Canadian Journal of Nonprofit and Social Economy Research / Revue canadienne de recherche sur les OSBL et l’économie sociale (ANSERJ)
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L’impact du programme de construction de logements Mino Bimaadiziwin sur la sécurité des modes de subsistance parmi les jeunes des Premières Nations de Garden Hill et Wasagamack : une étude évaluative
The Mino Bimaadiziwin Homebuilders postsecondary education pilot project built Indigenous youth capacity and houses in two remote Anishinini reserves—Garden Hill and Wasagamack. To evaluate this community-led project, a sustainable livelihood assessment holistically measured the impact on 45 of the 70 (64%) Homebuilder students and the community. The community benefited by gaining three culturally appropriate houses built from local lumber and employment opportunities for Anishinini instructors. A longitudinal survey found five of the six livelihood assets improved statistically and significantly, including satisfaction with social relationships, cultural awareness, income and ability to pay bills, housing safety, and human development. Students reported better relations with their families and neighbourhood. Most (85%) of the 70 Homebuilder students earned postsecondary certificates either in forestry, homebuilding or both while obtaining a training stipend, which elevated their incomes. These positive outcomes occurred despite project underfunding, the COVID-19 pandemic lockdown, climate change events, and inequitable housing policies under the Indian Act. Based on this project’s success, we recommend investing in Indigenous-led postsecondary education in community homebuilding projects. However, to attain equitable housing and human rights, a plan is needed to overturn the Indian Act, which keeps Indigenous people as “wards of the state” and their land in trust.Le projet pilote en éducation postsecondaire Mino Bimaadiziwin Homebuilder a permis d’assurer la formation de jeunes autochtones et la construction de maisons dans deux réserves anishinini isolées—Garden Hill et Wasagamack. Afin d’évaluer ce projet mené par la communauté, une approche holistique priorisant un mode de vie durable a servi à mesurer son impact sur 45 des 70 étudiants (c’est-à-dire 64% de l’ensemble) participant au projet ainsi que sur la communauté. Cette dernière a bénéficié du fait qu’elle a obtenu trois maisons culturellement appropriées construites avec du bois local ainsi que des emplois pour des enseignants anishinini. Une étude longitudinale a démontré que, grâce à ce projet, cinq de six atouts liés au mode de vie se sont améliorés de manière statistiquement significative, y compris la satisfaction envers les relations sociales, le savoir culturel, le revenu et la capacité à payer ses comptes, la sécurité en matière d’habitation, et le développement humain. À ce titre, les étudiants ont affirmé que leurs rapports avec leurs familles et leurs quartiers se sont améliorés. La plupart d’entre eux, c’est-à-dire 85% des 70 étudiants participant au projet Homebuilder, ont obtenu un certificat postsecondaire en foresterie, en construction d’habitations ou dans les deux domaines tout en recevant une allocation de formation, ce qui leur a permis d’augmenter leur revenu. Ces résultats positifs sont arrivés malgré le sous-financement du projet, le confinement dû à la COVID-19, des défis soulevés par le changement climatique et des politiques de logement inéquitables dues à la Loi sur les Indiens. Étant donné le succès de ce projet, nous recommandons d’investir dans une éducation postsecondaire axée sur la construction d’habitations dans la communauté qui soit menée par des autochtones. Cependant, pour rendre les droits humains et les droits au logement plus équitables, il faudrait dresser un plan pour supplanter la Loi sur les Indiens, à cause de laquelle les autochtones demeurent pupilles de l’État et leurs terres restent sous tutelle
La gestion locale du vieillissement: le cas de Tracadie au Nouveau-Brunswick
The territorial management of aging represents a real challenge for New Brunswick municipalities. This contribution illustrates the changes that have occurred in this area and, more specifically, to municipal infrastructures, equipment and services, between 2014 and 2021, in the Regional Municipality of Tracadie. The analysis is based on semi-structured interviews with local elected officials and stakeholders working with seniors. Although respondents noted an overall improvement in the territorial management of aging, gaps remain, particularly in the former local service districts, notably with regard to sidewalks and snow removal. The implementation of an urban plan that considers the particular realities of seniors would undoubtedly mitigate the effects of such shortcomings.La gestion territoriale du vieillissement représente un réel défi pour les municipalités du Nouveau- Brunswick. Cette contribution illustre les changements survenus en ce domaine et, plus spécifiquement, aux infrastructures, aux équipements et aux services municipaux, entre 2014 et 2021, dans la municipalité régionale de Tracadie. L’analyse repose sur des entrevues semi-dirigées effectuées auprès d’élus locaux et d’intervenants oeuvrant auprès des aînés. Bien que les répondants aient noté une amélioration globale en matière de gestion territoriale du vieillissement, il persisterait des lacunes, particulièrement dans les anciens districts de services locaux, notamment en ce qui concerne les trottoirs et le déneigement. La mise en oeuvre d’un plan d’urbanisme qui prendrait en considération les réalités particulières des aînés permettrait sans doute d’atténuer les effets de telles carences
La financiarisation de la prestation de services publics au Royaume-Uni se mondialise
Rather than social innovation or the promotion of social and environmental justice, amplified by notions of “global Britain,” the British state continues to propagate a series of aging public service delivery initiatives, mostly based on private funding. Although before Brexit there was strong British influence on European Union policies for social investment, this influence also extends globally. At the heart of these initiatives is the British Council’s Global Social Enterprise program with its reports, mapping exercises, U.K. study tours, and resources available for social entrepreneurs. The Council supports regular articles in the online Pioneers Post, which extol the benefits of impact investment using private funds.L’État britannique, plutôt que de promouvoir l’innovation sociale ou la justice sociale et environnementale, amplifiées par des notions de « Grande-Bretagne mondiale », continue à propager une série d’initiatives vieillottes consistant à offrir des services publics financés principalement par le secteur privé. Avant Brexit, la Grande-Bretagne exerçait une forte influence sur les politiques en investissement social de l’Union européenne; cette influence avait aussi une portée mondiale. Au cœur de ces initiatives se trouve le programme « Global Social Enterprise » du British Council, avec ses rapports, exercices de cartographie, voyages d’étude en Grande-Bretagne, et ressources disponibles pour les entrepreneurs sociaux. En outre, le Council appuie régulièrement la publication sur le site Pioneers Post d’articles qui prônent les bénéfices d’investissements à retombées sociales au moyen de fonds privés
À la recherche d’opportunités : les coopératives et l’économie circulaire
This article discusses the search for opportunities related to the intersection between co-operatives and the circular economy.Cet article traite de la recherche d’occasions liées au croisement des coopératives et de l’économie circulaire
L’approche commune pour mesurer l’impact : quatre critères communautaires flexibles pour obtenir des données d’impact plus interopérables
Common Approach to Impact Measurement (Common Approach) is a set of four flexible impact measurement standards designed to empower charities, nonprofits, coops, social purpose businesses (collectively referred to as social purpose organizations or SPOs), and those they serve to identify which impacts are most meaningful. These standards are not designed to make measurement more rigorous or more accurate; rather, they make measurement more useful and interoperable, and, eventually, more attuned to the priorities of those impacted.L’approche commune pour mesurer l’impact (Common Approach) comporte quatre critères flexibles de mesure d’impact conçus pour autonomiser les organismes de bienfaisance, les organismes sans but lucratif, les coopératives, et les entreprises ayant une mission sociale (désignés collectivement sous le nom d’organismes à vocation sociale ou OVS) et ceux qu’ils servent afin d’identifier les impacts les plus significatifs. Ces critères ne sont pas conçus de manière à rendre les mesures plus rigoureuses ou précises; ils rendent plutôt les mesures plus utiles et interopérables et, finalement, plus sensibles aux priorités des personnes concernées
Les entreprises se sentent-elles vraiment concernées? La philanthropie stratégique et le Programme des entreprises généreuses d’Imagine Canada
First launched in 1988, Imagine Canada’s Caring Company program recognizes Canadian companies that contribute at least one percent of their pre-tax profit to nonprofit organizations within their employees’ communities. Broadly speaking, the program sets a standard for corporate strategic philanthropy. However, the program is vulnerable to the same tensions that underlie the broader practice of strategic philanthropy; namely, a blurring of the line between profit-seeking activity and addressing social need.Lancé en 1988, le Programme des entreprises généreuses d’Imagine Canada reconnaît les entreprises canadiennes qui versent au moins un pour cent de leurs bénéfices avant impôts à des organismes sans but lucratif au sein des communautés de leurs employés. Le programme établit ainsi une norme pour la philanthropie stratégique des entreprises. Cependant, il est vulnérable aux mêmes tensions que celles qui sous-tendent une pratique plus large de la philanthropie stratégique, la tentation de ne pas tenir compte de la distinction entre quête de profits et appui aux besoins sociaux
Recherche collaborative, enquête publique et démocratie Expérimentalisme : contributions et modalités de candidature Pragmatisme dans les études sur l\u27innovation sociale
This article explores the contributions of a pragmatist approach to social innovation studies. It characterizes the epistemological assumptions of pragmatism and its implications to conceive of “science in action.” It explores the contributions of pragmatisms in developing a perspective to analyze civil society and its action to promote social innovation, focusing on the key notions of “public inquiry” and “democratic experimentalism.” The aim is to discuss the contributions, challenges, and limits of conducting pragmatic studies—from an analytical and methodological perspective—giving way to co-operative and engaged research that connects and co-ordinates teaching and knowledge transfer, theory and practice, experts and ordinary citizens, and knowledge and experiences in social innovation studies.Cet article explore les contributions et illustre l\u27application d\u27une approche pragmatiste aux recherches sur l\u27innovation sociale. Nous débutons par identifier les postulats épistémologiques pragmatistes et leurs implications pour concevoir une « science en action », construite de manière collaborative et engagée. Ensuite, nous explorons les apports des pragmatismes pour développer une perspective particulière d\u27analyse de la société civile et de son action en faveur de l\u27innovation sociale dans les arènes publiques, en nous concentrant sur les notions clés d\u27 « enquête publique » et d\u27« expérimentalisme démocratique ». Notre objectif est de discuter les apports, les défis et les limites de la conduite d\u27études pragmatiques—dans une perspective analytique et méthodologique de « l\u27ethnographie des arènes publics » —laissant place à des recherches coopératives et engagées qui articulent enseignement et transfert, théorie et pratique, experts et citoyens ordinaires, connaissances et expériences dans les études sur l\u27innovation sociale
Innovations sociales et crises : pistes de réflexion et d’action tirées du Colloque international du CRISES 2021
This review article draws connections between ideas expressed in some key presentations of the 6th International Conference of the Centre for Research on Social Innovations (CRISES). First, in reference to the lectures of Nancy Fraser and Lo c Blondiaux, we discuss the interconnectedness of crises (democratic, economic, ecological, and now sanitary). Then, in relation to the lecture by Janice Fine and the one by Dominique M da and Julie Battilana, we review transformations in the world of work and the challenges it faces in terms of social and environmental justice. Finally, in reference to the lectures of Flor Avelino and of Jean-Baptiste Comby, which we set up in dialogue with each other, we examine the capacity of social innovations to reproduce or transform power relations. We conclude our overview by drawing our own conclusions on what these analyses mean for our workas researchers
Reconnaître l’influence de l’économiste marxiste C. Y. Thomas dans le secteur du développement économique au Canada
Canada’s community economic development sector has benefited from the knowledge making and practice of the African diaspora but much of it is erased and goes unnoticed. Afro-Guyanese economist C.Y. Thomas (1974) has influenced cooperative economies in Canada, but little is known about this contribution. Thomas’s convergence theory assisted in the development of the Neechi principles, which were developed by an Indigenous workers’ cooperative in north Winnipeg, Manitoba. Those writing on cooperatives in Canada and elsewhere should be taking convergence theory into account because it was the first to push for a convergence of needs and production, and how to make new inclusive economies. Just as Thomas’ theory is an important contribution on knowledge making in the community economic development sector, banking cooperatives known as rotating savings and credit associations have also contributed to the cooperative sector in Canada. However, there is a need within the cooperative sector to include perspectives from the Black diaspora.Le développement économique communautaire au Canada a bénéficié des connaissances et pratiques de la diaspora africaine sans que cela se sache réellement. Par exemple, l’économiste afroguyanais C.Y. Thomas (1974) a influencé les économies coopératives au Canada, mais peu de chercheurs sont au courant de ses contributions. Pourtant, la théorie de la convergence de Thomas a contribué à l’élaboration des principes Neechi, lesquels ont été développés par une coopérative de travailleurs autochtones du nord de Winnipeg au Manitoba. Ceux et celles qui écrivent sur les coopératives au Canada et ailleurs devraient tenir compte de la théorie de la convergence, surtout que celle-ci a été la première à recommander la convergence des besoins et de la production et à montrer comment établir de nouvelles économies inclusives. La théorie de Thomas est une contribution importante au savoir dans le secteur du développement économique communautaire; de même, les coopératives bancaires connues sous le nom d’associations rotatives d’épargne et de crédit (AREC) ont aussi contribué au secteur coopératif canadien. À ce titre, il est pertinent d’inclure les points de vue de la diaspora noire au sein du secteur coopératif