Historical Studies in Education / Revue d'histoire de l'éducation
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Stéphane Lévesque and Jean-Philippe Croteau, Beyond History for Historical Consciousness: Students, Narrative, and Memory
Suzanne Commend, Vulnérables, tolérés, exclus : histoire des enfants handicapés au Québec, 1920–1990
Michel Allard, Paul Aubin, Félix Bouvier et Rachel Desrosiers, Une histoire de la formation des maîtres au Québec
Administrateurs économes, conflits de programmes et disparité entre les sexes : les obstacles à l’éducation de la fin du 19e au début du 20e siècles dans le comté rural de Renfrew
As several scholars contend, there is a paucity of material on the lives of thousands of rural teachers who taught in one-room Ontario schools and helped to build late nineteenth- and early twentieth-century rural communities. This article enriches the discourse on Canadian schooling by closely studying the life of one rural teacher, Elizabeth (Etmanski) Shalla, and several of her descendants by giving a glimpse into the one-room schoolhouse of yesteryear. More specifically, their first-hand experiences, as well as those of community members in western Renfrew County, sheds new light on geographical barriers to education and jurisdictional struggles between trustees and school inspectors and adds to the discourse on gender barriers and financial disparities in the struggle to obtain an, and maintain a life in, education on the rural Ontario frontier.Comme de nombreux chercheurs le soutiennent, il y a peu d’information sur les vies de milliers d’enseignants qui ont exercé leur profession dans les petites écoles de rang de l’Ontario et qui ont aidé à bâtir les communautés rurales de la fin du 19e et du début du 20e siècles. Cet article enrichit le discours portant sur la scolarisation canadienne en examinant avec attention la vie d’une de ces enseignantes d’école rurale, Elizabeth (Etmanski) Shalla, et de plusieurs de ses descendants, et en jetant un coup d’œil sur l’une de ces écoles de rang d’autrefois. Plus précisément, leurs expériences de première main, ainsi que celles des membres de la communauté de l’Ouest du comté de Renfrew, apportent un nouvel éclairage sur les obstacles géographiques à l’éducation, les conflits juridictionnels entre les administrateurs et les inspecteurs scolaires. Ces expériences ajoutent au débat sur la disparité des sexes et les inégalités financières au cœur de la lutte pour obtenir une éducation, ou poursuivre sa vie dans le monde de l’éducation, aux frontières de l’Ontario rural
« Mes vieux amis anglais à moi » : réseautage du colonialisme des colons anglicans au pensionnat Shingwauk, au Collège Huron et à l’Université Western
Focusing on Huron College, Shingwauk Residential School, and Western University, this article considers how common social and financial networks were instrumental in each institution’s beginnings. Across the Atlantic, these schools facilitated the development of networks that brought together settlers, the British, and a handful of Indigenous individuals for the purposes of building a new society on Haudenosaunee and Anishinaabe Land. Looking specifically at the activities of Huron’s principal, Isaac Hellmuth, and Shingwauk’s principal, Rev. Edward F. Wilson, the article demonstrates how ideas about empire, Christian benevolence, and resettlement entwined themselves in the institutions these men created. Specifically, Anglican fundraising in both Canada and England reinforced the importance of financial networks, but also drew upon and crafted an Indigenous presence within these processes. Analyzing the people, places, and ideologies that connected Huron, Western, and Shingwauk demonstrates how residential schools and post-secondary education were ideologically—and financially—part of a similar, if not common, project. As such, the article provides a starting point for considering how divergent colonial systems of schooling were intertwined to serve the developing settler-colonial project in late nineteenth-century Ontario.En se concentrant sur le Collège universitaire Huron, le pensionnat Shingwauk et l’Université Western, cet article examine le rôle-clé que les réseaux sociaux et financiers communs ont joué aux origines de chacune de ces institutions. De l’autre côté de l’Atlantique, ces écoles ont facilité le développement de réseaux qui rassemblaient les colons, les Britanniques et les individus autochtones sélectionnés pour fonder une nouvelle société sur les territoires Haudenosaunee et Anishinaabe. En étudiant plus spécifiquement les activités du directeur du Collège universitaire Huron, Isaac Hellmutth, et du directeur du pensionnat Shingwauk, le révérend Edward F. Wilson, l’article démontre comment les idées sur l’Empire, la bienveillance chrétienne et le repeuplement s’entremêlaient à l’intérieur des institutions que ces hommes avaient créées. Plus précisément, les collectes de fonds anglicanes, tant au Canada qu’en Angleterre, non seulement renforçaient l’importance des réseaux financiers, mais encore établissaient et façonnaient la présence autochtone au sein de ces processus. L’étude des personnes, des lieux et des idéologies qui unissaient les trois institutions montre à quel point les pensionnats et l’éducation postsecondaire faisaient partie, sur les plans idéologique et financier, d’un projet similaire, voire commun. À ce titre, l’article fournit le point de départ pour envisager la façon dont les systèmes coloniaux de scolarisation divergents se sont entremêlés afin de servir le développement du projet de colonisation de la fin du dix-neuvième siècle
Le « laboratoire éducatif » : les éducateurs américains visitent les écoles soviétiques, 1925–1929
Progressive educators who travelled to the Soviet Union in the 1920s were often enthusiastic about the schools they visited, despite the fact that early Soviet educational reform had been chaotic and largely unsuccessful. The accounts of five such visitors, John Dewey, Scott Nearing, Lucy L.W. Wilson, Carleton Washburne, and George S. Counts are examined here. They show that this discrepancy between perception and reality was not the result of naivety or even self-censorship. Rather, I argue that the progressive education movement’s utopian outlook was a key factor in these educators’ reception of Soviet schools, enabling them to recognize serious shortcomings, while maintaining they were among the most important schools in the world. In their orientation to the future, they viewed Soviet schools as a laboratory, whose findings could advance the cause of the broader progressive education movement. Les éducateurs progressistes qui se sont rendus en Union soviétique dans les années 1920 étaient souvent enthousiasmés par leurs visites dans les écoles, malgré le fait que les premières réformes éducatives soviétiques aient été largement chaotiques et infructueuses. Les récits de cinq de ces visiteurs, John Dewey, Scott Nearing, Lucy L. W. Wilson, Carleton Washburne et George S. Counts sont étudiés ici. Ces derniers démontrent que le décalage entre les perceptions et la réalité ne découlait pas de la naïveté ni même de l’auto-censure. La vision utopique du mouvement éducatif progressiste était plutôt le facteur-clé de cette façon qu’avaient les éducateurs de percevoir les écoles soviétiques, leur permettant d’en reconnaître les grandes imperfections tout en maintenant le fait qu’elles comptaient parmi les plus importantes écoles du monde. Dans leur perspective du futur, ces éducateurs concevaient les écoles soviétiques comme un laboratoire dont les découvertes pouvaient faire avancer la cause plus large du mouvement éducatif progressiste
Architecture de la salle de classe québécoise : analyse historique et morphologique
The aim of this paper is to document the factors that have influenced the particular evolution of classrooms in elementary schools. To this end, a set of archival documents tracing the history of Quebec's school buildings since the end of the 19th century was collected. The data collected was analyzed using a thematic classification of the semantic units identified in these texts. This made it possible to identify, from the discourses of a group of actors who contributed to the process of defining school spaces (e.g. architects, politicians, administrators, etc.), the main reasons given to explain their conceptual choices according to the construction period. These reasons were then associated with the classroom configurations identified in a representative sample of Quebec primary school buildings.Le but de cet article est de documenter les facteurs qui ont influencé l’évolution particulière des salles de classe au sein des écoles primaires. Dans cette optique, un ensemble de documents d’archives retraçant l’histoire du parc immobilier scolaire québécois depuis la fin du XIXe siècle a été recueilli. Les données amassées ont été analysées à partir d’une classification thématique des unités sémantiques identifiées dans ces textes. Cela a permis de faire émerger, à partir des discours d’un ensemble d’acteurs ayant contribué au processus de définition des espaces scolaires (ex. : architectes, acteurs politiques, administrateurs, etc.), les raisons principales évoquées pour expliquer leurs choix conceptuels selon les époques de construction. Ces motifs ont par la suite été associés aux configurations types de salles de classe identifiées au sein d’un échantillon représentatif de bâtiments d’écoles primaires du Québec
Avant #Metoo : la lutte contre le harcèlement sexuel dans les universités de l’Ontario, 1979–1984
This article examines the campaign against sexual harassment conducted at Ontario universities between 1979 and 1994, looking closely at four universities: York, Queen’s, Toronto, and Carleton. Sources examined included campus newspapers, national media, and the CAUT Bulletin. The term “sexual harassment” was only coined in 1975, but it was quickly taken up by campus feminists in Ontario who successfully fought to have universities adopt policies and procedures to combat sexual harassment. By the late 1980s, they had broadened their campaign to look beyond predatory instructors, focusing on actions and behaviours that created a sexist climate that hindered women’s learning and their full participation in campus life. The arguments of both the supporters and the opponents of the campaign are examined. The article concludes with the failure of the Ontario government to impose a “zero tolerance” policy on sexual harassment at universities. While sexual harassment continues to exist at Ontario universities, campus feminists made significant progress during these years.Cet article analyse la campagne contre le harcèlement sexuel menée dans les universités ontariennes entre 1979 et 1994, examinant de près quatre universités : York, Queen’s, Toronto et Carleton. Les sources étudiées comprenaient les journaux des campus, les médias nationaux et le Bulletin de l’ACPPU. L’expression « harcèlement sexuel » n’a été inventée qu’en 1975, mais elle a rapidement été reprise par les féministes des campus de l’Ontario qui se sont battues avec succès pour que les universités adoptent des politiques et des procédures pour lutter contre le harcèlement sexuel. À la fin des années 80, elles avaient élargi leur campagne; elles allaient au-delà de la dénonciation des instructeurs prédateurs, se concentrant sur les actions et les comportements à l’origine du climat sexiste qui empêchait l’apprentissage des femmes et leur pleine participation à la vie du campus. Les arguments des partisans et des opposants à la campagne sont tous deux pris en considération. L’article conclut à l’échec du gouvernement ontarien d’imposer une politique de « tolérance zéro » sur le harcèlement sexuel dans les universités. Toutefois, bien que ce dernier persiste au sein des universités ontariennes, les féministes des campus ont réalisé d’importants progrès au cours de ces années