Histoire sociale / Social History (E-Journal, York University)
Not a member yet
3332 research outputs found
Sort by
Preaching “the Gospel of Clean Fish”: Rational Consumption at the Canadian National Exhibition, 1913–1919
At Toronto’s Canadian National Exhibition in 1913, Canada’s fisheries department launched a campaign to promote fish consumption. The campaign included a model retail fish shop, a cookbook, and a fish restaurant, and assumed women were irrational consumers who required training in fish purchasing and preparation. The campaign is an example of “rational consumption,” a termed coined by Carolyn Goldstein to describe the shift from production to consumption in home-economics education in the early twentieth century. The Canadian fish-consumption campaign, which embodies “rational consumption,” was important because it marked the Canadian state’s first recognition of consumers in calculations about fisheries policy.À la Canadian National Exhibition de Toronto en 1913, le ministère des Pêcheries du Canada lança une campagne pour promouvoir la consommation de poisson. Comprenant une poissonnerie modèle, un livre de recettes et un restaurant de poisson, celle-ci partait du principe que les femmes étaient des consommatrices irrationnelles qui avaient besoin d’être formées à l’achat et à la préparation du poisson. Cette campagne est un exemple de « consommation rationnelle », terme inventé par Carolyn Goldstein pour décrire le passage de la production à la consommation dans l’enseignement de l’économie domestique au début du XXe siècle. Reflet de la « consommation rationnelle », la campagne canadienne de consommation de poisson est importante, car c’était la première fois que l’État canadien tenait compte des consommateurs dans ses calculs concernant sa politique en matière de pêches
Fruitleggers, Fruit Police, and British Columbia’s Black Market in Orchard Fruit, 1935–1975
In the late 1930s, British Columbia orchardists established an orderly marketing system that mandated all tree fruit grown in the province’s southern Interior be pooled and sold under the auspices of a marketing board called the BC Fruit Board. This compulsory system helped to stabilize the industry, but its benefits were shared unevenly across the community of growers, and not all were amenable to its tenets or willing to cooperate fully with its control policies. Fruit stands were a legitimate way to circumvent the board and get paid cash for one’s produce, but they had an illicit, underground counterpart: a black market in which fruit was transported for unauthorized sale in distant population centres. Drawing on interviews with former “fruitleggers” and industry officials, this article traces the emergence, expansion, and decline of this black market, as well as Fruit Board efforts to control it.À la fin des années 1930, les propriétaires des vergers de la Colombie-Britannique ont établi un système de mise en marché qui mandatait le regroupement et la vente des fruits cultivés dans l’Intérieur sud de la province sous l’égide d’un conseil de commercialisation appelé BC Fruit Board. Bien qu’il ait contribué à la stabilisation de l’industrie, ce système a donné lieu à une répartition inégale des profits dans la communauté des producteurs. Ces derniers n’étaient pas tous favorables à ses principes ou disposés à coopérer pleinement avec ses politiques de contrôle. Les kiosques de fruits constituaient un moyen légitime de contourner le conseil en vue d’obtenir un paiement en espèces pour leurs produits. Toutefois, une contrepartie illégale et clandestine les accompagnait : un marché noir dans lequel les fruits étaient transportés aux fins de ventes non autorisées dans des centres de population éloignés. S’appuyant sur des entretiens avec des anciens « trafiquants de fruits » et des responsables de l’industrie, le présent article relate l’émergence, l’expansion et le déclin de ce marché noir, ainsi que les efforts du Fruit Board pour le contrôler
Canada’s Rotten Egg Scandal: The Politics of Food in the 1970s
During the early 1970s, a Canadian marketing board’s mismanagement of national egg supplies during a period of rapidly rising food prices generated a media sensation. The “rotten egg scandal” of 1974 resulted when the recently created Canadian Egg Marketing Agency (CEMA) failed to properly store millions of eggs, causing huge quantities to spoil. CEMA was the first national marketing agency to be established under the Farm Products Marketing Agencies Act (1972) and as such faced both intense scrutiny and significant challenges as it attempted to establish an orderly market in a sector of the food industry that had previously been characterized by instability and crisis. Although CEMA remedied its early missteps and its system of supply management remained intact, this episode in Canada’s postwar history illustrates growing divisions between urban consumers and rural producers and between those who advocated for regulated markets and those who championed unrestricted ones. Highly publicized debates between government officials, industry stakeholders, and the public over the affair also demonstrate the gendered politics of food pricing and increased concerns about wasted food during a period of resource scarcity.Au début des années 1970, la mauvaise gestion des approvisionnements nationaux en œufs par un office de commercialisation canadien, au cours d’une période de hausse rapide des prix alimentaires, a fait sensation dans les médias. Le « scandale des œufs pourris » de 1974 s’est produit lorsque le nouvel Office canadien de commercialisation des œufs (OCCO) n’a pas réussi à entreposer des millions d’œufs convenablement, occasionnant ainsi la détérioration d’énormes quantités. L’OCCO a été la première agence de commercialisation nationale à être établie en vertu de la Loi sur les agences de commercialisation des produits agricoles (1972). En conséquence, elle a dû faire face à un examen minutieux et à des défis importants tout en tentant d’établir un marché ordonné dans un secteur de l’industrie alimentaire caractérisé par l’instabilité et la crise. Bien que l’OCCO ait remédié à sa faute et que son système de gestion des approvisionnements soit demeuré intact, cet épisode de l’histoire du Canada d’après-guerre illustre des divisions croissantes entre les consommateurs urbains et les producteurs ruraux, ainsi qu’entre ceux qui prônaient les marchés réglementés et ceux qui défendaient le marché libre. Les débats très médiatisés entre les représentants gouvernementaux, les parties prenantes de l’industrie et le public, issus de cette affaire, témoignent également de la politique genrée qui régit la tarification des aliments et des préoccupations croissantes concernant le gaspillage de la nourriture en période de disette des ressources
Economics and Emotion: The Ideological Debate Over Prairie Grain Marketing, 1973–1996
In 1943, the federal government proclaimed the Canadian Wheat Board the exclusive marketing agent for Prairie farmers’ grain. Prairie farmers and politicians from all parties strongly supported this action. Yet by 1993, the question of how best to market grain, cooperatively through the single desk or individually in a private market, increasingly divided the Prairie agrarian community. The 1973 rapeseed marketing vote, the continental barley market, and the 1996 border-running protests against the Wheat Board’s cooperative single-desk marketing show the rise in the rhetoric of individual freedom in grain marketing that divided Prairie farmers. These events demonstrate how the grain-marketing debate shifted from focusing on economic policy to ideological values.En 1943, le gouvernement fédéral décréta que la Commission canadienne du blé serait l’agent exclusif de commercialisation de la production céréalière des agriculteurs des Prairies. Les agriculteurs et les politiciens de tous les partis des Prairies furent très favorables à ce geste. Et cependant, en 1993, la question de savoir comment commercialiser au mieux le blé, en coopérative à partir d’un seul bureau, ou individuellement sur le marché privé, commença à diviser de plus en plus la communauté agricole des Prairies. Le vote, en 1973, de la commercialisation du colza, le marché continental de l’orge et les manifestations, en 1996, contre la gestion des exportations par la coopérative centralisée de la Commission canadienne du blé montrent la montée en importance, dans la rhétorique, de la liberté individuelle en matière de commercialisation de la production céréalière, qui divisait les agriculteurs des Prairies. Ces évènements montrent qu’il s’est produit un glissement dans le débat sur la commercialisation des céréales, de la prééminence de la politique économique aux valeurs idéologiques
Un air de famille : médecins prolétaires et patients ouvriers dans les centres de santé mutualistes des Bouches-du-Rhône (1950-1989)
From the 1950s to the 1980s, in the mutualist health centres of the Bouches-du- Rhône region of southern France, socially committed doctors close to the French Communist Party developed atypical relationships and political alliances with their predominantly working-class and trade union patients. Based on archival work and a series of interviews, this article studies the social trajectories and forms of commitment of these doctors who were involved in the workers’ movement and whose objective was to create solidarity with their mutualist patients. It analyses the link between these doctors and their patients, who became “close” while remaining attentive to the tensions that may have jeopardized such an ideal of proximity. Two examples of popular intervention are studied to illustrate the evolution of their interactions: screening for asbestosis and women’s health.Des années 1950 aux années 1980 dans le sud de la France, au sein de centres mutualistes de santé des Bouches-du-Rhône, des médecins engagés sur le terrain social et proches du Parti communiste français ont noué des relations atypiques et des alliances politiques avec leurs patients à dominante ouvrière et syndicale. À partir d’un travail d’archives et d’une enquête par entretiens, le présent article étudie les trajectoires sociales et les formes d’engagement de ces médecins impliqués dans la mobilisation ouvrière et dont le projet était de tisser une solidarité concrète avec leurs patients mutualistes. Il analyse les conditions de réalisation de ce qui fit lien entre ces médecins critiques et leurs patients devenus de véritables « proches » tout en restant attentif aux tensions qui ont pu entrer en contradiction avec cet idéal de proximité. Pour illustrer l’évolution de leurs interactions, deux exemples d’intervention populaire sur la santé sont alors étudiés : le dépistage des maladies amiantales et la santé des femmes
Earl, Paul D. – The Rise and Fall of United Grain Growers: Cooperatives, Market Regulation, and Free Enterprise.
Ségrégation, Métis et identification ethnique à travers le jumelage du recensement de 1851 et les actes d’état civil
This methodological note presents a new spatial segregation index based on neighbourhood. It makes use of nominal data from the 1851 census to estimate the degree of concentration in a mixed-ancestry population (Indigenous and non- Indigenous). The tool was developped for a study concerning the identification of a historical Métis community in the present-day Saguenay–Lac-Saint-Jean region in Quebec. The index sheds light on the spatial and residential behaviours of the population, and, in so doing, constitutes an indirect but precious tool for examining possible factors of identity otherwise not well documented elsewhere. Although developed in a specific context, this methodological tool has a broad range of applications. Voici une note d’ordre méthodologique qui présente un indice de ségrégation spatiale sur la base du voisinage. Elle fait usage des données nominatives du recensement de 1851 en vue d’estimer les taux de concentration d’une population d’ascendance mixte (autochtone et allochtone). L’outil a été mis au point aux fins d’une étude concernant l’identification d’une communauté métisse historique dans l’actuelle région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, au Québec. L’indice permet de faire la lumière sur les comportements spatiaux et résidentiels de cette population ; ce faisant, il constitue un outil indirect, mais précieux, pour examiner de possibles faits identitaires mal documentés par ailleurs. Conçu dans un contexte particulier, cet outil méthodologique possède néanmoins un potentiel d’application beaucoup plus large.