Histoire sociale / Social History (E-Journal, York University)
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Love and Collective Resistance: Lessons from the Picture the Homeless Oral History Project
The Picture the Homeless Oral History Project reveals the meaning of being welcomed into collective resistance, and into homeless leadership, and the political impact of centring love and respect in the formation of resistance relationships, directly countering the imaginary of the disaffiliated homeless individual. Through their stories, the homeless leaders and staff of Picture the Homeless (PTH) teach us the importance of listening, and of love, in building collective resistance. The Picture the Homeless Oral History Project is a work in progress and integrates elements of community organizing, participatory action, and oral history research toward a participatory oral history research approach.Le Picture the Homeless Oral History Project attribue un sens à la participation des individus sans-abris à une résistance collective, ainsi qu’à leur leadership et à l’impact politique des liens créés sur les principes de l’amour et du respect. Ce sens conféré s’inscrit directement à contre-courant de l’imaginaire de l’individu sans-abri désaffilié. En partageant leurs histoires, les chefs de file des sans-abris et le personnel de Picture the Homeless (PTH) montrent l’importance que nous devons accorder à l’écoute et à l’amour dans la formation d’une résistance collective. Picture the Homeless Oral History Project est un travail en cours de réalisation qui incorpore certaines dimensions de l’organisation communautaire, de l’action participative et de l’histoire orale afin d’en arriver à une approche de recherche participative
« Un programme unique dans le monde entier » : le Congrès juif canadien et la lutte pour le droit à l’égalité « raciale » et religieuse au Québec (1945-1950)
What were the characteristics of the program developed by the Canadian Jewish Congress (CJC) to fight anti-Semitism and racism in postwar Quebec? Why is this program described by the CJC as “unique in the entire world”? Part of the answer rests with the fact that contrary to their counterparts from other Canadian and American Jewish organizations, the leaders of the CJC in Quebec put legal and judicial approaches aside and developed an ecumenical and persuasive strategy to encourage the public repudiation of anti-Semitism by civil and religious authorities. They also abandoned human rights language in favour of a legitimating discourse based on the notions of order, duty, morality, and common good enshrined in the Judeo-Christian tradition. Finally, they concealed the issues around race and racism by linking their struggle for “racial” equality to the ongoing debates on French-Canadian nationalism and to the linguistic and religious cleavages dividing Quebec society at that time.Quelles sont les spécificités du programme de lutte contre l’antisémitisme et le racisme développé par le Congrès juif canadien (CJC) dans le contexte singulier du Québec d’après-guerre? Pourquoi le CJC le décrit-il comme « unique dans le monde entier »? Une partie de la réponse tient au fait que, contrairement à leurs homologues d’autres organisations juives canadiennes et américaines, les dirigeants du CJC au Québec mettent de côté les approches juridico-légales et élaborent une stratégie œcuménique et persuasive visant à réclamer des répudiations publiques de l’antisémitisme de la part des autorités civiles et religieuses. Ils délaissent également le langage des « droits de l’homme » au profit d’un discours de légitimation fondé sur les notions d’ordre, de devoir, de moralité et de bien commun inscrites dans la tradition judéo-chrétienne. Enfin, ils occultent les enjeux associés à la race et au racisme en articulant leur combat pour l’égalité « raciale » aux débats sur la question nationale canadienne-française et aux clivages linguistiques et religieux qui traversent la société québécoise de l’époque
Barlow, Matthew - Griffintown: Identity and Memory in an Irish Diaspora Neighbourhood. (Peter C. Bischoff)
L’avenir de l’esclavage : histoire sociale comme histoire radicale
The legacies of slavery and colonialism are diverse. They include institutionalized racism, racialized poverty, the social marginalization of racialized peoples, a neoliberal economic system that has facilitated the expansion of human trafficking, and, of course, the imposition of a system of imperialism on the former colonies of France (and other European countries). The first step towards dismantling these systematic social and economic injustices must be the writing of a version of history that destabilizes the problematic hegemonic narratives that continue to thrive in the twenty-first century.Les héritages du colonialisme et du système d’esclavage qui l’a accompagné sont divers. Ceux-ci incluent le racisme institutionnalisé, la pauvreté racialisée, la marginalisation sociale des gens de couleur, le système économique néolibéral qui facilite l’expansion du trafic d’êtres humains et, bien sûr, l’imposition d’une forme d’impérialisme économique sur les anciennes colonies de la France et d’autres pays européens. Le premier pas vers un démantèlement de ces injustices sociales et économiques doit être la rédaction d’une version de l’histoire qui déstabilise les récits hégémoniques qui continuent de faire des torts au XXIe siècle
Le choix de Marie : Aimé Césaire et Suzanne Césaire face au 22 mai (1948-1960)
Between 1948 and 1960, Aimé Césaire and Suzanne Césaire drew on the successful antislavery insurrection of May 22, 1848 in Martinique for artistic inspiration. Both based their writings on a novel by Lafcadio Hearn in which a female enslaved domestic, Youma, chose to die alongside her masters during the revolt. In his work on Victor Schœlcher (1948), much like in his poems “Mots” (1950) and “Statue de Lafcadio Hearn” (1955-1960), Aimé Césaire places the reader at the heart of an “insurrection nègre,” and offers a positive depiction of the Quimboiseur sorcerer, which Hearn had originally presented as a character worthy of being despised. Suzanne Césaire’s reinterpretation of Hearn’s novel entitled Aurore de la liberté (1952) has not survived. An analysis of two under appreciated and invaluable reviews suggests that these performances were revolutionary in aesthetic terms and reveal how the playwright changed the ending of Hearn’s novel. Instead of staying to die alongside her masters (Hearn’s interpretation), Youma changes her name to Marie and chooses to join the revolt of 1848. In contrast to Aimé Césaire’s reinterpretation, Suzanne Césaire develops the character Youma more fully and in so doing gives voice to the neglected enslaved female domestics who were killed on the 22 May 1848.Entre 1948 et 1960, Aimé Césaire et Suzanne Césaire se sont inspirés de la victorieuse insurrection antiesclavagiste du 22 mai 1848 en Martinique. Ils ont tous deux fondé leurs productions sur une lecture d’un roman de Lafcadio Hearn dans lequel Youma, une nourrice esclave, choisit de mourir avec ses maîtres pendant la révolte. Dans son texte à propos de Victor Schœlcher (1948) comme dans ses poèmes « Mot » (1950) et « Statue de Lafcadio Hearn » (1955-1960), Aimé Césaire installe le lecteur au cœur d’une insurrection nègre où officie le quimboiseur que Hearn avait méprisé. Le manuscrit d’Aurore de la liberté (1952), la pièce de Suzanne Césaire, est perdu. Cependant, l’analyse de deux recensions restées inexploitées montre que les représentations constituent une révolution esthétique. Ces deux inestimables documents révèlent aussi que la dramaturge a changé la fin du roman de Hearn : rebaptisée Marie, Youma se joint à la révolte de 1848. Contrairement à Aimé Césaire, Suzanne Césaire investit le personnage de la da, sortant de l’oubli les domestiques esclaves tués le 22 mai 1848
Biography as Method: Lesbian Feminism, Disability Activism, and Anti-Psychiatry in the Work of Seamoon House
Seamoon House was an activist and writer whose political commitments spanned the lesbian feminist, anti-psychiatry, and disability rights movements in the early 1980s. Although she is not widely known, scattered bits of her correspondence and manuscripts have been preserved at the Lesbian Herstory Archives in Brooklyn and the Sallie Bingham Center for Women’s History and Culture at Duke University. Rather than simply recovering House from obscurity, this article centres the life of a minor movement figure as one strategy for following the transit of people and ideas between radical social movements in the late twentieth century.Seamoon House était une activiste et une écrivaine dont l’étendue des engagements politiques comptait les mouvements féministes lesbiens, d’antipsychiatrie et de défense des droits des personnes handicapées au début des années 1980. Bien qu’elle ne soit pas très connue, des fragments de sa correspondance et de ses manuscrits ont été préservés aux Lesbian Herstory Archives situées à Brooklyn et au Sallie Bingham Center for Women’s History and Culture de l’Université Duke. Plutôt que de simplement jeter un nouvel éclairage sur House, le présent article se focalise stratégiquement sur la vie d’une figure militante mineure afin de suivre le parcours des personnes et des idées entre les mouvements sociaux radicaux à la fin du XXe siècle