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    Derrière la distance au terrain : ce que les conditions d’enquête révèlent des rapports de subordination structurant les circulations depuis et vers les Antilles et La Réunion

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    Cet article opère un retour réflexif sur trois expériences de conduite d’entretiens à La Réunion, en Martinique et en Guadeloupe, menées dans le cadre de projets de recherche impliquant différents groupes sociaux et professionnels dans ces territoires. Il revient sur la manière dont le positionnement de l’enquêtrice comme une chercheuse venue de l’Hexagone pour de courts séjours d’enquête a affecté le profil des enquêté·es qui ont accepté de la rencontrer et les discours qu’ils et elles ont tenus. Alors que les projets de recherche portaient sur des logiques de circulation et de stratification liant ces trois îles à l’Hexagone, étudier ces relations d’enquête apporte un éclairage heuristique sur de telles logiques. Pour autant, analyser les ressorts de ces relations tend surtout à dé-spécifier l’enquête « outre-mer » : d’une part, en mettant en valeur des mécanismes au croisement de rapports de classe, de race et de genre communs à de nombreux autres contextes d’enquête ; d’autre part, en soulignant des logiques de mobilité et de stratification qui s’appliquent – avec des nuances – à d’autres territoires français, y compris hexagonaux

    Sociologie de la sexualité

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    Depuis plusieurs décennies, la sexualité déborde des cadres qui jadis la contenaient - mariage et couple, reproduction, hétérosexualité - le poids de la morale religieuse et de la morale laïque s’est affaibli, la hiérarchie de genre est contestée. Le mouvement #MeToo, lancé en 2017, contre la violence sexuelle et la domination masculine se prolonge d’un renouveau du féminisme et d’un approfondissement de la critique de l’hétérosexualité. En témoignent les débats sur le consentement, l’augmentation des identifications bisexuelles ou pansexuelles et les manifestations de fluidité de genre. Les personnes trans et leurs revendications deviennent plus visibles, mais également les expressions d’hostilité à leur égard. Le déroulement des vies sexuelles change également. Les couples prennent des formes plus variées, avec ou sans cohabitation. Avec la mobilité conjugale, qui laisse de l’espace pour d’autres types de relations sexuelles, parallèles ou successives, brèves ou plus durables, inscrites dans la sociabilité ou l’amitié, l’horizon des possibles s’élargit. Cette nouvelle édition, fortement augmentée, prend en compte les enquêtes et les travaux de recherche les plus récents

    La face cachée du mal-logement. Enquête en marge du logement ordinaire

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    Depuis les années 1990, le mal-logement gagne du terrain dans les grandes villes européennes. On estime qu’il existe près de 900 000 personnes sans domicile en Europe et 19 millions qui vivraient dans des habitats indignes. Ces chiffres sous-estiment très probablement la gravité du problème. En France comme ailleurs, la cherté du logement et l’augmentation des inégalités résidentielles ont conduit les personnes les plus modestes à se replier vers des habitations excentrées, parfois dégradées et, dans les cas les plus extrêmes, à avoir recours aux centres d’hébergement et aux habitations de fortune. L’une des figures centrales de l’exclusion, le sans-abri, suscite une attention médiatique saisonnière. Elle nʼest cependant que la partie visible d'une myriade de situations précaires. Un nombre croissant de personnes vivent ainsi éloignées des grands centres urbains, dans des camions ou des cabanes, campent à l’année, ou ne fréquentent pas (ou plus) les structures d’aide. Quelles trajectoires ont conduit ces personnes à vivre aux marges du logement ordinaire ? Quelles difficultés spécifiques rencontrent-elles ? Comment vivent-elles concrètement au quotidien ? Quelles ressources et quelles stratégies mettent-elles en place pour (sur)vivre et quels liens ont-elles avec les services d’aide ? À partir des résultats de plusieurs enquêtes Insee et Ined, et dʼun travail sur le terrain auprès de ces populations mal-logées ou sans domicile, les contributeurs et contributrices donnent ici la parole à celles et ceux qui sont à la fois invisibles et inaudibles

    Living apart together

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    Ce que nous apprennent les enquêtes statistiques sur les violences envers les femmes au prisme de l’ethnicité

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    Reconnues à l’échelle internationale comme un problème social majeur, les violences envers les femmes ont fait l’objet de nombreuses enquêtes statistiques depuis les années 1990 et notamment depuis l’appel lors de la conférence internationale des femmes à Beijing en 1995. Une conclusion très souvent présente dans les rapports de ces enquêtes, est que si les violences faites aux femmes représentent un problème social universel qui touche les femmes indépendamment de leur origine sociale ou ethnique et de leur âge, les migrantes, les descendantes de migrants, ainsi que d’autres femmes de « minorités visibles » sont plus exposées aux violences au sein de et en dehors des relations familiales ou conjugales que les autres. Cette vulnérabilité accrue est souvent attribuée à une plus grande précarité économique et sociale par rapport à la moyenne de la population majoritaire du pays où elles résident, ou à des formes de racisme, de discrimination ou d’isolement social. Ces enquêtes, initialement conçues pour étudier la prévalence, ont recours à des indicateurs descriptifs de la situation dans laquelle se trouvent les femmes au moment de l’enquête et comportent très peu d’informations sur les trajectoires et le contexte migratoire des enquêtées, ou sur leurs pratiques culturelles. Le présent chapitre, s’appuyant sur certaines conclusions établies dans les grandes enquêtes de prévalence, étudie ce que certaines formes de violence ont de spécifique ou d’universel. Il propose une analyse critique de la mesure statistique des risques auxquels sont exposés certains groupes de femmes, et d’importantes considérations d’ordre méthodologique sont aussi abordées dans un souci de déblayer le terrain pour de futures études quantitatives sur le sujet

    Relations entre personnes de même sexe : comment se forment-elles?

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    Les Espagnols émigrent à nouveau vers la France et le Royaume-Uni : qui sont-ils et pourquoi ?

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    Les départs d’espagnols vers principalement le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne sont en hausse et se maintiennent aujourd’hui à des niveaux élevés. Deux types de profils ressortent : les immigrés ayant acquis la nationalité espagnole qui ont été particulièrement touchés par la crise économique de 2008 et tentent leur chance dans un autre pays d’Europe et les jeunes natifs espagnol.es, souvent qualifiés, qui perçoivent dans la libre mobilité européenne une opportunité de carrière professionnelle

    Répercussions démographiques de la guerre sociale maya dans le village de Pixoy (Yucatán, Mexique, 1847-1870)

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    La guerre sociale maya, ou guerre des Castes, a été l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire du Mexique indépendant. Elle découle du conflit entre le gouvernement mexicain et la société yucatèque d’une part, et les groupes rebelles mayas d’autre part, qui s’organisèrent en réaction à la spoliation de leurs terres. La guerre a entrainé le dépeuplement de plusieurs localités, la mort de nombreux Mayas (guerre et épidémies), la fuite d’une partie de la population vers la jungle et la capture, la mise en esclavage et l’exil d’une autre partie de celle-ci. Très peu de recherches se sont intéressées aux répercussions de cette guerre au niveau micro : celui d’un village, de groupes familiaux et d’individus n’appartenant pas à l’élite ou aux classes dominantes. Utilisant des sources historiques et statistiques, ainsi que des sources bioarchéologiques issues de la fouille d’un ossuaire dans l’église de Pixoy, nous examinons les conséquences démographiques et sociales de ces événements sur ce village de l’Est du Yucatán

    L’Articulation des temps de survie : temporalités professionnelles et de transition chez les personnes transféminines

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    Ancré dans la sociologie de l’articulation des temps sociaux, cet article révèle comment les parcours scolaires et professionnels contribuent à définir, en creux, le «  bon moment  » pour faire une transition de genre chez les personnes transféminines – les temps et rythmes de la transition. Structuré par des inégalités sociales, le bon moment s’avère être l’emploi pour les moins dotées, le hors-emploi pour celleux qui le sont le plus. De plus, les parcours de transition, par le biais des protocoles administratifs et médicaux, contraignent en retour les expériences professionnelles. Ces protocoles se révèlent imprégnés d’une vision cissexiste du monde qui impose l’attente. Cet article se fonde sur un dispositif méthodologique qualitatif : l’analyse de 18 entretiens biographiques avec des personnes transféminines travaillant dans l’informatique et l’éducation. Ils ont été analysés par le biais de méthodes thématiques et biographiques. L’analyse de l’articulation entre les temporalités des parcours professionnels et celles des parcours de transition des personnes transféminines ouvre sur une réflexion plus large sur leurs conditions d’accès et d’expérience du travail rémunéré, des dimensions encore largement négligées par la sociologie du travail en France

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