Canadian Jewish Studies / Études juives canadiennes
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Review: Ella Shohat. Colonialité et rupture. Écrits sur les figures juives arabes; Julien Cohen-Lacassagne. Berbères juifs. L’émergence du monothéisme en Afrique du Nord
L’héritage des activités de l’Alliance israélite universelle dans les relations entre accueillants.es et accueillis.es à Montréal et en France des années 1950 aux années 1980 : le cas des migrations d’origine marocaine
In the 1950s and 1960s, the Jewish communities of Morocco left the Kingdom en masse. While a large majority migrated to Israel, tens of thousands chose France and Canada as their place of settlement. These migrants had in common that they had attended the schools of the Alliance Israélite Universelle, a very active institution with establishments in Morocco and scientific activities in France. Through this schooling, these individuals learned French and had close contact with French culture, which had some influence on their choice of migration process. In this article, the objective is to look at the different ways in which IAU activities had an impact on the settlement processes of Moroccans in Montreal and Paris. As we shall see, those who chose Montreal generally wished to set up activities that mirrored those of the IAU and that allowed for the maintenance of the French language. On the other hand, a very different reality awaited those who arrived in Paris and were confronted with an image of themselves that was disseminated by the Alliance. In this article, the author discusses the settlement - through the prism of otherness and orientalism - of the two phenomena that marked the relations with the Jewish communities already present in these societies.Dans les années 1950 et 1960, les communautés juives du Maroc quittent massivement le Royaume. Si une forte majorité migre en Israël, des dizaines de milliers choisissent la France et le Canada comme lieu d’établissement. Ces derniers ont souvent en commun d’avoir fréquenté les écoles de l’Alliance israélite universelle, institution très active par ses écoles au Maroc et ses activités scientifiques en France. Par cette fréquentation scolaire, ces individus ont appris le français et eu des contacts étroits avec la culture française, ce qui a eu une certaine influence dans leur choix de processus migratoire. Dans cet article, l’objectif est de voir les différentes manières par lesquelles les activités de l’AIU ont eu un impact sur les processus d’installation des Marocains tantôt à Montréal, tantôt à Paris. Comme nous le verrons, ceux et celles qui ont choisi Montréal souhaitent généralement mettre en place des activités à l’image de celles de l’AIU et qui permettent le maintien du français. En contrepartie, une réalité bien différente attend ceux et celles qui arrivent à Paris et qui sont alors confrontés à une image d’eux-mêmes diffusée par l’Alliance. Dans cet article, l’autrice aborde l’établissement — à travers le prisme de l’altérité et de l’orientalisme — de/des deux phénomènes qui marquent les relations avec les communautés juives déjà présentes dans ces sociétés
Pensée et discours de l’Action française de Montréal sur les Juifs (1917-1928) : Une représentation marginale, mais persistante
L’antisémitisme notamment au sein du discours des revues et des quotidiens nationalistes canadiens-français a longtemps constitué le sujet privilégié des recherches en études juives au Québec. Or, L’Action française de Montréal, très influente surtout pendant l’entre-deux-guerres, n’a pas fait l’objet d’analyse de la part des historiens sur cette question. Au cours de cette recherche, nous avons répertorié les mentions sur les Juifs afin de cerner la place occupée par ces derniers dans la pensée, le discours et la doctrine de L’Action française entre 1917 et 1928. Il ressort de cette étude que les représentations sur les Juifs sont marginales comparées à l’ensemble du contenu de la revue. Elles n’influencent pas son discours de manière significative et participent peu à l’élaboration de sa doctrine. Toutefois, les mentions sur les Juifs notamment sur les questions de l’économie, du cinéma, du respect du dimanche et de l’immigration sont suffisamment récurrentes pour conclure à la persistance de préjugés à l’égard des Juifs tout au long de la période étudiée.Anti-semitism, particularly in the discourse of French-Canadian nationalist magazines and dailies, has long been the favoured subject for research in Jewish studies in Quebec. However, L’Action française in Montreal, very influential especially during the interwar period, has not been analyzed yet by historians on this question. During this research, the sources regarding Jews have been listed in order to identify their place occupied in the thought, the discourse and the doctrine of the Action française between 1917 and 1928. This study demonstrates that the representations on Jews are marginal compared to the overall content of the review. They do not influence its discourse significantly and participate little in the development of its doctrine. However, the references to the Jews, in particular on the questions of the economy, the cinema, respect for Sundays and immigration are sufficiently recurrent to conclude that prejudices against Jews are persistent during throughout the period studied