HAL-Paris 13
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    Théorie des organisations et de la firme

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    Introduction généraleChapitre 1 : Les pères fondateurs de la pensée managérialeChapitre 2 : Le paradigme rationaliste-École ClassiqueThéorie des principes universels de l’organisationsThéorie de la bureaucratie-École néoclassiqueChapitre 3 : Le paradigme social-École behaviouristeMouvement des relations humainesCourant des ressources humaines-École Carnegie de la décisionChapitre 4 : Le paradigme systémique-Théorie de l’organisation comme système ouvert-École sociotechnique-École mathématiqueChapitre 5 : Le paradigme environnemental-École stratégiqueThéorie de la contingence structurelleThéorie des configurations organisationnellesCourant de l’analyse stratégique-École du contrôle externeThéorie de la dépendance des ressourcesThéorie de l’écologie des populationsChapitre 6 : Le paradigme néo-institutionnel-Approche économique (théorie de la firme)Théorie des droits de propriétéThéorie des coûts de transactionsThéorie de l’agence-Approche sociologiqueChapitre 7 : Le paradigme culturaliste-Tendance managériale-Tendance socio-anthropologique-Courant critique-Courant post-modernisteConclusion généraleMasterThis course offers an in-depth exploration of the major theories of organizations and the firm, articulating their historical foundations, epistemological assumptions, and contemporary managerial implications. It traces the evolution of the main paradigms—classical and rationalist, human relations, contingency, systems, environmental, and neo-institutional—through to critical and culturalist approaches. Particular attention is devoted to theories of the firm (transaction cost theory, agency theory, the resource-based view, and dynamic capabilities) and their contemporary extensions. The course brings into dialogue foundational authors and recent developments in order to demonstrate that organizational theories constitute complementary analytical frameworks rather than competing ones. The analysis is conducted from an applied perspective, with particular reference to the health and medico-social sector, where tensions between rationalization, professionalization, and institutional legitimacy are especially salient. The pedagogical objective is twofold: to provide students with a structured theoretical foundation and to develop their critical capacity to mobilize these frameworks in analyzing complex organizational situations.Ce cours propose une exploration approfondie des principales théories des organisations et de la firme, en articulant leurs fondements historiques, leurs présupposés épistémologiques et leurs implications managériales contemporaines. Il retrace l’évolution des paradigmes majeurs - classique et rationaliste, relations humaines, contingence, systémique, environnemental et néo-institutionnel - jusqu’aux approches critiques et culturalistes. Une attention particulière est portée aux conceptions de la firme (théorie des coûts de transaction, théorie de l’agence, approche par les ressources, capacités dynamiques) et à leurs prolongements contemporains. Le cours met en dialogue les auteurs fondateurs et les développements récents afin de montrer que les théories des organisations constituent des grilles d’intelligibilité complémentaires plutôt que concurrentes. L’analyse s’inscrit dans une perspective appliquée, notamment au secteur sanitaire et médico-social, où les tensions entre rationalisation, professionnalisation et légitimité institutionnelle sont particulièrement saillantes. L’objectif pédagogique est double : fournir aux étudiants un socle théorique structurant et développer leur capacité critique à mobiliser ces cadres pour analyser des situations organisationnelles complexes

    La critique : une ressource contestée

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    National audienc

    Killjoy Scientists. Critique et urgence écologique

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    National audienc

    Rational and design of EACVI-MMVD study: an international registry on multimodality imaging for mixed and multiple valvular heart disease

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    International audienceAims Multiple and mixed valvular heart disease (MMVD) are frequent situations in clinical practice. Despite a high prevalence, comprehensive insights into their clinical presentation, management strategies, impact of multimodality imaging, and outcomes are not well established, due to a lack of dedicated studies. Methods and results The ‘EACVI-MMVD Study’ will be a large prospective, multicentre, observational cohort study led by the Heart Imagers of Tomorrow of the European Association of Cardiovascular Imaging (EACVI). It will assess the proportion, management, and prognosis of MMVD over a 1-year period of follow-up. All consecutive patients diagnosed with MMVD using transthoracic echocardiography will be recruited over a 6-month recruitment period in 88 centres from 24 different countries. Baseline evaluation will be determined by physicians and encompass the whole spectrum of multimodality imaging including transthoracic and transoesophageal echocardiography, stress echocardiography, computed tomography, and cardiovascular magnetic resonance. Centres will have the opportunity to send cardiovascular imaging data for core laboratory analysis and to extend recruitment throughout a 5-year follow-up period. Conclusion The EACVI-MMVD study will be the largest international multicentre study evaluating the prevalence of MMVD in clinical routine and determining the impact of multimodality cardiovascular imaging in MMVD patients. Clinical Trial Registration: NCT06235385 URL: https://classic.clinicaltrials.gov/ct2/show/NCT0623538

    De l’hôpital au musée : les sorties thérapeutiques à l’adolescence comme espace de subjectivation

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    International audienceTherapeutic outings are unique forms of care that take place outside the walls of the institution. Based on a clinical vignette, this article explores their psychological effects on adolescents. By mobilizing cultural spaces and third-party mediators, they offer a group setting that is temporary and transitional, conducive to subjectivation, surprise, and shared pleasure. They also allow family experiences to be revisited through a group confronted with otherness outside the institution.Les sorties thérapeutiques constituent des dispositifs singuliers de soin "hors les murs". À partir d'une vignette clinique, cet article explore leurs effets psychiques à l'adolescence. En mobilisant l'espace culturel et des tiers médiateurs, elles offrent un cadre groupal, éphémère et transitionnel, propice à la subjectivation, à la surprise et au plaisir partagé. Elle permet aussi de revisiter les expériences familiales à travers un groupe confronté à l'altérité hors de l'institution

    Les aides publiques aux entreprises en Europe : déterminants et impacts

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    Rapport du Laboratoire Interdisciplinaire d’Évaluation des Politiques Publiques (LIEPP)* réalisé dans le cadre d’un partenariat avec l’IRES-FOPendant la pandémie de la Covid-19, les aides publiques aux entreprises ont atteint des niveaux records. Face à l'arrêt brutal des économies européennes pour limiter la propagation du virus, les pouvoirs publics ont mis en place des mesures massives pour soutenir les entreprises et les ménages. Ces interventions ont conduit à une hausse des déficits publics en 2020. Le déficit moyen de la zone euro a atteint 7% en 2020. Loin d’être un changement brutal, l’utilisation massive des aides publiques signale une transformation des modes d’intervention de l’État dans l’économie. La politique sociale et macroéconomique est désormais subordonnée au renforcement des marges et de la compétitivité des entreprises. Les prestations sociales et services publics tendent à se réduire, tandis que l’action publique en faveur des entreprises n’a cessé d’augmenter tant du point de vue des dépenses que de la fiscalité.Chaque année, plusieurs dizaines de milliards d’euros sont alloués aux entreprises, sans que l’État français ne puisse en préciser exactement les montants. Un récent rapport de l’IRES a révélé une progression continue depuis le début des années 2000 : après une moyenne annuelle de 30 milliards d’euros dans les années 1990, elles ont fortement augmenté à partir de 2001 pour dépasser 100 milliards dès 2008 et atteindre 157 milliards en 2019.Cette tendance est aussi observable dans la plupart des pays européens. D’après le State Aid Scoreboard, les aides publiques aux entreprises rapportées au niveau du PIB ont augmenté de 12% entre 2000 et 2019. Cependant, ce constat cache d’importantes disparités tant en matière de niveau que de structure des aides publiques aux entreprises. Dans les pays d’Europe centrale et orientale ainsi qu ’en Allemagne ces aides représentent environ 1,5% du PIB en 2019 tandis que dans les pays méditerranéens, elles avoisinent 0,5%.Ce projet de recherche propose d’explorer la dynamique complexe entre les régimes de croissance économique et les aides publiques aux entreprises au sein de l'Union européenne. L'objectif est de comprendre dans quelle mesure l'aide publique aux entreprises s'intègre dans les stratégies de croissance des États membres et influence la formation de différents régimes de croissance.Les résultats montrent que les aides publiques ne sont ni proportionnelles au niveau de développement ni influencées par les orientations politiques des gouvernements. De plus, elles ne correspondent pas aux typologies classiques des régimes de croissance. Le premier résultat de ce travail est la mise en évidence d’un lien entre le niveau prélèvement obligatoire et le soutien fiscal. Plus la pression fiscale est élevée, plus les aides fiscales aux entreprises sont importantes. Cela suggère que ces aides servent principalement à compenser le poids fiscal plutôt qu'à stimuler la croissance.L’autre enjeu de ce projet de recherche est d’évaluer les effets de l’aide publique aux entreprises. Comment et avec quels indicateurs évaluer ces aides ? La plupart des études réalisées jusqu’à présent se sont concentrées sur les effets d’un dispositif d’aide particulier. La perspective de ce travail est différente. L'évolution des aides publiques aux entreprises s'inscrit dans un changement plus large des formes d’intervention étatique. Une perspective plusmacroéconomique a été adoptée pour étudier l’impact de ces aides.Une méthode de recherche mixte combinant les analyses théoriques post-keynésienne et une revue de littérature des nombreuses études empiriques sur les différents dispositifs d’aides publiques a été réalisée. Au vu de l’ampleur de la tâche, l’évaluation a été limitée dans ce rapport au cas français. L'analyse du cas français illustre les limites de cette nouvelle politique budgétaire. Le second résultat de ce rapport de recherche est de montrer que l'accroissement du soutien fiscal a principalement permis de restaurer les marges des entreprises sans effet tangible sur l'emploi ou l'investissement.En conclusion, la hausse des aides publiques aux entreprises en Europe ne reflète pas un retour à une politique budgétaire proactive, mais plutôt une adaptation aux dynamiques de concurrence fiscale. C’est une compensation fiscale qui se développe dans les pays où les taux de prélèvement obligatoire sont importants. L’introduction de ces aides a eu pour seul impact significatif la restauration des marges des entreprises dans un contexte de faible croissance.Ce rapport est constitué de deux parties. La première explore les facteurs corrélés au niveau d’aide publique en Europe. Cette comparaison a été réalisée à partir d’une base de données originale combinant les données d’Eurostat et de la Global Tax Expenditure Database. La deuxième partie de ce travail étudie l’évolution de l’aide publique en France depuis 1949. Les impacts de cette nouvelle forme de politique budgétaire sont ensuite évalués

    Le Costume comme leurre et la peau comme costume : Scarlett Johansson, sex symbol mis à nu dans Under The Skin (Jonathan Glazer, 2013)

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    International audienceEn 2013, le cinéaste britannique Jonathan Glazer distribue Scarlett Johansson dans le rôle d’une extraterrestre mangeuse d’hommes perdue en pleine Écosse dans son troisième long-métrage, Under The Skin ; nous montrerons que le travail du concepteur de costumes Steven Noble participe de la déconstruction de l’image de la star hollywoodienne à trois niveaux complémentaires. De manière classique, le costume est d’abord envisagé comme artifice garant de l’illusion naturaliste, fonction redoublée par la mise-en-abyme produite par le dispositif de tournage du film. L’ensemble en jean, les collants filés et les talons bon marché dont l’héroïne dépouille le cadavre d’une inconnue, ainsi que la perruque brune arborée par l’actrice, constituent à la fois le déguisement qui permet à l’extraterrestre de se fondre parmi la foule humaine et celui qui autorise la star filmée en caméra cachée à déambuler incognito dans les rues, les magasins et les boîtes de nuit de Glasgow. Le costume et le maquillage assurent en outre une fonction de marqueur du genre, le blouson en fourrure artificielle, le body fuchsia échancré et le rouge à lèvres carmin exagérant la dimension d’ultra féminité, de sensualité, voire de carnalité attachée à la persona de Johansson depuis au moins Match Point (Woody Allen, 2005). L’hypersexualisation de la star, qui peut sembler en contradiction avec les convictions féministes qu’elle revendique à la ville, fait l’objet de négociations complexes dans les rôles qu’elle choisit à cette période : son corps est purement et simplement escamoté dans Her (Spike Jonze, 2013), grossièrement érotisé à des fins parodiques dans Don Jon (Joseph Gordon-Levitt, 2014) ou moulé dans une combinaison synthétique dans la saga des Avengers, facilitant les mouvements de l’héroïne d’action tout en donnant ses formes en spectacle. Dans Under the Skin, le costume a à cet égard un statut particulier, celui de leurre participant à un renversement critique de l’image de la star : il permet à la prédatrice de se désigner à ses victimes comme une proie désirable, passive et disponible, réactualisant l’archétype de la femme fatale incarné par Johansson tout en désignant la sensualité qui lui est associée comme une performance et un simulacre. Le costume offre enfin l’occasion d’une réflexion ontologique sur les rapports entre star et personnage filmique dans les dernières minutes du film, lorsque la peau de l’héroïne part en lambeaux en même temps que les vêtements que lui arrache un homme qui tente de l’agresser. La peau est révélée à son tour comme costume : le personnage mis à nu, corps de charbon, sans yeux et aux traits indistincts, contemple le visage hébété de Scarlett Johansson qu’il a ôté comme un masque. C’est ainsi l’actrice et la star qui sont littéralement désignés comme enveloppes, son corps et sa persona venant littéralement habiller une figure qui serait sans eux nue et informe

    Chamada para dossiê: “Periferia é Periferia em qualquer lugar”: produção cultural em periferias urbanas

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    Appel à contributions« La périphérie est la périphérie n’importe où »: la production culturelle dans les périphéries urbainesLes vers ci-dessus choisis comme titre de notre dossier sont extraits de la chanson “Brasília Periferia”, une composition de l’album Dia a Dia da Periferia de 1994 de Gog, rapper pionnier et considéré comme une ou la référence du mouvement hip hop au Brésil. Cette phrase est devenue un véritable “lieu commun” dans les périphéries urbaines au Brésil, notamment après reprise, par le groupe de rap Racionais MC’s, dans la chanson “Periferia é Periferia” de l’album Sobrevivendo no Inferno, sorti en 1997. Pour nous, cette phrase est loin d’incarner une uniformisation des différences qui signifirait que toutes les périphéries seraient identiques. Au contraire, elle indique plutôt l’identification d’un phénomène global, fruit de la dynamique des modes de production capitaliste. Ces formes de production créent des périphéries partout, y compris au coeur du capitalisme qui se reproduit avec la surexploitation et la précarisation des classes laborieuses dans le monde. Nous pouvons dire qu’il existe une expérience commune dans la construction des sujets périphériques (D’Andrea, 2022).Faire de la recherche sur les périphéries urbaines n’équivaut pas à suivre un désir colonialiste pour l’exotique, pour l’ensemble des pratiques étranges et surprenantes produites par l’Autre. Les périphéries urbaines sont le centre du développement capitaliste aujourd’hui, là où se concentrent les dystopies mais aussi les utopies contemporaines. Comprendre le monde contemporain, ses contradictions, ses dangers et ses possibilités d’avenir exige une observation attentive de ce qui se passe dans les périphéries urbaines, en particulier (mais pas seulement) celles du Sud global.Le philosophe Paulo Arantes (2023) soutient qu’une “brésiliennisation” du monde est en cours, une figure de langage (ironique) qui inverse le sens positif du mythe selon lequel le Brésil serait le pays du futur. L’obscène inégalité sociale brésilienne, l’enfermement des classes supérieures dans des ghettos d’élite, la banalisation de l’extermination des plus pauvres, en particulier des Noirs et des autochtones, le manque d’accès aux droits fondamentaux, la précarité des droits sociaux et du travail, le démantèlement des institutions publiques d’assistance sociale, la financiarisation brutale de l’économie, l’association entre citoyenneté et consommation, les bidonvilles, la prédominance du travail informel, le contrôle social violent et militarisé, le racisme et la xénophobie qui stigmatisent les populations des quartiers populaires dans différentes parties du monde, le banditisme ultra-individualiste, la croissance d’églises corporatives capables de diffuser l’esprit du néolibéralisme et un conservatisme violent qui se retourne contre les minorités et prend la forme d’une guerre sainte entre le Bien et le Mal… Voici quelques perspectives qui avancent des périphéries vers les centres du capitalisme global. Le mal-être dans la ville est le reflet d’une désagrégation sociale qui est le résultat du stade actuel du mode de production capitaliste.Dans le même ordre d’idées, le géographe Thiago Canettieri (2020) affirme qu’avec la décomposition de la société du travail, une nouvelle configuration sociale basée sur la forme périphérie émerge. Une condition marquée par la violence, la précarité, soumise à d’intenses régimes d’exploitation et à la subsomption totale de la vie. Cette composition sociale est marquée par l’exclusion qui a toujours été présente dans les périphéries des pays périphériques. Avec l’accentuation de la crise du capital et l’effondrement de la modernisation, nous pouvons constater q’un “devenir périphérie” du monde est en train de se configurer. Cette forme périphérique est donc la manière dont une société en effondrement se constitue. Cette universalisation de la “forme périphérie” est le “devenir périphérie” du monde.La domination sociale par la précarité impacte la formation des subjectivités, décourageant les solidarités de classe, nourrissant les peurs et diffusant les ressentiments sociaux. Ces nouvelles formes sont plus vulnérables pour être capturées par les discours de haine, les théories du complot et le négationnisme scientifique. D’autre part, les formes de gentrification des territoires périphériques émergent, de manière ambiguë, comme une réponse unique au capitalisme néolibéral, mais aussi comme une menace d’expulsion et de perte de repères pour les populations déjà enracinées dans un territoire périphérique, en particulier les plus pauvres et les personnes ciblées par les discriminations.Ces réflexions sont fondamentales pour nous permettre de comprendre le moment historique dans lequel nous vivons. Il leur manque cependant ce que Didi-Huberman (2011) a appelé “la survie des lucioles”. Dans ce scénario pré-apocalyptique, où sont les petites lumières, les éclairs qui permettent d’entrevoir des issues, d’imaginer des futurs alternatifs qui animent la lutte sociale et combattent le conformisme résultant du pessimisme absolu ?Etudier l’art et la culture produits dans les périphéries urbaines est une manière de chercher ces lucioles, ces lumières fragiles qui éclairent subtilement la nuit, capables de montrer que les contradictions du mode de production capitaliste laissent toujours des vides pour le remplacement de ce système écrasant par un mode de vie plus juste et plus heureux. Comme le dit Fredric Jameson (2021), il est plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme. Aujourd’hui, l’imagination utopique est à son plus bas niveau.Le rêve de vivre de l’art et de la culture est présent dans les périphéries urbaines. Au Brésil, ce “métier rêvé” devient parfois un moyen de vie pour la classe ouvrière et s’oppose aux emplois précaires qui s’offrent à cette classe, toujours avec leur temps de vie volé par la surexploitation et la fragilité des droits du travail. Selon l’Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE), 38,7 % de la classe ouvrière brésilienne occupe des emplois informels, c’est-à-dire, sans aucune protection du droit du travail. En ce qui concerne la population noire ou afro-descendante, ce pourcentage dépasse 40 %. Le nombre de travailleurs informels (38,9 millions) est supérieur à celui des travailleurs formels (38 millions). Dans les pays du Nord global, bien que la relation entre le travail formel et informel ne soit pas la même, les périphéries concentrent également des taux de chômage et de pauvreté plus élevés, et certains quartiers populaires sont des territoires d’ avec une importante présence de migrations postcoloniales. Dans ces conditions, on voit émerger un nouveau débat, on passe progressivement de la question exclusivement « sociale » à la question également « raciale » en Europe (Fassin & Fassin, 2006). En ce sens aussi, les périphéries des puissances centrales du capitalisme sont également proches des banlieues des pays périphériques, où coexistent la pauvreté et la discrimination raciale depuis plusieurs décennies, voire des siècles (Fernandes, 2021 ; Nascimento, 2021).Le “métier de rêve”, vivre du travail créatif à partir de l’art et de la culture, est une utopie réalisable, ainsi qu’un indice du malaise de la classe travailleuse à la fois avec le monde du travail du capitalisme contemporain et avec la psychopolitique néolibérale basée sur la performance, la compétitivité, l’individualisme et le consumérisme (Han, 2020).Dans ce dossier, nous avons l’intention de rassembler des articles qui analysent les périphéries urbaines à partir de leur production artistique et culturelle. Comme la périphérie/la banlieue n’est pas seulement un espace géographique, mais surtout un lieu symbolique, nous comprenons cette production culturelle de manière large, partant des périphéries urbaines comme référence créative. Cette perspective inclut les différentes formes culturelles, comme le funk, le hip hop, le graffiti, le carnaval, ainsi que le théâtre, la danse, le rock, les arts visuels et audiovisuels, la littérature, les festivités populaires, etc.Toujours dans cette compréhension de la périphérie comme lieu symbolique, nous ne limitons pas notre approche à la production culturelle des favélas et des quartiers populaires. Les quilombos urbains, les indigènes vivant en ville, les hôpitaux psychiatriques, les centres de soins psychosociaux (CAPS), les écoles et les universités publiques, les prisons et les centres socio-éducatifs sont des lieux où l’art et la culture sont présents, comme tactiques de survie et comme stratégies d’espoir. Nous cherchons à comprendre les confluences possibles entre ces différentes conditions périphériques (SANTOS, 2023).Cette périphérie, symbole d’une expérience partagée par la classe ouvrière urbaine, crée un langage en partie universel. Ce langage se crée et se manifeste dans les multiples créations présentes sur ces territoires. L’un de ces points communs est le fait que ces artistes voient la culture comme un travail, comme un moyen de garantir leur subsistance, la production et la reproduction matérielle de la vie. À l’heure de la précarité généralisée dans le monde du travail, le rêve de vivre d’un métier de l’art et de la culture devient encore plus frappant. La précarité augmente la souffrance physique et mentale des travailleurs. Mais elle rapproche aussi les conditions ordinaires de rémunération et d’emploi de l’incertitude typique du travail artistique. Si jusque dans les années 1990, le dilemme de l’artiste populaire était celui de devoir choisir entre l’emploi formel et l’absence de garanties de travailler avec l’art, aujourd’hui les alternatives au travail artistique n’offrent plus de sécurité. Cette situation a été étudiée au Brésil (Facina et al., 2019), mais nous sommes intéressés à créer des ponts et des parallèles avec d’autres périphéries urbaines du monde, qui partagent les valeurs et les reconnaissances communes à travers la mondialisation économique et culturelle, mais admettent également des particularités locales, que ce soit en Amérique latine, en Amérique du Nord, en Europe, en Asie ou en Afrique.En effet, nous pouvons observer, en tant que chercheurs ou intéressés, qu’il existe une créativité immense et foisonnante dans les périphéries urbaines du monde. Il n’est pas possible de penser les villes, au centre et à la périphérie du capitalisme, sans analyser cette effervescence. Ce sont des formes des « cultures d’en bas » qui s’imposent aux cultures dominantes ou hégémoniques (Capanema et al., 2020 ; Liguori et al., 2022). Elles apportent de précieuses constributions à des possibilités utopiques, à des nouveautés viables, comme le disait Paulo Freire (2011), qui nous permettent d’affronter l’apocalypse et de repousser la fin du monde (Krenak, 2019), tout comme de réfléchir aux dilemmes et aux impasses du monde actuel et à venir (crise climatique, crise de l’information, négationnisme, nouvelles formes de fascisme, fracture sociale) (Fassin, 2022). Les études sur les dynamiques créatives dans les périphéries – espaces de résistance, de survie et d’innovation constante – peuvent soutenir et renforcer les politiques publiques qui dialoguent avec cette production.Dans ce dossier, nous cherchons à rassembler des travaux qui contribuent à l’élargissement des horizons de reflexion pour la problématisation théorico-méthodologique de la production culturelle sur les périphéries urbaines, en s’appuyant sur des données empiriques issues des recherches de terrain ou d’archives. Nous cherchons à rassembler des articles, des études bibliographiques ou des essais audiovisuels qui traitent d’expériences ethnographiques de terrain, problématisent des questions de méthodologie ou analysent les innovations théoriques qui abordent la complexité du thème

    Confined Poisson extensions

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    International audienceThis paper follows on from our previous work, where we introduced the notion of \emph{confined extensions}, and our purpose is to widen the context in which such extensions appear. We do so in the setup of Poisson suspensions: we take a σ\sigma-finite measure-preserving dynamical system (X,μ,T)(X, \mu, T) and a compact extension (X×G,μmG,Tϕ)(X \times G, \mu \otimes m_G, T_\phi), then we consider the corresponding Poisson extension ((X×G),(μmG),(Tϕ))(X,μ,T)((X \times G)^*, (\mu \otimes m_G)^*, (T_\phi)_*) \overset{}{\to} (X^*, \mu^*, T_*). Our results give two different conditions under which that extension is confined. Finally, to show that those conditions are not void, we give an example of a system (X,μ,T)(X, \mu, T) and a cocycle ϕ\phi so that the compact extension (X×G,μmG,Tϕ)(X \times G, \mu \otimes m_G, T_\phi) has an infinite ergodic index

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