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Bougouna Sogoba - Director AMEDD, Koutiala Mali
Bougouna Sogoba, the Director of AMEDD (Association Malienne d'Eveil au Développemeny Durable), describes in the video how the NGO is working to connect the research done on food security with the farmers, to disseminate the use of adapted seed varieties as an adaptation measure to the effects of climate change, and in particular to changed rainfall patterns, which may otherwise lead to famine
Étude de la résilience des milieux semi-arides à agriculture familiale à l’aide de données d’observation de la Terre
Les projections démographiques selon les Nations-Unies, prévoient un doublement de la population en Afrique à partir de 2036, qui atteindra 20 % de la population mondiale en 2050. Cette situation créera davantage de pression pour satisfaire aux besoins de cette population grandissante. Dans ce contexte, la compréhension des interrelations complexes entre le climat, les activités anthropiques et l’environnement bio-géophysique devient essentielle pour minimiser les incertitudes liées aux changements climatiques, en particulier dans les régions semi-arides vulnérables du continent.
L’objectif principal de cette thèse est d’explorer la faisabilité de l’utilisation des données de télédétection et des données auxiliaires multi-sources pour comprendre les vecteurs de la résilience des écosystèmes écologiques face aux perturbations des milieux semi-arides à agriculture familiale en Afrique de l’Ouest (Mali et Burkina Faso).
Le choix des sites d’étude intègre les dimensions de la diversité écologique et climatique ainsi que les pratiques agroforestières dans cette région semi-aride. Dans ces sites, la compréhension des interrelations entre le climat, notamment les précipitations et l’évolution de la végétation naturelle a été établie grâce à une analyse croisée entre une longue série temporelle du NDVI (AVHRR+MODIS) de 1984 à 2018 et une grille de précipitation extraite de la base de données « Climate Hazards Group InfraRed Precipitation (CHIRP) » couvrant la même période.
L’étude part du principe que l’appréciation de l’état de résilience des milieux concernés nécessite une combinaison des facteurs d’influence bio-géophysiques (végétation, érosion, emprise agricole) et des facteurs socioéconomiques (niveau de vie). Les états de la végétation, de l’érosion et de l’emprise agricole ont été extraits des données d’observation de la Terre en utilisant des approches bien établies.
Un nouvel indice de pauvreté multidimensionnelle adapté aux régions tropicales semi-arides à agriculture familiale a été proposé dans le cadre de cette thèse. Son développement a été soutenu par une enquête socioéconomique basée sur 68 questions, et conduite auprès de 1248 unités de production agricole. Dans le cadre de cette enquête, une nouvelle stratégie de collecte de vérités terrain a été proposée. Elle est basée sur trois sources différentes : autoévaluation, évaluation par les pairs et évaluation par l’enquêteur. Trois différents algorithmes d’intelligence artificielle ont été évalués afin de mettre au point l’indice de pauvreté adapté au contexte des milieux semi-arides à agriculture familiale. Il s’agit notamment de : Réseaux de Neurones Artificiels (ANN), Support Vecteur Machine (SVM), et Random Forest (RF). L’indice proposé est finalement basé sur le RF, qui a donné les meilleurs résultats de classification, avec des taux variant entre 78 % et 91 % pour les classes de niveau de vie. Par la suite, les principes de seuillage et d’attribution de scores qui déterminent les échelles de niveau de vie ont été appliqués dans un système d’information géographique pour combiner les facteurs d’influence bio-géophysiques avec l’indice de pauvreté proposé, dans le but de caractériser la résilience des terroirs villageois. Le nouvel indicateur résultant de cette combinaison a été désigné comme « Indice Multidimensionnel d’Équilibre du milieu (IME) ». L’appréciation de la résilience des terroirs des villages a été faite suivant trois modalités : résilient, vulnérable et dégradé.
Au Mali, les résultats d’évaluation de la résilience montrent qu’aucun des terroirs villageois de la commune de Koury n’a le statut de résilient. En revanche, dans la commune de Sanekuy, deux terroirs villageois sont résilients. Dans le cas des communes concernées au Burkina Faso, la non-disponibilité des données de terrain impose une interprétation conditionnelle des résultats. Ainsi, dans la commune de Boussouma, lorsque l’on considère que tous les villages ont le statut de résilient au point de vue socioéconomique, l’application de l’IME montre que 57% des villages se retrouvent dans un statut dégradé. Lorsque l’on considère que les conditions de vie de tous les villages sont dans le statut vulnérable, l’application de l’IME présente un résultat où 74% des terroirs villageois sont dans un statut dégradé. Dans la commune de Korsimoro, l’application de l’IME utilisant les différents statuts possibles de l’indice de pauvreté multidimensionnelle adapté, présente des résultats à dynamique similaire à celle de Boussouma, où, plus les conditions socioéconomiques sont précaires, plus l’incidence est négative sur le niveau de résilience de l’écosystème écologique.
Au regard de ces résultats, l’application de l’IME montre que la résilience des écosystèmes écologiques ruraux est dynamique au rythme des pratiques agroforestières et des variations des précipitations. Au-delà de la possibilité de cartographier quantitativement et qualitativement l’état de résilience du milieu pour chaque facteur d’influence, cette étude innove par l’établissement d’un indice original d’équilibre du milieu permettant de caractériser la résilience des écosystèmes écologiques des zones tropicales semi-arides à agriculture familiale.Abstract : Population projections, according to the United Nations, predict a doubling of the population in Africa by 2036, which will reach 20% of the world's population in 2050. This situation will lead to important pressure in order to satisfy the needs of this growing population. Understanding the complex interrelationships between climate, anthropogenic activities and the bio-geophysical environment is essential to minimize the uncertainties associated to climate change, especially in vulnerable semi-arid regions of African continent.
The main objective of this thesis is to explore the feasibility of using remote sensing and multi-source data to understand the vectors of ecological ecosystems resilience in the semi-arid family farming environments in West Africa (Mali and Burkina Faso). The choice of the study sites takes into account the ecological dimension and climatic diversity of the tropical semi-arid areas. At these sites, an understanding of the interrelationships between climate and vegetation change, was established through a cross-analysis between a long term time series of the NDVI (AVHRR+MODIS) from 1984 to 2018 and, the precipitation grid extracted from the Climate Hazards Group InfraRed Precipitation (CHIRP) database covering the same period. The study assumes that the ecological ecosystem resilience assessment requires a combination of bio geophysical influencing factors (vegetation, erosion, agricultural footprint) and socio-economic factors (standard of living). The state of vegetation, erosion and land covering by agricultural were extracted from earth observation data using well-established approaches.
A new multidimensional poverty index adapted to semi-arid tropical areas with family farming system was proposed as part of this thesis. A socio-economic survey involving 1248 agricultural production units based on 68 questions was conducted. A new strategy for collecting ground truth data was proposed based on three different sources (self-assessment, peer assessment and assessment by investigator). Three different algorithms were evaluated to develop a poverty index. These include Artificial Neural Networks (ANN); Support Vector Machine (SVM) and Random Forest (RF). The proposed index is ultimately based on the RF, which gave the best results of classification, with rates varying between 78% and 91% for the standard of living classes. Subsequently, the principles of thresholding and scoring were applied in a geographic information system (GIS) to combine bio geophysical influencing factors with the proposed poverty index, with the aim of characterizing the resilience status of target village’s areas. The new indicator resulting from this combination has been designated as the Multidimensional Middle Equilibrium Index (IME). Applied on Mali commune’s data, the ecological resilience assessment results show that none of the villages in Koury commune has the resilient status. On the other hand, in the commune of Sanekuy, 2 villages are resilient. In the case of Burkina Faso communes, the non-availability of data has conducted to a conditional interpretation of the results. Thus, in the commune of Boussouma, when we consider that all villages have the status of resilient from a socio-economic point of view, the application of the IME shows that 57% of villages find themselves in a degraded status. When we consider that the living conditions of all the villages are in the status of vulnerable, the application of the IME presents a result where 74% of the village are in a degraded status. In the commune of Korsimoro, the application of socio-economic resilience status scenarios shows the results with similar dynamics to Boussouma. Meaning that, the ecological ecosystems resilience of rural areas in semi-arid tropical zones is dynamic and linked to the agroforestry practices and to the rainfall variations.
Beyond the possibility for mapping the state of ecological ecosystems resilience with regard to each influencing factor, this study innovates by establishing an original index of family farming environmental balance in the semi-arid tropical areas. In the process of the IME establishing, the study developed a new multidimensional poverty indicator, specifically adapted for semi-arid tropical areas with family farming, which is an innovation and an original contribution to science. Finally, a network learning approach of farmers interacting with agricultural research at the local level was experimented and conceptualized as an exploration of recommendations of methodological tools for adapting the agricultural production system to the ecological ecosystems resilience
Regards croisés de paysans et chercheurs
Pour un paysan africain, rencontrer, discuter, dialoguer avec un chercheur (même du secteur agronomique) est une situation extrêmement rare. Ceux d'entre eux qui sont impliqués dans des projets de sélection participative ont par contre plus d'opportunités d'échanges, dans un cadre formel ou informel. Ceci étant, l'analyse de la relation construite entre eux et les chercheurs reste peu fréquente. L'atelier de formation organisé à Cotonou constituait en ce sens une exception. Pendant plusieurs jours, des paysans impliqués dans des projets de sélection participative ont eu tout loisir pour décrypter le regard qu'ils portaient sur les chercheurs, leur exposer ensuite leurs points de vue, recueillir le leur et construire des pistes de travail au sein de leur propre projet. Après une esquisse des séquences pédagogiques, l'article relate dans un premier temps la perception que les paysans se font des chercheurs des projets où les paysans "participent", enchaîne en présentant les modalités de travail qu'ils souhaitent mener avec les chercheurs puis transcrit les interpellations de ces derniers face à certaines des revendications affichées par les agriculteurs et, finalement, précise les rôles que les chercheurs estiment relever des paysans dans un processus de sélection partenariale
From hundreds to thousands of farmers for a sustainable intensification of key farming systems in southern Mali: Phase 2—Africa RISING Scaling Program
Les tables rondes paysans-chercheurs : simples échanges ou vrais débats ?
National audienc
How to establish dialogue between researchers and policymakers for climate change adaptation in Mali: Analysis of challenges, constraints and opportunities
Le Mali est un pays sahélien à vocation agro-sylvo-pastorale dont l’économie repose essentiellement sur l’agriculture, un secteur toutefois tributaire de la variabilité et du changement climatique. En effet, le changement et la variabilité climatiques affectent l’agriculture, tout comme l’agriculture et la gestion des ressources naturelles affectent le système climatique. Au Mali, pays au climat semi-aride tropical, les changements climatiques constituent une menace sans précédent pour la sécurité alimentaire des populations, notamment celles dont les moyens de subsistance dépendent de l’agriculture à petite échelle. Afin de développer des solutions pratiques pour l’agriculture et la sécurité alimentaire, il faut désormais intégrer de manière innovante et compréhensible, les connaissances sur le changement climatique, l’agriculture et la sécurité alimentaire ; de sorte à inclure les questions climatiques dans les politiques et stratégies nationales pour des actions bénéfiques pour la résilience des populations rurales. Les échanges d’informations et de connaissances entre acteurs s’avèrent donc être primordiaux pour s’assurer que les décisions sur les politiques, stratégies et les actions de lutte contre le changement climatique soient fondées sur les meilleures données. Ce rapport d’étude réalisé dans le cadre des activités de la plateforme nationale de dialogue science-politique sur le changement climatique, l’agriculture et la sécurité alimentaire au Mali (C-CASA Mali), vient éclairer les différents acteurs sur l’état des lieux des institutions, les défis, contraintes et opportunités pour un dialogue opérationnel entre chercheurs et décideurs pour l’adaptation au changement climatique. Huit messages clés ont été tirés de l’étude et portent sur :
(1) l’état des lieux du tissu institutionnel existant pour un dialogue fonctionnel ;
(2) les difficultés d’organisation et de fonctionnement des institutions impliquées dans la lutte contre le changement climatique ;
(3) le besoin de partenariat renforcé entre les institutions ;
(4)la nécessité d’accompagnement par des financements adéquats ; (5) l’état des lieux du dialogue entre chercheurs et décideurs au Mali ;
(6) les contraintes pour un dialogue opérationnel entre chercheurs et décideurs au Mali (7) les opportunités pour un dialogue opérationnel entre chercheurs et décideurs au Mali ;
(8) le besoin d’espace de communication entre chercheurs et décideurs au Mali. La prise en compte et l’analyse de ces messages devrait déboucher sur des recommandations actionnables pour une amélioration du dialogue inter institutionnel et des prises de décision bien informées. Les décisions politiques qui pourraient en découler contribueront certainement à la promotion d’une agriculture intelligente face au climat pour l’amélioration de la résilience des exploitations agricoles au Mali.
English version: http://hdl.handle.net/10568/5666
How can effective dialogue be established between researchers and policy makers on climate change adaptation in Mali
This briefing note summarizes the main findings of the study, conducted as part of the national platform of science-policy dialogue on climate change, agriculture and food security, or CASA C-platform created in 2012 on the importance of the researchers and decision makers dialogue and possible avenues for improvement. These findings come from the interview of 17 key institutions in adapting to climate change, collectively selected from among the members of the National Climate Change Committee of Mali
Efficient feed utilization through improved feed troughs for small ruminants in Southern Mali
Tables rondes paysans-chercheurs : simples échanges ou vrais débats ?
Le colloque scientifique international organisé à Bamako du 15 au 18 mai 2007 sur la gestion des ressources génétiques agricoles en zone de savanes d'Afrique de l'Ouest a réuni un public composé pour deux tiers de chercheurs et pour un tiers de paysans et techniciens d'organisations non gouvernementales (ONG). Trois tables rondes y ont été organisées avec l'objectif de donner spécifiquement la parole aux producteurs, de favoriser les confrontations de leurs points de vue avec ceux de l'auditoire, de " brasser " les connaissances sur trois thèmes de débat : i) la place des paysans et des organisations paysannes dans les schémas de création et sélection variétale ; ii) leur rôle dans la multiplication et diffusion des semences pour le maintien et conservation in situ de l'agrobiodiversité ; iii) le partage des savoirs pour construire de nouvelles connaissances pour la gestion de la biodiversité. Cet article reprend, en trois parties, les points majeurs autour desquels les interventions des paysans et des chercheurs se sont organisées. Après avoir développé la méthode de conduite des tables rondes, il fait état du chemin que les paysans estiment avoir parcouru ces dernières années, de la perception qu'ils ont de leur place dans les processus de création et sélection végétale. Il aborde ensuite les interrogations des chercheurs sur les enjeux de la sélection participative et s'interroge sur les limites d'une gestion paysanne de l'agrobiodiversité. Les échanges sur le partage des savoirs pour construire de nouvelles connaissances pour la gestion de la biodiversité ont abordé la notion du partage plus sous l'angle de sa signification que méthodologique. La construction de ce partage amène à repenser la distribution des rôles et des tâches dans un travail partenarial. Dans la dernière partie, sont discutés la portée réelle de ces tables rondes et les moyens à mettre en oeuvre à l'avenir pour passer de moments d'échanges d'idées à des séances de vrais débats
