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L’univers déphasé de Pierre Richard : masculinité ambivalente d’un corps anti-performant
Cet article se propose de dégager les contours de la persona de Pierre Richard telle qu’elle se développe dans la plus importante période de succès de l’acteur/réalisateur en France, de 1970 à 1986. Si les personnages interprétés par le comédien se caractérisent par une inadaptation chronique à leur environnement, ils se rejoignent plus généralement dans l’impossibilité d’être eux-mêmes. Inappropriés et inadaptés, ils n’existent qu’en étant un autre. Cette tension a pu trouver un certain écho dans la France post-Trente Glorieuses. Dans ce moment de ralentissement de l’économie, les personnages de Pierre Richard se distinguent par leur inefficacité et incarnent ceux dont la volonté a été battue. Cette vulnérabilité ouvre l’acteur à une masculinité ambivalente qui lui permet de profiter des prérogatives de son genre tout en se détachant d’une virilité traditionnelle.This article focuses on actor/director Pierre Richard’s persona as it evolves in France from 1970 to 1986, Richard’s most significant period of success. If the characters played by the comedian are defined by unsuitability, most of the time, they are dominated by the inability to be themselves. Through Pierre Richard, inappropriate beings cannot go through life by being themselves. This tension could be linked to the status of France after the “Trente Glorieuses”. In this period of economic slowdown, Pierre Richard puts aside the ethos of performance, by being the only one whose strength has been defeated. Due to this weakness, an ambivalent masculinity can be perceived. While enjoying the benefits of the male gender, notably in his body expression, he differs from a traditional sense of manhood
Les comédies populaires françaises des années 1960-1970 : conceptions, imaginaires, mémoires
This thesis proposes a cultural history of French popular comedies from the 1960s-1970s. By reimagining cinema as a collective cultural production and social practice, these films are considered from an environmentalist perspective as socially and culturally constructed objects.In the first part, these comedies are reconsidered in light of the changes in the film industry over these two decades and seen as emanations of a broader culture of humor in France. In this sense, the ambition is less to understand a particular object than to describe the network within which it circulates and contributes to assigning it a function. The most popular comedies of these two decades are both the result of production processes adapted to the preferences of the film market and a source of questions about the future of the industry. On a cultural level, they aggregate and reformulate comic and humorous expressions developed on theater stages during the same period. They also mark, through their links to other film genres, their integration into a network of broader cultural references, allowing them to address issues of modernity.The second part is devoted to the study of representations of French society in the 1960s-1970s. Far from being a mere reflection of reality, these films are a privileged space for the expression of social imagination. Through fiction, they mediate the fears, doubts, and hopes of society and often reveal its ambiguities. Three dominant axes are found in the comedies studied, each corresponding to significant developments in French society during these two decades: socio-economic transformations, questions of morals, and social diversity. Through the representations in these comedies of certain very concrete changes that occurred during these two decades, a multitude of responses to the socio-economic and cultural changes in French society emerges. This complex, sometimes ambivalent perspective, is dominated by the concern for adaptation: how to conform and adapt to novelty while retaining ties to older models?After analyzing the dialogue that these comedies engage in with the French society of their time, the third and final part focuses on how they are culturally invested. The aim is still to consider these films in circulation and relation to one another. This part considers comedies as a place for redefining society through its recent history. By exploring the past, especially World War II, some comedies assert themselves not as rewrites of history but as reactions to the writing (even more to the representation) of history. By exhibiting more or less directly the modalities that govern historical representation, these historical comedies openly question society's position regarding its past. This cultural and memorial engagement with these films is further complemented by an investigation into contemporary broadcast spaces and the elements of discourse which ultimately give these comedies symbolic value. By considering these comedies in their current practices and reappropriations, by noting the cultural, identity, and symbolic projections that pass through them, we will ask ourselves if they contribute to the construction of a common identity by serving as supports of shared memory.Cette thèse propose une histoire culturelle des comédies populaires françaises des années 1960-1970. En repensant le cinéma comme une production culturelle collective et une pratique sociale, ces films sont envisagés dans une perspective environnementaliste comme des objets socialement et culturellement construits.Dans la première partie, ces comédies sont repensées à l’aune des mutations de l’industrie cinématographique durant ces deux décennies et envisagées comme des émanations d’une plus large culture du rire en France. En ce sens, l’ambition est moins de comprendre un objet particulier que de décrire le réseau au sein duquel il circule et qui contribue à lui assigner une fonction. Les comédies les plus populaires de ces deux décennies sont à la fois le résultat de processus de production adaptés aux dispositions du marché cinématographique et la source de questionnements sur le devenir de la filière. Sur un plan culturel, elles agrègent et reformulent des expressions comiques et humoristiques développées sur les scènes théâtrales à la même période. Elles marquent également, par leurs liens avec d’autres genres cinématographiques, leur intégration dans un réseau de références culturelles larges, à travers lequel elles ouvrent un propos sur la modernité.La deuxième partie est consacrée à l’étude des représentions de la société française des années 1960-1970. Bien loin d’être un décalque du réel, ces films sont un lieu d’expression privilégié de l’imaginaire social. Ils médiatisent à travers la fiction les peurs, les doutes, les espoirs d’une société et en révèlent le plus souvent les ambiguïtés. Trois axes dominent dans les comédies étudiées, correspondant chacun à des évolutions notables de la société française durant ces deux décennies : les transformations socio-économiques, la question des mœurs et la diversité sociale. À travers les représentations dans ces comédies de certains changements très concrets qui surviennent dans ces deux décennies se dessine une multiplicité de rapports face aux mutations socio-économiques et culturelles de la société française. Ce regard complexe, parfois équivoque, est dominé par le souci de l’adaptation : comment se conformer et s’acclimater à la nouveauté tout en conservant ses attaches à des modèles plus anciens ?Après cette analyse du dialogue que ces comédies engagent avec la société française de leur époque, la troisième et dernière partie s’intéresse à la manière dont elles sont investies culturellement. Il s’agit toujours de considérer ces films en circulation et en relation. Cette partie envisage les comédies comme un lieu de redéfinition de la société via son histoire récente. En explorant le passé, et tout particulièrement la Seconde Guerre mondiale, certaines comédies s’affirment non pas comme des réécritures de l’histoire mais comme des réactions à l’écriture (plus encore à la représentation) de l’histoire. En exhibant plus ou moins directement les modalités qui président à la représentation historique, ces comédies à dimension historique interrogent ouvertement la position d’une société vis-à-vis de son passé. Cet engagement culturel et mémoriel autour de ces films est complété enfin par une enquête sur les espaces de diffusion contemporains et les éléments de discours qui achèvent d’allouer à ces comédies une valeur symbolique. En considérant ces comédies dans leurs pratiques et leurs réappropriations actuelles, en relevant les projections culturelles, identitaires et symboliques qui passent à travers elles, nous nous demanderons si elles participent à l’édification d’un commun en étant les supports d’une mémoire partagée
Féérie sociale et identité artistique : la portée symbolique et culturelle du cirque dans L’Aile ou la Cuisse de Claude Zidi
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Usages, reprises et réemplois des films avec Louis de Funès sur YouTube
http://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/sites/default/files/public/laslar/manifestations/survivance-prog.pdfNational audienc
Icône déstructurée. Une expression iconoclaste d'un mythe historique et religieux dans Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc (2017) de Bruno Dumont
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"Y a pas de mai !" : le désamorçage de Mai 68 par le rire dans La Carapate (1978) de Gérard Oury
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Persistance et mutation du sentiment religieux dans le cinéma contemporain : autour de <i>Hors Satan</i> de Bruno Dumont
En s'appuyant sur les théories post-romantiques des années 1920 entrevoyant le cinéma comme le dernier art des foules susceptible de réveiller une fibre spirituelle chez l'homme, ce mémoire interroge les capacités du cinéma à réactiver une forme de sentiment religieux en dehors de toute croyance religieuse. Une première partie se consacre à l'étude comparée de Sous le soleil de Satan (1987) de Maurice Pialat et Hors Satan (2011) de Bruno Dumont où ces deux cinéastes athées élèvent leur film à des dimensions spirituelles en sondant les tréfonds et le mystère de la nature humaine plutôt qu'en s'encombrant de considérations théologiques. Une seconde partie s'attache à l'analyse de Hors Satan, film qui entend faire éclore un sentiment religieux chez le spectateur hors de tout contexte religieux. Le cinéma s'y définit ainsi comme une proposition d'expérience spirituelle à part entière
Naissance d'une vedette : Fernandel dans la presse des années trente
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Le Syndicat français de la Critique de Cinéma et des films de télévisioncomme espace de promotion d’une identité professionnelle et lieu devalorisation culturelle du “regard critique”
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Les comédies populaires françaises des années 1960-1970 : conceptions, imaginaires, mémoires
This thesis proposes a cultural history of French popular comedies from the 1960s-1970s. By reimagining cinema as a collective cultural production and social practice, these films are considered from an environmentalist perspective as socially and culturally constructed objects.In the first part, these comedies are reconsidered in light of the changes in the film industry over these two decades and seen as emanations of a broader culture of humor in France. In this sense, the ambition is less to understand a particular object than to describe the network within which it circulates and contributes to assigning it a function. The most popular comedies of these two decades are both the result of production processes adapted to the preferences of the film market and a source of questions about the future of the industry. On a cultural level, they aggregate and reformulate comic and humorous expressions developed on theater stages during the same period. They also mark, through their links to other film genres, their integration into a network of broader cultural references, allowing them to address issues of modernity.The second part is devoted to the study of representations of French society in the 1960s-1970s. Far from being a mere reflection of reality, these films are a privileged space for the expression of social imagination. Through fiction, they mediate the fears, doubts, and hopes of society and often reveal its ambiguities. Three dominant axes are found in the comedies studied, each corresponding to significant developments in French society during these two decades: socio-economic transformations, questions of morals, and social diversity. Through the representations in these comedies of certain very concrete changes that occurred during these two decades, a multitude of responses to the socio-economic and cultural changes in French society emerges. This complex, sometimes ambivalent perspective, is dominated by the concern for adaptation: how to conform and adapt to novelty while retaining ties to older models?After analyzing the dialogue that these comedies engage in with the French society of their time, the third and final part focuses on how they are culturally invested. The aim is still to consider these films in circulation and relation to one another. This part considers comedies as a place for redefining society through its recent history. By exploring the past, especially World War II, some comedies assert themselves not as rewrites of history but as reactions to the writing (even more to the representation) of history. By exhibiting more or less directly the modalities that govern historical representation, these historical comedies openly question society's position regarding its past. This cultural and memorial engagement with these films is further complemented by an investigation into contemporary broadcast spaces and the elements of discourse which ultimately give these comedies symbolic value. By considering these comedies in their current practices and reappropriations, by noting the cultural, identity, and symbolic projections that pass through them, we will ask ourselves if they contribute to the construction of a common identity by serving as supports of shared memory.Cette thèse propose une histoire culturelle des comédies populaires françaises des années 1960-1970. En repensant le cinéma comme une production culturelle collective et une pratique sociale, ces films sont envisagés dans une perspective environnementaliste comme des objets socialement et culturellement construits.Dans la première partie, ces comédies sont repensées à l’aune des mutations de l’industrie cinématographique durant ces deux décennies et envisagées comme des émanations d’une plus large culture du rire en France. En ce sens, l’ambition est moins de comprendre un objet particulier que de décrire le réseau au sein duquel il circule et qui contribue à lui assigner une fonction. Les comédies les plus populaires de ces deux décennies sont à la fois le résultat de processus de production adaptés aux dispositions du marché cinématographique et la source de questionnements sur le devenir de la filière. Sur un plan culturel, elles agrègent et reformulent des expressions comiques et humoristiques développées sur les scènes théâtrales à la même période. Elles marquent également, par leurs liens avec d’autres genres cinématographiques, leur intégration dans un réseau de références culturelles larges, à travers lequel elles ouvrent un propos sur la modernité.La deuxième partie est consacrée à l’étude des représentions de la société française des années 1960-1970. Bien loin d’être un décalque du réel, ces films sont un lieu d’expression privilégié de l’imaginaire social. Ils médiatisent à travers la fiction les peurs, les doutes, les espoirs d’une société et en révèlent le plus souvent les ambiguïtés. Trois axes dominent dans les comédies étudiées, correspondant chacun à des évolutions notables de la société française durant ces deux décennies : les transformations socio-économiques, la question des mœurs et la diversité sociale. À travers les représentations dans ces comédies de certains changements très concrets qui surviennent dans ces deux décennies se dessine une multiplicité de rapports face aux mutations socio-économiques et culturelles de la société française. Ce regard complexe, parfois équivoque, est dominé par le souci de l’adaptation : comment se conformer et s’acclimater à la nouveauté tout en conservant ses attaches à des modèles plus anciens ?Après cette analyse du dialogue que ces comédies engagent avec la société française de leur époque, la troisième et dernière partie s’intéresse à la manière dont elles sont investies culturellement. Il s’agit toujours de considérer ces films en circulation et en relation. Cette partie envisage les comédies comme un lieu de redéfinition de la société via son histoire récente. En explorant le passé, et tout particulièrement la Seconde Guerre mondiale, certaines comédies s’affirment non pas comme des réécritures de l’histoire mais comme des réactions à l’écriture (plus encore à la représentation) de l’histoire. En exhibant plus ou moins directement les modalités qui président à la représentation historique, ces comédies à dimension historique interrogent ouvertement la position d’une société vis-à-vis de son passé. Cet engagement culturel et mémoriel autour de ces films est complété enfin par une enquête sur les espaces de diffusion contemporains et les éléments de discours qui achèvent d’allouer à ces comédies une valeur symbolique. En considérant ces comédies dans leurs pratiques et leurs réappropriations actuelles, en relevant les projections culturelles, identitaires et symboliques qui passent à travers elles, nous nous demanderons si elles participent à l’édification d’un commun en étant les supports d’une mémoire partagée
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