Refuge: Canada’s Journal on Refugees / Revue canadienne sur les réfugiés
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Can Aid Switch Gears to Respond to Sudden Forced Displacement? The Case of Haut-Uélé, DRC
How does the aid system respond when insecurity and suddenforced displacement occur in what has long been considered a stable, development context? Can longer-term aid interventions adapt when challenged to “shift gears” to address acute needs resulting from forced displacement? Based on observations from Médecins Sans Frontières projects in Haut-Uélé in northeastern DRC in 2008–2009, this article examines assistance to displaced populations and the residents hosting them in LRA-affected areas—above all, the stakes and dilemmas involved in responding to such a sudden-onset emergency in what international donors and the national government considered an area in development.
Initially, a much-needed response to violence and displacement failed to materialize, with little permanent humanitarian presence on the ground, while development approaches failed to adapt and meet emergency needs. Short-term contingency support was provided through development NGOs, but with limited scope and maintaining cost-recovery schemes for health toward an impoverished population facing an increasingly precarious situation. A long-term development approach was simply unable to respond to the sudden population increase and a fragile health situation.Comment réagit le système d’aide lorsque l’insécurité et le déplacement forcé soudain se manifestent dans un contexte qui a longtemps été considéré comme stable et propice au développement? L’intervention humanitaire à long terme peut-elle s’adapter quand il lui faut « changer de vitesse » pour répondre aux besoins aigus résultant des déplacements forcés? S’appuyant sur l’étude de projets de Médecins Sans Frontières dans le Haut-Uélé, dans le nord-est de la RDC en 2008–2009, cet article examine l’aide aux populations déplacées et aux résidents qui les accueillent en zones touchées par l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), plus particulièrement les enjeux et dilemmes liés à la réaction envers une situation d’urgence apparue soudai-nement dans une zone que les donateurs internationaux et le gouvernement national considéraient comme une zone de développement.
Au départ, une réponse fort nécessaire à la violence et au déplacement ne s’est pas concrétisée, avec une faible présence humanitaire permanente sur le terrain, alors que les approches de développement n’ont su s’adapter et répondre aux besoins d’urgence. Des ONG de développement ont apporté un soutien d’urgence à court terme mais de portée limitée et le maintien d’un système de recouvrement des coûts pour les régimes de santé à l’intention d’une population appauvrie confronté à une situation de plus en plus précaire. Une approche de développement à long terme était tout simplement incapable de répondre à l’augmentation soudaine de la population et une situation de santé précaire
Migrant Illegality, Nation Building, and the Politics of Regularization in Canada
Regularization, a means for people living with precarious immigration status to legalize or “regularize” their status, is a central demand of immigrant rights groups across Canada. From a perspective of No Borders, does the demand for regularization, while challenging the day-to-day practices of Citizenship and Immigration Canada, also unintentionally reinforce state power? Historical research on regularization programs in Canada suggests that regularization programs do not eliminate migrant illegality but reconfigure it. In this way, regularization may be implicated in processes that both makes and unmakes illegality within the context of immigration and citizenship in Canada.La régularisation, un moyen pour les personnes vivant avec un statut d’immigration précaire de légaliser ou de « régulariser » leur statut, est une revendication centrale de la défense des droits des immigrants partout au Canada. D’un point de vue No Border, la demande de régularisation, tout en contestant les pratiques usuelles de Citoyenneté et Immigration Canada, ne renforce-t-elle pas aussi involontairement le pouvoir étatique? La recherche historique sur les programmes de régularisation au Canada indique que ceux-ci ne suppriment pas l’illégalité des migrants; ils ne font qu’en modifier la configuration. De cette façon, la régularisation peut être impliquée dans des processus qui à la fois font et défont l’illégalité dans le contexte de l’immigration et de la citoyenneté au Canada
Refugees, Persons of Concern, and People on the Move: The Broadening Boundaries of UNHCR
This article examines the way in which UNHCR has expanded its range of policy interests and operational activities since its establishment in 1951, focusing on the extension of the organization’s mission from refugees to groups such as asylum seekers, returnees, stateless populations, internally displaced persons, and victims of natural disasters.The article identifies the different factors that have contributed to this expansionist process, examines its implications for UNHCR’s core mandate, and asks whether the process is an irreversible one.L’auteur examine la façon dont le Haut Commissariat pour les réfugiés a élargi son éventail d’intérêts en matière de politiques et d’activités opérationnelles depuis sa création en 1951, mettant l’accent sur l’extension du mandat de l’organisation pour inclure des groupes tels les demandeurs d’asile, les rapatriés, les populations apatrides, les déplacés internes et les victimes de catastrophes naturelles. L’auteur identifie les différents facteurs qui ont contribué à cette expansion, examine ses implications pour le mandat principal du HCR et tente de déterminer s’il s’agit d’un processus irréversible
From Political Instrument to Protection Tool? Resettlement of Refugees and North-South Relations
Lacking a clear legal definition, the conceptualization and application of durable solutions have been highly influenced by states’ interests that were often at odds with humanitarian concerns on refugee protection. During the Cold War resettlement was perceived as the preferred durable solution, although it was selectively applied to different refugee crises in the South. With the asylum crisis in the 1980s and the end of the Cold War, a new agenda of containment emerged as Northern countries’ interest in receiving refugees declined. During the 1990s voluntary repatriation emerged as a new preferred solution and there was an effort to redefine and adapt resettlement to a new context. This process focused on detaching resettlement from its previous political and immigration character and redefining it as an exclusive protection tool and instrument of international co-operation.Hence, resettlement in the post-Cold War era is characterized by depoliticization, a smaller number of beneficiaries, and geographic expansion. However, it is important to critically question whether such depoliticization has happened in fact, the reasons behind it, and its relation to North-South politics and containment strategies.Faute d’une définition juridique claire, la conceptualisation et l’application de solutions durables à la réinstallation ont été fortement influencées par des intérêts étatiques souvent en contradiction avec les préoccupations humanitaires sur la protection des réfugiés. Durant la guerre froide, la réinstallation paraissait la solution durable la plus souhaitable, bien qu’appliquée de façon ponctuelle aux différentes crises de réfugiés dans le Sud. Un nouveau programme de confinement apparaît lors de la crise de l’asile des années 1980 et la fin de la guerre froide quand diminue la volonté des pays du Nord à accueillir les demandeurs d’asile. Le rapatriement volontaire apparaît au cours des années 1990 comme nouvelle solution de préférence. On tente alors de redéfinir la réinstallation et de l’adapter au nouveau contexte. Ce processus est axé sur une rupture de la réinstallation avec ses aspects politique et migratoire précédents et sa redéfinition en tant qu’outil exclusif de protection et instrument de la coopération internationale. Ainsi, la réinstallation à l’ ère de l’après-guerre froide se caractérise par la dépolitisation, la réduction du nombre de bénéficiaires et l’expansion géographique. Toutefois, il est essentiel de déterminer de façon critique si cette dépolitisation s’est réellement faite, les raisons qui la sous-tendent et sa relation à la politique Nord-Sud et aux stratégies de confinement
Responses to Internal Displacement in Colombia: Guided by What Principles?
This article aims to explain the gap between IDP law and practice in Colombia. Colombia’s IDP legislation is considered one of the world’s most advanced legal systems as it puts in practice the UN Guiding Principles on Internal Displacement. However, the reality of life for IDPs in Colombia does not match their legal rights. Especially the sections of the law related to preventing displacement and providing durable solutions for IDPs are poorly implemented. Following Ferguson’s work on depoliticization, we argue that displacement in Colombia is treated as a technical rather than political problem, detaching it from root causes like landownership and structural class inequalities. This article provides an overview of the root causes and analyzes the different methods through which internal displacement is “depoliticized” in Colombia. In conclusion, we will discuss the wider implications of the Colombian case for understanding implementation challenges of the Guiding Principles.Cet article tente d’expliquer l’écart entre le droit des personnes déplacés internes et sa mise en application en Colombie. Le droit colombien en matière de déplacement interne est considéré comme l’un des systèmes juridiques les plus avancés au monde en ce qu’il met en pratique les Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays des Nations Unies. Cependant, la réalité des personnes déplacées en Colombie ne correspond pas à leurs droits. En particulier, les sections de la loi relatives à la prévention des déplacements et à la mise en place de solutions durables pour les déplacés internes sont mal mises en œuvre. Suivant les travaux de Ferguson sur la dépolitisation, nous soutenons que le déplacement en Colombie est considéré comme un problème technique plutôt que politique, le détachant de ses causes premières telles la propriété foncière et les inégalités structurelles de classe. Nous donnons un aperçu des causes premières du déplacement et analysons les différentes méthodes par lesquelles le déplacement interne est « dépolitisé » en Colombie. En conclusion, nous discutons des implications plus larges du cas colombien pour la compréhension des défis de mise en œuvre des Principes directeurs
Contesting the Shape of Political Space: An Investigation of the "Threat of Asylum" in Britain
Defined in terms of a national security discourse, Britain’s asylum policy facilitates a disturbing dissociation of the asylum seeker from the identity of the refugee. The roots of this discourse can, this paper argues, be understood if the asylum seeker is seen as the site of a clash between two conceptualizations of political space—one that sees only the international state system, marked by the rights of sovereign states and exclusive political spaces, and one that sees a more complicated global political structure, marked by spaces of danger and of opportunity, in which human beings, as such, have a right to demand hospitality and inclusion from the state. Aiming to understand this clash, and the possibilities for moving beyond it, this paper analyzes British asylum policy through the lens of Michel Foucault’s account of sovereign biopower in Society Must Be Defended, read together with Giorgio Agamben’s work on the homo sacer and spaces of exception. These texts point towards the counter-narrative of the asylum seeker who refuses to disappear into discourses of national security, and who suggests a “rival structure” of political space. Understanding this clash requires uncovering the violence, discernible in British asylum policy, which sustains the international state system and in doing so, creates and marginalizes the asylum seeker. This paper draws out the deeply challenging and complex nature of the “problem of asylum,” working against the simplification that a national security discourse imposes on the issue.Définie en termes de discours autour de la sécurité nationale, la politique d’asile de la Grande Bretagne facilite la dissociation du demandeur d’asile de l’identité du réfugié. Cet article fait valoir que pour comprendre la racine de ce discours, il faut voir le demandeur d’asile comme le point de conflit entre deux conceptualisations de l’espace politique — l’une qui ne voit que le système international composé d’états caractérisé par les droits des états souverains et des espaces politiques exclusifs; et l’autre qui voit une structure politique globale bien plus compliquée, marquée par des espaces de danger et d’opportunités, et où les êtres humains ont le droit de demander l’ hospitalité et l’inclusion de la part de l’état. Dans le but de comprendre ce conflit, et les possibilités de le dépasser, cet article analyse la politique du droit d’asile de la Grande Bretagne à travers les lentilles du compte-rendu du bio-pouvoir souverain par Michel Foucault dans Society Must Be Defended, lu de concert avec l’œuvre de Giorgio Agamden sur le homo sacer et les espaces d’exception. Ces textes pointent vers la contre-narration du demandeur d’asile qui refuse de disparaître dans les discours sur la sécurité nationale, et qui au contraire propose une “structure rivale” d’espaces politiques. Pour comprendre ce conflit, il faut enlever la couverture cachant la violence qui peut être discernée dans la politique d’asile britannique, qui soutient le système international d’états et, ce faisant, crée et marginalise le demandeur d’asile. Cet article met à jour la nature profondément difficile et complexe du « problème de l’asile », et s’insurge contre la simplification qu’un discours de sécurité national impose sur le problème
Legacies and Origins of the 1980s US-Central American Sanctuary Movement
This article re-examines the US–Central American sanctuary movement of the 1980s. Our re-examination is motivated by two factors. First, with the passage of time it is possible to discern the movement’s origins in ways that could not be fully articulated while it was ongoing. We are able to show how certain relationships between the movement’s North and Central American activists were celebrated, while others were obscured due to fear for Salvadoran immigrant activists’ safety and concern about inadvertently undermining the movement’s legitimacy. Specifically, we draw attention to the movement’s transnational nature, noting that what made it so powerful was its origin as part of a broader effort by Salvadoran revolutionaries to mobilize North American society to oppose US support for the Salvadoran government. Ironically, to achieve this objective Salvadoran immigrant activists had to stay quiet, become invisible, and abstain from taking certain leadership roles, while embracing identities that may have implied weakness or passivity, such as “refugee” or “victim.” Second, the US–Central American sanctuary movement provides powerful insight into future understandings of sanctuary as a concept and practice. The movement’s legacies extend beyond participants’ stated goals, while the movement’s transnational political and organizational focus differentiates it from current sanctuary practices. Thus, re-examining its origins and legacies suggests that apparent similarities in the form of sanctuary incidents may hide underlying differences and that current sanctuary practices may also eventually have unanticipated consequences.Cet article examine à nouveau le « sanctuary movement » aux États-Unis et en Amérique centrale durant les années 1980. Deux facteurs expliquent ce réexamen. 1°, avec le passage du temps, il est possible de discerner les origines du mouvement qui ne pouvaient pas être entièrement articulées alors qu’il était en cours. Nous sommes en mesure de montrer comment certaines relations entre activistes nord-américains et leurs contreparties centre-américaines ont été fêtées, tandis que d’autres ont été occultées par crainte pour la sécurité des militants salvadoriens pro immigration et par peur d’accidentellement miner la légitimité du mouvement. Plus précisément, nous attirons l’attention sur la nature transnationale du mouvement, soulignant que ce qui l’a rendu si puissant sont ses origines dans le cadre d’un effort plus large par les révolutionnaires salvadoriens en vue de mobiliser la société nord-américaine en opposition à l’appui des États-Unis pour le pouvoir salvadorien. Ironie du sort, pour atteindre cet objectif les militants salvadoriens ont dû rester muets, devenir invisibles et s’abstenir de prendre certains rôles de leadership, tout en affichant des identités, comme « réfugié » ou « victime », qui pouvaient implicitement signifier la faiblesse ou la passivité. 2°, le « sanctuary movement » des États-Unis et de l’Amérique centrale donne un puissant aperçu de notre compréhension future de la notion de sanctuaire en tant que concept et pratique. Le legs du mouvement va au-delà des objectifs déclarés des participants, alors que son accent transnational, politique et organisationnel le différencie des pratiques actuelles. Ainsi, un réexamen des origines du mouvementet de son héritage suggère que des similitudes apparentes sous la forme de cas de sanctuaire peuvent masquer des différences sous-jacentes et que les pratiques actuelles du sanctuaire peuvent aussi avoir des conséquences éventuelles imprévues
Wither Sanctuary?
Features of all fifty sanctuary incidents occurring in Canada from 1983 to early 2009 are described and recent trends identified. The duration of sanctuary incidents has increased dramatically, the success rate has declined, and no new incidents have commenced in more than one and a half years. Sanctuary’s apparent decline in its “exposure” form as an effective resistance strategy is likely related to several factors, including less interest among mass media, the federal government’s adoption of a more authoritarian approach toward immigration and refugee policy, and the rise of support for a merit-based legal appeal for failed refugee claimants evident in sanctuary discourse.Les caractéristiques des cinquante cas de sanctuaire survenus au Canada de 1983 au début 2009 sont décrites et les tendances récentes identifiées. La durée des cas de sanctuaire a augmenté de façon spectaculaire, leur taux de réussite a diminué, et aucune nouvelle demande d’asile n’est survenue depuis plus d’un an et demi. La baisse apparente de l’efficacité du refuge dans sa forme « médiatisée » comme stratégie de résistance est probablement liée à plusieurs facteurs, dont une baisse de d’intérêt parmi les médias de masse, l’adoption par le gouvernement fédéral d’une approche plus autoritaire à l’ égard de politiques sur l’immigration et les réfugiés ainsi qu’une augmentation, évidente dans le discours entourant la notion du sanctuaire, de l’appui pour le recours juridique fondé sur le mérite pour les demandeurs d’asile déboutés