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    Locke : liaison probable et liaison nécessaire

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    Nous rappelons ici la place que Locke accorde à la liaison des idées dans la connaissance, et montrons comment l’auteur de l’Essai en vient à définir la raison, non pas comme raisonnement qui tiendrait ses règles toutes faites de la syllogistique, mais comme faculté au travail examinant les liaisons dans les idées singulières. C’est l’occasion de préciser les rapports entre liaison et association, qui ne s’opposent pas chez Locke comme un lien objectif à un lien purement subjectif entre les idées. En effet, l’association est un régime normal de l’esprit même si elle a parfois des conséquences pathologiques. Par ailleurs, Locke donne toute leur place dans la connaissance aux connexions probables qui ne sont pourtant pas nécessairement fondées sur des raisons objectives (ex. : certitude morale). Enfin, la liaison des idées provoque, tout autant que l’association, des habitudes de l’esprit et il faut donc comprendre ce qui caractérise ces bonnes habitudes de l’esprit. Dans ces conditions, ce n’est pas du côté de l’objet connu, mais du sujet raisonnable que Locke pense les différences subtiles entre liaison et association, comme deux régimes de l’esprit : l’individu qui connaît n’est pas celui qui évite toute association d’idées, mais celui qui n’y arrête pas l’activité de son esprit, qui développe des habitudes d’examen et de critique, ce que ne fait pas l’homme dont l’esprit est offusqué par des associations d’idées devenues préjugés qui entravent son activité rationnelle.We would like to stress the importance of connection of ideas in Locke notion of “knowledge”, and to recall how the author of the Essay defines reason. Reason is not the faculty of syllogistical reasoning, but of examining connections between singular ideas. Connection and association are not in opposition for Locke as an objective link would be to a purely subjective link. Indeed, association is a normal activity for the mind even if it sometimes has pathological consequences. Moreover, probable connections are very important to knowledge and they are not necessarily based on objective reasons (e.g. moral certainty). Finally, the connection of ideas creates habits of mind, just like the association. Therefore we have to understand what characterizes the “good” habits of the mind. Under these conditions, Locke defines connection and association as two ways of thinking with a subtle difference between them: the individual who “knows” is not the one who avoids any association of ideas, but one whose activity of mind goes beyond it. For the reasonable man, association of ideas is not a prejudice that hinders rational activity

    Rousseau, the last good savage or the soul of the republic

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    Qu’il s’agisse de confessions, de rêveries, de théorie politique, de traité d’éducation ou encore de critique de la culture, les œuvres de Jean-Jacques Rousseau nous montrent que la vie et la pensée du philosophe genevois sont inextricablement liées. En effet, on ne peut séparer Rousseau le rêveur, promeneur solitaire et romantique, du Rousseau père de la Révolution française et de ses idéaux républicains de liberté, d’égalité et de fraternité. Ses valeurs humanistes universelles forgèrent sa pensée politique qu’il légua à nos démocraties modernes. En ce sens, Rousseau incarne l’âme de la République, et nous sommes tous ses héritiers. Malheureusement, on pourrait penser que notre monde moderne correspond davantage au tableau pessimiste qu’en a dressé Hobbes, qu’à la vision idéaliste et innocente de Rousseau. La cupidité, la compétitivité maladive, l’ambition destructrice, l’égoïsme mesquin, la guerre de tous contre tous dans sa version libérale lockéenne plutôt qu’hobbesienne : tous ces éléments, caractéristiques de l’ère néo-libérale, nous montrent que nous sommes encore loin de l’idéal républicain de sociétés composées de citoyens libres et égaux où règne l’État de droit, c’est-à-dire l’État moral prônant et défendant la justice universelle. En effet, liberté et justice ne vont malheureusement pas toujours de pair ; or, sans justice, peut-il y avoir de véritable liberté ? D’où l’importance d’un réexamen de la pensée de Rousseau, afin de voir si l’on peut trouver dans son œuvre des outils pour critiquer le libéralisme, et un modèle pour les formes contemporaines de républicanisme, qui voient dans l’État de droit la condition de la justice et de la lutte contre les inégalités. Nous nous proposons donc dans ce travail de démontrer l’actualité de la pensée de Rousseau et d’analyser la crise de la modernité à travers une critique rousseauiste du libéralisme. Nous démontrerons ensuite que la philosophie politique de Rousseau – et notamment son idéal républicain – constitue une troisième voie, un juste milieu entre libéralisme et socialisme : le républicanisme humaniste, qui va au-delà des clivages politiques et de l’opposition entre droite et gauche, pour constituer une théorie pour tous les citoyens.Whether in the form of confessions, daydreams, political theory, educational treatises or cultural criticisms, Jean-Jacques Rousseau's works show us that the life and thought of the Swissborn philosopher are inextricably linked. Indeed, one cannot separate Rousseau the dreamer, the solitary and romantic hiker, from Rousseau, the father of the French Revolution and his republican ideals of liberty, equality and fraternity. His universal humanist values forged his political thought, which he bequeathed to our modern democracies. In this sense, Rousseau embodies the soul of the Republic, and we are all his heirs. Unfortunately, one might think that our modern world corresponds more to Hobbes' pessimistic picture of it than to Rousseau's idealistic and innocent vision. Greed, sickly competitiveness, destructive ambition, petty selfishness, the war of all against all in its Lockean rather than Hobbesian liberal version: all these elements, characteristic of the neo-liberal era, show us that we are still far from the republican ideal of societies composed of free and equal citizens where the rule of law reigns, that is to say, the ethical state advocating and defending universal justice. Indeed, freedom and justice unfortunately do not always go hand in hand; but, without justice, can there be true freedom? Hence the importance of a re-examination of Rousseau's thought, in order to see if one can find in his work tools to criticize liberalism, and a model for contemporary forms of republicanism, which see in the rule of law the condition of justice and the fight against inequalities. We therefore propose in this work to demonstrate the actuality of Rousseau's thought and to analyze the crisis of modernity through a Rousseauian critique of liberalism. We will then demonstrate that Rousseau's political philosophy – and in particular his republican ideal – constitutes a third way, the middle way between liberalism and socialism: humanist republicanism, which goes beyond political cleavages and the opposition between right and left, to constitute a theory for all citizens

    Going Beyond Counting First Authors in Author Co-citation Analysis

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    The present study examines one of the fundamental aspects of author co-citation analysis (ACA) - the way co-citation counts are defined. Co-citation counting provides the data on which all subsequent statistical analyses and mappings are based, and we compare ACA results based on two different types of co-citation counting - the traditional type that only counts the first one among a cited work's authors on the one hand and a non-traditional type that takes into account the first 5 authors of a cited work on the other hand. Results indicate that the picture produced through this non-traditional author co-citation counting contains more coherent author groups and is therefore considerably clearer. However, this picture represents fewer specialties in the research field being studied than that produced through the traditional first-author co-citation counting when the same number of top-ranked authors is selected and analyzed. Reasons for these effects are discussed

    Doux commerce et droit naturel : la fable de la lex mercatoria

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    Pour justifier leur activité, les premiers mercantilistes anglais présentent le commerce comme une activité naturelle, qui favorise la paix entre les nations et contribue au progrès de la civilisation. Ils ont en particulier recours à la lex mercatoria, notion héritée du Moyen Âge. L’idée d’un commerce mutuel de l’humanité, mise en avant dans les écrits de marchands, mais également chez un auteur comme Grotius, contraste ainsi avec les théories de la souveraineté liée à un territoire national chez des penseurs politiques comme Francis Bacon, Thomas Hobbes et William Petty, ou à certains égards chez un juriste comme John Selden. Paradoxalement, alors que la constitution des empires coloniaux coïncide avec l’essor du grand négoce international, la liberté du commerce (free trade) est présentée par ses défenseurs comme une alternative à l’antagonisme entre les États et à la logique de domination induite par les théories modernes de l’imperium. Cette apparente contradiction entre la logique étatique et l’humanisme marchand – ou ce qui se présente comme tel – semble subsister dans les résurgences modernes de la lex mercatoria au XXe siècle. Pourtant, l’idée d’une source du droit indépendante de l’État et s’enracinant dans l’ancienneté des coutumes, l’uniformité des pratiques marchandes ou encore le jus gentium, relève en grande partie de la fable, et d’une construction idéologique visant à dissimuler la réalité des pratiques commerciales. De ce point de vue, la fable de la lex mercatoria joue très certainement un rôle important dans la constitution du topos du doux commerce et la promotion de la liberté des échanges par ceux qui en sont, directement ou indirectement, les principaux bénéficiaires.To justify their activity, the first English mercantilists present commerce as a natural activity, which promotes peace between nations and contributes to the progress of civilization. In particular, they use the lex mercatoria, a notion inherited from the Middle Ages. The idea of a mutual trade of humanity, put forward in the writings of merchants, but also in an author like Grotius, contrasts with the theories of sovereignty linked to a national territory by political thinkers like Francis Bacon, Thomas Hobbes and William Petty, or in some ways with a lawyer like John Selden. Paradoxically, while the constitution of colonial empires coincides with the rise of the great international trade, freedom of trade is presented by its defenders as an alternative to the antagonism between the states and the logic of domination induced by modern theories of imperium. This apparent contradiction between state logic and commercial humanism –or what appears to be such– seems to subsist in the modern resurgences of the lex mercatoria in the twentieth century. Yet, the idea of a source of the law independent of the state and rooted in the antiquity of customs, the uniformity of market practices or the jus gentium, is largely a fable, and an ideological construct aimed at concealing the reality of commercial practices. From this point of view, the fable of the lex mercatoria certainly plays an important role in the constitution of the commonplace of the doux commerce and the promotion of the freedom of trade by those who are, directly or indirectly, the main beneficiaries

    Regards contemporains sur la philosophie moderne

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    Tout en proposant une lecture critique de la modernité, les philosophes contemporains ont souvent nourri un dialogue serré avec les philosophes du Grand Siècle. Ce retour critique vers le siècle de la raison et du calcul a en réalité contribué à dessiner les contours d'une époque qui nous apparaît comme étrangement familière. Qu’il s’agisse des sciences humaines ou des sciences cognitives, cette période décisive de l’histoire de l’Europe, que Foucault désignait volontiers comme le « moment cartésien », n’apparaît pas seulement comme un moment de rupture, mais également comme une révolution dans l’ordre du savoir dont les échos et les effets sont encore perceptibles dans les débats contemporains sur les rapports entre l’âme et le corps, les mondes possibles, les fondements du droit et le pouvoir symbolique, ou encore l’usage de la notion de finalisme en biologie. Qu’il s’agisse de Schlick, Duhem et Lewis, de Heidegger, Horkheimer, Sartre et Deleuze, ou bien de Lacan, Bourdieu et Villey, les contemporains ont souvent cherché chez les modernes une source d’inspiration, un modèle à imiter et à réactiver, ou bien une figure à dépasser, à réfuter et à subvertir. Descartes, mais aussi Hobbes, Pascal, Leibniz, Spinoza ou Locke, apparaissent ainsi comme nos contemporains, c’est-à-dire comme des penseurs dont la philosophie est, dans notre présent, encore à l’œuvre

    Christianity as a regime of truth in the work of Michel Foucault : the anthropological, ethical and political issues

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    Cette thèse déploie ses harmoniques au sein du paradigme de ce que les philosophes, les politistes, les sociologues, les théologiens et les historiens des religions appellent « Michel Foucault et le christianisme ». Se fondant essentiellement sur Du gouvernement des vivants, elle comprend le christianisme comme un régime de vérité, et explique d’une part le lien entre subjectivité et vérité en régime chrétien. Elle démontre d’autre part le rapport qui existe entre les pratiques du dire-vrai, l’histoire politique des techniques de gouvernement des individus, les formes de subjectivation, en particulier dans l’éthique sexuelle chrétienne. Après l’analyse des pratiques chrétiennes institutionnalisées comme le baptême, la pénitence et la direction de conscience, elle tente de mettre aux prises la pensée de Michel Foucault avec certains gestes philosophiques du XVIIème siècle (John Locke et Pierre Bayle) et d’autres de l’époque contemporaine (Charles Taylor et Michael Walzer), à partir du concept de la « tolérance » que le philosophe français aurait négligé. Ce concept de tolérance ouvre une véritable réflexion sur la « place de l’autre » au sein des sociétés modernes multiculturalistes. En raison de ce multiculturalisme, devenu un fait insurmontable, cette thèse fait la réception de la pensée de Michel Foucault dans un contexte congolais de crise, à partir de la notion de l’« éthique de subjectivation collective ». Enfin, à l’aune de l’« apocalypse du politique », cette thèse tente enfin de dégager le lien entre christianisme et politique, à partir de l’engagement sociopolitique des évêques catholiques en RD Congo. D’où les conclusions suivantes : d’une part, en Occident comme en RD Congo, le christianisme a exercé, au travers de ses pratiques et de ses institutions, une véritable influence dans la constitution des individus et de leurs sociétés. En RD Congo, d’autre part, l’éthique de la vérité ne saurait gommer l’éthique de la responsabilité.This thesis unfolds its overtones within the paradigm of what the philosophers, political scientists, sociologists, theologians, and historians of religion call “Michel Foucault and Christianity”. Based mainly on Du gouvernement des vivants, it takes Christianity as being a regime of truth, and explains on the one hand the link between subjectivity and truth in the Christian regime. On the other hand, it shows the link which exists between the practices of truth-telling, the political history of government techniques of individuals and forms of subjectivity, in particular in Christian sexual ethics. After the analysis of the institutionalised Christian practices such as baptism, penance, and spiritual guidance, it tries to pit Michel Foucault’s way of thinking against some of the philosophical movements of the 17th century (John Locke and Pierre Bayle) and others from the contemporary era (Charles Taylor and Michael Walzer), starting with the concept of “tolerance” that the French philosopher is said to have neglected. The concept of tolerance opens up real reflection on the “place of the other” in modern, multicultural societies. Because of this multiculturalism, which has become an unsurmountable fact, this thesis considers Michel Foucault’s thought in a context of Congolese crisis, starting from the notion of the “ethics of collective subjectivation.” Finally, in the light of the “political apocalypse” this thesis tries to establish the link between Christianity and politics, based on the socio-political commitment of the Catholic Bishops in the Democratic Republic of the Congo. Hence the following conclusions: on the one hand, both in the Western World and in the Democratic Republic of the Congo, through its practices and its institutions Christianity has had a real impact on the constitution of individuals and their societies. Furthermore, in the Democratic Republic of the Congo, the ethics of truth can in no way erase the ethics of responsibility

    The liberalism and the moral limits of free market : the justice of Michael Sandel

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    À l’issue de la guerre froide, le marché et la doctrine du libre marché ont joui d’un prestige incomparable pour des raisons tout à fait connues. Cette hégémonie du libéralisme économique marchand n’est pas seulement économique et politique, elle est simultanément intellectuelle et morale, dans la mesure où le libéralisme politico-éthique et le néo-libéralisme économique anglo-saxon sont devenus, sous des formes diverses et relativement contradictoires, la conception dominante du monde. Michael Sandel figure parmi les meilleurs philosophes de la morale et de la politique dans le monde anglo-américain. Dans sa philosophie il entend repenser la rationalité marchande dans nos pratiques politiques tout autant que dans nos relations humaines et notre vie quotidienne. D’ailleurs, le défi moral et politique l’incite à poser la question des limites morales du marché en les discutant publiquement, sous forme d’objections, et à fournir un cadre philosophique utile à l’approfondissement de sa réflexion. Ses analyses demeurent axées sur les fondements du libéralisme déontologique et la Théorie de la Justice classique fondés sur la pensée des philosophes libéraux tel que John Stuart Mill, Emmanuel Kant et John Rawls. La différence est la suivante : une économie de marché est un outil, un outil précieux et efficace, pour l’organisation de l’activité productive, mais une société de marché est un lieu où presque tout est à vendre. Ce qui est inquiétant c’est que nous vivons dans une société où tout est à vendre. En effet, il existe toujours le recours aux mécanismes de marché, à la rationalité marchande et aux solutions de marché dans de plus vastes domaines. Sandel affirme qu’il ne conteste pas l’économie du marché, mais il fulmine contre la dérive de la société de marché. Les phénomènes économiques ont envahi des sphères de la vie où ils n’ont pas leur place et les relations sociales sont réaménagées à l’image du marché. Les incitations financières ne cessent d’abolir les valeurs humaines : cela ne mène pas seulement à la coercition et à l’iniquité, mais aussi à la dégradation et la corruption. Dans ce style de vie, la pensée de marché et les valeurs de marché commencent à dominer tous les aspects de la vie : relations personnelles, vie de famille, santé, éducation, politique, justice et vie civique.At the end of the Cold War, the market and the free market doctrine enjoyed incomparable prestige for completely understandable reasons. This hegemony of commercial economic liberalism is not only economic and political, it is simultaneously intellectual and moral, to the extent that political-ethical liberalism and Anglo-Saxon economic neo-liberalism have become, in various and relatively contradictory forms, the dominant conception of the world. Michael Sandel, indeed, ranks among the foremost philosophers of morality and politics in the Anglo-American world. In his philosophy he endeavors to reexamine market rationality in our political practices as well as in our human relationship and daily life. Moreover, the moral and political challenges prompt him to question the moral limits of the market by discussing them publicly, in the form of objections, and to provide a philosophical framework useful for the deepening of his reflection. His analyzes remain focused on the foundations of classical Justice Theory and deontological liberalism based on the thought of liberal philosophers such as John Stuart Mill, Immanuel Kant and John Rawls. The difference is this: a market economy is a tool, a valuable and efficient tool, for the organization of productive activity, but a market society is a place where almost everything is for sale. What is troubling is that we live in a society where everything is for sale. There is a continual recourse to market mechanisms, market rationality, and market solutions in extensive domains. Michael Sandel asserts that doesn’t contest the market economy, but he vehemently criticizes the drift of the market society. Economic phenomena had intruded into spheres of life where they do not belong. Also, social relationships are rearranged in the image of the market. Financial incentives persistently erode human values, leading not only to coercion and inequity but also to degradation and corruption. The lifestyle in which market thinking and market values begin to dominate all aspects of life: personal relationships, family life, health, education, politics, justice and civic life

    Variations on the Author

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    “Variations on the Author” discusses two of Eduardo Coutinho’s recent films (Um Dia na Vida, from 2010, and Últimas Conversas, posthumously released in 2015) and their contribution to the general question of documentary authorship. The director’s filmography is characterized by a consistent yet self-effacing form of authorial self-inscription: Coutinho often features as an interviewer that rather than express opinions propels discourses; an interviewer that is good at listening. This mode of self-inscription characterizes him as an author who is not expressive but who is nonetheless markedly present on the screen. In Um Dia na Vida, however, Coutinho is completely absent form the image, while Últimas Conversas, on the contrary, includes a confessional prologue that moves the director from the margins to the center of his films. This article examines the ways in which these works stand out in the filmography of a director who offers new insights into the notion of cinematic authorship
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