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Évaluation de la politique de répartition géographique des effectifs médicaux spécialisés au Québec
L'efficience exigée de la gouvernance d'un système de santé public comme celui du Québec soulève l'importance de l'efficacité des politiques publiques mises en œuvre pour assurer à la population un accès aux services sur l'ensemble du territoire. Or, depuis les années 1990, ces politiques opèrent dans un contexte où s'entrecroisent insuffisance d'effectifs médicaux et changements sociodémographiques. Ce mémoire présente la démarche et les résultats d'une analyse de l'efficacité de la politique de répartition géographique des effectifs médicaux à améliorer l'accès aux services de médecine spécialisée dans les territoires des régions non universitaires. Les observations permettent de conclure que, de 2002 à 2010, la politique n'a pas été suivie d'une amélioration de l'autosuffisance des régions non universitaires en services médicaux spécialisés. Elle a permis cependant d'éviter leur dégradation. Ce qui constitue pour la population de ces régions un résultat concret et équitable de la politique
La relation entre les éléments intangibles de l’institution, de la culture et de la structure organisationnelle et le comportement décisionnel des décideurs stratégiques (hauts fonctionnaires) des organisations publiques : recherche qualitative.
Les administrations publiques sont confrontées aux enjeux complexes. De multiples transformations organisationnelles sont entreprises afin de trouver un équilibre entre l’intérêt public et les capacités organisationnelles. Cependant, de nombreuses recherches démontrent que le changement dans le secteur public est souvent incrémental, nonobstant l’envergure des efforts déployés. La thèse propose une nouvelle explication à ce paradoxe. Le cadre théorique s’appuie sur l’évolution des théories décisionnelles, culturelles, structurelles, institutionnelles, ainsi que sur les apprentissages empiriques. Il suggère que le comportement décisionnel dans une organisation est influencé par un construit social. Quelle est la nature exacte de ce construit : vient-il de la culture, de la structure ou de l’institution ? Afin de répondre à cette question, la thèse propose un nouveau concept intégrateur de la force de nivellement systémique. Le volet empirique a permis de tester l’application du concept sur les décisions stratégiques, non routinières, prises dans un contexte de transformation par des décideurs de la haute fonction publique (sous-ministres et sous-ministres adjoints ou associés). L’analyse du discours sous l’angle du nouveau concept a permis de saisir la nature, les mécanismes et les effets de l’action de la force de nivellement systémique. La recherche conclut que la force de nivellement systémique se crée avec le temps afin d’assurer la pérennité du système d’organisations. Elle est composée d’éléments identitaires et des mécanismes par lesquels elle influence le comportement décisionnel. Par ces mécanismes du développement de la conscience systémique, de la routinisation et de l’anticipation des sanctions dans un environnement de pressions, la force fournit les critères décisionnels et contraint le décideur à recourir aux patterns. Conséquemment, le non-recours aux patterns systémiques génère l’action du « nivellement ». Les décisions se prennent ainsi sous l’influence de la force de nivellement systémique, teintée de la couleur paradigmatique dominante dans ce système d’organisations. Ces décisions sont le produit de la rationalité analytique propre à ce système, sont collectives et patternisées (elles ne sont ni aléatoires, ni individuelles, ni sans précédent). L’application du concept de la force de nivellement systémique démontre qu’une approche intégratrice est possible et même souhaitable dans l’étude des phénomènes sociaux complexes. En ce qui concerne les difficultés méthodologiques mentionnées par la littérature, le choix d’une méthodologie qualitative apporte une profondeur à l’analyse. L’avenir des travaux dans cette lignée touche l’identification des moyens permettant aux organisations d’échapper à l’incrémentalisme décisionnel. Ces recherches contribueraient à mieux outiller les gestionnaires stratégiques à faire face à la force de nivellement systémique et à améliorer ainsi la gestion des organisations publiques.Public administrations face complex challenges. Multiple organizational transformations are undertaken to find a balance between public interest and organizational capacities. However, numerous researches show that change in the public sector is often incremental notwithstanding the effort. The dissertation offers a new explanation to this paradox. The theoretical framework is built on decisional, cultural, structural, institutional theories evolution and empirical learnings. It suggests that decision-making behavior in an organization is influenced by a social construct. What could be the exact nature of this construct: does it come from culture, structure, or institution? To answer the question, the dissertation proposes a new integrative concept of the systemic leveling force. The empirical part discussesthe results brought by the application of the concept on strategic, non-routine decisions taken in the context of transformation by senior decision-makers (Deputy Ministers and Assistant or Associate Deputy Ministers). Analysis of discourse from the angle of the new concept has made it possible to understand nature, the mechanisms, and the effects of the action of the systemic leveling force. The research concludes that the systemic leveling force is created over time to ensure the sustainability of the system of organizations. It is made up of identity elements and the mechanisms by which it influences decision-making behavior. By mechanisms of the development of systemic consciousness, of the routinization and the anticipation of sanctions in an environment of pressures, the force provides the decision criteria and constraint the decision-maker to use the patterns. Consequently, the non-use of systemic patterns generates the action of "leveling". Decisions are thus taken under the influence of the systemic leveling force, tinged with the dominant paradigmatic color in this system of organizations. They are the product of the analytical rationality proper to this system, are collective and patterned (they are neither arbitrary, individual, nor unprecedented). The application of the concept of the systemic leveling force demonstrates that an integrative approach is possible and even necessary in the study of complex social phenomena. Regarding the methodological difficulties mentioned in the literature, the choice of a qualitative methodology brings depth to the analysis. The future work in this line could focus on the identification of the means enabling organizations to escape decisional incrementalism. These researches could help senior decision-makers to better deal with the effects of the systemic leveling force and further improve the management of public organizations
Le développement des capacités en analyse critique de publications scientifiques au sein de l’administration publique québécoise
Cette thèse s’intéresse à l’institutionnalisation de la pratique informée par les données probantes (PIDP) au sein de l’administration publique québécoise, et plus précisément sur la réalisation d’analyses critiques des études scientifiques qui servent à informer la prise de décision. L’objectif de la PIDP est de favoriser une prise de décision éclairée en fournissant aux décideurs publics les meilleures connaissances scientifiques disponibles. Comme le démontre une revue systématique de la littérature récente, plusieurs études se sont intéressées aux facteurs inhérents à la fonction publique qui facilitent ou nuisent à la PIDP : l’accès aux bases de données bibliographiques, la disponibilité des ressources humaines et financières, etc. (Oliver, 2014). Or, peu d’études se sont penchées sur l’intérêt même des directeurs de la fonction publique à mobiliser les meilleures connaissances scientifiques disponibles afin d’éclairer la prise de décision et, plus encore, leurs capacités à former une équipe apte à effectuer cette tâche. La présente thèse se fonde sur quatre études scientifiques empiriques imbriquées : 1) une revue systématique de la littérature scientifique de type revue de la portée (scoping review) qui répertorie les cours visant à enseigner les connaissances nécessaires pour identifier les meilleures études scientifiques disponibles aux étudiants universitaires inscrits dans un programme de science sociale, 2) un scan environnemental qui scrute tous les syllabus des programmes universitaires canadiens en science politique et en administration publique afin de déceler la présence de cours qui enseignent les techniques pour évaluer la qualité d’études scientifiques disponibles à l’aide d’outils systématiques et validés, 3) une étude quasi-expérimentale de type avant-après qui examine l’impact du cours POL-7061 offert depuis l’hiver 2012 aux étudiants de la Maîtrise en affaires publiques à l’Université Laval sur les connaissances acquises par ceux-ci concernant les techniques pour identifier et distinguer les forces et les faiblesses de différents types d’études scientifiques disponibles et, 4) une étude qualitative menée auprès de 35 directeurs de la fonction publique québécoise ayant sous leur supervision des professionnels dont la mission est de trouver, analyser, synthétiser et communiquer des informations de nature scientifique ou non-scientifique en guise d’aide à la décision. Les résultats de la dernière étude empirique suggèrent que les directeurs de la fonction publique que nous avons rencontrés désirent être en mesure d’accéder aux meilleures connaissances scientifiques disponibles, mais que peu de membres de leur équipe possèdent l’expertise nécessaire pour effectuer cette tâche. Les répondants croient également que c’est aux universités qu’incombe la responsabilité d’enseigner ces connaissances aux futures recrues de la fonction publique puisqu’une fois leur entrée en fonction, il leur devient difficile de les acquérir. Or, la revue systématique et le scan environnemental démontrent que peu de formations universitaires canadiennes offrent des cours qui enseignent les techniques pour identifier les meilleures études scientifiques aux étudiants inscrits dans un programme de science politique ou d’administration publique. L’étude quasi-expérimentale suggère qu’il est cependant possible de développer de tels cours et d’avoir un impact sur les connaissances acquises par les étudiants inscrits dans un programme de maîtrise en affaires publiques. Ces quatre études suggèrent que les universités ont un rôle important à jouer si on désire favoriser l’institutionnalisation de la PIDP au sein de l’administration publique québécoise. En effet, il est possible que la création de cours en analyse critique d’études scientifiques offerts aux futures recrues de la fonction publique inscrites dans des programmes universitaires en science politique et en administration publique puisse favoriser l’institutionnalisation de la PIDP au sein de l’appareil public. Si on désire que ces connaissances soient maîtrisées par les employés de l’appareil public, et puisqu’il apparait difficile pour ceux-ci de développer cette expertise une fois leur arrivée en fonction, il serait idéal de leur enseigner ces connaissances avant qu’ils deviennent fonctionnaires.This thesis focuses on the institutionalization of the evidence-informed decision-making (EIDM) in the Quebec public services, and more specifically on the realisation of critical appraisal of scientific studies that inform the decision-making process. The objective of the EIDM is to promote informed decision-making by providing policymakers with the best available scientific evidence. As demonstrated by a recent systematic review, several studies have examined the factors inherent to the public services that help or hinder the EIDM practices: access to bibliographic databases, availability of human and financial resources, etc. (Oliver, 2014). However, few studies have examined the very own interest of the directors of the public services to mobilize the best scientific evidence to inform the decision-making process and their ability to form teams of professionals capable of performing this task. This thesis is based on four interlocking empirical studies, 1) a systematic scoping review of scientific papers that report the presence of courses that teach the necessary knowledge to identify the best available scientific evidence to university students enrolled in a social science program, 2) an environmental scan that reviewed all the syllabi of Canadian university programs in political science and public administration in order to detect the presence of courses that teach the techniques to evaluate the quality of scientific studies with validated and systematic tools, 3) a before and after study which tests the impact of the course POL-7061 offered at Laval University on the knowledge acquired by students of the Master’s Program in Public Affairs concerning the techniques to identify and distinguish the strengths and weaknesses of different types of scientific studies and, 4) a qualitative study in which we interviewed 35 directors of divers ministries of the Quebec government that supervise professionals which have the mission to identify, analyse, synthesize and communicate scientific or non-scientific information in order to help the decision-making process. The results of these studies suggest that the directors we met generally want to be able to access the best available scientific evidence to inform the decision-making process, but few of their team members have the necessary knowledge to perform this task. These same respondents believe that universities must ensure that future recruits of the public services may study the techniques to execute this task because once in office, it is very difficult for them to acquire such knowledge. Yet, the environmental scan and the scoping review suggest that few courses on the necessary techniques to identify the best available scientific evidence are offered to students enrolled in Canadian university programs in political science and public administration. The before and after study demonstrates that it is however possible to develop such a course and have a significant impact on the knowledge acquired by the students enrolled in a master’s program in public affairs. These four studies indicate that universities have an important role to play if we wish to promote the institutionalization of EIDM in the Quebec public service. It is possible that the creation of courses in critical appraisal of scientific studies available to future recruits of the public service enrolled in a university program in political science and public administration can promote the institutionalization of EIDM in the public system. It appears difficult for employees of the public service to develop this knowledge once they are recruited. If we desire to ensure that public services’ employees master these skills, we must develop courses in order to teach them this knowledge before they join the ranks of the public system
L’interface politico-administrative au Québec : champ de bataille? Transmission stratégique de l’information dans les affaires d’État
En vertu de l’expertise qu’il détient, l’agent public contribue à la réflexion du politique. L’acteur public est en quelque sorte un outil d’aide à la décision. Le paradigme classique en théorie des organisations assume que le bureaucrate est un acteur programmé dont les actions sont guidées par la règlementation et la codification juridico-légale entourant sa pratique. Quant à elle, l’École de la nouvelle gestion publique suppose que l’agent public doit opérer librement selon les indicateurs de la sphère privée ; il doit viser l’efficacité au moindre coût et prioriser la culture du résultat. De plus, dans des conditions respectant l’environnement où se dessine le partage de renseignements, les chercheurs ne s’entendent pas sur le principe de l’allié qui postule conventionnellement que des préférences similaires favorisent la transmission optimale de l’information entre le politique et la fonction publique. Quel modèle prévaut au Québec ? Sous quelles formes s’opérationnalise-t-il en contexte de transfert ? La thèse d’une compatibilité préférentielle est-elle garante d’une translation informationnelle améliorée ? En usant du modèle canonique principal-agent, ce mémoire confronte la croyance répandue voulant que l’État québécois soit foncièrement webérien en adressant certaines des plus importantes conclusions théoriques dans la discipline. Les résultats démontrent que l’appareil d’État est issu d’un croisement entre les deux principaux paradigmes reconnus dans la littérature. Aussi, le mémoire fait état d’une similarité entre l’interprétation traditionnelle de l’ally principle et la réalité empirique retrouvée dans la relation entre le haut fonctionnaire et le législateur québécois. Ultimement, l’étude démontre que l’administrateur d’État est stratégique dans certaines situations qu’il sait instrumentaliser et où il peut occuper un espace discrétionnaire suffisant pour valoriser ses intérêts professionnels et ceux de son organisation
Going Beyond Counting First Authors in Author Co-citation Analysis
The present study examines one of the fundamental aspects of author co-citation analysis (ACA) - the way co-citation
counts are defined. Co-citation counting provides the data on which all subsequent statistical analyses and mappings
are based, and we compare ACA results based on two different types of co-citation counting - the traditional type that
only counts the first one among a cited work's authors on the one hand and a non-traditional type that takes into
account the first 5 authors of a cited work on the other hand. Results indicate that the picture produced through this non-traditional author co-citation counting contains more coherent author groups and is therefore considerably clearer. However, this picture represents fewer specialties in the research field being studied than that produced through the traditional first-author co-citation counting when the same number of top-ranked authors is selected and analyzed. Reasons for these effects are discussed
La participation à l'évaluation : du concept à la mesure
La popularité croissante des approches participatives représente une tendance lourde dans le champ de l’évaluation des politiques. La prolifération des définitions et des termes utilisés pour désigner la participation génère cependant beaucoup de confusion chez les chercheurs et praticiens du domaine. Il n’existe en outre aucun instrument de mesure adéquat de la participation, ce qui freine l’avancement des connaissances. Trois questions de recherche structurent cette thèse : 1) Qu’est-ce que la participation à l’évaluation?; 2) Comment traduire ce concept en un instrument de mesure opérationnel?; et 3) Est-ce que cet instrument mesure la participation de manière fidèle et valide? Une conceptualisation cohérente de l’évaluation participative s’inscrivant dans la foulée des travaux de Cousins et Whitmore (1998) est d’abord proposée. Cette conceptualisation, fondée sur la logique des conditions nécessaires et suffisantes, est opérationnalisée en un instrument de mesure de la participation. L’instrument (Participatory Evaluation Measurement Instrument – PEMI) fait ensuite l’objet d’une validation empirique à partir d’un échantillon de 40 cas d’évaluation tirés de la littérature et d’un sondage auprès de leurs auteurs. Trois éléments sont appréciés quantitativement : 1) la fidélité intercodeur; 2) la convergence des scores des codeurs et des auteurs sur le PEMI; et 3) la convergence des scores des auteurs sur le PEMI et un instrument de mesure alternatif. De manière générale, cette étude suggère que le PEMI génère des scores dont la fidélité et la validité sont d’un niveau acceptable. Troisièmement, une étude de validation du PEMI combinant méthodes qualitatives et quantitatives est présentée. Le recours aux méthodes mixtes a généré un cycle inattendu – mais bénéfique – de révision de l’instrument et de validation quantitative supplémentaire. Les résultats de validation suggèrent que la version révisée du PEMI, désormais fondée sur une structure conceptuelle hybride, est plus en phase avec l’opinion des répondants quant au niveau de participation des cas d’évaluation. La valeur ajoutée des méthodes mixtes à des fins de validation est également discutée. Une réflexion sur le potentiel scientifique de l’instrument de mesure, en particulier dans le cadre de recherches empiriques sur la relation entre participation et utilisation de l’évaluation, vient conclure cette thèse.The growing popularity of participatory approaches represents an important trend in the field of program evaluation. The proliferation of definitions and terms used to designate stakeholder participation, however, generates a lot of confusion among researchers and practitioners. Moreover, the dearth of adequate instruments to measure participation hinders knowledge accumulation. This dissertation is structured around three research questions: 1) What is stakeholder participation in evaluation? 2) How is this concept translated into an operational measurement instrument? and 3) Does this instrument allow for the reliable and valid measurement of stakeholder participation? A systematic and coherent conceptualization of participatory evaluation is first proposed based on the work of Cousins and Whitmore (1998). This conceptualization, which is based on the logic of necessary and sufficient conditions, is operationalized in a measurement instrument. The instrument (Participatory Evaluation Measurement Instrument – PEMI) is then empirically validated using a sample of 40 evaluation cases from the literature and a survey of their authors. Three elements are quantitatively assessed: 1) intercoder reliability; 2) convergence between coders’ and authors’ scores on the PEMI; and 3) convergence between authors’ scores on the PEMI and an alternative measurement instrument. Considered globally, this study suggests that the PEMI can generate reliable and valid scores. Finally, a validation study combining qualitative and quantitative methods is presented. The use of mixed methods has generated an unexpected but most welcome cycle of instrument revision and further quantitative validation. The validation results suggest that the revised version of the PEMI, now based on a hybrid conceptual structure, is more in line with our respondents’ opinions with respect to the level of stakeholder participation in their particular evaluation case. The added value of mixed methods for validation purposes is also discussed using counterfactual reasoning. Reflections on the scientific and practical potential of the measurement instrument, on the relationship between stakeholder participation and evaluation use in particular, conclude this dissertation
La mobilisation des savoirs scientifiques par les analystes de politiques québécois : analyse de cheminement contrefactuelle et essai épistémologique d'interprétation causale
La mobilisation des savoirs scientifiques en vue d'informer le processus d'élaboration de politiques publiques (evidence-informed policy-making) est un sujet de recherche ayant reçu une attention grandissante au cours des dernières décennies. Alors que l'on constate une certaine accumulation de connaissances quant aux facteurs explicatifs potentiels d'un faible niveau d'utilisation de la recherche scientifique { telle que manifeste par l'existence de revues systématiques sur le sujet { il n'en reste pas moins que très peu d'études empiriques visent à tester des hypothèses quant aux facteurs présumés et à rapporter la magnitude de leurs effets. À partir de données d'observation tirées d'une enquête menée auprès d'analystes de politiques de la fonction publique québécoise (n = 1614), la présente thèse vise initialement à identifier et décrire les facteurs contribuant à l'utilisation des savoirs scientifiques par ces acteurs. Par le recours combiné à l'analyse de cheminement (path analysis), permettant de capter les relations de médiation, et à la simulation statistique, permettant de décrire substantiellement les effets observés en termes de probabilités, les analyses décrites permettent de rapporter la magnitude des effets totaux, directs et indirects spécifiques. Les résultats montrent notamment que certains facteurs { tels les connaissances préalables ainsi que l'accès physique à la recherche scientifique { ont des effets directs importants ainsi que des effets indirects notables. Les résultats tirés de cette technique novatrice sont également comparés en fonction de différentes options analytiques (simulation à partir de valeurs observées ou spécifiques, différents niveaux de variances résiduelles des variables endogènes) afin d'en tester la sensibilité. Une seconde problématique, à teneur plus méthodologique, est ainsi explorée afin de mettre en relief les enjeux relatifs à la sélection des techniques d'analyse et la façon de rapporter les résultats de recherche. De manière plus générale, comme toute inférence causale menée dans un contexte non-expérimental, nos résultats font face à un certain nombre de biais potentiels. Ceux-ci sont décrits et discutés d'un point de vue méthodologique et épistémologique afin de mettre en contexte la validité et la portée des résultats.The mobilisation of scientific knowledge in public policy-making processes { evidence-informed policy-making { has received increasing attention as a research topic of its own over the last decades. While one can appreciate some cumulative knowledge on the potential explanatory factors of low levels of research use { manifest by the existing systematic reviews of literature on the subject { the fact remains that relatively few empirical studies aim at testing hypotheses with regards to specific factors and the magnitude of their effects. Using observational data taken from a survey conducted among ministerial policy analysts in the province of Québec (n = 1614), the thesis initially aims at identifying and describing the factors related to the use of scientific research by those policy actors. Through the use of both path analysis { allowing the description of mediated relations { and statistical simulation { allowing a substantial description of the observed effects using probabilities { the reported analyses describe the magnitude of total, direct and specific indirect effects. The results show that some factors { notably, prior knowledge and physical access to scientific research { have important direct effects as well as notable indirect effects. The results of this innovative technique are also compared with regards to various analytical options (simulating on both observed or specific values, various levels of residual variance on endegenous variables) so as to test their sensitivity. A second obective, with a more methodological tone, is thus explored so as to put in perspective the issues at play when selecting analytical techniques and presenting research results. And more broadly, like every causal inference based on non-experimental data, our results are subject to potential biases. These are described and discussed both from a methodological and epistemological point of view so as to put the validity of our results and their scope in context
Tout simplement humain : une étude de la complexité politique
Thèse ou mémoire avec insertion d'articles.Les limites de la cognition humaine en matière de prise de décision dynamique dans des environnements complexes sont bien documentées. Qu'il s'agisse de saisir la progression non-linéaire d'un système, évaluer les effets secondaires d'une décision, concevoir la variation progressive et non instantanée d'une quantité de ressources dans le temps, ou bien anticiper les rétroactions générées par un environnement complexe, la cognition humaine tend à favoriser un traitement « réductionniste » de l'information. La politique est un exemple probant de système complexe posant un défi conséquent pour les décideurs. Certaines études suggèrent que des stratégies cognitives pourraient intervenir dans la gestion et le contrôle de la complexité politique. De plus, une connaissance pratique de la politique - essentielle dans le développement de l'expertise - pourrait aider à mieux gérer un environnement politique complexe. Nous ne savons que peu de choses sur l'effet des stratégies cognitives et des connaissances tacites sur la performance dans l'atteinte des objectifs d'une tâche de décision politique. La présente thèse propose d'évaluer la façon dont les individus se comportent face à la complexité politique en recourant au paradigme de l'utilisation des micromondes simulés par ordinateur dans une perspective de cognition dynamique. La thèse suggère de mesurer la performance de la décision politique en recourant à des indices novateurs qui répondent au contexte spécifique d'une tâche de prise de décision dynamique en politique. Malgré des instructions claires mentionnant d'être le plus objectif possible, les résultats de la première étude empirique montrent que l'emprise de l'idéologie - comprise comme une stratégie cognitive - sur le décideur est suffisamment importante pour diriger le traitement de l'information, et ce, au détriment de la performance de la prise de décision. En comparant la performance de la prise de décision d'élus (en cours de mandat) à celle d'un échantillon issu la population générale, la deuxième étude empirique montre qu'il semble exister un « mur de la complexité » qui empêche les individus de performer dans la gestion des systèmes complexes. Ce seuil semble s'appliquer à tous. Bien que les élus aient déclaré avoir une meilleure connaissance de la politique, ils ne semblent être que marginalement meilleurs pour gérer la complexité politique. Ces expériences appuient la conjecture voulant que les évidences théoriques sur les limites de la cognition humaine sont transférables à l'étude de la prise de décision politique dans des environnements complexes.The limits of human cognition in complex environments are well documented. Whether it is a question of grasping the non-linear progression of a system, evaluating the secondary effects of a decision, conceiving the progressive and non-instantaneous variation of a quantity of resource over time, or anticipating the feedbacks generated by complex environments, human cognition tends to favor a "reductionist" processing of information. Politics is a convincing example of a complex system that poses a significant challenge for decision makers. Studies have shown that certain cognitive strategies could be used to manage and control political complexity. Moreover, tacit political knowledge - a key factor in the development of political expertise - could help in the management of complex political systems. Little is known about the effect of cognitive strategies and tacit knowledge on the quality of political decision-making. This thesis proposes to assess how individuals behave in the face of political complexity using computer-simulated microworlds from a dynamic cognition perspective. The thesis suggests measuring the quality of political decision-making by using innovative performance metrics that fit the specific context of a dynamic decision-making task in politics. Despite receiving clear instructions to prioritize objectivity during the task, the initial empirical study indicates that the influence of ideology, regarded as a cognitive strategy, is powerful enough to shape the decision-maker's information processing, ultimately leading to a decline in the quality of decision-making. By comparing the quality of decision-making of elected officials (incumbent) to that of a sample drawn from the general population, the second empirical study shows that there seems to be a "wall of complexity" that prevents individuals from performing well in the management of complex systems. This threshold appears to apply to everyone. Although elected officials reported having better political knowledge, they are only marginally better at managing political complexity. These experiments support the conjecture that theoretical evidence about human cognitive limitations is transferable to the study of political decision-making performed in complex environment
Variations on the Author
“Variations on the Author” discusses two of Eduardo Coutinho’s recent films (Um Dia na Vida, from 2010, and Últimas Conversas, posthumously released in 2015) and their contribution to the general question of documentary authorship. The director’s filmography is characterized by a consistent yet self-effacing form of authorial self-inscription: Coutinho often features as an interviewer that rather than express opinions propels discourses; an interviewer that is good at listening. This mode of self-inscription characterizes him as an author who is not expressive but who is nonetheless markedly present on the screen. In Um Dia na Vida, however, Coutinho is completely absent form the image, while Últimas Conversas, on the contrary, includes a confessional prologue that moves the director from the margins to the center of his films. This article examines the ways in which these works stand out in the filmography of a director who offers new insights into the notion of cinematic authorship
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