Histoire sociale / Social History (E-Journal, York University)
Not a member yet
3332 research outputs found
Sort by
La solidarité intersyndicale Québec-Amérique latine et le Centre international de solidarité ouvrière, 1975-1984
From the end of the 1960s to the middle of the following decade, a wave of radicalization shook Quebec’s social movements. This paper examines the trade union dimension of this radicalization through the lens of inter-union solidarity networks between Quebec and the Latin American and Caribbean region. To do so, we focus our attention and analysis on the Centre international de solidarité ouvrière (CISO), which originated from the Montreal June 1975 conference that bore the same name, and the links it developed with independent trade unions in the global South. Our study shows that the solidarity networks maintained by CISO with various Latin American organizations between 1975 and 1984 contributed to the political and ideological shaping of trade union internationalism in Quebec.De la fin des années 1960 au milieu de la décennie suivante, une vague de radicalisation secoue les mouvements sociaux du Québec. Le présent article s’intéresse à la dimension syndicale de cette radicalisation à la lumière des réseaux de solidarité intersyndicale entre le Québec et la région de l’Amérique latine et des Caraïbes. Pour ce faire, nous prenons pour objet d’étude le Centre international de solidarité ouvrière (CISO), issu de la conférence du même nom qui eut lieu en juin 1975 à Montréal, et les liens qu’il développa avec des syndicats indépendants du Sud global. L’article démontre que les réseaux de solidarité que le CISO entretint avec l’espace latino-américain entre 1975 et 1984 contribuèrent à la formation politique et idéologique de l’internationalisme syndical au Québec
The Eagle Said, “I will Take You Home Again”: Reclaiming Indigenous Histories from the Geological Survey of Canada, c. 1870–1910
Raymond Miron (Anishinaabe and French, Bawaating/Sault Ste. Marie, Ontario) and Robert Nolan (Anishinaabe, Batchewana First Nation, Ketegaunseebee/Garden River, Ontario) worked with the Geological Survey of Canada (GSC) in the late nineteenth and early twentieth centuries, specifically with one of its employees, Robert Bell, a settler of Scottish descent. Miron and Nolan were two of the many Indigenous Peoples who shared their expertise, knowledge, skills, technologies, maps, and travel routes with Bell as he endeavoured to explore the northern half of North America for the GSC. However, in his published reports, Bell evaded acknowledgment of the many contributions made by Indigenous Peoples, despite the dependency of his work upon them. Nevertheless, by attending to silences in colonial archives and reading between the lines of the GSC’s sources, Indigenous stories can be uncovered and reclaimed from the narratives constructed by White explorers. What Miron, Nolan, and so many other Indigenous people shared with Bell, as well as what he took from them without consent, was based on rich geographic and geological knowledge that predated the GSC by thousands of years. Indeed, the significance and brilliance of Indigenous knowledge permeates the records of the Geological Survey, including those written by Bell, and defied colonial attempts to erase or deny it.Raymond Miron (Anishinaabe et français, Bawaating/Sault Ste. Marie, Ontario) et Robert Nolan (Anishinaabe, Première Nation des Batchewanas, Ketegaunseebee/Garden River, Ontario) ont travaillé avec la Commission géologique du Canada (CGC) à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, plus particulièrement avec l’un de ses employés, Robert Bell, un colon d’origine écossaise. Miron et Nolan sont deux des nombreux Amérindiens qui ont partagé leur expertise, leurs connaissances, leurs compétences, leurs technologies, leurs cartes et leurs voies de passage avec Bell, alors qu’il entreprenait d’explorer une partie des régions nordiques de l’Amérique du Nord pour le compte de la CGC. Cependant, dans les rapports qu’il a publiés, Bell omet de reconnaître les nombreuses contributions des peuples autochtones, bien que son travail soit tributaire de ces derniers. Néanmoins, en s’intéressant aux silences des archives coloniales et en lisant entre les lignes dans les sources de la CGC, il est possible de mettre au jour des histoires autochtones et de les récupérer à partir des récits construits par les explorateurs Blancs. Ce que Miron, Nolan et tant d’autres peuples autochtones ont partagé avec Bell, et ce que ce dernier leur a pris sans leur consentement, reposait sur un savoir géographique et géologique riche, précédant de plusieurs milliers d’années les travaux de la CGC. En effet, l’importance et le génie du savoir autochtone sont omniprésents dans les documents de la Commission géologique, y compris ceux rédigés par Bell, et font échec aux tentatives coloniales qui visaient à les effacer ou à les nier
Hawes, Michael K., Andrew C. Holman et Christopher Kirkey – 1968 in Canada. A Year and Its Legacies.
Feminist, Non-Feminist, and Anti-Feminist Uses of Feminist Memory
In 2020, to celebrate the centenary of women’s suffrage in the United States, President Donald J. Trump issued a posthumous pardon for Susan B. Anthony who illegally cast her vote in an 1872 election. In 2018, the British Government announced that it would include contentious Irish republican feminist icon Constance Markievicz in their centenary suffrage commemorations, prompting the government of the Republic of Ireland to gift her portrait to the British parliament. While different in nature, these two events also shared some similarities, not least of these being the use of feminist memory by non-feminist actors. Certain feminist and non-feminist celebrations of feminism’s legacies risk signifying that the feminist project is completed, thereby foreclosing alternative storytelling and inhibiting future feminist imaginaries. However, believing in the affirmative capacity of reflective and reflexive feminist remembering can help us to confront our own political and affective subjectivities to generate a more intersectional use of feminist memory that harnesses the power of past feminist radicalisms to imagine feminist futures that do not yet exist.En 2020, pour célébrer le centenaire du droit de vote des femmes aux États-Unis, le président Donald J. Trump a accordé un pardon à titre posthume à Susan B. Anthony qui avait voté illégalement lors d’une élection en 1872. En 2018, le gouvernement britannique a annoncé qu’il inclurait l’icône contestée du féminisme républicain irlandais, Constance Markievicz, dans ses commémorations du centenaire du suffrage, incitant ainsi le gouvernement de la République d’Irlande à offrir un portrait de cette dernière au parlement britannique. Bien que de nature différente, ces deux événements partagent certaines similitudes, la plus importante étant notamment l’utilisation de la mémoire féministe par des acteurs non féministes. Certaines célébrations féministes et non féministes des héritages du féminisme risquent de laisser entendre que le projet féministe est achevé, excluant ainsi des récits alternatifs et inhibant les futurs imaginaires féministes. Cependant, croire en la capacité affirmative de la mémoire féministe réfléchie et réflexive peut nous aider à confronter nos propres subjectivités politiques et affectives à générer une utilisation plus intersectionnelle de la mémoire féministe qui exploite la puissance des radicalismes féministes passés pour imaginer des avenirs féministes qui n’existent pas encore
A Corporate Christianity: Religion and the Early Modern Hudson’s Bay Company
The early modern Hudson’s Bay Company (HBC) built a form of Christianity that was decidedly corporate in its design. Unlike the way Catholicism in the French fur trade was deployed to achieve imperial as well as commercial ends, Christianity in the HBC was positioned exclusively with commerce in mind. This meant it was used not to colonize Indigenous cultures or spaces but to control and protect the company’s overseas resources and support corporate relations in London. Even when this use changed in the early 1800s as baptism and religious education were offered to mixed-ancestry children of company men, the corporate agenda remained at the heart of the company’s use of religion. The history of religion in the early modern HBC underlines that the company’s identity and aspirations at this time were commercial rather than imperial.La Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH) du début de l’ère moderne a mis en place une forme de christianisme qui était résolument corporatiste dans sa conception. Contrairement aux usages du catholicisme dans le cadre de la traite des fourrures française, déployé à des fins impériales et commerciales, le christianisme de la CBH était conçu dans une optique exclusivement commerciale. Cela signifie qu’il était non pas utilisé pour coloniser les cultures ou les espaces autochtones, mais plutôt pour contrôler et protéger les ressources de la compagnie situées à l’étranger, tout en soutenant les relations de l’entreprise à Londres. Même si cette utilisation a changé au début des années 1800, lorsque le baptême et l’éducation religieuse ont été accordés aux enfants des hommes de la compagnie issus de familles mixtes, les objectifs commerciaux sont demeurés déterminants dans la pratique de la religion au sein de la compagnie. L’histoire de la religion dans la CBH au début des temps modernes montre que l’identité et les aspirations de la compagnie à cette époque étaient plus commerciales qu’impériales