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Philippe Raynaud, Victor Hugo, La révolution romantique de la liberté, Paris, Gallimard, « L’esprit de la cité », 2024, p. 116.
Philippe Raynaud est un personnage central de la vie intellectuelle française dans le domaine de la science politique et du droit. Libéral convaincu, il a publié aussi bien des essais sur l’actualité politique française (L’extrême gauche plurielle, Paris, Autrement, 2006 ou Emmanuel Macron : une révolution bien tempérée, Paris, Desclée De Brouwer, 2018) que des œuvres plus fondamentales, dirigeant avec Stéphane Rials le Dictionnaire de philosophie politique, PUF, 2003, proposant une comparaison des trois grandes révolutions libérales Trois révolutions de la liberté. Angleterre, Amérique, France, Paris, PUF, 2009 et expliquant aussi bien les institutions françaises de la Vème république (Le juge et le philosophe : Essais sur le nouvel âge du droit, Paris, Armand Colin, 2008 ; L\u27esprit de la Ve République, L’histoire, le régime, le système, Paris, Perrin, 2017) que méditant des réflexions plus liées à l’évolution politico-sociale des idées (La laïcité : Histoire d\u27une singularité française, Paris, Gallimard, 2019 ; La politesse des Lumières: Les lois, les mœurs, les manières, Paris, Gallimard, 2013). Une des constantes de son travail fut le retour aux grands auteurs politiques, ayant préfacé des éditions des textes politiques de Kant, Constant, Tocqueville, Kelsen… Par sa présentation de la pensée politique de Victor Hugo, il retrouve ainsi l’esprit de son travail de thèse Max Weber et les dilemmes de la raison moderne, Paris, PUF, 1987
Inégalités de revenu en milieu rural dans le bassin arachidier du Sénégal
Ce rapport analyse les inégalités de revenu dans le bassin arachidier sénégalais, une des principales régions de production agricole pluviale du pays, qui concentre la plus une grande partie de la population rurale. Les données utilisées proviennent d'une enquête menée par le Projet d'Appui aux Politiques Agricoles (PAPA) auprès des producteurs de céréales et légumineuses. L'échantillon des producteurs du bassin arachidier compte 1770 ménages (dont 103 dirigés par des femmes). Le calcul du coefficient de Gini, l'analyse de sa décomposition par source de revenus et la caractérisation des sources de revenus ont permis de faire un état des lieux des inégalités. De façon globale, les résultats montrent un taux de pauvreté très élevé (90% des ménages en dessous du seuil de 598 FCFA (0,91€/équivalent adulte/jour) et des inégalités importantes : - En termes de revenus pour tout l'échantillon : le coefficient de Gini est de 0,44 (légèrement supérieur à celui du Sénégal qui était de 0,4 en 2011). Les revenus totaux annuels des 20% des ménages les plus riches sont dix fois plus élevés que ceux des 20% les plus pauvres. - Selon le genre du chef de ménage : un revenu médian par ménage significativement inférieur (407 500 FCFA/an contre 550 000) et un taux de pauvreté plus élevé (94% contre 89%) chez les ménages dirigés par des femmes (seulement 6% de l'échantillon). - Spatiale : il existe une hétérogénéité de revenu marquée entre département (3 fois plus élevés à Nioro qu'à Diourbel), mais ces inégalités inter-département sont plus faibles que les inégalités intra-département. Les inégalités sont également légèrement plus élevées dans les zones bénéficiant d'une pluviométrie moyenne plus forte. - En fonction de la qualité pluviométrique de l'année : on montre ici que les exploitations ayant connu en 2016 une pluviométrie meilleure par rapport à la moyenne connaissent un revenu médian et des inégalités de revenu plus élevés (+42% de revenu médian par rapport aux exploitations avec une année 2016 sèche et +17% d'écart relatif interquartile). Cet effet est encore plus fort si on s'intéresse uniquement aux revenus agricoles. Conformément à l'approche par les moyens d'existence, les inégalités de revenus se retrouvent également dans les principaux facteurs de production. Ainsi, les 20% des exploitations les plus riches ont une superficie 3 fois supérieure aux 20% les plus pauvres, elles ont également des meilleurs rendements agricoles dus notamment à une plus grande utilisation des intrants chimiques et du matériel agricole. Les plus riches ont également des revenus plus diversifiés même si les revenus agricoles restent dans tous les cas très majoritaires (part de 90% pour les plus pauvres contre 76% pour les plus riches) par rapport aux autres types de revenus (transferts, revenus non agricoles, revenus de l'élevage). Par ailleurs, l'analyse des élasticités Gini montre que seule une augmentation des revenus agricoles (en maintenant les autres types de revenus constants) permet de réduire les inégalités de revenus. La diversification des sources de revenus permet quant à elle de réduire les différences de revenus entre les zones de faible et de forte pluviométrie moyenne : on passe ainsi d'un ratio (revenu médian zone humide/revenu médian zone sèche) de 1,62 avec seulement les revenus agricoles à 1,14 en prenant en compte les autres sources de revenus
Climat et agriculture en Afrique de l'Ouest : Quantification de l'impact du changement climatique sur les rendements et évaluation de l'utilité des prévisions saisonnières
In this thesis, we first aim at determining past and future climate changes in West Africa. This leads us to a review of all the studies assessing the impact of future climate changes on agricultural yields in the area, in order to give robust results. The median value of all relative changes of yield is - 11%, hence the relevance for future studies to define a large range of climatic scenarios, and to focus on the differences among cultivars and between the Northern and Southern parts of West Africa. Based on these conclusions, we next intend to evaluate the impact of future climate change on West African yields using a network of thirty five meteorological stations providing daily historical data (1961/1990). To do so, it is necessary for us to define thirty five climatic scenarios based on rainfall and temperature anomalies and to compute yields for three contrasted millet and sorghum cultivars. Results reveal a negative evolution of average yield, mainly driven by temperature rise. Rainfall anomalies can only compensate (positive anomaly) or aggravate (negative) this negative yield change. We also find that potential impacts are more pessimistic for cultivars with a constant cycle length. Given these previous findings about high year-to-year variability of rainfall (thus entailing a variability of yields) and given the uncertain future climate, we are led to study next what interest the farmers would have in having climatic information such as seasonal forecasts. These forecasts can be used to minimize the impacts of rainfall variability and are robust to climate change. We compute the value of such forecasts for millet growers in Niger, using a simple economic model which represents farmers' strategies (cropping practices, risk aversion). Results reveal a positive impact of such forecasts on average income, even for dry years and with a forecast accuracy close to a real one. This imperfect forecast leads to a +6.9% increase in income on the whole period (eighteen years). This increase is slightly more important considering a forecast with perfect accuracy (+11%) and reaches +34% if other information such as the onset and the offset of the rainy season are given. Finally, we develop participatory workshops in Senegal (i) to study precisely how farmers change their cropping strategies with seasonal and decadal forecasts and (ii) to quantify the impact of such forecasts on yields. This impact is assessed by an expert and reveals that forecasts have mainly no impact on yields (62%). However, it is positive in 31% of cases.Cette thèse cherche à étudier les relations climat/agriculture en Afrique de l'Ouest dans un contexte de croissance démographique nécessitant une augmentation des rendements agricoles futurs. Nous cherchons à caractériser dans un premier temps les changements climatiques passés et futurs dans la région, puis à passer en revue plusieurs études qui donnent une estimation de l'impact du climat futur sur les rendements agricoles de la sous-région, afin de produire des résultats robustes et de souligner les limites de ces études. La valeur médiane d'évolution des rendements futurs se situe ainsi vers -11%, et cette valeur est robuste au type de modèle agronomique employé. Il semble de plus nécessaire de travailler plus en détail sur les scénarii futurs, parfois trop limités et sur les différences entre variétés qui peuvent être importantes. Nous soulignons également l'hétérogénéité des résultats à l'échelle de la sous-région. Nous nous fondons dans un deuxième temps sur ces constatations pour réaliser une étude d'impact originale utilisant des données observées sur 35 stations météorologiques en Afrique de l'Ouest. Pour cela, nous définissons 35 scénarii possibles fondés sur cinq anomalies de pluie (de -20% à +20%) et sept de température (de +0°C à +6°C) et nous simulons les rendements pour trois variétés contrastées de mil et trois de sorgho. Les résultats montrent entre autre une évolution négative du rendement moyen principalement due à l'augmentation de température que la pluie peut seulement atténuer ou aggraver. On note également un impact plus négatif pour les variétés à cycle court et constant que pour les variétés sensibles à la photopériode. Enfin, pour une même anomalie de température, si on considère comme équiprobables les cinq scénarii de pluie, la probabilité d'avoir une forte baisse des rendements est plus importante dans le Sud de la sous-région. Les constatations sur la forte variabilité interannuelle de la pluie (et donc des rendements) et sur le climat futur incertain nous poussent donc à étudier l'intérêt pour les paysans sahéliens de prévisions climatiques saisonnières qui donnent avant le début de la saison des pluies une information sur la catégorie du cumul pluviométrique (plutôt sec, normal ou humide). Cette prévision permet ainsi de minimiser l'impact de l'aléa pluviométrique et est robuste à l'incertitude du changement climatique. Nous calculons de ce fait la valeur d'une telle information pour les cultivateurs de mil nigériens en utilisant un modèle économique représentant les stratégies des agents considérés (choix culturaux, aversion au risque...). Les résultats montrent un impact sur le revenu globalement positif, même en années sèches et avec une prévision d'une précision proche de l'existant. Ainsi, cette prévision imparfaite donne une augmentation du revenu de +6.9% sur les 18 années. Ce gain est légèrement supérieur avec une prévision parfaite (+11%) et atteint +34% si on fournit des informations supplémentaires sur le début et la fin de la saison: ces informations permettent en effet d'utiliser de nouvelles stratégies culturales. Enfin, afin d'étudier des points que l'évaluation théorique laissait en suspens nous élaborons au Sénégal des ateliers participatifs qui visent à étudier avec les acteurs locaux les changements de stratégies culturales en réaction à des prévisions climatiques (saisonnières et décadaires), ainsi que le gain engendré par ces prévisions sur les rendements. L'impact sur les rendements est évalué avec l'aide d'un expert et montre que les prévisions ont certes un effet nul dans 62% des cas, mais qu'il est positif dans 31%. Ces résultats dépendent cependant des villages étudiés
Climat et agriculture en Afrique de l'Ouest : Quantification de l'impact du changement climatique sur les rendements et évaluation de l'utilité des prévisions saisonnières
In this thesis, we first aim at determining past and future climate changes in West Africa. This leads us to a review of all the studies assessing the impact of future climate changes on agricultural yields in the area, in order to give robust results. The median value of all relative changes of yield is - 11%, hence the relevance for future studies to define a large range of climatic scenarios, and to focus on the differences among cultivars and between the Northern and Southern parts of West Africa. Based on these conclusions, we next intend to evaluate the impact of future climate change on West African yields using a network of thirty five meteorological stations providing daily historical data (1961/1990). To do so, it is necessary for us to define thirty five climatic scenarios based on rainfall and temperature anomalies and to compute yields for three contrasted millet and sorghum cultivars. Results reveal a negative evolution of average yield, mainly driven by temperature rise. Rainfall anomalies can only compensate (positive anomaly) or aggravate (negative) this negative yield change. We also find that potential impacts are more pessimistic for cultivars with a constant cycle length. Given these previous findings about high year-to-year variability of rainfall (thus entailing a variability of yields) and given the uncertain future climate, we are led to study next what interest the farmers would have in having climatic information such as seasonal forecasts. These forecasts can be used to minimize the impacts of rainfall variability and are robust to climate change. We compute the value of such forecasts for millet growers in Niger, using a simple economic model which represents farmers' strategies (cropping practices, risk aversion). Results reveal a positive impact of such forecasts on average income, even for dry years and with a forecast accuracy close to a real one. This imperfect forecast leads to a +6.9% increase in income on the whole period (eighteen years). This increase is slightly more important considering a forecast with perfect accuracy (+11%) and reaches +34% if other information such as the onset and the offset of the rainy season are given. Finally, we develop participatory workshops in Senegal (i) to study precisely how farmers change their cropping strategies with seasonal and decadal forecasts and (ii) to quantify the impact of such forecasts on yields. This impact is assessed by an expert and reveals that forecasts have mainly no impact on yields (62%). However, it is positive in 31% of cases.Cette thèse cherche à étudier les relations climat/agriculture en Afrique de l'Ouest dans un contexte de croissance démographique nécessitant une augmentation des rendements agricoles futurs. Nous cherchons à caractériser dans un premier temps les changements climatiques passés et futurs dans la région, puis à passer en revue plusieurs études qui donnent une estimation de l'impact du climat futur sur les rendements agricoles de la sous-région, afin de produire des résultats robustes et de souligner les limites de ces études. La valeur médiane d'évolution des rendements futurs se situe ainsi vers -11%, et cette valeur est robuste au type de modèle agronomique employé. Il semble de plus nécessaire de travailler plus en détail sur les scénarii futurs, parfois trop limités et sur les différences entre variétés qui peuvent être importantes. Nous soulignons également l'hétérogénéité des résultats à l'échelle de la sous-région. Nous nous fondons dans un deuxième temps sur ces constatations pour réaliser une étude d'impact originale utilisant des données observées sur 35 stations météorologiques en Afrique de l'Ouest. Pour cela, nous définissons 35 scénarii possibles fondés sur cinq anomalies de pluie (de -20% à +20%) et sept de température (de +0°C à +6°C) et nous simulons les rendements pour trois variétés contrastées de mil et trois de sorgho. Les résultats montrent entre autre une évolution négative du rendement moyen principalement due à l'augmentation de température que la pluie peut seulement atténuer ou aggraver. On note également un impact plus négatif pour les variétés à cycle court et constant que pour les variétés sensibles à la photopériode. Enfin, pour une même anomalie de température, si on considère comme équiprobables les cinq scénarii de pluie, la probabilité d'avoir une forte baisse des rendements est plus importante dans le Sud de la sous-région. Les constatations sur la forte variabilité interannuelle de la pluie (et donc des rendements) et sur le climat futur incertain nous poussent donc à étudier l'intérêt pour les paysans sahéliens de prévisions climatiques saisonnières qui donnent avant le début de la saison des pluies une information sur la catégorie du cumul pluviométrique (plutôt sec, normal ou humide). Cette prévision permet ainsi de minimiser l'impact de l'aléa pluviométrique et est robuste à l'incertitude du changement climatique. Nous calculons de ce fait la valeur d'une telle information pour les cultivateurs de mil nigériens en utilisant un modèle économique représentant les stratégies des agents considérés (choix culturaux, aversion au risque...). Les résultats montrent un impact sur le revenu globalement positif, même en années sèches et avec une prévision d'une précision proche de l'existant. Ainsi, cette prévision imparfaite donne une augmentation du revenu de +6.9% sur les 18 années. Ce gain est légèrement supérieur avec une prévision parfaite (+11%) et atteint +34% si on fournit des informations supplémentaires sur le début et la fin de la saison: ces informations permettent en effet d'utiliser de nouvelles stratégies culturales. Enfin, afin d'étudier des points que l'évaluation théorique laissait en suspens nous élaborons au Sénégal des ateliers participatifs qui visent à étudier avec les acteurs locaux les changements de stratégies culturales en réaction à des prévisions climatiques (saisonnières et décadaires), ainsi que le gain engendré par ces prévisions sur les rendements. L'impact sur les rendements est évalué avec l'aide d'un expert et montre que les prévisions ont certes un effet nul dans 62% des cas, mais qu'il est positif dans 31%. Ces résultats dépendent cependant des villages étudiés
Climat et agriculture en Afrique de l'Ouest : Quantification de l'impact du changement climatique sur les rendements et évaluation de l'utilité des prévisions saisonnières
In this thesis, we first aim at determining past and future climate changes in West Africa. This leads us to a review of all the studies assessing the impact of future climate changes on agricultural yields in the area, in order to give robust results. The median value of all relative changes of yield is - 11%, hence the relevance for future studies to define a large range of climatic scenarios, and to focus on the differences among cultivars and between the Northern and Southern parts of West Africa. Based on these conclusions, we next intend to evaluate the impact of future climate change on West African yields using a network of thirty five meteorological stations providing daily historical data (1961/1990). To do so, it is necessary for us to define thirty five climatic scenarios based on rainfall and temperature anomalies and to compute yields for three contrasted millet and sorghum cultivars. Results reveal a negative evolution of average yield, mainly driven by temperature rise. Rainfall anomalies can only compensate (positive anomaly) or aggravate (negative) this negative yield change. We also find that potential impacts are more pessimistic for cultivars with a constant cycle length. Given these previous findings about high year-to-year variability of rainfall (thus entailing a variability of yields) and given the uncertain future climate, we are led to study next what interest the farmers would have in having climatic information such as seasonal forecasts. These forecasts can be used to minimize the impacts of rainfall variability and are robust to climate change. We compute the value of such forecasts for millet growers in Niger, using a simple economic model which represents farmers' strategies (cropping practices, risk aversion). Results reveal a positive impact of such forecasts on average income, even for dry years and with a forecast accuracy close to a real one. This imperfect forecast leads to a +6.9% increase in income on the whole period (eighteen years). This increase is slightly more important considering a forecast with perfect accuracy (+11%) and reaches +34% if other information such as the onset and the offset of the rainy season are given. Finally, we develop participatory workshops in Senegal (i) to study precisely how farmers change their cropping strategies with seasonal and decadal forecasts and (ii) to quantify the impact of such forecasts on yields. This impact is assessed by an expert and reveals that forecasts have mainly no impact on yields (62%). However, it is positive in 31% of cases.Cette thèse cherche à étudier les relations climat/agriculture en Afrique de l'Ouest dans un contexte de croissance démographique nécessitant une augmentation des rendements agricoles futurs. Nous cherchons à caractériser dans un premier temps les changements climatiques passés et futurs dans la région, puis à passer en revue plusieurs études qui donnent une estimation de l'impact du climat futur sur les rendements agricoles de la sous-région, afin de produire des résultats robustes et de souligner les limites de ces études. La valeur médiane d'évolution des rendements futurs se situe ainsi vers -11%, et cette valeur est robuste au type de modèle agronomique employé. Il semble de plus nécessaire de travailler plus en détail sur les scénarii futurs, parfois trop limités et sur les différences entre variétés qui peuvent être importantes. Nous soulignons également l'hétérogénéité des résultats à l'échelle de la sous-région. Nous nous fondons dans un deuxième temps sur ces constatations pour réaliser une étude d'impact originale utilisant des données observées sur 35 stations météorologiques en Afrique de l'Ouest. Pour cela, nous définissons 35 scénarii possibles fondés sur cinq anomalies de pluie (de -20% à +20%) et sept de température (de +0°C à +6°C) et nous simulons les rendements pour trois variétés contrastées de mil et trois de sorgho. Les résultats montrent entre autre une évolution négative du rendement moyen principalement due à l'augmentation de température que la pluie peut seulement atténuer ou aggraver. On note également un impact plus négatif pour les variétés à cycle court et constant que pour les variétés sensibles à la photopériode. Enfin, pour une même anomalie de température, si on considère comme équiprobables les cinq scénarii de pluie, la probabilité d'avoir une forte baisse des rendements est plus importante dans le Sud de la sous-région. Les constatations sur la forte variabilité interannuelle de la pluie (et donc des rendements) et sur le climat futur incertain nous poussent donc à étudier l'intérêt pour les paysans sahéliens de prévisions climatiques saisonnières qui donnent avant le début de la saison des pluies une information sur la catégorie du cumul pluviométrique (plutôt sec, normal ou humide). Cette prévision permet ainsi de minimiser l'impact de l'aléa pluviométrique et est robuste à l'incertitude du changement climatique. Nous calculons de ce fait la valeur d'une telle information pour les cultivateurs de mil nigériens en utilisant un modèle économique représentant les stratégies des agents considérés (choix culturaux, aversion au risque...). Les résultats montrent un impact sur le revenu globalement positif, même en années sèches et avec une prévision d'une précision proche de l'existant. Ainsi, cette prévision imparfaite donne une augmentation du revenu de +6.9% sur les 18 années. Ce gain est légèrement supérieur avec une prévision parfaite (+11%) et atteint +34% si on fournit des informations supplémentaires sur le début et la fin de la saison: ces informations permettent en effet d'utiliser de nouvelles stratégies culturales. Enfin, afin d'étudier des points que l'évaluation théorique laissait en suspens nous élaborons au Sénégal des ateliers participatifs qui visent à étudier avec les acteurs locaux les changements de stratégies culturales en réaction à des prévisions climatiques (saisonnières et décadaires), ainsi que le gain engendré par ces prévisions sur les rendements. L'impact sur les rendements est évalué avec l'aide d'un expert et montre que les prévisions ont certes un effet nul dans 62% des cas, mais qu'il est positif dans 31%. Ces résultats dépendent cependant des villages étudiés
Climat et agriculture en Afrique de l'Ouest : Quantification de l'impact du changement climatique sur les rendements et évaluation de l'utilité des prévisions saisonnières
In this thesis, we first aim at determining past and future climate changes in West Africa. This leads us to a review of all the studies assessing the impact of future climate changes on agricultural yields in the area, in order to give robust results. The median value of all relative changes of yield is - 11%, hence the relevance for future studies to define a large range of climatic scenarios, and to focus on the differences among cultivars and between the Northern and Southern parts of West Africa. Based on these conclusions, we next intend to evaluate the impact of future climate change on West African yields using a network of thirty five meteorological stations providing daily historical data (1961/1990). To do so, it is necessary for us to define thirty five climatic scenarios based on rainfall and temperature anomalies and to compute yields for three contrasted millet and sorghum cultivars. Results reveal a negative evolution of average yield, mainly driven by temperature rise. Rainfall anomalies can only compensate (positive anomaly) or aggravate (negative) this negative yield change. We also find that potential impacts are more pessimistic for cultivars with a constant cycle length. Given these previous findings about high year-to-year variability of rainfall (thus entailing a variability of yields) and given the uncertain future climate, we are led to study next what interest the farmers would have in having climatic information such as seasonal forecasts. These forecasts can be used to minimize the impacts of rainfall variability and are robust to climate change. We compute the value of such forecasts for millet growers in Niger, using a simple economic model which represents farmers' strategies (cropping practices, risk aversion). Results reveal a positive impact of such forecasts on average income, even for dry years and with a forecast accuracy close to a real one. This imperfect forecast leads to a +6.9% increase in income on the whole period (eighteen years). This increase is slightly more important considering a forecast with perfect accuracy (+11%) and reaches +34% if other information such as the onset and the offset of the rainy season are given. Finally, we develop participatory workshops in Senegal (i) to study precisely how farmers change their cropping strategies with seasonal and decadal forecasts and (ii) to quantify the impact of such forecasts on yields. This impact is assessed by an expert and reveals that forecasts have mainly no impact on yields (62%). However, it is positive in 31% of cases.Cette thèse cherche à étudier les relations climat/agriculture en Afrique de l'Ouest dans un contexte de croissance démographique nécessitant une augmentation des rendements agricoles futurs. Nous cherchons à caractériser dans un premier temps les changements climatiques passés et futurs dans la région, puis à passer en revue plusieurs études qui donnent une estimation de l'impact du climat futur sur les rendements agricoles de la sous-région, afin de produire des résultats robustes et de souligner les limites de ces études. La valeur médiane d'évolution des rendements futurs se situe ainsi vers -11%, et cette valeur est robuste au type de modèle agronomique employé. Il semble de plus nécessaire de travailler plus en détail sur les scénarii futurs, parfois trop limités et sur les différences entre variétés qui peuvent être importantes. Nous soulignons également l'hétérogénéité des résultats à l'échelle de la sous-région. Nous nous fondons dans un deuxième temps sur ces constatations pour réaliser une étude d'impact originale utilisant des données observées sur 35 stations météorologiques en Afrique de l'Ouest. Pour cela, nous définissons 35 scénarii possibles fondés sur cinq anomalies de pluie (de -20% à +20%) et sept de température (de +0°C à +6°C) et nous simulons les rendements pour trois variétés contrastées de mil et trois de sorgho. Les résultats montrent entre autre une évolution négative du rendement moyen principalement due à l'augmentation de température que la pluie peut seulement atténuer ou aggraver. On note également un impact plus négatif pour les variétés à cycle court et constant que pour les variétés sensibles à la photopériode. Enfin, pour une même anomalie de température, si on considère comme équiprobables les cinq scénarii de pluie, la probabilité d'avoir une forte baisse des rendements est plus importante dans le Sud de la sous-région. Les constatations sur la forte variabilité interannuelle de la pluie (et donc des rendements) et sur le climat futur incertain nous poussent donc à étudier l'intérêt pour les paysans sahéliens de prévisions climatiques saisonnières qui donnent avant le début de la saison des pluies une information sur la catégorie du cumul pluviométrique (plutôt sec, normal ou humide). Cette prévision permet ainsi de minimiser l'impact de l'aléa pluviométrique et est robuste à l'incertitude du changement climatique. Nous calculons de ce fait la valeur d'une telle information pour les cultivateurs de mil nigériens en utilisant un modèle économique représentant les stratégies des agents considérés (choix culturaux, aversion au risque...). Les résultats montrent un impact sur le revenu globalement positif, même en années sèches et avec une prévision d'une précision proche de l'existant. Ainsi, cette prévision imparfaite donne une augmentation du revenu de +6.9% sur les 18 années. Ce gain est légèrement supérieur avec une prévision parfaite (+11%) et atteint +34% si on fournit des informations supplémentaires sur le début et la fin de la saison: ces informations permettent en effet d'utiliser de nouvelles stratégies culturales. Enfin, afin d'étudier des points que l'évaluation théorique laissait en suspens nous élaborons au Sénégal des ateliers participatifs qui visent à étudier avec les acteurs locaux les changements de stratégies culturales en réaction à des prévisions climatiques (saisonnières et décadaires), ainsi que le gain engendré par ces prévisions sur les rendements. L'impact sur les rendements est évalué avec l'aide d'un expert et montre que les prévisions ont certes un effet nul dans 62% des cas, mais qu'il est positif dans 31%. Ces résultats dépendent cependant des villages étudiés
François-Xavier COTE ET AL., La transition agro-écologique des agricultures du Sud (QUAE, 2019)
Recension de l'ouvrage de François-Xavier COTE, Emmanuelle POIRIER-MAGONA, Sylvain PERRET, Bruno RAPIDEL, Philippe ROUDIER, Marie-Cécile THIRION (dir.), La transition agro-écologique des agricultures du Sud, Agricultures et défis du monde, Versailles, Éditions Quæ, 2019, 371 p. Cette recension par Delphine Thivet (Centre Emile Durkheim, Université de Bordeaux) a été publiée dans Innovations, n° 64, 2021, p. 237-240. https://www.cairn.info/revue-innovations-2021-1-page-237.htm Issu de t..
Les groupes aériens d’observation d’artillerie en Indochine
Héritiers des détachements aériens d’observation d’artillerie de la Seconde Guerre mondiale, trois groupes aériens d’observation d’artillerie (GAOA) sont employés durant la guerre d’Indochine. Il s’agit des 1er puis 21e GAOA, 2e puis 22e GAOA, 3e puis 23e GAOA, stationnés respectivement en Cochinchine, en Annam et au Tonkin ; seuls des détachements appartenant à ces unités servent au Laos et au Cambodge. Les missions confiées à ces groupes sont multiples, l’accompagnement des troupes et la reconnaissance à vue en sont les principales, où durant lesquelles, de nombreux réglages d’artilleries sont effectués renforçant la spécificité des GAOA : l’observation aérienne d’artillerie. Véritable observatoire aérien, « œil du commandement », l’avion d’observation va être engagé dans toutes les opérations du conflit indochinois, et principalement dans la zone opérationnelle du Tonkin.Artillery aerial observations groups in Indochina. Heirs of the air detachments of artillery observation of World War II, three groups of aerial artillery observation (GAOA) were used during the Indochina war. These are the 1st then 21st GAOA, 2nd then 22nd GAOA, and 3rd then 23rd GAOA stationed respectively in Cochinchina, Annam and Tonkin; only detachments belonging to these units served in Laos and Cambodia. The missions assigned to these groups were multiple; supporting troops and reconnaissance are the main ones, during which, many adjustments were made to artillery reinforcing the specificity of GAOA: artillery aerial observation. True aerial observation, "the eye of command", aircraft were involved in all operations of the Indochina conflict, mainly in the operational area of Tonkin
Climat et agriculture en Afrique de l'Ouest (quantification de l'impact du changement climatique sur les rendements et évaluation de l'utilité des prévisions saisonnières)
Cette thèse cherche à étudier les relations climat/agriculture en Afrique de l'Ouest. Dans un premier temps, nous passons en revue plusieurs études qui donnent une estimation de l'impact du climat futur sur les rendements agricoles. La valeur médiane d'évolution des rendements futurs se situe ainsi vers -11%. Il semble de plus nécessaire de travailler plus en détail sur les scénarii futurs, parfois trop limités et sur les différences entre variétés. Nous nous fondons sur ces constatations pour réaliser une étude d'impact originale utilisant des données observées sur 35 stations météorologiques en Afrique de l'Ouest. Les résultats montrent entre autre une évolution négative du rendement moyen principalement due à l'augmentation de température que la pluie peut seulement atténuer ou aggraver. On note également un impact plus négatif pour les variétés à cycle court et constant. Cela nous pousse donc à étudier l'intérêt des prévisions climatiques saisonnières qui permettent de minimiser l'impact de l'aléa pluviométrique. Nous calculons leur valeur pour les cultivateurs de mil nigériens en utilisant un modèle économique. Les résultats montrent un impact sur le revenu globalement positif (+6.9%), même en années sèches et avec une précision d'une précision proche de l'existant. Enfin, afin d'étudier des points que l'évaluation théorique laissait en suspens nous élaborons au Sénégal des ateliers participatifs qui visent à étudier avec les acteurs locaux les changements de stratégies culturales en réaction à des prévisions climatiques, ainsi que le gain engendré par ces prévisions sur les rendements. L'impact sur les rendements est évalué avec l'aide d'un expert et montre que les prévisions ont certes un effet nul dans 62% des cas, mais qu'il est positif dans 31%.In this thesis, we first aim at reviewing all the studies assessing the impact of future climate changes on agricultural yields. The median value of all relative changes of yield is -11%. We also underline the relevance for future studies to define a large range of climatic scenarios. Based on these conclusions, we next intend to evaluate the impact of future climate change on West African yields using 35 meteorological stations. Results reveal a negative evolution of average yield, mainly driven by temperature rise. Rainfall anomalies can only compensate (positive anomaly) or aggravate (negative) this tendency. We also find that potential impacts are more pessimistic for cultivars with a constant cycle length. Given these previous findings about high year-to-year variability of rainfall (thus entailing a variability of yields) and given the uncertain future climate, we are led to study next what interest the farmers would have in having climatic information such as seasonal forecasts. These forecasts can be used to minimize the impacts of rainfall variability. We compute the value of such forecasts for millet growers in Niger, using a simple economic model. Results reveal a positive impact of such forecasts on average income, even for dry years and with a forecast accuracy close to a real one. This increase reaches +34% if other information such as the onset and the offset of the rainy season are given. Finally, we develop participatory workshops in Senegal (i) to study precisely how farmers change their cropping strategies with seasonal and decadal forecasts and (ii) to quantify the impact of such forecasts on yields. This study reveals that forecasts have mainly no impact on yields (62%). However, it is positive in 31% of cases.PARIS3-BU (751052102) / SudocSudocFranceF
GlobalSoilMap for Soil Organic Carbon Mapping and Modeling
les auteurs : Dominique Arrouays, Budiman Minasny, Alex. B. McBratney, Mike Grundy, Neil McKenzie, James Thompson, Alessandro Gimona, Suk Young Hong, Scott Smith, Alfred Hartemink, Songchao Chen, Manuel P. Martin, Vera Leatitia Mulder, Anne C. Richer-de-Forges, Nicolas P.A. Saby, Inakwu Odeh, José Padarian, Glenn Lelyk, Laura Poggio, Igor Savin, Vladimir Stolbovoy, Yiyi Sulaeman, Dedi Nursyamsi, Gan-Lin Zhang, Mogens H. Greve, Zamir Libohova, Philippe Lagacherie, Pierre Roudier, Johan G.B. Leenaars, Gerard B.M. Heuvelink, Luca Montanarella, Panos Panagos, Jon Hempelles auteurs : Dominique Arrouays, Budiman Minasny, Alex. B. McBratney, Mike Grundy, Neil McKenzie, James Thompson, Alessandro Gimona, Suk Young Hong, Scott Smith, Alfred Hartemink, Songchao Chen, Manuel P. Martin, Vera Leatitia Mulder, Anne C. Richer-de-Forges, Nicolas P.A. Saby, Inakwu Odeh, José Padarian, Glenn Lelyk, Laura Poggio, Igor Savin, Vladimir Stolbovoy, Yiyi Sulaeman, Dedi Nursyamsi, Gan-Lin Zhang, Mogens H. Greve, Zamir Libohova, Philippe Lagacherie, Pierre Roudier, Johan G.B. Leenaars, Gerard B.M. Heuvelink, Luca Montanarella, Panos Panagos, Jon HempelThe demand for information on functional soil properties is high and has increased over time. This isespecially true for soil organic carbon (SOC) in the framework of food security and climate change. TheGlobalSoilMap consortium was established in response to such a soaring demand for up-to-date andrelevant soil information. The majority of the data needed to produce GlobalSoilMap soil property mapswill, at least for the first generation, come mainly from archived soil legacy data, which could includepolygon soil maps and point pedon data, and from available co-variates such as climatic data, remotesensing information, geological data, and other forms of environmental information.Several countries have already released products according to the GlobalSoilMap specifications and theproject is rejuvenating soil survey and mapping in many parts of the world. Functional soil property mapshave been produced using digital soil mapping techniques and existing legacy information and madeavailable to the user community for application. In addition, uncertainty has been provided as a 90%prediction interval based on estimated upper and lower class limits. We believe that GlobalSoilMapconstitutes the best available framework and methodology to address global issues about SOC mapping.Main scientific challenges include time related and uncertainties issues
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