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    La question linguistique haïtienne : histoire, usages et description

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    Sous le titre de La question linguistique haïtienne : histoire, usages et description se retrace un parcours de recherche où se croisent plusieurs thématiques. De la sociolinguistique à la phonologie en passant par la dialectologie, la didactique des langues, la francophonie et la description du français haïtien, cet itinéraire non linéaire s’inscrit dans une interdisciplinarité s’appuyant sur le créole haïtien (CH). Cette synthèse se divise en deux parties, chacune comportant quatre chapitres. La première partie porte sur les pratiques linguistiques haïtiennes en général, en s’appuyant sur l’histoire et les usages respectifs des deux langues officielles du pays : le CH et le français. Elle questionne les politiques linguistiques et éducatives en rapport avec les langues, et leurs conséquences sur les pratiques linguistiques communautaires et l’enseignement / apprentissage scolaire. Elle aborde le français haïtien, la francophonie haïtienne et ses apports à la francophonie internationale, Haïti représentant une position géostratégique pour la diffusion du français dans les organismes régionaux et internationaux. Elle explore la dialectologie haïtienne et les variations qu’elle met en évidence dans le fonctionnement du CH. Elle analyse, entre autres éléments, un fonds lexical commun entre le CH de souche lexicale française et le créole jamaïcain de souche lexicale anglaise. Ce fonds lexical commun est dû principalement à 1) l’écologie ; 2) l’expérience esclavagiste liée à l’histoire et 3) un imaginaire populaire commun. Cette première partie s’achève sur la description d’un parler artificiel local – le bolith – pratiqué dans le grand nord d’Haïti. Il est construit par des rebelles à tendance paysanne, les Cacos, au début des années 1920 parce qu’ils se sont aperçus être espionnés par des Haïtiens au profit de l’occupation américaine (1915-1934), les Cacos ayant été la seule vraie force de résistance à cette occupation américaine. Pour construire le parler, ses élaborateurs sont partis du CH dont ils ont gardé les voyelles avec leurs valeurs et interverti les consonnes les plus contigües dans une logique de permutation binaire et réciproque. La seconde partie – d’essence plutôt inédite – porte essentiellement sur la phonologie du CH (le dernier chapitre aborde un phénomène qui fait le lien entre la phonologie et la graphisation et propose une manière raisonnée d’écrire les éléments hérités du sandhi en français, qui ont survécu en CH qui, néanmoins, n’a pas retenu ce phénomène de sandhi comme pertinent). Après avoir établi le système phonologique du CH, elle met un point d’honneur à aborder les phénomènes de la nasalisation (présentant une distribution relativement complexe en CH où elle peut agir sur des domaines morphologiques simples débordant des frontières morphologiques et lexicales, où se rencontrent beaucoup de micro-variations) et de la palatalisation, qui sont récurrents en CH en faisant ressortir les apports substratiques africains du groupe kwa ou du sous-groupe gbé dans le fonctionnement du CH. S’il ne se pose aucun problème à propos de la phonologisation de la nasalisation, celle de la palatalisation n’est évidente que pour quelques exemples

    Le syntagme nominal en créole haïtien : aspects morpho-phonologiques et syntaxiques

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    The determinative phrase in Haitian Creole (HC) has been studied in many works, particularly from the morphosyntactic viewpoint, and we know that the functioning of the definite determinant (DEF) presents an allomorphism which depends on the phonemic nature of the final phoneme (sometimes the penultimate one) of the last word preceding the allomorph in question. Thus, from the underlying form "la", the different possible endings of the word immediately preceding the DEF, the Creole speakers generate allomorphs "a", "an", "nan", "lan". To each of these allomorphs there corresponds only one morpheme which marks the plurality: "yo" which is, in reality, the morpheme of the plural rather than the "definitude". We also take into account the possessive and demonstrative determinants, and the indefinite article (INDEF). We find it necessary to consider the study of these types of determinants from a morpho-phonological point of view. The originality of our approach is that it takes into account a diatopic dimension we hardly find in other works. Thus, in the south there is a nasalized [ĩ] with an INDEF value which is absent from the other varieties of HC. For the demonstrative, we notice some morphophonological differences between the northern variety and the one of the rest of the linguistic community. About the possessive, the « functive a » of the northern variety is the main element that makes the difference particularly from the morphophonological and syntactic viewpoint, in its co-articulation relation with the other elements of its cotext in the phrase

    L'état des lieux du créole dans les établissements scolaires en Haïti

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    International audienceCreole was officially introduced in the Haitian educative system in 1979. This introduction was not easy. It is still affected by the problem of methods, methodologies and didactization. This problem gets worse after the National Pedagogical Institute disappearance in 1991. This institution was in charge of production of didactical materials for the educative system. Creole was subjected of resistance and conservative reactions from all the system actors. These resistant reactions tally with the representations and collective ideologies and the linguistics policy results occurred in Haiti, which are not always in favor of the language. However, it has always been a facilitator in the process of the teaching and appropriation of knowledge at any level. The new secondary education, which the experimentation process began in 2007, prolongs the use of the language over all the duration of the school education. Creole didactical problem as mother’s tongue has never been arisen. Thus, they still proceed in some stick-in-the-mud actions that are not leaded by methods carefully constructed on the basis of a reflexive approach, which is able to reduce the hesitation that is observed now in the Creole teaching/learning in Haitian school.Le créole est officiellement introduit à l’école haïtienne en 1979. Son emploi dans le système éducatif n’a pas été facile. Il souffre encore d’un problème de méthodes, de méthodologies et de didactisation. Ce problème s’est davantage accentué avec la disparition en 1991 de l’IPN chargé de l’élaboration de matériels didactiques pour le système. Le créole a été l’objet de résistance et de réactions réfractaires et conservatrices de la part de l’ensemble des acteurs du système. Ces résistances et réactions réfractaires concordent avec les représentations et idéologies collectives et les résultats des actions de politique linguistique arrêtées en Haïti qui ne sont pas toujours en faveur de la langue. Néanmoins, il a toujours été (et est) un facilitateur dans le processus d’enseignement et d’appropriation de connaissances à tous les niveaux. Le cycle du nouveau secondaire dont l’expérimentation a débuté en 2007 est venu prolonger l’enseignement-apprentissage de la langue sur tout le cycle scolaire. Mais la problématique de la didactique du créole comme langue maternelle n’a pas été posée. Cela étant, on navigue encore dans des actions routinières qui ne sont pas éclairées par des méthodes élaborées mûrement construites sur la base d’une démarche réflexive de nature à réduire les chances de tâtonnement qu’on constate actuellement dans l’enseignement/apprentissage du créole à l’école en Haïti

    L'état des lieux du créole dans les établissements scolaires en Haïti

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    International audienceCreole was officially introduced in the Haitian educative system in 1979. This introduction was not easy. It is still affected by the problem of methods, methodologies and didactization. This problem gets worse after the National Pedagogical Institute disappearance in 1991. This institution was in charge of production of didactical materials for the educative system. Creole was subjected of resistance and conservative reactions from all the system actors. These resistant reactions tally with the representations and collective ideologies and the linguistics policy results occurred in Haiti, which are not always in favor of the language. However, it has always been a facilitator in the process of the teaching and appropriation of knowledge at any level. The new secondary education, which the experimentation process began in 2007, prolongs the use of the language over all the duration of the school education. Creole didactical problem as mother’s tongue has never been arisen. Thus, they still proceed in some stick-in-the-mud actions that are not leaded by methods carefully constructed on the basis of a reflexive approach, which is able to reduce the hesitation that is observed now in the Creole teaching/learning in Haitian school.Le créole est officiellement introduit à l’école haïtienne en 1979. Son emploi dans le système éducatif n’a pas été facile. Il souffre encore d’un problème de méthodes, de méthodologies et de didactisation. Ce problème s’est davantage accentué avec la disparition en 1991 de l’IPN chargé de l’élaboration de matériels didactiques pour le système. Le créole a été l’objet de résistance et de réactions réfractaires et conservatrices de la part de l’ensemble des acteurs du système. Ces résistances et réactions réfractaires concordent avec les représentations et idéologies collectives et les résultats des actions de politique linguistique arrêtées en Haïti qui ne sont pas toujours en faveur de la langue. Néanmoins, il a toujours été (et est) un facilitateur dans le processus d’enseignement et d’appropriation de connaissances à tous les niveaux. Le cycle du nouveau secondaire dont l’expérimentation a débuté en 2007 est venu prolonger l’enseignement-apprentissage de la langue sur tout le cycle scolaire. Mais la problématique de la didactique du créole comme langue maternelle n’a pas été posée. Cela étant, on navigue encore dans des actions routinières qui ne sont pas éclairées par des méthodes élaborées mûrement construites sur la base d’une démarche réflexive de nature à réduire les chances de tâtonnement qu’on constate actuellement dans l’enseignement/apprentissage du créole à l’école en Haïti

    Le français haïtien et le « français commun » : normes, regards, représentations Résumé

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    A language is never practiced in a uniform way from one region to another within the same community, or even from a linguistic community to another. Thus, the French practiced in Haiti that Pompilus (1961), Govain (2008, 2009, 2013), Saint-Fort (2007), Fattier (2010) called Haitian French (HF) is a variety of French speaking specific to Haiti and different in many ways from other varieties of French in the ‘Francophonie’. HF is therefore not identical from all points of view with the other varieties of French speaking but there exists between all these varieties an invariance zone which guarantees intercomprehension. The French language, arrived in the place that will become Haiti today, during the first half of the seventeenth century, will evolve differently from the varieties of French that will develop in various places: time, space and generations print their mark on linguistic practices. The specificities of HF come from the endogenous norms that are facilitated by various local experiences, Haitian Creole, Anglo-American and Spanish. They manifest themselves in particular at the lexico-semantic aspect, but also phonological, and to a lesser extent morphosyntactical. Lexico-semantic differences between the HF and common French (CF) give rise to "false-friends" that can lead to problems of interpretation between the speakers of these varieties. This contribution proposes a brief description of the HF from the productions of 1st year university students.Une langue n’est jamais pratiquée de manière uniforme d’un lieu à un autre à l’intérieur d’une même communauté, voire d’une communauté linguistique à une autre. Ainsi, le français pratiqué en Haïti que Pompilus (1961), Govain (2008, 2009, 2013), Saint-Fort (2007), Fattier (2010) nomment le français haïtien (FH) est une variété de parler francophone propre à Haïti et différente à bien des égards des autres variétés de parlers francophones. Le FH n’est donc pas identique en tout point avec les autres variétés de parlers francophones, mais il existe entre toutes ces variétés une zone d’invariance qui garantit l’intercompréhension. Le français, arrivé dans l’espace qui va devenir Haïti aujourd’hui au cours de la première moitié du XVIIe siècle, va évoluer différemment des variétés de français qui vont se développer ici et là : le temps, l’espace et les générations agissent sur les pratiques linguistiques. Les spécificités du FH proviennent des normes endogènes qui sont facilitées par des expériences locales diverses, le créole haïtien, l’anglo-américain et l’espagnol. Elles se manifestent notamment au niveau lexico-sémantique, mais aussi phonologique, et dans une moindre mesure morphosyntaxique. Des différences lexico-sémantiques entre le FH et le français commun font naitre des faux-amis pouvant conduire à des problèmes d’interprétation chez les locuteurs de ces variétés. Cette contribution propose une brève description du FH à partir des productions d’étudiants de 1e année d’Université

    Agglutination déterminativo-nominale en créole haïtien

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    Le présent article ouvre la série de contributions du dossier portant sur la langue, l\u27un des principaux domaines de réflexion de Pierre Vernet. Il traite la question de l\u27agglutination entre un déterminant et un nom formant groupe nominal, laquelle agglutination renvoie à un phénomène courant en créole haïtien. Dans un premier temps, l\u27auteur présente quelques observables dans ce domaine, à la suite de quoi il s\u27intéresse aux manifestations phonologiques et aux traits sémantiques de ce type de manifestation verbale. Renauld Govain tente, à cette occasion, de fournir un classement des caractéristiques qu\u27il en a relevées à travers différents corpus

    La question linguistique haïtienne : histoire, usages et description. Résumé du dossier des publications et de la note de synthèseAnnexe à tel-03759276

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    Dossier d'HDR Renauld GOVAIN La question linguistique haïtienne : histoire, usages et description Résumé du dossier des publications et de la note de synthèse I. Le dossier Ce troisième volume du dossier d'Habilitation à diriger des recherches (HDR) présente les publications que j'ai faites à la suite de ma thèse de doctorat et qui vont dans le sens des problématiques retenues. Il comporte les quatre parties suivantes suivant les thématiques retenues dans ce dossier pour un total de 41 publication

    L'état des lieux du créole dans les établissements scolaires en Haïti

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    International audienceCreole was officially introduced in the Haitian educative system in 1979. This introduction was not easy. It is still affected by the problem of methods, methodologies and didactization. This problem gets worse after the National Pedagogical Institute disappearance in 1991. This institution was in charge of production of didactical materials for the educative system. Creole was subjected of resistance and conservative reactions from all the system actors. These resistant reactions tally with the representations and collective ideologies and the linguistics policy results occurred in Haiti, which are not always in favor of the language. However, it has always been a facilitator in the process of the teaching and appropriation of knowledge at any level. The new secondary education, which the experimentation process began in 2007, prolongs the use of the language over all the duration of the school education. Creole didactical problem as mother’s tongue has never been arisen. Thus, they still proceed in some stick-in-the-mud actions that are not leaded by methods carefully constructed on the basis of a reflexive approach, which is able to reduce the hesitation that is observed now in the Creole teaching/learning in Haitian school.Le créole est officiellement introduit à l’école haïtienne en 1979. Son emploi dans le système éducatif n’a pas été facile. Il souffre encore d’un problème de méthodes, de méthodologies et de didactisation. Ce problème s’est davantage accentué avec la disparition en 1991 de l’IPN chargé de l’élaboration de matériels didactiques pour le système. Le créole a été l’objet de résistance et de réactions réfractaires et conservatrices de la part de l’ensemble des acteurs du système. Ces résistances et réactions réfractaires concordent avec les représentations et idéologies collectives et les résultats des actions de politique linguistique arrêtées en Haïti qui ne sont pas toujours en faveur de la langue. Néanmoins, il a toujours été (et est) un facilitateur dans le processus d’enseignement et d’appropriation de connaissances à tous les niveaux. Le cycle du nouveau secondaire dont l’expérimentation a débuté en 2007 est venu prolonger l’enseignement-apprentissage de la langue sur tout le cycle scolaire. Mais la problématique de la didactique du créole comme langue maternelle n’a pas été posée. Cela étant, on navigue encore dans des actions routinières qui ne sont pas éclairées par des méthodes élaborées mûrement construites sur la base d’une démarche réflexive de nature à réduire les chances de tâtonnement qu’on constate actuellement dans l’enseignement/apprentissage du créole à l’école en Haïti

    Langues créoles : description, analyse, didactisation et automatisation: Hommage à Yves Dejean et Pierre Vernet

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    International audienceCe volume réunit douze contributions, dont deux écrites en créole haïtien (CH). Le corpus porte fondamentalement sur le CH mais aussi sur les créoles de l’Océan indien, en particulier celui de La Réunion. Il vise la description du CH dans ses aspects linguistiques mais aussi sociolinguistiques et didactiques (ces derniers aspects concernent aussi les créoles de la Guadeloupe et de la Martinique) et élabore un essai de grammaire électronique du créole guadeloupéen. On le voit, le CH et le français sont inégalement répartis dans le volume : deux en CH contre dix en français (mais chaque contribution comporte un résumé en CH aux côtés d’un résumé en français et en anglais). Les deux contributions en CH rendent hommage aux feus professeurs Pierre Vernet et Yves Dejean qui ont beaucoup contribué à ce qui pourrait être une linguistique haïtienne et à la description du CH. Le dernier chapitre prolonge le plaidoyer de Dejean pour l’emploi du CH comme langue d’enseignement en vue de corriger ce qu’il a appelé une école à l’envers dans un pays à l’envers, où les apprenants sont scolarisés dans une langue qu’ils ne maîtrisent pas, le français, alors que tous maîtrisent le CH

    La graphie du créole haïtien à l\u27épreuve du sandhi

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    La graphie du créole haïtien (CH), promulguée le 31 janvier 1980, est d\u27ordre phonographique (établissant des correspondances quasi-fidèles (Vernet 1980, Dejean 1977) entre les unités phoniques et leur représentation graphique. Partant de ce principe, elle est transparente, biunivoque) et construite selon le principe de la déviance maximale. Elle provoque depuis quelques années un débat, comme aux Antilles, si l\u27on se réfère aux dernières publications de J. Bernabé (2013a, b2017). Elle est acceptée et intériorisée mais semble problématique quant à la prise en compte des éléments hérités du français issus du phénomène de sandhi. C\u27est que le traitement de ces éléments convoque un niveau sophistiqué du fonctionnement de la langue qu\u27est la phonologie avec laquelle l\u27orthographe, en général, entretient d\u27étroits rapports. Il fait appel à des règles plus complexes que celles proposées dans la graphie officielle du CH et pour laquelle on sent maintenant la nécessité d\u27une réforme. Or, la graphie phonographique ne facilite guère la prise en compte des éléments résultant d\u27un sandhi (Burov, 2013)
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