L'archive ouverte de L'Ined
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Combien d'habitants ? De la détection du bâti à l'estimation de la population pour différentes régions d'Afrique
L’objet de cette thèse est de développer et d’évaluer des modèles démographiques pour estimer la population à partir des caractéristiques du bâti. Le plus souvent, les estimations de population s’appuient sur un carroyage, découpant l’espace en cellules de grille homogènes, comme celles produites et popularisées par le projet WorldPop. Nous proposons ici une méthode innovante, utilisant des zones bâties identifiées par le projet TeleCense et détectées à partir d’images des satellites Sentinel, comme unité principale d’analyse. L’objectif est d’obtenir une estimation fine de la population, tout en tenant compte de la diversité des zones bâties et d’évaluer la fiabilité des prédictions démographiques obtenues.
Pour atteindre ces objectifs, deux approches sont explorées. La première consiste en une méthode descendante, qui répartit la population des zones administratives dans des unités plus fines, en s’appuyant sur des données complémentaires pour affiner les estimations. Cette méthode est d’abord développée et testée à Madagascar, un pays choisi pour sa diversité agro-climatique et la qualité de son dernier recensement (RGPH-3, 2018). Son application à six régions permet de valider les estimations et d’en évaluer la pertinence. Elle est ensuite mise en œuvre au Bénin, ce qui révèle certaines limites des méthodes descendantes.
La partie suivante de la thèse se concentre sur la création d’une méthode ascendante novatrice, permettant d’estimer la population de zones géographiques sans recensement récent et totalement indépendante de données de recensement. Cette méthode ascendante repose uniquement sur des données issues de la télédétection et des informations socio-démographiques facilement disponibles, afin de rendre le modèle applicable à d’autres régions. Cette nouvelle approche est appliquée à Mayotte, grâce à des données démographiques précises, puis dans un contexte de fortes densités urbaines, dans la sous-préfecture d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, posant un véritable défi en termes de modélisation.
Enfin, le dernier chapitre de la thèse est consacré au développement d’un modèle d’estimation exploitant les données très récentes « Open Buildings 2.5D » de Google Research, qui offrent une représentation détaillée et à haute résolution des surfaces bâties, incluant une estimation de la hauteur des bâtiments. En reprenant l’approche globale développée dans cette thèse, l’objectif est de mesurer dans quelle mesure une identification plus fine du bâti – quasiment bâtiment par bâtiment – permet d’améliorer la qualité des modèles démographiques
Des centenaires et supercentenaires toujours plus nombreux : va-t-on repousser les limites de la longévité ?
Le nombre des centenaires s’est considérablement accru. De nouvelles classes d’âges, les plus de 105 ans et même les plus de 110 ans ou « supercentenaires », ont émergé. Cela veut-il dire que les limites de la longévité vont être repoussées ? Une base de données hébergée par l’Ined rassemble les cas validés de personnes décédées à plus de 105 ans dans une douzaine de pays. Son analyse apportera des éléments de réponse
Pouvoir médical, domination adulte et normes de genre : Les mécanismes de la violence à l’encontre des personnes intersexes
Les parcours de vie des personnes intersexes sont marqués par de nombreuses violences sociales et médicales liées à l’appropriation de leur corps. Cet article analyse ces violences à partir de la première enquête quantitative non médicale en France sur cette population minorisée et encore mal connue. Issue d’une démarche collaborative entre chercheur·es et association de personnes concernées, l’enquête, riche de ses 155 répondant·es, met en évidence les continuités entre la médicalisation dans l’enfance et les violences de genre tout au long de la vie. Très jeunes, une partie importante des répondant·es ont subi des opérations chirurgicales et des traitements hormonaux visant à « normaliser » leurs caractéristiques sexuelles. Ces violences, au croisement du paternalisme médical, de la domination adulte et des rapports de genre, dépassent néanmoins la sphère médicale, car elles sont présentes dans la famille, à l’école et dans l’espace public, et se manifestent autant par des injonctions normatives ou insultes que par des agressions physiques et sexuelles
Devenir mère seule par PMA : quand le désir d’enfant s’affranchit du couple
En France, depuis l’ouverture de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes – dans une loi promulguée le 2 août 2021 –, les femmes seules sont nombreuses à s’engager dans une démarche de PMA. Quels sont les profils et les aspirations de ces mères, longtemps restées dans l’ombre ? Portées par un même désir d’enfant, elles livrent des récits qui, sans rejeter la conjugalité, portent un regard critique sur le couple hétéroparental
Accumulation patrimoniale des couples et inégalités entre conjoints
Au cours des dernières décennies, les formes de vie en couple se sont diversifiées, en France. Le Pacs et la cohabitation sont devenus des alternatives au mariage, et le mariage, lui-même, a connu des transformations importantes, avec le recours croissant au régime de séparation de biens. Cependant, si Bonnet et al. (2023) ont montré que l’histoire matrimoniale jouait un rôle majeur dans la trajectoire patrimoniale des individus, rares sont les études qui ont porté sur l’effet des formes légales de vie en couple sur la détention du patrimoine et son accumulation.
Le rôle joué par ces formes légales a été largement ignoré pour plusieurs raisons. Premièrement, la prédominance du mariage comme forme de vie en couple a pu laisser penser que la question n’était pas pertinente. Or, depuis les années 1970, la cohabitation s’est développée (Costemalle, 2017) et est devenue une forme de vie en couple plus durable (Lesthaeghe, 2020), ce qui laisse le temps aux cohabitants d’accumuler du patrimoine. Le développement de la cohabitation a généré un certain nombre de travaux comparant le patrimoine des couples mariés et non mariés (Addo et Lichter, 2013 ; Ruel et Hauser, 2013), ou l’effet, sur le patrimoine, de la transition de la cohabitation vers le mariage (Lersch, 2017). De la même manière, le faible recours au contrat de mariage, après la réforme des régimes matrimoniaux de 1965, a pu, là encore, laisser penser que le régime matrimonial importait peu dans les faits. Or, Frémeaux et Leturcq (2013, 2018) ont montré que, à partir de 2010, près de 20 % des couples nouvellement mariés rédigeaient un contrat de mariage, optant le plus souvent pour le régime de la séparation de biens. Une raison pratique au faible nombre d’études portant sur les régimes matrimoniaux est aussi à chercher du côté des données disponibles, incluant rarement ce type d’information. L’enquête « Histoire de vie et patrimoine » (HVP) de l’Insee fait figure d’exception.
L’accumulation patrimoniale peut venir de plusieurs canaux : les flux d’épargne, le rendement des actifs détenus et les transmissions patrimoniales (donation et héritage). La forme légale du couple peut affecter l’accumulation patrimoniale, et ce, pour plusieurs raisons . Premièrement, en garantissant la moitié des biens communs à chaque conjoint, le régime légal peut conduire les couples à se spécialiser, car il protège le conjoint qui s’est retiré, partiellement ou totalement, du marché du travail. Cette spécialisation diminue les revenus et, donc, le potentiel d’accumulation patrimoniale des couples en communauté. Deuxièmement, les couples peuvent se protéger du risque de séparation avec de l’épargne de précaution, et ce, d’autant plus fortement que le coût à se séparer est faible (Angelini et al., 2019). Dans ce cas, les couples non mariés pourraient accumuler davantage que les couples mariés. L’inéligibilité des couples non mariés à certains mécanismes, comme la pension de réversion et la prestation compensatoire, pourrait renforcer cet effet. Troisièmement, Frémeaux et Leturcq (2013, 2020) ont montré que le choix du statut n’est pas laissé au hasard. En particulier, les mariés en séparation de biens détiennent un patrimoine sensiblement supérieur à celui des autres couples, en partie grâce aux héritages et aux donations reçues. En conséquence, on pourrait observer des divergences de trajectoires des patrimoines du simple fait du rendement différencié des actifs (Bach et al., 2020).
Si la forme légale peut influencer l’accumulation du couple, l’effet peut ne pas être le même pour les deux conjoints. Le motif assurantiel peut, par exemple, être plus fort pour le conjoint qui détient le moins de patrimoine et qui n’est pas protégé en raison de la faible part des biens de communauté dans le patrimoine du couple. De manière générale, le patrimoine des conjoints peut diverger, ou converger, selon le type d’actifs détenus et leur rendement relatif, leur capacité d’épargne et la probabilité de recevoir des transmissions patrimoniales.
Les inégalités patrimoniales entre les femmes et les hommes demeurent peu étudiées, car elles nécessitent des informations précises sur la détention de patrimoine au sein du couple, sans quoi on suppose, généralement, une détention égalitaire du patrimoine. Comme pour les régimes matrimoniaux, l’enquête HVP fait figure d’exception. Frémeaux et Leturcq (2020) ont mis en avant un lien clair entre la séparation de biens et les inégalités patrimoniales au sein du couple. Cependant, cette analyse porte sur des coupes répétées, ce qui ne permet pas de distinguer les inégalités à la formation du couple des inégalités générées durant la vie de couple. Dans cet article, nous utilisons la dimension longitudinale de l’enquête HVP sur la période 2015-2021, afin de distinguer ces deux effets. Cet article étend l’analyse, présentée par Frémeaux et Leturcq (2022), qui se limite à une seule vague du panel
Pseudonymisation et anonymisation de corpus/données dans le cas d’enquêtes quantitatives
Support de présentation sur l'anonymisation et la pseudonymisation de données quantitatives, dans le cadre du Séminaire Général du LEST (Laboratoire d'Economie et de Sociologie du Travail) : "Gestion des données de recherche en sciences sociales : quelles pratiques adopter dans une démarche de science ouverte ?
Sexual and gender diversity in families: Theoretical advances in the context of social change
This special collection aims to extend understanding of LGBTQ+ couples and families from multiple theoretical and international perspectives, in the context of remarkable sociohistorical change. Five articles address changes in LGBTQ+ family patterns—and within LGBTQ+ families, attending to differences across generations and considering contextual and cultural differences. Together these articles offer a range of theoretical integration, adaptation, or application, each with the goal of deepening understanding of LGBTQ+ relationships in families in times of social change
Twin Births in 42 Sub-Saharan African Countries from 1986 to 2016: Frequency, Trends and Factors of Variation
Since the 1970s, twin birth rates have increased sharply in developed countries. In Africa, where the rate is the highest globally, its evolution and variation are poorly understood. This article aims to estimate the twinning rate in sub-Saharan African (SSA) countries throughout 1986–2016 and analyze its spatial, temporal, and ethnic variations. It also seeks to identify social and demographic factors associated with a high probability of twin births and outline a forecast of the twinning rate. We used data from 174 Demographic and Health Surveys from 42 countries. We supplemented them with the UN World Population Prospects (WPP). The twinning rate was calculated by reporting the number of twin births per thousand total births. We used logistic regression to analyze the factors associated with twin births. We projected the twinning rate based on WPP. The overall SSA twinning rate is 17.4 per 1000, but it has changed very little over time, and we expect it will grow a little between 2015 and 2050, increasing at most from 17.4 per 1000 to 18.4 per 1000. We also show significant differences in the twinning rate in SSA according to mother ethnicity. Most ethnic groups with high twinning rates belong to the large Bantu ethnic family. SSA remains the ‘land of twins’, with the twinning rate changing slowly. However, specific health policies must target twin births in SSA to address the public health challenges they present