Canadian Jewish Studies / Études juives canadiennes
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“The Fertile Soil of Growth, Life and Ideas”: Jewish Anarchist Solidarity in Winnipeg
This article focuses on the political and identity dynamics of early twentieth century Jewish anarchism in Winnipeg, a local movement situated at the intersection of two gravitational poles. One of these poles was the Jewish left and, in particular, its socialist (Marxist) current, represented by the Arbeiter Ring (“Workmen’s Circle”). The other was the Jewish anarchist mutual aid network of North America, centred on the East Coast of the United States but extending its activity throughout the continent. Using a prosopographical (“collective biography”) approach to highlight the relational patterns of the radical Jewish community of Winnipeg, this article assesses the movement’s unique effort to balance between the two larger ideological frameworks from which its members drew. The article identifies the factors which determined this midway stance—namely, the close connection that the local activists maintained with the Yiddish language and culture—demonstrating how the latter contributed to compromising the movement’s viability in the long term.Cet article porte sur les dynamiques politiques et identitaires de l’anarchisme juif à Winnipeg au début du XXe siècle, un mouvement local situé à l’intersection de deux pôles gravitationnels. L’un de ces pôles était la gauche juive et tout particulièrement son courant socialiste (marxiste), représenté par l’Arbeiter Ring (« Workmen’s Circle »). L’autre était le réseau d’entraide juif nord-américain, centré sur la côte Est des États-Unis, mais étendant ses activités à travers le continent. En utilisant une approche prosopographique, celle de la biographie collective, pour mettre en lumière les modèles relationnels de la communauté radicale juive de Winnipeg, l’article évalue l’effort unique du mouvement à maintenir l’équilibre entre les deux sources d’inspiration de ses membres. L’étude établit les facteurs déterminants de cette position médiane — notamment, le lien fort que les activistes locaux maintenaient avec la langue et la culture yiddish —, en montrant comment ce dernier a contribué à compromettre la viabilité du mouvement à long term
Maimonides for the Masses? Chaim Kruger, Yiddish Journalism, and Medieval Jewish Philosophy
In the early twentieth century, the Jewish community in Montreal created its own religious, cultural and intellectual spaces, including synagogues, schools, a library, and a Yiddish language daily, the Keneder Adler. Behind these varied but complementary institutions was a group of remarkable people who collectively built a Jewish community with considerable cultural creativity. One of the most interesting among them was Chaim Kruger (1877–1933). He was a shoḥet [kosher slaughterer], rabbi, teacher, and journalist on the staff of the Keneder Adler. He was also a serious scholar of Jewish philosophy. In the Keneder Adler, Kruger shared the results of his deep and extensive reading and study. He wrote series of articles on widely-ranging subjects such as Philo Judaeus, Saadia Gaon, Moses Maimonides, Isaac Luria, and Ḥayyim of Volozhin. His columns on Maimonides were collected into a book, Der Rambam, zayn leben un shafn [Maimonides: His Life and Works], published in 1933. The Maimonides book forms the basis of our analysis of Kruger’s thought. This article examines Kruger’s attempt to popularize Maimonides’ philosophy and make a thinker noted for the esoteric nature of his thought into someone accessible to the readership of the Keneder Adler. It also investigates Kruger’s attempt to compare Maimonides with modern philosophers, especially Kant and Nietzsche, in the context of contemporary attempts to incorporate modern philosophy into the task of understanding Judaism. Kruger’s work contributes to our understanding of the intellectual milieu of the Montreal Jewish community as well as the reception history of Maimonides in the twentieth century.Au début du XXe siècle, la communauté juive de Montréal a créé ses propres espaces religieux, culturels et intellectuels, notamment des synagogues, des écoles, une bibliothèque et un quotidien yiddish, le Keneder Adler. Derrière ces institutions variées mais complémentaires se cache un groupe de personnes remarquables qui, ensemble, ont bâti une communauté juive dotée d’une créativité culturelle considérable. L’un des plus intéressants d’entre eux était Chaim Kruger (1877-1933). Il était shoḥet [abatteur casher], rabbin, enseignant et journaliste au sein de l’équipe du Keneder Adler. Dans le Keneder Adler, Kruger partageait les résultats de ses lectures et études approfondies et étendues. Il a écrit des séries d’articles sur des sujets très variés tels que Philo Judaeus, Saadia Gaon, Moïse Maïmonide, Isaac Luria et Ḥayyim de Volozhin. Ses chroniques sur Maïmonide ont été rassemblées dans un livre, Der Rambam, zayn leben un shafn [Maïmonide : sa vie et ses œuvres], publié en 1933. Le livre sur Maïmonide constitue la base de notre analyse de la pensée de Kruger. Cet article examine la tentative de Kruger de populariser la philosophie de Maïmonide et de faire d’un penseur connu pour la nature ésotérique de sa pensée une personne accessible au lectorat du Keneder Adler. Il étudie également la tentative de Kruger de comparer Maïmonide aux philosophes modernes, en particulier Kant et Nietzsche, dans le contexte des tentatives contemporaines d’incorporer la philosophie moderne dans la tâche de comprendre le judaïsme. Le travail de Kruger contribue à notre compréhension du milieu intellectuel de la communauté juive de Montréal ainsi que de l’histoire de la réception de Maïmonide au vingtième siècle
Language, Religion and Difference: North African and Turkish Jewish Identity Formation Vis-À-Vis Ashkenazim in Canada
This article examines Sephardic identity formation in the North American context through Sephardic Jews’ encounter with their co-religionists, Ashkenazi Jews. It explores the shifting cultural, linguistic and traditional boundaries between Ashkenazi Jews and North African and Turkish Jews in Montreal and Toronto to understand the North American dynamics of this inter-ethnic encounter. Given that they are a minority in relation to Yiddish and English-speaking Ashkenazim who started to settle in Canada in the 19th century, how then did the relationship between Sephardim and Ashkenazim develop and what specific role did language play in shaping this inter-ethnic encounter in North America? After a historical overview of encounters between these two groups in North America, drawing on twenty life-story interviews with Moroccan, Tunisian, and Turkish Jews, this article presents an empirical portrait of these relationships in contemporary Canada from a relational sociology perspective. Providing an historical contextualization from a selective literature on the Jewish migration from Ottoman lands, the Middle East and North Africa to North America helps formulate the question of how this encounter relates to the current context in Canada. By paying specific attention to both the continuities and the ruptures in the relations between Sephardic and Ashkenazic groups in North America since the 1910s, this article argues that the encounter between these two groups in Montreal and Toronto shows how the linguistic pluralism in Quebec, which is different from the United States and Toronto, illuminates a unique context. As such, the collective experiences of North African and Turkish Jews I interviewed in this study reveals Canadian pluralism through the interplay between language, ethnicity, and religion.Cet article examine la formation de l’identité sépharade dans le contexte nord-américain à travers la rencontre des Juifs sépharades avec leurs coreligionnaires, les Juifs ashkénazes. Il explore les frontières culturelles, linguistiques et traditionnelles changeantes entre les juifs ashkénazes et les juifs nord-africains et turcs à Montréal et à Toronto pour comprendre la dynamique nord-américaine de cette rencontre interethnique. Étant donné qu’ils constituent une minorité par rapport aux ashkénazes parlant yiddish et anglais qui ont commencé à s’installer au Canada au XIXe siècle, comment la relation entre sépharades et ashkénazes s’est-elle développée et quel rôle spécifique la langue a-t-elle joué dans le façonnement de cette rencontre interethnique en Amérique du Nord ? Après un survol historique des rencontres entre ces deux groupes en Amérique du Nord, s’appuyant sur vingt entretiens de récits de vie avec des Juifs marocains, tunisiens et turcs, cet article présente un portrait empirique de ces relations dans le Canada contemporain dans une perspective de sociologie relationnelle. La mise en contexte historique, à partir d’une littérature sélective sur la migration juive des terres ottomanes, du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord vers l’Amérique du Nord, permet de formuler la question de savoir comment cette rencontre s’inscrit dans le contexte actuel du Canada. En accordant une attention particulière aux continuités et aux ruptures dans les relations entre les groupes sépharades et ashkénazes en Amérique du Nord depuis les années 1910, cet article soutient que la rencontre entre ces deux groupes à Montréal et à Toronto montre comment le pluralisme linguistique du Québec, différent de celui des États-Unis et de Toronto, éclaire un contexte unique. À ce titre, les expériences collectives des Juifs nord-africains et turcs que j’ai interviewés dans le cadre de cette étude révèlent le pluralisme canadien à travers l’interaction entre la langue, l’ethnicité et la religion
Canadian Jewish Poetry: A Roundtable
Is Canadian Jewish Poetry a meaningful category of study? Are there particular traits that differentiate Canadian Jewish poets from poets of other countries, or from writers in other genres? How do contemporary poets confront the looming legacy of Irving Layton, Leonard Cohen, and A.M. Klein? Six prominent poets and scholars conduct a roundtable discussion to articulate recent developments in the field.La poésie juive canadienne est-elle une catégorie d’étude significative? Y a-t-il des traits particuliers qui différencient les poètes juifs canadiens des poètes d’autres pays, ou des écrivains d’autres genres? Comment les poètes contemporains font-ils face à l’héritage imminent d’Irving Layton, Leonard Cohen et A.M. Klein ? Six poètes et universitaires éminents organisent une table ronde pour exposer les développements récents dans ce domaine