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Les récits de voyage au XVIIe siècle : un discours de l'ordre ? Anthologie d’extraits de récits de voyage du XVIIe siècle
International audienceCe cahier des sources primaires vient compléter les analyses du chapitre "Les récits de voyage au XVIIe siècle : un discours de l'ordre ?" que comprend le volume intitulé Récits de voyage et altérités. Dans cette anthologie ont été sélectionnés, traduits et modernisés les extraits du présent recueil pour permettre une confrontation directe aux mots des voyageurs et des voyageuses et à leurs représentations de l’altérité
Les récits de voyage au XVIIe siècle : un discours de l’ordre ?
International audienceDans cet ouvrage, il s’agit de proposer une synthèse des études sur les représentations de l’altérité dans les récits de voyage du Moyen Âge à l’époque contemporaine, analysées d’un point de vue culturel, politique, littéraire et stylistique. Les premiers chapitres, organisés par périodes, visent à contextualiser et à qualifier l’écriture des voyages, avant de proposer de manière synthétique les manières que l’on avait d’enregistrer la différence culturelle. Le chapitre portant sur le XVIIe siècle fait ainsi un inventaire des relations les plus importantes effectuées à l’occasion de ces voyages qui s’intensifient vers l’Amérique du Nord, l’Afrique et l’Asie ou qui se cantonnent aux rivages de l’Europe (Grand Tour, voyages miniatures en France), que l’on soit colon, missionnaire, diplomate, simple curieux, ou même femme. Il rappelle également l’extrême diversité des formes que prennent encore les relations à cette période, même si le voyage déjà se littérarise, avant de revenir sur l’extrême complexité de la représentation de l’altérité, qui oscille entre perpétuation des préjugés et relativisme. Dans la masse des plus de 1500 récits de voyage parus au XVIIe siècle, on ne décèle donc pas uniquement un discours de l’ordre. Ce chapitre s’accompagne d’un cahier de sources primaires, sélectionnées et annotées, comprenant des extraits de Marc Lescarbot, François Cauche, Balthasar de Monconys, François Bernier et Marie-Catherine d’Aulnoy
Arpenter le monde en esprit fort : les écrits de voyage libertins au XVIIe siècle
La thèse se propose d’étudier l’écriture du voyage d’érudits curieux et déniaisés – ou esprits forts –, qui fréquentent les académies savantes parisiennes (Cabinet Dupuy, Hôtel Montmor) et décident de partir arpenter les mondes européens, levantins et indiens principalement pour satisfaire leur curiosité. Pour comprendre ce qui se joue dans ces écrits, il nous paraît essentiel de revenir sur les enjeux sociaux qui sous-tendent cette écriture, dont les objets, les formes et les manières de percevoir dépendent des centres d’intérêt et de la configuration de ces réseaux savants. Car si les écrits de François-Auguste de Thou, Ismaël Boulliau, Jean-Jacques Bouchard, Balthasar de Monconys, Chapelle et Bachaumont, Dassoucy, François Bernier, Samuel Sorbière et Isaac de La Peyrère présentent une expérience semblable du voyage – et singulière par rapport au reste de la production viatique du temps –, c’est qu’ils ont préparé celle-ci au contact des réseaux érudits, où évoluent des savants et philosophes nourris de scepticisme, prompts à exercer leur liberté critique et avides d’interroger les structures du réel et des cultures. À rebours des pratiques diplomatiques, marchandes ou missionnaires du voyage, ces esprits forts exercent une continuelle distanciation critique, questionnant les fausses croyances, sondant les mystères de la nature et interrogeant les différences culturelles à une nouvelle échelle. Cette expérience alternative du voyage, faite de soupçon et d’incrédulité, instaure un rapport inquiet à l’ailleurs et produit de ce fait une nouvelle manière de voir le monde, qui aboutit à une nouvelle économie des savoirs, tant scientifiques, que géographiques ou ethnographiques, à même d’alimenter la pensée libertine
Libertine travel narratives in 17th century France
La thèse se propose d’étudier l’écriture du voyage d’érudits curieux et déniaisés – ou esprits forts –, qui fréquentent les académies savantes parisiennes (Cabinet Dupuy, Hôtel Montmor) et décident de partir arpenter les mondes européens, levantins et indiens principalement pour satisfaire leur curiosité. Pour comprendre ces écrits, il nous paraît essentiel de revenir sur les enjeux sociaux qui sous-tendent cette écriture, dont les objets, les formes et les manières de percevoir dépendent des centres d’intérêt et de la configuration de ces réseaux savants. Car si les écrits de François-Auguste de Thou, Ismaël Boulliau, Jean-Jacques Bouchard, Balthasar de Monconys, Chapelle et Bachaumont, Dassoucy, François Bernier, Samuel Sorbière et Isaac de La Peyrère présentent une expérience semblable du voyage – et singulière par rapport au reste de la production viatique du temps –, c’est qu’ils ont préparé celle-ci au contact des réseaux érudits, où évoluent des savants et philosophes nourris de scepticisme, prompts à exercer leur liberté critique et avides d’interroger les structures du réel et des cultures. À rebours des pratiques diplomatiques, marchandes ou missionnaires du voyage, ces esprits forts exercent une continuelle distanciation critique, questionnant les fausses croyances, sondant les mystères de la nature et interrogeant les différences culturelles à une nouvelle échelle. Cette expérience autre du voyage, faite de soupçon et d’incrédulité, instaure un rapport inquiet à l’ailleurs et produit une nouvelle manière de voir le monde, permettant un renouvellement des savoirs (scientifiques, géographiques, ethnographiques) qui alimente en retour la pensée libertine.The thesis aims at studying the travel writing of daring scholars who frequented the Parisian learned academies (Cabinet Dupuy, Hôtel Montmor) and decided, at some point in their career, to survey the European, Levantine and Indian worlds mainly to satisfy their curiosity. In order to understand these works, I argue we must first grasp the social issues that are shaping them: their objects, forms and perceptions depend on the interests and configurations of these scholarly networks. For if the writings of François-Auguste de Thou, Ismaël Boulliau, Jean-Jacques Bouchard, Balthasar de Monconys, Chapelle and Bachaumont, Dassoucy, François Bernier, Samuel Sorbière and Isaac de La Peyrère present a similar experience of the journey – and a singular one compared to the rest of the travel narratives of the time –, it’s because they were trained in these academies and mentored by sceptic, critical scientists and philosophers. In contrast to the diplomatic, mercantile or missionary practices of travel, these esprits forts exercise a continual critical distancing, questioning false beliefs, probing the mysteries of nature and questioning cultural differences on a new scale. These alternative travel experiences, full of suspicion and incredulity, creates an anxious relationship with afar, and fosters a new way of seeing the world, which leads to a new form of knowledge, scientific, geographical and ethnographic, and encouraging the development of a libertine thought
Invente à m’éblouir quelques nouveaux détours » : virtuosités rhétoriques et spectacle de la parole dans Le Menteur de Corneille
International audienceÀ l’occasion du programme de l’Agrégation 2025, il s’agit de montrer que Pierre Corneille, inventeur du style naïf en régime comique dans les années 1630, renouvelle les formes de sa pratique de la comédie quand, après une dizaine d’années consacrées à la tragédie, il s’empare à nouveau du genre en produisant, lors de deux saisons consécutives, Le Menteur (1644) et La Suite du Menteur (1645). C’est à cette première pièce que cet article s’intéresse, pour faire apparaître que les quatre narrations mensongères du personnage de Dorante, véritables morceaux de bravoure à l’éloquence virtuose, sont à l’origine de la jubilation que le spectateur ressent à l’occasion du spectacle, ce qui en a assuré le succès. Insérer dans la comédie ces narrations admirables, héritées du modèle espagnol, n’était toutefois pas sans présenter plusieurs écueils : risque d’ennui, invraisemblance, gratuité dramaturgique, superfluité ornementale, etc. Corneille résout l’ensemble de ces difficultés en montrant une connaissance profonde des principes de la rhétorique et des débats des théoriciens du temps au sujet du théâtre. Lui qui avait fait de l’admirable un nouveau ressort de la tragédie réussit le pari d’en faire un affect primordial de la comédie, créant de ce fait une continuité entre ses pièces tragiques et sa nouvelle comédie, qui a des prolongements réflexifs autour de la question des dangers de la fascination du langage
Les plaisirs du voyage chez Jean de La Fontaine
International audience« Dieu nous préserve des voyages ! » (La Fontaine, « Le chartier embourbé », VI-18) : si dans l’œuvre fabulaire de La Fontaine, le voyage est souvent décrié pour ses dangers et l’éloignement du jardin épicurien abrité du monde qu’il impose, certains textes, en particulier issus des Contes, vantent les mérites très lucrétiens de la pérégrination. C’est le cas d’un conte, La Fiancée du Roi de Garbe (II,14), où le personnage d’Alaciel, qui doit rejoindre par voie de mer son futur mari, le roi de Garbe, essuie une série de mésaventures… qui la conduisent à tomber dans les bras de huit hommes différents. La Fontaine propose ainsi une réécriture libertine d’une nouvelle de Boccace, faisant de l’héroïne une Vénus vulgivague qui prend plaisir, activement, à multiplier les amants et, chemin faisant, s’éduque et se déniaise. C’est ainsi que l’esprit vient aux filles
Réussir le bac de français : la question de grammaire
International audienceÀ l’occasion des nouveaux programmes, cet ouvrage propose des cours ainsi que des exercices d’application sur les questions de langue (lexicologie, grammaire) sur lesquelles les lycéens et lycéennes sont interrogés à l’oral du baccalauréat de français
« Je pourrai m’y amuser en passant » : les voyages en France de La Fontaine et de Chapelle et Bachaumont
International audience« Ne point errer est chose au-dessus de mes forces » (La Fontaine, Épître XVI à Mme de La Sablière) : le voyage que La Fontaine est contraint de faire en Limousin, qui suit le chemin rectiligne de l’exil, est une mise à l’épreuve de son besoin d’errance, tout comme l’est une autre promenade en France, cette fois-ci vers les Pyrénées, de Chapelle et Bachaumont. Leurs pérégrinations – relatées dans le Voyage d’Encausse, 1656 et dans la Relation d’un voyage de Paris en Limousin, 1663 –, si elles suivent un itinéraire balisé, n’en laissent pas moins la place pour le détour et l’égarement, au gré de la curiosité et de l’humeur, qui prennent aussi un sens métaphorique et poétique, voire philosophique et politique. Fondamentalement digressive et capricante – le prosimètre permettant de passer d’un sujet à l’autre et d’un genre à l’autre –, l’écriture valorise l’écart des voies droites de la pensée et l’écartement des itinéraires contraints du politique
Le labyrinthe intérieur dans les Lettres de 1671 de Madame de Sévigné
International audienceDans cet article, c’est sur un autre voyage que s’est porté l’intérêt, cette fois-ci intérieur. Sévigné, appelée à une nouvelle écoute de soi par ses lectures moralistes et la douleur de l’absence, use de la métaphore du labyrinthe – élément d’ornementation présent dans son jardin des Rochers – pour représenter son monde intérieur, désormais désordonné et peint à la couleur de la bile noire
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