Canadian Journal of Nonprofit and Social Economy Research / Revue canadienne de recherche sur les OSBL et l’économie sociale (ANSERJ)
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Notre maison est une terre natale : enseignements, perspectives et expériences de l\u27itinérance autochtone
Indigenous Peoples are the fastest growing and youngest populations in Canada, yet face persistent housing crises across both urban and reserve settings. While Indigenous Peoples often move to cities in search of employment and education, they are overrepresented among the homeless population. This article, summarizing results from the author’s doctoral dissertation, provides a review of housing transitions needs and barriers from the experiences and perspectives of 13 Indigenous Elders/traditional knowledge keepers and youth, employing a narrative inquiry methodology and traditional knowledges interpretive framework. The intersection of Indigenous culture, community, housing transition, supports, and barriers is presented, highlighting the narrative voices, experiences, and perspectives of community members and Elders. Implications for service providers, policy, and future directions are included in this work.Au Canada, les peuples autochtones sont le groupe démographique le plus jeune ainsi que celui qui croît le plus vite. En même temps, ceux-ci font face à des crises de logement récurrentes tant dans les villes que dans les réserves. Bien que les autochtones déménagent souvent dans les villes à la recherche d’emplois et d’éducation, ils sont surreprésentés parmi les sans-abris. Cet article, résumant les résultats de la thèse de doctorat de l’auteure, passe en revue les besoins et obstacles relatifs à la transition d’un logement à un autre. Pour ce faire, il recourt à une méthodologie d’enquête narrative et un cadre interprétatif des savoirs traditionnels afin de recueillir les expériences et perspectives de treize personnes autochtones, y compris des aînés, des gardiens du savoir traditionnel et des jeunes. L’article porte sur l’intersection parmi les autochtones entre la culture, la communauté, la transition entre logements, et les appuis et défis pour trouver un logement. Ce faisant, il souligne les voix narratives, les expériences et les perspectives des aînés ainsi que d’autres membres de la communauté. Il traite aussi des implications de cette recherche pour les fournisseurs de services, la formulation de politiques et les directions à prendre pour l’avenir
Les effets du financement par projet sur les organismes à but non lucratif : étude de cas de Déclic
This article explores the growing impact of project-based funding on the non-profit organization Déclic, which specializes in supporting young adults on their return to school. Based on a collaborative case study launched in fall 2019, the article examines the causes of this change and its effects on the organization’s activities. It also analyzes the impact of project-based funding on Déclic’s practices in terms of finding projects and financial partners, and discusses the benefits and challenges generated by this type of funding.Cet article explore les conséquences croissantes du financement par projet sur l’organisme communautaire Déclic, spécialisé dans le soutien au raccrochage scolaire. En se basant sur une étude de cas collaborative entamée à l’automne 2019, l’article examine les origines de ce changement et ses effets sur les activités de l’organisme. Il analyse également les impacts sur les pratiques de Déclic en fonction de recherches de projets et de partenaires financiers, en abordant les apports et défis que ce mode de financement engendre
Développer la durabilité communautaire : l\u27économie sociale comme moyen d’atteindre la souveraineté alimentaire autochtone
While the social economy can achieve many positive outcomes, one recent benefit is that it can be a route to Indigenous food sovereignty—a restorative framework for feeding communities and engaging in decolonization. This article examines how some Indigenous groups in Canada use the social economy to build food sovereignty, beginning with an overview of cultural relationships with food, its place in an Indigenous worldview, and the effect of colonization on Indigenous foodways. After introducing food sovereignty, and in particular Indigenous food sovereignty, it focuses on how some Indigenous communities are using the social economy to build food sovereignty, using the example of the Northern Manitoba Food, Culture, and Community Collaborative. The article concludes with a discussion of the importance of community and food sovereignty, not only for Indigenous Peoples but also for the social economy itself.L’économie sociale peut avoir plusieurs effets positifs dont celui de contribuer à la souveraineté alimentaire des autochtones, fournissant ainsi un cadre réparateur pour mieux nourrir les communautés et amorcer la décolonisation. Cet article examine comment certains groupes autochtones au Canada ont recours à l’économie sociale pour établir leur souveraineté alimentaire. Il aborde le sujet par un aperçu des rapports culturels que les autochtones entretiennent avec la nourriture, de la signification de la nourriture d’un point de vue autochtone, et des effets de la colonisation sur les habitudes alimentaires des autochtones. Après avoir décrit ce qu’est la souveraineté alimentaire et, en particulier, la souveraineté alimentaire autochtone, l’article se focalise sur la manière dont certaines communautés autochtones ont recouru à l’économie sociale pour augmenter leur souveraineté alimentaire. Pour ce faire, il utilise l’exemple du Northern Manitoba Food, Culture, and Community Collaborative. L’article conclut en discutant de l’importance de la solidarité communautaire et de la souveraineté alimentaire, non seulement pour les autochtones mais aussi pour l’économie sociale elle-même
Les OSBL offrant des services contribuent-ils à l’inclusion démocratique? Une analyse de la promotion de la démocratie par des refuges pour sans-abris au Canada
Nonprofits are key social service providers in many Western welfare states. Yet the nonprofits that deliver government-funded public services are also an important part of civil society and, in theory, promote democratic inclusion through their democratic civil society function. But to what extent do welfare-providing nonprofits carry out democracy-promoting activities in reality and what do these activities include? Using a survey distributed to Canadian charities that operate government-funded homeless shelters, we find evidence of activities falling within three areas of democracy promotion: support for political participation, internal democratic governance, and representative voice. The variation amongst different activities is presented in ideal types, which can inform future studies of the democratic function of nonprofits. Our empirical results point to a vital role of homeless shelters that extends beyond the provision of basic needs and contribute to a better understanding of the modalities of democratic inclusion for excluded populations.
Dans plusieurs États-providences occidentaux, les organismes sans but lucratif jouent un rôle clé dans la fourniture de services sociaux. En même temps, les OSBL qui offrent des services publics financés par le gouvernement font partie intégrante de la société civile et, en théorie, ils promeuvent l’inclusion démocratique par leurs contributions à la société civile démocratique. Mais dans quelle mesure les OSBL axés sur le bien-être effectuent-ils réellement des activités qui appuient la démocratie et quelles seraient ces activités? Grâce à un sondage distribué à des organismes de bienfaisance canadiens qui gèrent des refuges pour sans-abris financés par le gouvernement, nous avons identifié des activités correspondant à trois types de promotion de la démocratie : l’appui pour l’engagement politique, la gouvernance interne démocratique, et le respect pour la parole représentative. Nous présentons les variations entre ces diverses activités sous forme d’idéal-types qui pourraient inspirer de futures études sur la fonction démocratique des OSBL. Nos résultats empiriques suggèrent que les refuges pour sans-abris ont un rôle essentiel à jouer au-delà de lasimple satisfaction de besoins fondamentaux. Nos résultats peuvent contribuer en outre à une meilleure compréhension des modalités de l’inclusion démocratique pour les populations exclues
Briser le cycle de la maltraitance et combler l\u27écart en matière de logement : une étude communautaire à méthodes mixtes sur les refuges de deuxième étape
This Canadian study investigates second-stage shelters, a type of transitional housing for survivors of intimate partner violence. Data collection included an online survey and semi-structured interviews. The survey was completed with 97 responses by executive directors of second-stage shelters from every province and territory. Seventeen semi-structured interviews were conducted with executive directors and current and former residents of second-stage shelters in five provinces and territories across Canada. The results indicate that these shelters provide many benefits to survivors, but operate in a challenging context of chronic underfunding, which affects their capacity to maintain their programming and staffing. This study contributes to the small body of research on transitional supportive housing, providing new insights into how second-stage shelters help survivors meet their individual goals and into the role played by these shelters in the continuum of supports for women and children fleeing violence.Cette étude canadienne se concentre sur les refuges de deuxième étape, un type de logement de transition pour les survivants de violence dans le couple. Elle se fonde sur une collecte de données comprenant un sondage en ligne, des entrevues semi-structurées et des groupes de discussion. Le sondage a reçu 97 réponses de la part de directeurs généraux de refuges de deuxième étape situés dans toutes les provinces et tous les territoires. Dix-sept entrevues semi-structurées ont été menées auprès de directeurs généraux et de résidentes actuelles et anciennes de refuges de deuxième étape dans cinq des provinces et territoires du Canada. La recherche s’est terminée par deux groupes de discussion nationaux avec des travailleurs et des gestionnaires de refuges. Les résultats indiquent que ces refuges offrent de nombreux avantages aux survivantes, mais qu’ils fonctionnent dans un environnement difficile de sous-financement chronique qui affecte leur capacité à maintenir une programmation et une dotation en personnel adéquates. Cette étude contribue au petit corpus de recherches sur les logements de transition avec services de soutien en offrant de nouvelles perspectives sur la façon dont les refuges de deuxième étape aident les survivantes à atteindre leurs objectifs individuels et sur le rôle joué par ces refuges parmi les divers soutiens aux femmes et aux enfants fuyant la violence
Le soutien de la philanthropie dans l’aide à domicile et à la proche aidance au Québec : quelle évolution?
This article reports on the findings of a study conducted in three regions of Québec between 2018 and 2020 with 39 nonprofit organizations and several representatives of philanthropic foundations in the homecare sector. We questioned them about: the evolution of the relations between philanthropy and nonprofits, the role of the State and the population’s needs (seniors and their caregivers) over the past twenty-plus years, and also the impact of the COVID pandemic on their more recent activities and planning. The sector has developed significantly but remains poorly financed compared to other social-service sectors.Nous avons mené une recherche dans trois régions au Québec entre 2018 et 2020 avec 39 organismes sans but lucratif et plusieurs représentants de fondations philanthropiques dans le secteur de l’aide à domicile. Nous les avons questionnés sur : l’évolution des relations entre philanthropie et organismes communautaires, le rôle de l’État et les besoins de la population (les aînés et leurs proches aidants) depuis une vingtaine d’années voire plus, ainsi que sur les impacts de la pandémie de COVID-19 sur leurs activités et leur planification récentes. Le secteur s’est développé de façon importante mais demeure relativement peu financé par rapport à d’autres secteurs des services sociaux
S’investir à sauver des vies : établir des refuges de deuxième étape pour les femmes dans les réserves des Premières Nations
Most Indigenous women in Canada (61%) experience intimate partner violence (IPV), which is significantly worse than the high rate of 44 percent for other women in Canada. Despite the great risk for IPV, only three unfunded second-stage shelters for more than 600 First Nation reserves exist in Canada to provide First Nation women and their children a safe home. Second-stage housing offers IPV survivors transitional homes for an extended period that provide safety and renewal after their initial emergency shelter stays. This article documents the need for safe, nurturing, and culturally appropriate second-stage shelters for Indigenous women and their families to heal and rebuild. The authors provide two second-stage prototype designs based on domestic environmental analysis and concepts of houselessness, home, and co-housing. We discuss how these designs are one step in an action plan to protect Indigenous women and stop the genocide of Indigenous Peoples by supporting cultural, economic, health, and social development. The literature review and design concepts form an agenda to have design goals for housing IPV survivors that answers the “Calls to Justice for Murdered and Missing Women” and expands this needed service to every reserve.La plupart des femmes autochtones au Canada (61%) ont subi de la violence conjugale, avec un pourcentage bien plus élevé que le taux de 44% parmi les autres femmes au Canada. Cependant, malgré ce grand risque de violence conjugale, il n’existe dans le pays, pour plus de 600 réserves des Premières Nations, que trois abris de deuxième étape non subventionnés qui peuvent servir de refuges sûrs pour les femmes autochtones et leurs enfants. Pourtant, l’hébergement de deuxième étape offre aux survivantes de violence conjugale des foyers de transition pour des périodes durables qui leur donnent sécurité et renouveau à la suite d’un séjour initial dans un abri d’urgence. Cet article souligne la nécessité de fonder plus d’abris de deuxième étape qui soient sécuritaires, accueillants et conformes à la culture autochtone pour permettre aux femmes autochtones et leurs enfants de guérir et se rétablir. À ce titre, les auteures présentent deux prototypes de foyers de deuxième étape basés sur une analyse de l’environnement domestique et les concepts de sans-abrisme, de chez soi, et de cohabitat. Elles montrent comment ces prototypes peuvent être un pas important dans un plan d’action pour protéger les femmes autochtones et arrêter le génocide des autochtones en général. Ce plan consisterait à mieux appuyer le développement culturel, économique et social de ces femmes ainsi que leur santé. L’analyse documentaire des auteures et leurs prototypes forment un programme d’action comportant des objectifs pour mieux héberger chaque survivante de violence conjugale qui répondraient aux « demandes de justice pour les femmes autochtones disparues et assassinées » et étendraient ce service indispensable à toutes les réserves
Passer de la pauvreté économique à la prospérité : un défi pour les communautés autochtones
Le mouvement communautaire québécois : plus on est de flou …
This article reviews some of the literature devoted to the “Québec community movement” (QCM) through a two tiered reading. For the first tier, we propose a generic definition according to which the community movement is a heterogeneous set of mobilizations aimed at challenging the state’s claim to a monopoly on the collective treatment of social reproduction. Then, for the second tier, we begin by questioning the objective of QCM as such in order to draw attention to the plurality that it covers. We then turn to Québec community studies, to highlight the gap between practical and theoretical approaches as well as an intellectual isolation that bears some similarities to the study of urban social movements.La présente réflexion entend revenir sur une partie de la littérature consacrée au « mouvement communautaire québécois » (MCQ), avec une lecture en deux étapes. Nous proposons en premier lieu une définition générique selon laquelle le mouvement communautaire serait un ensemble hétérogène de mobilisations visant à contester la prétention étatique au monopole du traitement collectif de la reproduction sociale. Puis, en second lieu, nous interrogeons dans une première partie l’objectif du MCQ en tant que tel, pour mettre en évidence la pluralité qu’il recouvre. Dans une seconde partie, nous nous tournons vers les études communautaires québécoises, pour souligner le décalage entre les approches pratiques et théorique