Refuge: Canada’s Journal on Refugees / Revue canadienne sur les réfugiés
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“I Want to Tell You about My Life Now”: The Voice of Palestinian Refugees in Frontiers of Dreams and Fears
Many individuals and institutions – from scholar Edward Said to media watchdog Fairness & Accuracy in Reporting – have noted the Western media’s imbalance in presenting the struggles of the Palestinian people, particularly during the ongoing Al-Aqsa Intifada. Yet as the mainstream media continue to under-report violence against Palestinians and misrepresent the occupation of Palestinian lands, Palestinian filmmakers have begun to generate their own images, often through the genre of the documentary. This article examines one such documentary, Mai Masri’s Frontiers of Dreams and Fears, a study of the daily lives of children living in Shatila and Dheisheh refugee camps. It argues that Masri’s film, through its restoration of the lost voice of the refugee child and its insistence on Palestinian narrative, provides an essential alternative to the exploitative images of the institutionalized media.Bon nombre de personnes et d’organismes, parmi lesquels l’intellectuel Edward Saïd et le groupe de surveillance des médias Fairness & Accuracy in Reporting – ont eu l’occasion de souligner le déséquilibre qui caractérise la façon dont les médias occidentaux présentent la lutte du peuple palestinien, tout spécialement durant la période en cours de l’Intifada Al-Aqsa. Toutefois, alors même que la presse continue de sous rapporter les violences commises contre les Palestiniens et de donner une fausse image de ce qu’est réellement l’occupation des terres palestiniennes, des réalisateurs palestiniens ont commencé à produire leurs propres images, souvent sous forme de films documentaires. Cet article examine un tel documentaire – « Frontiers of Dreams and Fears » (« Frontières entre rêves et frayeurs ») – de Mai Masri, qui est une étude de la vie quotidienne d’enfants habitant les camps de réfugiés de Shatila et de Dheisheh. L’article soutient qu’en redonnant sa voix perdue à l’enfant réfugié et en privilégiant le récit palestinien, le film de Masri fournit une précieuse alternative aux images exploitées par les médias institutionnalisés
Moments of Emergence: Organizing by and with Undocumented and Non-Citizen People in Canada after September 11
Striking new campaigns across Europe, the United States, and Australia led by refugees, im/migrants, undocumented people, and allies challenge controls over the right to move freely across borders. Situating similar formations within Canada in transnational context, this article anatomizes the impact of September 11 on North American organizing. Drawing on the argument that the construction of September 11 as a national event was ideologically necessary for war abroad and criminalization of immigrants domestically, the article evaluates strategies for confronting state criminalization, detention, racialized citizenship, and “illegality.” It concludes that, far from utopian, “no-border” and “undocumented” movements are fundamentally politically necessary in the current dangerous conjuncture.Menées par des réfugiés, des immigrants, des sanspapiers et leurs alliés, de nouvelles campagnes saisissantes ont eu lieu, à travers l’Europe, les États Unis et en Australie, pour remettre en question les contrôles sur le droit de libre circulation à travers les frontières. Cet article situe des mouvements similaires qui se sont formés au Canada dans un contexte transnational et examine de près l’impact des attentats du 11 septembre sur l’organisation des mouvements de protestation en Amérique du Nord. S’appuyant sur la thèse qu’il était idéologiquement nécessaire de présenter les attentats du 11 septembre comme un événement national afin de justifier la guerre à l’étranger et la criminalisation des réfugiés à l’intérieur du pays, cet article évalue les stratégies pour combattre la criminalisation par l’État, la détention, la citoyenneté à caractère raciste et l’« illégalité ». Il conclut que, loin d’être utopiques, les mouvements en faveur de l’ouverture des frontières, ainsi que ceux formés par des « sanspapiers » ou par des gens les supportent, sont fondamentalement et politiquement nécessaires dans les circonstances dangereuses actuelles
RESPECT for All: The Political Self-Organization of Female Migrant Domestic Workers in the European Union
This contribution focuses on the empowering political practices of RESPECT, the European network for migrant domestic workers. The paper contrasts RESPECT’s empowering approach with that of other actors in which migrant domestic workers are presented as victims and in which the struggle is situated within the discourse of combatting illegal immigration and trafficking in women. The central hypothesis of this paper is that this distinction between female migrant domestic workers constructed as victims of trafficking or as migrant women with subjectivity, voice, and agency is crucial in determining the type of advocacy strategy and (self-)representation of the women.Cette contribution se penche sur les pratiques d’autonomisation de RESPECT, le réseau européen pour la défense des travailleurs domestiques migrants. L’article contraste l’approche d’autonomisation de RESPECT avec celle d’autres acteurs qui présentent les travailleurs domestiques migrants comme des victimes et qui situent le débat dans le contexte d’un combat contre l’immigration clandestine et la traite des femmes. L’hypothèse centrale de cet article est qu’il existe deux façons de présenter les choses : soit les travailleuses domestiques migrantes sont des victimes de la traite des femmes ou bien, ce sont des femmes migrantes ayant une subjectivité et leur propre voix. Cette distinction est cruciale pour pouvoir déterminer le type de stratégie de défense et de/d’(auto)- représentation de ces femmes
The Palestinian Refugees, International Law, and the Peace Process
The article reviews recent Israel-Palestinian negotiations on the issue of the Palestinian refugees. It examines legal aspects of the major issues that were involved in the negotiations including who was responsible for the plight of the refugees, the definition of who is a refugee, the existence of a right of return, and the question of restitution and compensation. The article reaches the conclusion that, in the context of the Arab-Israeli conflict, no legal “right of return” exists, implementation of such a right would be impracticable and UN General Assembly Resolution 194 does not impose such a right. The article shows, however, that despite deep differences on legal positions, the parties have endeavoured to draft language that will enable them to proceed with a practical solution.L’article passe en revue les récentes négociations israélo-palestiniennes sur la question des réfugiés palestiniens. Il examine les aspects légaux des principales questions examinées durant les pourparlers, y compris la question de savoir qui était responsable du problème des réfugiés, la définition de qui est un réfugié, la reconnaissance du droit au retour et la question de restitution et de compensation. L’article conclut que dans le contexte du conflit israéloarabe, il n’existait pas, légalement parlant, de « droit au retour », que la mise en vigueur d’un tel droit serait pratiquement impossible et que la résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations Unies n’imposait pas un tel droit. L’article montre cependant que malgré le grand fossé séparant la position légale des deux parties, elles se sont évertuées à utiliser un langage dans les projets de règlement qui laisse la voie ouverte à une solution pratique
The U.S.-Proposed “Trusteeship Agreement” for Palestine: The UN-Styled Plan That Could Have Avoided Forcible Displacement of the Palestinian Refugees in 1948
In this article, the author examines the U.S.-proposed “Trusteeship Agreement for Palestine,” circulated by the U.S. in the UN Security Council and in subcommittees of the General Assembly from March through May of 1948. The U.S. proposed a UN trusteeship for Palestine as a possible means to provide for a peaceful transition from the end of the British Mandate for Palestine into a new governmental entity that would provide equality under the law for all of its citizens. Notably, the proposed trusteeship arrangement would have avoided partition of Palestine. The author asserts that this, in turn, could have avoided the forcible displacement of three-quarters of a million Palestinian refugees in 1948, as well as Israel’s subsequent refusal to repatriate them. The author argues that the U.S.-proposed Trusteeship Agreement for Palestine sheds light on important norms of international law that existed in 1948 and that could, and should, have been followed by the United Nations in providing for the welfare and legal rights of all the inhabitants of mandate Palestine as the clock ticked down on the announced British withdrawal from Palestine as mandatory authority as of 15 May 1948.Dans cet article, l’auteure examine la proposition intitulée « Trusteeship Agreement for Palestine » (« Accord de tutelle pour la Palestine ») qu’avait fait circuler les États- Unis au Conseil de sécurité des Nations Unies et dans les sous-comités de l’Assemblée générale pendant la période allant de mars à mai 1948. Les États-Unis avaient proposé une tutelle des Nations Unies pour la Palestine comme solution possible pouvant fournir une transition pacifique entre la fin du mandat britannique sur la Palestine et l’émergence d’une nouvelle entité gouvernementale qui aurait garanti l’égalité de tous ses citoyens devant la loi. En particulier, ce plan de tutelle aurait évité la partition de la Palestine. L’auteur affirme qu’un tel plan aurait à son tour évité le déplacement forcé de trois-quarts de million de réfugiés palestiniens en 1948, aussi bien que le refus d’Israël par la suite de les rapatrier. L’auteur soutient que la proposition américaine d’ « Accord de Tutelle des Nations Unies pour la Palestine » jette la lumière sur des normes importantes en matière de droit international qui existaient en 1948 et qui auraient pu, et auraient dû, être mises en vigueur par les Nations Unies pour garantir le bien-être et les droits légaux de tous les habitants du mandat de la Palestine alors qu’avait commencé le compte à rebours pour le retrait annoncé de la Grande Bretagne de la Palestine en tant qu’autorité mandataire, le 15mai 1948
Travel Agency: A Critique of Anti-Trafficking Campaigns
This paper offers a critical evaluation of anti-trafficking campaigns spearheaded by some in the feminist movement in an attempt to deal with the issues of unsafe migrations and labour exploitation. I discuss how calls to “end trafficking, especially in women and children” are influenced by – and go on to legitimate – governmental practices to criminalize the self-willed migration of people moving without official permission. I discuss how the ideological frame of anti-trafficking works to reinforce restrictive immigration practices, shore up a nationalized consciousness of space and home, and criminalize those rendered illegal within national territories. Anti-trafficking campaigns also fail to take into account migrants’ limited agency in the migration process. I provide alternative routes to anti-trafficking campaigns by arguing for an analytical framework in which the related worldwide crises of displacement and migration are foregrounded. I argue that by centering the standpoint of undocumented migrants a more transformative politics emerges, one that demands that people be able to “stay” and to “move” in a self-determined manner.Cet article propose une évaluation critique des campagnes contre la traite des femmes menées par certaines personnes appartenant au mouvement féministe, et cela dans une tentative pour résoudre les problèmes de migrations dangereuses et d’exploitation des travailleurs. J’examine comment les appels pour « arrêter la traite, spécialement des femmes et des enfants » sont influencés – et servent à légitimer – aux pratiques gouvernementales visant à criminaliser la migration volontaire des gens qui voyagent sans permission officielle. Je démontre comment le cadre idéologique anti-traite sert éventuellement à renforcer des pratiques plus restrictives en matière d’immigration, à la nationalisation des notions d’espace et de domicile et à criminaliser ceux qui sont rendus clandestins à l’intérieur des territoires nationaux. De plus, les campagnes contre la traite ne prennent pas en considération le peu d’influence des migrants dans le mécanisme de la migration. Je propose des voies alternatives aux campagnes contre la traite, en demandant la mise sur pied d’un cadre analytique qui donnerait une place de première importance aux crises mondiales jumelées aux déplacements et à la migration. Je soutiens, qu’en ramenant le point de vue des migrants sans-papiers au centre de la discussion, on arrive à une politique qui acquiert un pouvoir de transformation et qui requiert que les gens aient le droit de « rester » et de « circuler » à leur gré
The Right to Restitution and Compensation in International Law and the Displaced Palestinians
In any final settlement between Israel and the Palestinians, compensation for the material and moral losses of the Palestinian refugees will be a central feature. The parties have ostensibly agreed that compensation will be paid, but differ significantly on the principles that will determine the global amount of compensation, the valuation of losses, and the method of distribution to the recipients. Compensation for refugees, for victims of human rights violations, and for property loss have become well-grounded features in contemporary international law. The author argues that these international law principles should shape the compensation agreement that will settle the conflict, because fairness and transitional justice, rather than unequal bargaining power, will more readily hasten the healing of the many wounds that the Palestinians and Israelis have endured.Un aspect central de tout accord final entre Israël et les Palestiniens sera la compensation pour les pertes matérielles et morales subies par les réfugiés palestiniens. En apparence, les deux parties sont d’accord pour que des compensations soient être versées, mais un certain écart les sépare encore sur la question des principes qui serviront à déterminer la somme globale de la compensation, la façon d’évaluer les pertes et les méthodes de distribution aux bénéficiaires. Le droit international contemporain reconnaît pleinement aujourd’hui le droit aux compensations pour les réfugiés, les victimes de violations des droits humains et pour ceux qui ont subi des pertes de biens. L’auteur soutient que ce sont ces mêmes principes de droit international qui devront façonner l’accord de compensation qui clôturera le conflit, car c’est l’équité et la justice transitionnelle plutôt que le pouvoir de marchandage inégal, qui ont le plus de chances de guérir les nombreuses blessures que Palestiniens et Israéliens ont eu à subir
Ahani v. Canada: A Persuasive Dialogue within the Courts
This paper is a comment on Ahani v. Canada (OCA). Canadian courts are presently involved in a dialogue over the role of international law domestically. The courts’ own grappling with various norms of international law, however, has helped to clarify and reinforce the status of these norms. In Baker v. Canada, the Supreme Court gave a new prominence to the “persuasive approach” of applying international law. Ahani demonstrates that while the persuasive approach has begun to be internalized into Canadian law, the courts are still at odds with how persuasive international law should be. To complicate this account, the Supreme Court’s discussion in Suresh of peremptory norms of international law demonstrates that an over-emphasis on the “persuasive” approach can in fact weaken the role of international law domestically. At the same time, the dialogue within the courts is linked to a much more general dialogue. The importance of cases such as Ahani ultimately stretches beyond the domestic context.Cet article est un commentaire sur le cas Ahani c. Canada. Les tribunaux canadiens sont actuellement engagés dans une discussion sur le rôle du droit international au plan domestique. Cependant, les efforts-mêmes de ces instances pour essayer de comprendre et maîtriser diverses normes du droit international ont servi à éclaircir et à renforcer ces normes. Dans Baker c. Canada, la Cour Suprême a donné une nouvelle importance à « l’approche persuasive » dans l’application du droit international. Le cas Ahani démontre qu’alors que l’approche persuasive a commencé à être adoptée par le droit canadien, les tribunaux ne sont toujours pas d’accord sur la question de savoir jusqu’où doit aller la persuasion en droit international. Pour compliquer les choses, la discussion de la Cour Suprême dans le cas Suresh sur les normes péremptoires en droit international montre que trop d’emphase sur l’approche « persuasive » peut en fait affaiblir le rôle du droit international à l’intérieur du pays. Il faut noter par la même occasion que cette discussion à l’intérieur des tribunaux est liée à une discussion bien plus générale. En fin de compte, l’importance de cas tel que celui d’Ahani s’étend bien au-delà du contexte domestique
To Deter and Deny: Australia and the Interdiction of Asylum Seekers
The paper provides an overview of the development and implementation of Australia’s comprehensive ‘border protection’ policy, including the Pacific Solution and Operation Relex – the interdiction of asylum seekers. The intention of the paper is to demonstrate the lengths to which a developed state will go in addressing the interrelated problems of secondary movement, people smuggling and mixed flows. It also highlights the ‘export value’ of the policy and its wider implications.Cet article propose un survol du développement et de la mise en vigueur de la politique intégrée australienne de « défense des frontières », y compris la Solution du Pacifique et Relex – l’interdiction des demandeurs d’asile. L’article vise à montrer jusqu’où un état avancé est disposé à aller pour confronter les problèmes connexes de mouvement secondaire, de la traite des gens et des flots mixtes. Il met aussi en exergue la valeur « à l’export » de cette politique et ses applications possibles dans d’autres domaines