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Ethics and Law in Montaigne and Bruno
When Montaigne tackles the question of laws, he essentially throws light on their problematic nature. On the one hand, he refers to the primary laws of nature (in his “avis au lecteur” from the Essais, he evokes “la douce liberté des premieres loix de nature”) and to the possibility that there are natural laws imprinted on the human nature (Essais, II, 12); on the other hand, he claims that, in human communities, such natural laws have been lost or altered, and he stresses the multiplicity, diversity and instability of the laws (and the customs) that govern the various societies (II, 12). It is not by chance that in Chapter I, 13 of the Essais, he draws attention to the fact that every country, every town, every social group has its own particular form of correctitude (“sa civilité particulière”). We should note that, in Montaigne, the line between “loi” and “coutume” is not always clear: both are means through which human communities organize themselves and give a sense to the existence of their members, and they often hold a tyrannical and not easily contested power over the decisions and behaviour of individuals (I, 23). Bruno, however, stresses the links between laws, community life and morality: he identifies, in laws, a means through which “si ordina la pratica circa le azzione morali” (Cena de le ceneri, IV), a civilizing factor of mankind (Spaccio de la bestia trionfante). The best type of philosophy – writes Bruno in his De la causa, principio et uno – is that which aspires to the perfection of the human intellect, “più corrispondente alla verità della natura”, and which can make men the “collaborators” of nature herself: this can be done in various ways, including “ordinando leggi e riformando costumi”. Even if laws can be corrupted and thus lead to a brutalization of customs (De l’infinito, universo e mondi, I), they generally organize human communities, creating bonds and ties that civilize their members in harmony with – and not in opposition to – natural law. This is a particularly interesting aspect of Brunian thinking because it gives us a chance to compare him with Montaigne: while the latter believes that laws and customs distance man from the natural dimension so that civilization, in his eyes, means an alteration of the laws of nature, the former, while recognizing that patterns of behaviour are produced in certain contexts, which pervert natural law (Spaccio della bestia trionfante, “Epistola dedicatoria”), believes that it is through laws that men achieve perfection in a community dimension, by cooperating with nature (Spaccio, II). At the dawn of modernity, Montaigne stresses the multiplicity of laws and of customs and the obscure fundament of law (Essais, III, 13), while Bruno, unlike the philosopher from Bordeaux, draws attention to their ability to cement human communities, smoothing out rough edges and laying the foundations to develop the potential of their individual members. The question of the relationship between law, ethics and customs is answered differently by the two thinkers, albeit with the occasional concordance, and we are invited to reflect on the relationship between man and nature, and on whether laws represent a strengthening or an adulteration of nature
Nature, parité et liens chez Montaigne et Bruno
Cet article propose une relecture nuancée des ouvrages de Montaigne et de Bruno à partir des notions de « nature », de « parité » et de « liens ». Par cette mise en rapport, on tente de rendre visibles les thèmes par lesquels, sous certains aspects, les deux auteurs tendent à se rejoindre, tout en montrant que des différences significatives demeurent dans l’approche et les objectifs respectifs de leurs ouvrages et dans les orientations philosophiques qui les sous-tendent
Bruno et Montaigne: Chemins de la modernité
International audienceCet ouvrage explore pour la première fois les relations entre les philosophies de Montaigne et de Bruno dans la perspective d’une confrontation spéculative qui se focalise aussi bien sur la rhétorique et l’éthique que sur l’ontologie et l’anthropologie
Letteratura e filosofia: i trattati d’amore fra Marsilio Ficino e Giordano Bruno
Introduction to the Monographic Section II,Letteratura e filosofia: i trattati d’amore fra Marsilio Ficino e Giordano Bruno, edited by Antonio Gargano and Raffaele Pinto.Introduzione alla Sezione Monografica II, Letteratura e filosofia: i trattati d’amore fra Marsilio Ficino e Giordano Bruno, a cura di Antonio Gargano e Raffaele Pinto
Ethics and law in Montaigne and Bruno
At the dawn of modernity, Montaigne stresses the multiplicity of laws and of customs and the obscure basis of law, while Bruno draws attention particularly to their ability to cement human communities. The question of the relationship between law, ethics and customs is answered differently by the two thinkers, albeit with the occasional concordance, but both invite us to reflect on the relationship between man and nature, and on whether laws represent a strengthening or an adulteration of nature
Critique, moquerie et ignorance chez Giordano Bruno
Dans l’Expulsion de la bête triomphante et dans la Cabale du cheval pégaséen, Giordano Bruno dessine les contours d’une réforme philosophique et morale de grande envergure, permettant à l’humanité de s’émanciper de la religion chrétienne, et notamment de la religion chrétienne dans sa forme extrême : le protestantisme de Calvin et de Luther. Bruno fait état d’une crise profonde que traverse l’Europe de la fin du XVIe siècle : une crise religieuse, philosophique, politique, économique et sociale (c’est l’époque des guerres de religions). Comme Bruno l’explique dans l’Expulsion, la cause principale de cette crise réside dans la dissociation, opérée par le Christianisme, entre la nature et la divinité. Cette séparation est accentuée par les protestants, notamment avec la théorie luthérienne de la grâce. Aux yeux de Bruno cette conception favorise l’inactivité, conduit à un désengagement radical dans la connaissance naturelle et dans la pratique éthico-politique. Pour surmonter la crise et pour expulser la « bête triomphante » de la culture européenne, il s’agit d’instituer une nouvelle religion naturelle, calquée sur le modèle de la religion naturelle des égyptiens. Car la vraie religion est la religion naturelle, la religion philosophique qui permet de créer, à partir du lien originaire entre Dieu et la nature, de nouveaux liens de civilisation et de progrès entre les hommes. Il s’agit là de thèmes cruciaux et d’un grand défi adressé à la philosophie et à la théologie. L’enjeu c’est la possibilité de mobiliser la philosophie pour surmonter la crise de son temps : une philosophie nouvelle qui vise à revivifier des traces occultées dans les modèles dominants de la tradition philosophique, c’est-à-dire les courants matérialistes, restés plutôt marginaux (ainsi, l’hétérodoxie de la pensée de Bruno « n’est pas d’abord cryptée, ou secrètement insinuée, mais bien plutôt éclatante, tout en restant prise dans des dispositifs de protection, sans lesquels il leur aurait été impossible de publier leur pensée » ). Dans cette optique, Bruno utilise aussi le mode d’écriture satirique ; il n’hésite pas à se servir du burlesque, du comique, de l’ironie (avec des figures d’amplification, des antiphrases, etc.), d’allusions tacites, citations inavouées et détournées, parodie, équivocité, de la fable, de l’allégorie, de la métaphore, du jeu dialogique, pour tourner en ridicule et critiquer la religion chrétienne. Mais ces dispositifs d’écriture, ces stratégies rhétoriques et la typologie même des textes (comédies, dialogues) des années 80 (du XVIe siècle), que l’on retrouve d’ailleurs largement dans l’ensemble de littérature hétérodoxe de l’époque, contribuent à décoder la spécificité et l’étrangeté de son projet philosophique par rapport aux postures épistémologiques et aux paradigmes culturels dominants (plutôt conservateurs) à son époque – le caractère de ce projet et l’effort que Bruno fait pour l’accomplir sont bien exprimés dans l’image du nageur qui lutte contre le courant impétueux d’un fleuve dans l’Épître explicatoire de l’Expulsion . Ainsi, au sein de ce travail tout à la fois « occulte » et « ouvert », comme Bruno lui-même l’affirme dans un passage fondamental du deuxième dialogue de l’Expulsion , le mode d’écriture satirique possède un lien intime avec les choix théoriques et le projet du Nolain, qui consiste à redécouvrir les pensées hétérodoxes par-delà les commentaires autorisés pour élaborer une critique de la civilisation européenne, car ce sont ces traditions (les matérialistes antiques, David de Dinant, Avicebron) qui permettent de repenser le rapport entre la divinité et la nature dans une optique anti-chrétienne
Introduction
Malgré certaines différences importantes, des idées et des thématiques communes se dégagent des ouvrages de Montaigne et de Bruno, telles la remise en question de l’ontologie hiérarchique et une vision problématique de la civilisation et du progrès des peuples. Il devient ainsi important d’explorer les relations entre les deux auteurs dans la perspective d’une confrontation spéculative qui se focalise aussi bien sur la rhétorique et l’éthique que sur l’ontologie et l’anthropologie
La curiosité et le droit à la connaissance: Hans Blumenberg et Giordano Bruno
By discussing the Blumenberg interpretation of the thought of Bruno, this article emphasizes the novelty of Bruno’s conception of knowledge and curiosity at the dawn of the modern age
Comments on the review 'Care of patients with hepatitis C and HIV co-infection' by Soriano et al.
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