs — dossiers de formation, journaux de bord, validation des acquis de l’expérience (VAE) — l’autrice montre comment l’écriture réflexive peut soutenir le développement professionnel. Elle souligne les avancées mais aussi les résistances institutionnelles à cette reconnaissance dans le contexte suisse, marqué par un formalisme encore prégnant. Enfin, elle plaide pour une épistémologie de la formation ancrée dans la subjectivité, la narration et la reconnaissance, en faveur d’une formation pleinement humaine, respectueuse de la diversité des parcours et génératrice de pouvoir d’agir
Professional development for teachers in French-speaking Switzerland: the role of career-long continuing education
La formation continue des enseignant·es est considérée comme un levier essentiel pour le développement professionnel et l’adaptation aux évolutions pédagogiques (Uwamariya & Mukamurera, 2005). Cette perspective théorique s’inscrit dans une dynamique de professionnalisation qui caractérise le métier depuis la fin du 20e siècle, avec l’universitarisation de la formation des enseignant·es (Tardif, 2013). Cependant, la recherche dans le domaine de l’éducation en Suisse romande ne s’est que peu intéressée au point de vue des enseignant·es qualifié·es sur leur développement professionnel. Dans le cadre d’une enquête sur le développement professionnel que nous avons menée auprès de l’ensemble des enseignant·es vaudois·es de l’école obligatoire et post-obligatoire, les données récoltées jusqu’à maintenant (n=3192) révèlent que près d’un·e enseignant·e sur deux ne ressent pas un besoin de formation continue. Ce pourcentage interpelle d’autant plus qu’il révèle une perception du développement professionnel qui contraste avec les théories à l’origine de l’universitarisation. Ces dernières définissent en effet le métier par un développement professionnel constant tout au long de la carrière, rompant avec une vision vocationnelle ou centrée sur une expertise acquise uniquement avec l’expérience (Tardif, 2013). Nous avons fait l’hypothèse générale que l’état de carrière des enseignant·es (Girinshuti, 2020) explique une part significative de leur ressenti. L'état de carrière se définit par les éléments objectifs relatifs aux conditions de vie et d’emploi (taux d’occupation, statut familial, âge, etc.) et par des éléments subjectifs fruit de l’interprétation par les individus de leur propre situation (perception de compétences, etc.). À la suite des constats de l'équipe de recherche INSERCH (inserch.ch), nous montrons des différences de besoins liés au degré d’enseignement. Nous montrons également dans une certaine mesure que l’âge, l’expérience et le genre influent sur les besoins ressentis. Enfin, nous distinguons cinq catégories non exclusives d’explications formulées par les personnes n’exprimant pas le besoin de s’engager dans des formations continues institutionnelles : la charge professionnelle, la phase de la carrière, l’inadéquation du dispositif de formation, les formations déjà en cours, ainsi que leur situation personnelle
Au milieu du Flon coule une rivière : création d’un dispositif de formation transformateur avec le collectif Affluent
L’Anthropocène est un marqueur des changements globaux tant au niveau physique que sociétal. Afin que l’humanité puisse garantir un espace où vivre sûr et juste pour vivre, l’école a un rôle à jouer pour changer l’influence humaine sur la planète en créant notamment un nouveau rapport au monde (Wallenhorst et Pierron, 2019).
Pour répondre aux enjeux de l’Anthropocène, de nouveaux récits doivent être créés autour des quartiers urbains afin de construire un rapport positif à la durabilité (Palsson et al., 2013). En effet, ces quartiers ont été modifiés de telle sorte que les fonctions écologiques initiales du milieu n’existent plus, ouvrant cet espace habité à la vulnérabilité, notamment aux changements climatiques. Afin de travailler ces aspects, nous avons créé, en collaboration avec le collectif Affluent, un dispositif de formation à destination des étudiant·es en enseignement primaire de la HEP Vaud à propos de la rivière du Flon, aujourd’hui absente de l’espace public, particulièrement dans le quartier du Flon au centre-ville de Lausanne. Ce quartier lausannois montre de manière intéressante l’évolution historique des activités humaines en milieu urbain, notamment de la révolution industrielle au phénomène récent de gentrification. « La reconstruction du Flon à travers la ville compose une continuité d’espaces publics marqué par le besoin de prendre soin des communs que constituent les ressources environnementales ». (Collectif Affluent, 2024, p.50). Nous avons voulu faire travailler nos étudiant·es autour de la compréhension de ces enjeux et l’imagination de nouveaux récits où la rivière peut émerger pour apporter de la vie et de la fraicheur, ouvrant un nouveau rapport entre la société et le vivant (Morizot, 2020). De plus, du point de vue de l’expérience d’apprentissage, en travaillant à l’extérieur, les étudiant·es peuvent être formé·es à un rapport positif au territoire (Lausselet et Zosso, 2022 ; Wattchow et Brown, 2011) qui semble être une des clés pour qu’iels s’emparent de ces questions à leur tour dans les classes.
La collaboration entre formateur·rices et membres du collectif Affluent permet non seulement de favoriser les synergies entre les différentes zones d’expertises, mais aussi de tester de nouvelles manières de mettre au travail les étudiant·es. En effet, la rencontre avec des acteur·rices, dans une perspective de médiation, permet d’aller au-delà d’une simple transmission de connaissances, car cette ouverture permet d’aller vers la co-construction active d’un futur désirable. D’autre part, la médiation peut être rapprochée de l’action culturelle, puisque toutes deux ont “un fort potentiel émancipateur qui en cela s’avère fondamentalement politique” (Chaumier & Mairesse, 2023). Ainsi, la collaboration entre instituts de formation et collectifs de médiation renforce une pédagogie tournée vers l’action.
L’objectif de la présentation vise à montrer l’évolution des représentations du monde et du pouvoir d’agir des étudiant·es grâce à un dispositif de formation à l’extérieur dans le quartier du Flon co-créé avec le collectif Affluent. La création de nouveaux récits en Sciences humaines et sociales forme un tremplin vers remodélisation et la prise de conscience de son propre pouvoir d’action pour faire face aux enjeux de l’Anthropocène. Nous souhaitons étudier dans quelles mesures cette collaboration au sein de la formation initiale des étudiant·es permet de former avec une visée de changement transformateur (Sterling, 2011) dans le contexte de l’Anthropocène.
En termes de méthodologie, nous allons faire passer un questionnaire avant la sortie de terrain et un questionnaire après celle-ci à nos 125 étudiant·es au printemps 2025 afin d’obtenir des données sur l’évolution de leur rapport au monde et au territoire. Ces étudiant·es sont de futurs enseignant·es généralistes primaires en deuxième année de formation à la HEP Vaud. De plus, nous récolterons des traces de leur production afin d’analyser les éléments constitutifs de leur nouveau récit
Un projet ancré dans le territoire pour former les citoyennes et citoyens de demain : retour d’expérience chercheur et enseignant.
Dans le contexte de l’Anthropocène, les élèves doivent être formé·es à réfléchir aux interdépendances socioenvironnementales et à participer aux processus sociopolitiques. Dans cette perspective, la thématique de l’aménagement des cours d’eau a été choisie pour créer de manière collaborative un dispositif d’enseignement. Dans sa mise en œuvre, les élèves ont imaginé de nouveaux aménagements pour le cours d’eau proche de leur établissement et ont échangé avec des expert·es.
Cette présentation a pour objectif de rendre visibles les processus collaboratifs et participatifs dans la création et la mise en œuvre de ce dispositif avec un double regard chercheur et enseignant.
Nous avons mené des entretiens avec des expert·es. Des observations en classe ont été filmées et des traces d’élèves de cinq classes vaudoises ont été récoltées.
Les résultats montrent une implication diversifiée des différent·es acteur·rices et le rôle central de la chercheuse tout au long du processus
Pratiques somato-réflexives au service d'un care inventif (Atelier)
Atelier mobilisant une pédagogie expérientielle et sensible sous le signe de la créativité (Ottet, Oppliger, Weber, 2025, à paraître). Les participant·e·s exploreront des outils somato-réflexifs propres à la corporéité afin de questionner l’éthique d’une pratique du Care par le corps. La corporéité désigne la relation qu’une personne entretient avec la conscience de son propre corps, le corps des personnes autour d’elle et l’environnement spatio-temporel et socio-institutionnel (Johnson 2008 ; Emond 2022). Ces outils ont été développés dans le cadre d’un dispositif de Communauté de Pratique (Wenger, 2005), mis en place à la HEP Vaud dans le cadre du projet de recherche trinational RESPIRE impliquant l'UQAM (Canada), l'Université des Antilles-Guadeloupe (France) et la HEP Vaud (Suisse)
Teachers expressing emotions in an English foreign language class
In language teaching, it is not just a question of developing students’ language skills ; other processes are involved, processes that enhance learning and teaching. In this article, we propose a pedagogical sequence that will focus on expressing teachers’ emotions and, with their teaching, also supporting students in expressing theirs, an essential trait for learning and well-being as it allows better regulation of emotions through social sharing. The proposed sequence is based on content and language integrated learning, representing a dual approach integrating curricular content and target language in mainstream education as well as on socio-emotional competences
Retour sur une recherche inclusive pour et par les enseignant·e·s
En 2019, le canton de Vaud, s’est muni d’un Concept 360°, avec pour objectif assumé de « fixer les principes et conditions d’une école à visée inclusive » (DEF, 2019). Pour accompagner ces transformations, nous avons pris la coordination d’un Certificate of Advanced Studies (CAS) destiné à des enseignant·e·s diplômé·e s, souhaitant mieux « enseigner pour et avec la diversité des élèves ».
Le dispositif adopté s’est basé sur des analyses en groupes, à propos de récits d’expériences élicités par des questions vives, représentatives des tensions pesant sur les pratiques actuelles. Relevant la convergence de ces expériences et le potentiel de leur analyse commune, nous avons décidé ensemble d’en faire un ouvrage collectif, impliquant chercheur·e·s et enseignant·e·s.
Le chemin d’une recherche participative est semé d’embûches, mais permet également de reconsidérer notre rapport à la recherche. Cette communication nous donne l’occasion d’un retour critique sur cette expérience
Soutenir la professionnalisation des enseignants lors des stages ? Quels référentiels et cadres de référence pour la formation des formateurs de terrain ?
La formation initiale des enseignants comprend des stages, pierre angulaire de leur professionnalisation. À cette fin, ils sont encadrés par différents formateurs dont les formateurs de terrain. Tous ont la charge de faciliter et de soutenir le lien entre la théorie et la pratique. Afin de préparer les formateurs de terrain à leur mission, des formations peuvent leur être proposées. Celles-ci reposent sur des référentiels, entendus comme une « organisation d’un réel partagé par un groupe d’individus concernés par la formation qu’il décrit » (Postiaux et al., 2010, p. 18), élaborés dans différents contextes. Aucune étude n’a mis en relation ces divers référentiels afin d’en identifier les points communs, malgré l’importance de ces documents pour l’orientation de la formation des stagiaires. Dès lors, une telle étude est nécessaire pour plusieurs raisons. Cela permet, d’une part, une triangulation des contenus (Baco et al., 2023) présents dans les référentiels, mais aussi, d’autre part, d’analyser précisément comment sont abordées certaines compétences majeures. Afin d’appréhender la démarche de construction, la forme et le contenu de cinq référentiels, une analyse descriptive a été effectuée à partir de différents critères importants pour l’élaboration des documents cadrant une formation (e.g. Demeuse & Strauven, 2013 ; Poumay & Georges, 2017) et d’une revue récente de la littérature sur la fonction de formateur de terrain (Ellis et al., 2020). Ces référentiels proviennent de trois systèmes éducatifs : Québec (n=1), Canton de Vaud (Suisse) (n=1) et Belgique francophone (n=3). Les résultats montrent, notamment, que la forme de ces référentiels varie d’une liste de compétences à des documents plus volumineux, précis et étayés. Ils permettent d’offrir des pistes de réflexion pour l’élaboration et l’actualisation de référentiels et de formations pour cette fonction… dans le but d’améliorer la formation et le développement professionnel des formateurs de terrain et des futurs enseignants