UCLouvain: Open Journal Repository (Université catholique de Louvain)
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Architecture, corps et sublimation
« Élever un objet à la dignité de la Chose ». Cette formule de Lacan, qui vise la sublimation, ordonne le développement du texte de Viviana Melo Saint-Cyr que nous publions en cette fin de décembre : « Architecture, corps et sublimation ». C’est très précisément l’articulation du corps et de l’architecture, tel que l’idée psychanalytique de sublimation permet de la pointer, qui guide le travail de Viviana M. Saint-Cyr. Les théoriciens-architectes de la Renaissance (Alberti, Filarete, etc.), l’histoire de l’art (Wölfflin), la psychanalyse « freudienne » (Freud, Groddeck, Rank, etc.), la psychanalyse « lacanienne » (Lacan, Wajcman) sont appelés au fil d’une enquête et d’une construction exigeantes. La contribution est réellement inédite et nourrira — avec Évidence — de futures discussions ; ce texte est une partie adaptée du travail de thèse de Viviana M. Saint-Cyr, mené sous la direction de Gérard Wajcman. Voici un extrait de l’article publiée ce mois : « La théorie freudienne du narcissisme met le monde à sa place, “à savoir dans notre corps et pas ailleurs”. Le narcissisme structure “toutes les relations de l’homme avec le monde extérieur” ; tous les objets du monde humain, y compris les figures géométriques, ont un caractère fondamentalement anthropomorphique. Nous insistons sur ceci que dans la formule vitruvienne, qui ne désespère de trouver la cohérence universelle, se trouve le fondement du stade du miroir de l’architecture : l’harmonie entre le corps humain et les figures géométriques “parfaites” — qui implique une certaine correspondance entre mon corps-tenu et l’univers — en est la base.
Le mur et ses ornements, Tome III - Annexes: Bossages, tables, encadrements et autres enrichissements dans l’architecture française à l’âge classique
Le sujet de la thèse de Catherine Titeux est le mur en tant qu’élément du « décor », tel que l’Âge classique l’entend. Pour les architectes et les théoriciens du XVIe et du XVIIe siècle, le mur contribue à la beauté de l’édifice. Différentes techniques de finition permettent de l’embellir : appareils en pierre de taille dressés et ravalés, bossages, briques polychromes, enduits qui unifient et enluminent les parements. Qu’il soit nu ou orné le mur n’est jamais neutre. Etudiant un vaste corpus, l'auteur confirme certaines observations sur la façade française : l’effet a-tectonique des ornements, même si ceux-ci structurent la composition. Au principe classique de l’unité de l’organisme architectural, dans lequel rien ne peut être ajouté ou retranché, les architectes français apportent leur réponse : tous les éléments sont des ornements ainsi que le mur lui-même, qui se montre ou se voile de légers ornements.
Catherine Titeux est architecte (ENSA de Paris Belleville), Docteur en Histoire de l'art et archéologie (Paris 4 Sorbonne). Elle enseigne à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Montpellier dans les champs Histoire et Cultures Architecturales et Théories et Pratiques du Projet Architectural et Urbain. Ses recherches portent sur le langage de l'architecture, sur l'ornement, sur les figures de la muralité qu'elle a particulièrement étudiées chez Leon Battista Alberti et dans l'architecture classique française
From Aesthetic Virtues to God:: Augmenting Theistic Personal Cause Arguments
I argue that the aesthetic theoretical virtues of beauty, simplicity, and unification, as well as the evidential virtue of explanatory depth, can transform theistic-friendly personal cause (PC) arguments—like the kalām cosmological argument (KCA) and the fine-tuning argument—into stand-alone arguments for monotheism. The aesthetic virtues allow this by providing us with the grounds to rationally accept a perfect personal cause (i.e., God) as the best PC to believe in given the success of some PC argument. Using the KCA as an example, I argue that, once the KCA is accepted and a PC believed in, then a theory that posits a perfect PC as the cause of the universe is more beautiful, simpler, and has more unification and explanatory depth than the imperfect PC normally posited by the KCA’s standard conceptual analysis. And the same would hold true for any imperfect PC. Thus, once a PC argument has been accepted, the perfect PC theory is preferable to hold over any other PC theory. Finally, I address various objections to this reasoning.
Liberté académique j’écris ton « non » Retour sur deux publications récentes sur l’autonomie de la recherche en sciences sociales
Recensés : Philippe Aldrin, Pierre Fournier, Vincent Geisser et Yves Mirman, L’enquête en danger : vers un nouveau régime de surveillance dans les sciences sociales, Paris, ArmandColin, janvier 2022, 304 p.
&
Claude Gautier, Michelle Zancarini-Fournel, De la défense des savoirs critiques. Quand le pouvoir s’en prend à l’autonomie de la recherche, Paris, La Découverte, janvier 2022, 270 p.Recensés : Philippe Aldrin, Pierre Fournier, Vincent Geisser et Yves Mirman, L’enquête en danger : vers un nouveau régime de surveillance dans les sciences sociales, Paris, ArmandColin, janvier 2022, 304 p.
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Claude Gautier, Michelle Zancarini-Fournel, De la défense des savoirs critiques. Quand le pouvoir s’en prend à l’autonomie de la recherche, Paris, La Découverte, janvier 2022, 270 p
Central mucoepidermoid carcinoma of the maxilla, a challenging diagnosis
Objective: To present a pictorial review on central mucoepidermoid carcinoma.
Case report: Central mucoepidermoid carcinoma (CMEC), also known as intraosseous mucoepidermoid carcinoma (IMEC), is an extremely rare disease (less than 2-4% of all MEC). However, CMEC is the most frequent malignant salivary gland tumour found in intraosseous locations. Due to this unusual location, diagnosis of CMEC can be challenging. Therefore, CMEC is often mistaken for other intraosseous or odontogenic pathologies. Radiological assessment shouldinclude panoramic X-Ray, CBCT and thoracic CT, which should be performed after diagnosis. The recommended treatment includes radical resection surgery, followed by radiotherapy if indicated. A long-term follow-up is recommended for up to 10 years.
Conclusion: The authors experienced the challenging diagnosis of CMEC through the case of a patient who presented with a slowly growing palatal mass.
Objective: To present a pictorial review on central mucoepidermoid carcinoma.
Case report: Central mucoepidermoid carcinoma (CMEC), also known as intraosseous mucoepidermoid carcinoma (IMEC), is an extremely rare disease (less than 2-4% of all MEC). However, CMEC is the most frequent malignant salivary gland tumour found in intraosseous locations. Due to this unusual location, diagnosis of CMEC can be challenging. Therefore, CMEC is often mistaken for other intraosseous or odontogenic pathologies. Radiological assessment should include panoramic X-Ray, CBCT and thoracic CT, which should be performed after diagnosis. The recommended treatment includes radical resection surgery, followed by radiotherapy if indicated. A long-term follow-up is recommended for up to 10 years.
Conclusion: The authors experienced the challenging diagnosis of CMEC through the case of a patient who presented with a slowly growing palatal mass.
 
Синдром Яїл: проникаюче ножове поранення лицевого скелета: ілюстрований опис клінічного випадку і огляд літератури “Massaad J, Olszewski R. Jael’s syndrome: knife blade impacted in the facial skeleton: an illustrated case report and a review of literature: “Massaad J, Olszewski R. Jael’s syndrome: knife blade impacted in the fa-cial skeleton: an illustrated case report and a review of literature. Nemesis 2022;24:1-42. https://doi.org/10.14428/nemesis.v24i1” (Ukrainian translation- Vares YE, Vares YY)
Мета: здійснити опис клінічного випадку проникаючого поранення, нанесеного за допомогою ножа, з подальшим його застряганням в структурах лицевого скелета
Опис випадку: ми здійснюємо опис вихідної ситуації, процесу видалення стороннього тіла та післяопераційного періоду за допомогою двовимірних та тривимірних зображень з комп’ютерних томограм, а також клінічних фотографій.
Висновок: ми описали історичні аспекти проникаючих ножових поранень лицевого скелета, звертаючи особливу увагу на біомеханіку таких ушкоджень, а також здійснили огляд літератури, що описує шляхи та наслідки лікування таких травм.Мета: здійснити опис клінічного випадку проникаючого поранення, нанесеного за допомогою ножа, з подальшим його застряганням в структурах лицевого скелета
Опис випадку: ми здійснюємо опис вихідної ситуації, процесу видалення стороннього тіла та післяопераційного періоду за допомогою двовимірних та тривимірних зображень з комп’ютерних томограм, а також клінічних фотографій.
Висновок: ми описали історичні аспекти проникаючих ножових поранень лицевого скелета, звертаючи особливу увагу на біомеханіку таких ушкоджень, а також здійснили огляд літератури, що описує шляхи та наслідки лікування таких травм
Focus 30 - mars 2023: SVB, Crédit Suisse, … au suivant ?
Le 17 mars 2023, Silicon Valley Bank (SVB), 16ème banque aux Etats-Unis par sa taille, déposait le bilan. Le jour même, l’action de Crédit Suisse, 17ème plus grande banque d’Europe, chutait de plus de 60% et sera rachetée deux jours plus tard par son principal concurrent, UBS, sous la pression du gouvernement helvète. Autour du 15 mars, les principales valeurs bancaires européennes perdaient plus de 10%, lâchant près de 20% en un mois. On peut donc légitimement se demander si nous ne sommes pas sur le point de revivre le scénario d’une crise bancaire mondiale avec les effets que l’on connait.
La question se pose : faut-il avoir peur de nos banques ? La régulation est-elle assez stricte ? Les institutions qui dépendent du régulateur bancaire européen n’ont jamais été aussi solides, mais les réactions des investisseurs, y compris des épargnants, peuvent créer de grosses turbulences.
En 2008, la crise financière trouvait son origine dans les subprimes. Via la titrisation, ces crédits hypothécaires toxiques se sont retrouvés sur le bilan d’un grand nombre de banques (voir le numéro 64 de Regards économiques). Ne connaissant pas précisément l’exposition des autres institutions financières à ces produits, la méfiance contamina l’ensemble du secteur et le robinet des liquidités interbancaires fut coupé. La crise de 2008 révéla au grand jour le risque de liquidité des banques (à savoir le risque de ne pas pouvoir se refinancer), y compris de celles présentant un risque systémique. Elle mena à des réformes importantes dans la régulation bancaire, notamment via l’introduction des ratios de liquidités de Bâle III (Leverage Coverage Ratio, LCR et Net Stable Funding Ratio, NSFR) destinés à mesurer les risques associés (voir le numéro 96 de Regards économiques). Les problèmes de SVB et de Crédit Suisse ont des origines différentes, mais engendrent le même climat de méfiance et de panique dans le secteur.
Le cas de SVB
La faillite de SVB est malheureusement un exemple tout à fait classique d’une gestion catastrophique : un bilan de 212 milliards de dollars composé notamment, côté passif, d’environ 173 milliards de dépôts (essentiellement d’entreprises) et, du côté actif, de 112 milliards de titres à revenu fixe, principalement des créances garanties par des institutions bénéficiant du support du gouvernement américain (MBS) ainsi que des bons du Trésor de maturité supérieure à 10 ans. Malgré l’excellente qualité de ces titres, le bilan de la banque californienne était fort déséquilibré, car très exposé au risque de taux d’intérêt : l’augmentation des taux à 10 ans de 1,5% à 4% au cours de l’année 2022 [1] aura entrainé une perte de valeur sur ces titres de près de 15 milliards de dollars, ce qui correspond à la quasi-totalité des 16 milliards de dollars que comptaient les fonds propres de haute qualité (Core Equity Tier 1, CET1) de la banque [2]. Le plus surprenant dans cette histoire est que SVB était tout à fait consciente de sa large exposition au risque de taux, comme l’attestent des rapports de risque datant de 2021. Il est probable qu’elle n’y ait pas suffisamment porté attention, ayant l’intention de détenir ces actifs jusqu’à leur maturité (l’autre explication proviendrait d’une absence de gestion de risque, le poste de directeur financier (CRO) étant resté vacant pendant la quasi-totalité de 2022 [3]). Le faible rendement des titres détenus (qu’on estime à environ 2%) ne permettait pas à SVB de répercuter sur ses dépôts l’augmentation brutale des taux décidée par la FED. Le doute quant à la solidité de la banque s’était immiscé, et la chute fut précipitée par le retrait massif des dépôts issus d’entreprises (très réactives aux taux offerts), et dont la plupart excédaient le seuil de protection garantie de 250.000 dollars. On estime qu’environ 97% des 173 milliards dépôts de SVB provenaient d’entreprises, une situation très inhabituelle dans la mesure où les dépôts dans les banques de détail proviennent en général majoritairement des particuliers (moins réactifs à une variation de taux et avec des montants se situant souvent sous la garantie de l’Etat).
Le cas de Crédit Suisse
S’agissant de la 45ème banque la plus importante du monde en 2022 et d’une des plus grandes d’Europe, Crédit Suisse est un mastodonte. Néanmoins, cette institution accumule les problèmes depuis de nombreuses années. Il y a quelques mois à peine, en octobre 2022, elle accepta de verser une compensation de plus d’un demi-milliard de dollars lors d’une transaction financière avec les autorités judiciaires américaines dans le cadre de la résolution d’un conflit lié à la crise de 2008. A cette époque, son cours était d’environ 80 francs suisses (CHF). Dix ans plus tard, en mars 2018, il n’était plus que de 15 CHF pour terminer à environ 2 CHF avant son rachat par UBS (au prix de 76 centimes par action). De manière assez paradoxale, c’est l’un des plus gros actionnaires de l’institution suisse, la Banque nationale saoudienne, qui a allumé la mèche en indiquant ne pas être en mesure d’injecter de nouveaux capitaux dans la banque helvète en raison d’une part actuelle de 9,9%, un niveau proche de la limite maximale autorisée dans leur mandat (10%) [4]. Apporter la précision qu’une augmentation de capital de Crédit Suisse n’était, selon elle, pas nécessaire n’y changera rien : à la mi-mars, les retraits s’enchainèrent à concurrence d’environ 10 milliards CHF par jour.
Au suivant ?
Comme souvent dans le secteur bancaire, les séismes se propagent très rapidement, la plupart des actions financières ayant lâché près de 20% depuis leur niveau enregistré au début du mois de mars. Dès lors, faut-il redouter une contagion à l’ensemble du secteur ?
D’un côté, nous l’avons vu, les situations de ces deux institutions sont très particulières : SVB est une banque ayant un bilan très atypique, déséquilibré et essentiellement financé par des dépôts volatils d’entreprises très spécifiques (sociétés technologiques et investisseurs de capital à risque). De plus, son bilan étant inférieur à 250 milliards de dollars, elle n’était pas considérée comme une banque systémique par le régulateur américain, ce qui implique qu’elle n’était pas tenue de respecter des ratios de liquidités évoqués plus haut. Crédit Suisse, quant à elle, accumulait les problèmes depuis des années, et n’a pas pu bénéficier du soutien de son plus gros actionnaire pour des raisons de limite d’exposition atteinte. Il est donc très hasardeux de vouloir généraliser ces problèmes à l’ensemble du secteur.
La situation des banques européennes reste très bonne. La régulation y est une des plus strictes au monde. La Belgique, en particulier, se situe parmi les meilleurs élèves de la classe en termes de capitalisation. Avec 19,7% de CET1 et beaucoup de cash, les banques belges sont très bien capitalisées (top 6 en Europe) [5,6]. Initialement fixé à 60% en 2015, le seuil minimum requis pour le ratio LCR a été poussé à 100% sous les normes de Bâle III, en 2018. L’autorité bancaire européenne (EBA) rapporte que la moyenne de ces ratios sur plus de 300 banques se situe actuellement bien au-delà, autour de 170% [7]1.
Un point cependant nécessite une attention particulière : les ratios réglementaires de SVB et de Crédit Suisse étaient au vert. Ces banques étaient bien capitalisées (ratios CET1 et Tier One Leverage de 12,05% et de 8,11% pour SVB, et de 14,1% et 7,7% pour Crédit Suisse), plus du double des minimas requis. Bien que SVB n’était pas tenue de rapporter ses ratios de liquidité, plusieurs analystes s’accordent pour dire qu’ils auraient probablement été satisfaisants. C’était d’ailleurs le cas pour Crédit Suisse, dont les ratios de liquidité étaient de 144% (LCR) et 117% (NSFR), nettement supérieurs au seuil de 100% requis [8]. Du côté du régulateur, donc, ces banques étaient jugées suffisamment solides.
Faut-il en conclure que la régulation doit être renforcée ? Indéniablement, la règlementation est déjà très stricte, et pèse lourdement sur la rentabilité des banques, particulièrement en Europe. De plus, il faut prendre conscience que la régulation est un jeu d’équilibriste avec des effets potentiellement pervers. En effet, des contraintes excessives limiteront les profits des institutions financières, et pousseront donc les banques dans des situations plus précaires encore. D’un autre côté, force est de constater qu’une banque, même saine (dans le sens où elle remplit toutes les conditions requises par le régulateur) reste très vulnérable à un bank run, c’est-à-dire un retrait massif des dépôts. De manière intéressante, la modélisation de la panique bancaire et les crises économiques qui en résultent sont au centre des recherches de D. Diamond et Ph. Dybvig, lauréats du prix de la Banque de Suède en sciences économiques (connu sous l’appellation de prix Nobel en économie) 2022 avec l’ancien président de la FED, Ben Bernanke [9]. La période actuelle démontre qu’au-delà des risques financiers réels mesurés par une pléthore d’indicateurs sophistiqués, le talon d’Achille du secteur bancaire réside essentiellement dans les réactions émotionnelles des investisseurs et épargnants [10]. Elles sont le symptôme d’une perte de confiance dans le secteur mais aussi, ce qui est plus inquiétant, dans la capacité des autorités régulatoires à pouvoir évaluer correctement la solidité des banques, et à garantir la stabilité de l’écosystème financier. Les banques restent fortement exposées au retrait massif de dépôts, source principale de leur financement. La résistance au bank run est difficile à évaluer, mais la régulation bancaire gagnerait probablement à renforcer ses analyses sur ce type de scénarios.
1 Lorsque l’on analyse la solvabilité ou la prise de risque d’une institution financière, les montants absolus (tel que, par exemple, le montant des fonds propres) ne donnent pas une image complète concernant sa solidité; il faut analyser ces chiffres au regard des risques encourus. C’est la raison pour laquelle la régulation bancaire s’appuie sur des ratios où, en général, le numérateur correspond à des «rentrées» et le dénominateur à un «risque». Ainsi, par exemple, le taux de capitalisation CET1 correspond au rapport entre le montant de fonds propres de haute qualité et l’ensemble des actifs pondérés par les risques associés (risk-weighted assets, RWA, qui augmentent avec la prise de risque). Les banques belges ont, en moyenne, 19,7% de leurs RWA sous la forme de fonds propres de haute qualité. Le seuil minimum pour ce ratio, tel que déterminé dans les normes de Bâle III, est de 4,5%. D’autres ratios s’appliquent. Par exemple, les ratios LCR et NSFR mesurent la capacité qu’a l’institution financière de pouvoir faire face à des flux financiers sortants, pour lesquels les minimas requis sont actuellement de 100%. En Europe, ces ratios s’appliquent à toutes les banques (qu’elles soient systémiques ou non) et sont destinés à compenser le risque associé à la tendance naturelle qu’ont les banques à «jouer sur la courbe de taux», c’est-à-dire, à financer des besoins long-terme via des financements à court-terme. Cette approche permet à la banque de capter le différentiel de taux résultant de la différence de maturités entre actif et passif mais, comme l’illustre parfaitement le cas de SVB, elle entraine un risque de taux sur le bilan
L’Existenzminimum dans le travail de Kenneth Frampton
Résumé. Pendant sa formation doctorale (2011-2015), Gregorio Carboni Maestri a eu accès aux boîtes installées par Kenneth Frampton dans des endroits sécurisés de l’Unversité de Columbia : du matériel accumulé depuis son jeune âge, que Frampton l’a autorisé à étudier et organiser. Cette belle rencontre a permis la naissance des Kenneth Frampton Archives et de compléter leclassement existant des documents qu’elles contiennent, notamment par la création d’un dossier "Existenzminimum". À partir d’une recherche entreprise dans le cadre des 5e journées Bernardo Secchi Existenzminimum, 90 ans du 2e CIAM (Fondation Braillard, septembre 2019, EPFL), quelques écrits placés à l’intérieur de ce dossier, dont l’origine a été retrouvée pendant l’écriture du présent article, sont analysés ici.Abstract. During his doctoral research (2011–2015) Gregorio Carboni Maestri had access to the boxes of equipment Kenneth Frampton had installed in secure places in the University of Columbia and which Kenneth Frampton gave him permission to study and organize. The Kenneth Frampton Archives were born. Gregorio Carboni Maestri decided to continue a preexisting alphabetical organisation: “Aalto” was an already established theme, “Existenzminimum” a sub-heading he created. He analyses here some writings taken from this file, the origin of which was established during the writing of this article, the fruit of research undertaken within the framework of the 5th Bernardo Secchi Existentzminimum, 90 ans du 2e CIAM (Fondation Braillard, September 2019, EPFL)
À l’origine des études sanskrites : la Grammatica Sanskritica de Jean-François Pons S.J.
The article “At the origin of Sanskrit studies: the Grammatica Sanskritica of Jean-François Pons S.J.” is a critical review of the edition of this grammar by Pierre-Sylvain Filliozat (2020), to which work it provides a series of additions, in particular on the two other Jesuit grammars of Sanskrit prior to this one; on the engineer Deidier, Pons’s companion (who initiated the collecting of Sanskrit manuscripts) and correspondent, and possible author of La gentilité du Bengala (fn. 14); on the scholarly letters of Pons, and the important supplement to his 1740 account of the philosophies of India found in his 1732-33 catalogue of manuscripts; on Father Coeurdoux as the translator of the second part of Pons’s grammar into French (with an argument related to the transcription of Sanskrit, developed in fn. 38); and, finally, on the genesis of the fragmented composition of this grammar and the more precise chronology that it is possible to establish for it within the years 1729-39.L’article « À l’origine des études sanskrites : la Grammatica Sanskritica de Jean-François Pons S.J. » est une recension critique de l’édition de cette grammaire par Pierre-Sylvain Filliozat (2020), auquel ouvrage il fournit une série de compléments, en particulier sur les deux autres grammaires jésuites du sanskrit antérieures à celle-ci ; sur l’ingénieur Deidier, compagnon (à l’initiative de la collecte des manuscrits sanskrits) et correspondant de Pons, auteur possible de La gentilité du Bengala (note 14) ; sur les lettres érudites de Pons, et le supplément important qu’apporte à son exposé de 1740 sur les philosophies de l’Inde son catalogue de manuscrits de 1732-1733 ; sur le père Coeurdoux comme traducteur de la deuxième partie de la grammaire de Pons en français (avec un argument relatif à la transcription du sanskrit développé note 38) ; et, enfin, sur la genèse de la composition fragmentée de cette grammaire et la chronologie plus précise qu’il est possible d’établir pour celle-ci dans la période 1729-1739
West Semitic Lexicon in Sumerian
Sumer’s conquest by Semitic-speaking peoples from the west is symbolized by the history of Sargon of Akkad. Assyrian sources report that he was the son of an unknown father, associated with hilly regions, born in the west on the banks of the Euphrates, and defeated Lugalzagesi of Uruk (Liverani, 2013). This narrative has influenced both historical reconstructions and the perception of cultural and linguistic contact between the Semitic and Sumerian worlds. Indeed, while the absorption of syntactic, morphological, and lexical features from Sumerian into Akkadian and West Semitic languages has been studied extensively (Zólyomi, 2012), little has been said about Semitic influences in Sumerian, especially West Semitic. Certainly, until the early second millennium BC, Sumerian remained an evolving linguistic system rather than a frozen substrate, acquiring Semitic features (Streck, 1998). Yet before the Akkadian empire’s foundation, West Semitic lexicon seems to have penetrated Sumerian, already in its formative period.Sumer’s conquest by Semitic-speaking peoples from the west is symbolized by the history of Sargon of Akkad. Assyrian sources report that he was the son of an unknown father, associated with hilly regions, born in the west on the banks of the Euphrates, and defeated Lugalzagesi of Uruk (Liverani, 2013). This narrative has influenced both historical reconstructions and the perception of cultural and linguistic contact between the Semitic and Sumerian worlds. Indeed, while the absorption of syntactic, morphological, and lexical features from Sumerian into Akkadian and West Semitic languages has been studied extensively (Zólyomi, 2012), little has been said about Semitic influences in Sumerian, especially West Semitic. Certainly, until the early second millennium BC, Sumerian remained an evolving linguistic system rather than a frozen substrate, acquiring Semitic features (Streck, 1998). Yet before the Akkadian empire’s foundation, West Semitic lexicon seems to have penetrated Sumerian, already in its formative period