Journals @ The Mount
Not a member yet
472 research outputs found
Sort by
Mémoires d’outre tabou : formes et enjeux de l’outrance dans Tonton ! Rends moi ma virginité… de Nassur Attoumani
Tonton ! Rends- moi ma virginité… (2015), le dernier roman de l’écrivain mahorais Nassur Attoumani, pointe une double horreur : l’inceste et la pédophilie. Une femme anonyme de Mayotte y raconte son calvaire d’enfant quand elle habitait à la Réunion à la fin des années 1990, chez son oncle imam, un faux dévot. Attoumani n’est certes pas le premier à fictionnaliser l’inceste afin de dénoncer les silences qui protègent ce tabou à Mayotte. Alain Kamal Martial dans sa pièce Papa m’a suicideR et David Jaomanoro dans sa nouvelle Tamou avaient déjà ouvert la voie en 2006. Mais la singularité de Nassur Attoumani est d’écrire un roman à la première personne qui déborde le lecteur sur plusieurs plans, au point de créer chez lui un malaise, plus ou moins nauséeux, dont il faut analyser les sources révulsantes mais aussi interroger l’efficacité romanesque. À vouloir trop bien dénoncer les tabous familiaux et rétablir dans leur dignité les victimes de la pédophilie incestueuse, le romancier n’en aurait-il pas trop fait dans la fictionnalisation de l’enfance violée ? Pour répondre à la question, on analysera les nombreuses outrances (de composition, de représentation, de situation et de style) dont regorge le roman avant d’en mesurer les effets sur les lecteurs à l’aune des intentions de l’auteur.
 
Transgression(s), déviance(s), norme(s) et limite(s)
Transgression(s), déviance(s), norme(s) et limite(s
La traduction, entre transgression et limite
Au-delà de la pratique et de ses méthodes, la traduction est un concept qu’il est nécessaire de penser de manière synthétique au carrefour de ses diverses manifestations concrètes. En effet, la traductologie étant la discipline qui s’est intéressée dans les trente dernières années à l’étude des phénomènes du traduire en contexte (tournants culturel et sociologique), il reste pour celle-ci de développer une pensée qui réfléchit désormais le concept même de traduction. Derrière l’objectif que s’est fixé Berman pour la traductologie : « la réflexion de la traduction sur elle-même à partir de sa nature d’expérience » (1999 : 17), on peut distinguer l’horizon philosophique d’une traductologie qui se donne également comme une expérience de pensée plus abstraite qui met en perspective les spécificités de l’action traductive : le mouvement et la transformation qui la caractérisent ainsi que les paradoxes et les ambiguïtés qui en complexifient la compréhension
Inner Speech Modification and Young Offender Re-offence: Literature Review and Implications
Inner speech is the voice in our heads that serves a variety of functions, and impacts individuals’ thoughts and behaviours. It is thought that young offenders have misguiding inner voices, and there is hope that professionals can change this through inner speech modification. During treatment, practitioners attempt to teach young offenders to use skills and tools. Ideally, this will reduce recidivism rates and allow these youth to become contributing members of society. In this literature review, the relationship between inner speech and young offender reoffence is examined. The purpose of this research is to bridge literature on inner speech, cognitive behavioural therapy, and young offender research to provide a source of suggestions for reducing delinquent behaviours. I advocate for inner speech modification programs in young offender rehabilitation because the research presented in this review supports the use of innerspeech in behaviour modification. I argue that the programs designed for young offenders need continued flexibility, and that there needs to be an increase in program availability for young offenders, especially ones involving inner speech modification. I also suggest that researchers should examine more preventative, earlier intervention programs, and investigate the relationships between inner speech and language deficiencies in young offenders
Le transgressif comme pratique textuelle politique dans l’œuvre de Rachid Mimouni
Signe de rupture considérable dans l’espace littéraire maghrébin, l’œuvre de Rachid Mimouni, en particulier sa trilogie ( Le Fleuve détourné, Tombéza et L’Honneur de la tribu), a dès le début des années quatre–vingts, en introduisant toutes les formes du transgressif dans le tissu textuel, non seulement mis en relief l’ensemble des questions interdites dans l’espace public (sexualité, inceste, religion, politique, etc.), mais également ébranlé les codes culturels en vigueur dans la société algérienne, et les assises idéologiques et politiques du récit national sur lesquelles reposait le système du parti unique. Ainsi le transgressif, qui se déploie derrière les voiles de motifs romanesques exacerbant à la fois les pratiques déviantes (la zoophilie, par exemple, comme substitut aux libres échanges sexuels impossibles dans des milieux conservateurs, est une manière de pointer la situation angoissante que vivent les jeunes sans avenir et sans possibilité de fonder un jour un foyer) et les formes de violences institutionnelle et sociale, prend une place fondamentale dans l’œuvre et en configure ses moments les plus forts. Il s’agira pour nous de montrer comment Mimouni mobilise les ressources du transgressif (à la fois stylistiques et rhétoriques, mais relevant dans une certaine mesure non seulement du discours social, mais aussi de l’anthropologie culturelle) afin de faire ressortir, en la dévoilant tout en la voilant, une forme d’oppositionnalité au discours politique hégémonique
La matrice ou le drageoir aux transgressions Lectures croisées des pathologies féminines fin-de-siècle
L’arrivée de 1900 terrifie les consciences françaises. Le sentiment de déréliction véhiculé par cette apocalypse s’incarne de manière privilégiée dans l’organe génital féminin. Il est celui qui a permis la première transgression : sa mise à nu sécrète les éléments d’une épiphanie redoutable. La littérature et la clinique fin-de-siècle captent cette inclination et mettent en scène les multiples transgressions féminines : transgressions psychiques (folles et hystériques), corporelles (avortées et femmes châtrées), pathologiques (syphilitiques et nymphomanes) ou encore sexuelles (onanistes et saphistes) balayent toutes les productions écrites de l’époque. L’objectif de cette communication serait ainsi d’étudier la représentation de ces transgressions du sexe féminin dans les textes romanesques, du naturalisme au décadentisme, mais aussi des textes issus de la clinique, thèses et articles de médecine, montrant par là une complémentarité des écritures. A cette question s’ajoute celle de la finalité : pourquoi exposer le mal ? Faire le choix d’une telle thématique n’est-ce pas proprement provocateur ? Ne traduit-il pas, in fine, une volonté du romancier et du médecin de s’affirmer soi-même comme transgressif ? Dans quelle mesure cette exposition ne correspondrait-elle pas à un exercice cathartique ? Nous analyserons cet espace de tension organique et littéraire posée par la matrice fin-de-siècle
Les Slaves du sud au prisme des Lumières et du romantisme
Les auteurs s’intéressent à l’impact culturel français dans la péninsule balkanique entre 1750 et 1850 au travers des figures de passeurs culturels (Velestinlis, Boskovic, Zoïs) mais aussi de lieux de convergences et de diffusion d\u27idées (Raguse, Laybach, Vienne) ayant contribué au développement identitaire des Slaves du sud. Les effets de cette diffusion resteront assez méconnus en France jusqu\u27à la moitié du XIXe siècle où se développe alors un intérêt académique pour la slavistique
La déclinaison visuelle du monstre au XVIIIe siècle : Goya
Les Lumières cherchent à libérer le monstre des différentes cages où la tradition l’avait enfermé. L’imaginaire européen du monstrueux se fraie, au XVIIIe siècle, un chemin nouveau grâce aux écrivains et aux peintres les plus géniaux. Goya est, de tous les artistes des Lumières crépusculaires, celui qui a su récupérer le mieux l’univers classique du monstrueux pour, ensuite, exceller dans une éclatante déclinaison des figures de la tératologie moderne, allant des plus perceptibles aux moins visibles: l’animal et ses variantes les plus domestiques et les plus obscures, l’homme et ses âges, l’individu et ses états sociaux, toutes ces figures quotidiennes, familières, dévoilent dans la galerie goyesque une monstruosité d’autant plus inquiétante qu’elle est en nous. Et de là, par la figuration symbolique, le peintre et graveur défie l\u27inavouable, l’irreprésentable, pour donner forme de monstre aux hantises, aux peurs les plus terribles de l’âme humaine
Du “monstre-humain” au “monstre-objet” : l’évolution du monstre (in)visible dans Notre-Dame de Paris et À rebours
Au XIXᵉ siècle en France, les monstres sont plus que visibles ; ils occupent le devant de la scène. Ils sont présents dans des domaines aussi divers que la science (avec la tératologie —la première “science” des monstres), la politique, où se dessinent des évènements “monstrueux” signalant une rupture de la norme, et la foire, où les spectateurs paient pour voir des formes grotesques. En prenant les exemples de deux œuvres littéraires : Notre Dame de Paris (1831) de Victor Hugo et A rebours (1889) de Joris-Karl Huysmans, nous examinerons comment la production à grande échelle des monstres a cependant pour résultat la banalisation du monstre comme figure extraordinaire. Nous soutiendrons qu’il existe une évolution du “monstre-humain” romantique au “monstre-objet” décadent qui reflète la monstruosité morale du créateur lui-même : une métamorphose du visible à l’invisible. Cette notion prend racine dans le contexte d’une notion évolutive de la construction philosophique nature/artifice où s’inscrivent d’importantes avancées technologiques, telles que les machines-outils (destinées à construire les pièces de machines). Cela marque un changement dans les perceptions des rôles de l’homme et de la nature dans le champ de création. Le monstre évolue d’un être extraordinaire (semblable aux créatures de la foire) à un objet banal, facile à reproduire, qui reflète les peurs de la production de masse dans une société industrielle. Enfin, en abordant les enjeux de la monstruosité et de la visibilité, nous montrerons comment le monstre devient visible même dans la forme du texte littéraire du XIXᵉ siècle, avec la naissance d’un roman-monstre
Écriture à quatre mains : le cas de François Pyrard de Laval et Jean Thévenot
La rédaction des relations de voyage confère un nouveau statut au voyageur, celui de l’écrivain. Cette conception nouvelle met au jour une opposition entre l’écrivain-voyageur et le voyageur-écrivain. À l’un reviendrait les compétences de l’écriture, une vision de l’ailleurs qui s’offre par la médiation de l’artifice littéraire. L’autre note souvent ses perceptions immédiates dans un style simple. Mais que dire des voyageurs qui ne savent ni lire ni écrire? L’étude de Grégoire Holtz démontre que la période « entre le Moyen-Âge jusqu’à la fin du XVIIe siècle, est une période particulièrement fertile pour la composition des récits de voyage à quatre mains » (Holtz 300). Nous analyserons le cas spécifique de François Pyrard de Laval et celui de Jean Thévenot, deux voyageurs qui s’embarquent vers les Indes orientales au XVIIe siècle. Pyrard est natif d’une famille de marchands de Laval et il est à la limite de l’analphabétisme. Jean Thévenot, quant à lui, est bien éduqué, mais comme il est mort sur le chemin de retour, c’est son frère qui achève la deuxième partie de ses Voyages. Quelles qu’en soient les raisons, l’appel à un rédacteur pour écrire le voyage semble très répandu et la grande constante de cette forme d’écriture est l’effacement du rédacteur derrière la figure du voyageur. Nous examinerons le rôle de ces deux copistes : Pierre Bergeron et Bonaventure Thévenot. S’agit-il de simples scribes ou bien des rédacteurs qui ont profondément modifié le récit du voyageur pour satisfaire aux attentes du public