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Langage et politique
En politique tout particulièrement, parler, c’est déjà agir, ordonner la réalité, produire une vision du monde. Le domaine politique est aussi le théâtre d’échanges qui prennent, pour une large part, la forme de rapports de force. Ce faisant, le langage intéresse pour son efficacité propre, qui ne se réduit pas aux effets rhétoriques qu’il produit. La politique offre ainsi un champ d’étude particulièrement stimulant à qui veut comprendre comment le langage peut se voir doté de cette efficacité particulière qui lui permet, selon les cas, de conforter l’état des choses ou de changer le monde. S’inspirant en toile de fond des études séminales sur les actes de parole de J. L. Austin et des réflexions sur le pouvoir symbolique de P. Bourdieu, ce volume réunit des travaux pluridisciplinaires qui s’attachent à comprendre, dans leur diversité d’aspects, les effets que le langage peut avoir dans les rapports sociaux d’ordre politique.Especially in the political domain, to speak is to act, i.e. to produce a certain worldview and alter reality itself. Now the political domain is the scene of exchanges which are mostly power relationships. Therefore language is important because of its intrinsic efficiency, which does not reduce to rhetorical effects
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Reposant sur l'analyse d'entretiens, de statistiques, d'archives et d'observations, cette thèse s'intéresse aux représentations de la cause de l'"économie autrement" et à l'institutionnalisation de ces dernières dans l'action publique locale à partir du cas de l'"innovation sociale". En analysant ces dynamiques à travers le concept de catégorie d'action publique, cette thèse entend étudier les modalités par lesquelles cette cause se (re)formule en fonction des configurations socio-historiques qu'elle traverse. En examinant le succès contemporain de l'innovation sociale, nous avons montré dans une première partie que pour s'imposer cette catégorie a eu recours à des mots d'ordre déjà en circulation dans le champ politique tout comme à la légitimité de productions scientifiques afin d'apporter à cette cause la crédibilité qui lui fait défaut. La seconde partie, tout en interrogeant les conditions de mise en place d'actions spécifiques pour l'innovation sociale, cherche à interroger la manière dont ces représentations, une fois légitimées par l'État, participent différemment à redéfinir l'identité des acteurs du secteur en les incitant à se penser à travers cette dernière. À la croisée d'une sociologie des catégories d'action publique et de l'"économie sociale et solidaire", cette thèse entend apporter un éclairage à la question du lien entre la cause de l'"économie autrement" et l'action publiqueBased on the analysis of interviews, statistics, archives and observations, this thesis is focused on the representations of the cause of the "alternative economy" and on the institutionalization of these latter in local public policy, based on the case of "social innovation". By analyzing these dynamics through the concept of category of public action, this thesis intends to study the modalities by which this cause is (re)formulated according to the socio-historical configurations it experiences. By examining the contemporary success of social innovation, we showed first that, to impose itself, this category has resorted to slogans already in circulation in the political field, as well as to the legitimacy of scientific productions in order to give this cause the credibility it lacks. The second part, while questioning the conditions for the implementation of specific actions for social innovation, tries to question the way these representations, once legitimized by the State, participate differently in redefining the identity of the actors of the social sector, by encouraging them to define themselves through it. At the crossroads of a sociology of the categories of public action and of the "social and solidarity economy", this thesis intends to shed light on the question of the link between the cause of "alternative economy" and public actio
Going Beyond Counting First Authors in Author Co-citation Analysis
The present study examines one of the fundamental aspects of author co-citation analysis (ACA) - the way co-citation
counts are defined. Co-citation counting provides the data on which all subsequent statistical analyses and mappings
are based, and we compare ACA results based on two different types of co-citation counting - the traditional type that
only counts the first one among a cited work's authors on the one hand and a non-traditional type that takes into
account the first 5 authors of a cited work on the other hand. Results indicate that the picture produced through this non-traditional author co-citation counting contains more coherent author groups and is therefore considerably clearer. However, this picture represents fewer specialties in the research field being studied than that produced through the traditional first-author co-citation counting when the same number of top-ranked authors is selected and analyzed. Reasons for these effects are discussed
Engagement et réflexivité
Contre les visions routinisées d’une coupure entre savoir sociologique et engagement, l’article met en avant les atouts d’une familiarité réflexive se nourrissant de l’observation participante. Cette hypothèse épistémologique et méthodologique est principalement travaillée à partir d’une enquête menée sur le mouvement étudiant de 2006 dans une ville de province en France. Tant l’analyse des différentes dimensions du mouvement en train de se faire que des conditions de son démarrage ont bénéficié de la proximité des enquêteurs vis-à-vis de l’action. Cela conduit l’auteur à revenir sur Le Métier de sociologue de Bourdieu, Chamboredon & Passeron (1968), en en proposant une lecture décalée par rapport aux interprétations les plus courantes.Against the usual visions of a cut between sociological knowledge and commitment, the paper defends the advantages of a reflexive familiarity based on the participating observation. This epistemological and methodological hypothesis is mainly worked form an investigation on the students’ social movement of 2006 in a provincial town in France. As long the analysis of the various dimensions of the movement being made that the conditions of it starting up benefited from the closeness of the investigators towards the action. It leads the author to return on Le métier de sociologue by Bourdieu, Chamboredon and Passeron (1968), by proposing a reading different from the most current interpretations.Compromiso y reflexividad. Investigar sobre la militanciaContra las visiones acostumbradas de un corte entre saber sociológico y compromiso, el artículo pone por delante las ventajas de una familiaridad reflexiva que se alimenta de la observación participante. Esta hipótesis epistemológica y metodológica es principalmente trabajada a partir de una investigación llevada en el movimiento estudiantil de 2006 en una ciudad de provincia en Francia. Tanto el análisis de las diferentes dimensiones del movimiento en tren de hacerse que condiciones de su comienzo gozaron de la proximidad de los investigadores enfrente de la acción. Esto conduce al autor a volver sobre Le métier de sociologue de Bourdieu, Chamboredon y Passeron (1968), proponiendo una lectura diferente de las interpretaciones más corrientes
At the borders of politics : positions, practices and politicization in the space of popular education
La thèse cherche à saisir l'univers de l' "éducation populaire" au regard de ses rapports avec le champ politique. Elle s'appuie pour ce faire sur une enquête de plusieurs années, dans les différents espaces où évoluent les cadres dirigeants des principales organisations d'éducation populaire. L'enquête, qui a suivi une logique ethnographique, s'est déployée depuis un Comité régional des associations de jeunesse et d'éducation populaire (Crajep). Elle mobilise à la fois des observations in situ, des passations de questionnaires (n=456), la constitution de bases de données, des entretiens semi-directifs (n=51) et des analyses de contenus. La première partie de la thèse est socio-historique. Elle cherche à reconstituer la genèse puis les métamorphoses de l'espace de l'éducation populaire, en s'appuyant sur la littérature existante mais aussi sur des données originales, relatives aux évolutions récentes des principales organisations "Jep" ou aux tentatives contemporaines de "repolitiser l'éducation populaire". La seconde partie de la thèse s'interroge sur la place des ressources politiques au sein des organisations laïques (Céméa, Ligue de l'enseignement, Francas). En explorant statistiquement la morphologie de ces organisations et en s'intéressant aux ressources que détiennent leurs différentes catégories de salariés, elle montre que la compétence politique y fait figure, pour les cadres, de compétence professionnelle spécifique. Elle s'intéresse en outre, grâce aux matériaux issus d'une campagne d'entretiens, aux processus de socialisation politique qu'ont connu les différentes générations en présence. La troisième partie de la thèse porte quant à elle sur une configuration locale de l'éducation populaire, traversée de conflits relatifs aux formes légitimes de l'activité. Elle met en avant les luttes d'organisation et les luttes générationnelles qui s'y déroulent, tout en montrant que « le politique » y est une catégorie de l'entendement professionnel importante, désignant des ressources efficientes du point de vue des organisations. La dernière partie de la thèse porte, enfin, sur les phénomènes de socialisation politique institutionnalisée, en examinant tour à tour trois types de pratiques contemporaines : les "technologies participatives" qui constituent l'héritage commun des différents groupes d'éducateurs populaires ; les pratiques d'éducation "à la citoyenneté" que déploient aujourd'hui les organisations laïques ; les pratiques de "conscientisation" héritées de Paolo Freire auxquelles s'donnent les milieux de "l'éducation populaire politique"The thesis seeks to grasp the universe of "popular education" with regard to its relationship with the political field. To do this, it relies on a survey of several years, in the different spaces where the senior executives of the main popular education organizations evolve. The survey, which followed an ethnographic logic, was deployed from a Regional Committee of Youth and Popular Education Associations. It mobilizes both observations, administration of questionnaires (n=456), the creation of databases, semi-structured interviews (n=51) and content analyses. The first part of the thesis is socio-historical. It seeks to reconstruct the genesis and then the metamorphoses of the space of popular education, based on the existing literature but also on original data, relating to recent developments in the main "Jep" organizations or contemporary attempts to "repoliticize popular education". The second part of the thesis questions the place of political resources within secular organizations (Céméa, Ligue de l'enseignement, Francas). By statistically exploring the morphology of these organizations and by focusing on the resources held by their different categories of employees, she shows that political competence is a specific professional skill for executives. She is also interested, thanks to the materials from a campaign of interviews, in the processes of political socialization experienced by the different generations involved. The third part of the thesis focuses on a local configuration of popular education, crossed by conflicts relating to legitimate forms of activity. It highlights the organizational struggles and the generational struggles that take place there, while showing that "politics" is an important category of professional understanding, designating efficient resources from the point of view of organizations. The last part of the thesis deals, finally, with the phenomena of institutionalized political socialization, by examining in turn three types of contemporary practices: the "participatory technologies" which constitute the common heritage of the different groups of popular educators; the "citizenship" education practices deployed today by secular organizations; the practices of "awareness-raising" inherited from Paolo Freire to which the circles of "popular political education" devote themselve
Going into action : professional socialisation and socialisation to collective action of beginner teachers in the French public general and technological secondary education
Les enseignants forment un groupe mobilisé et marqué par une forte tradition syndicale. Cet héritage semble néanmoins en crise dans un contexte de renouvellement socio-démographique et générationnel du groupe et de transformations institutionnelles importantes de l'école. Certes, les analyses les plus récentes insistent sur le maintien d'une forte politisation et d'un fort investissement collectif des individus. Elles n'en soulignent pas moins le rapport désormais plus distancié des individus à la profession et à ses organisations. Les débuts de carrière offrent un cadre idéal pour analyser la manière dont les enseignants débutants entrent à la fois dans le métier et dans le groupe organisé. C'est la rencontre entre les dispositions que les individus importent dans l'espace professionnel et les processus de socialisation à l'action collective que ce travail s'attache à analyser. Une enquête longitudinale, quantitative et qualitative, par questionnaires et entretiens, a été menée auprès de 112 enseignants du second degré général et technologique public pendant leurs trois premières années dans les trois académies d'Île-de-France. Ce travail décrit d'abord les propriétés socio-scolaires des enquêtés et leurs représentations du métier, qui sont proches de celles des enseignants recrutés depuis la rénovation institutionnelle de la formation et la création des IUFM dans les années 1990. On s'attache ensuite à décrire une entrée dans le métier par la difficulté : celle de l'année de stage, dans un contexte particulier de réforme, entre 2010 et 2013, des modalités d'entrée dans le métier, mais aussi plus généralement celle des premières années, qui sont celles des affectations sur postes de remplacement et dans les établissements "difficiles" de l'éducation prioritaire. Dans ces contextes, la troisième partie montre que presque tous les individus participent de manière différenciée à l'action collective, à la fois en fonction de leurs dispositions politiques importées et de leur capacité à s’ancrer dans des espaces locaux de mobilisation. Si les individus reçoivent le syndicalisme enseignant selon des modalités différenciées en fonction de leur propre politisation et de leur situation professionnelle, l'établissement apparaît, pour ceux qui trouvent à s'y stabiliser, comme un espace particulièrement efficace d'enrôlement des individus, quelles que soient leurs dispositions politiques importées, dans l'action collective. Une analyse des correspondances multiples, complétée par une classification ascendante hiérarchique, achève ce travail, en inscrivant la diversité des rapports individuels à l'action collective dans une typologie qui prend en compte à la fois les formes, les temporalités et les trajectoires de mobilisation des individus. Une partie minoritaire des individus évitent l'action collective professionnelles dans ses dimensions les plus syndicales et politiques mais finissent par y entrer par la participation à la vie institutionnelle locale de l'établissement. Les individus les plus isolés professionnellement mettent à profit l'assistance et les informations des syndicats. Enfin, une partie minoritaire mais importante des individus, politisés à gauche et favorablement disposés à l'égard de l'action collective contestataire/revendicative et inscrits dans des situations locales de mobilisation, apparaissaient comme investissant l'action collective dans toutes ses dimensionsTeachers are a mobilised group with a strong tradition of collective action. However, this legacy is currently challenged by socio-demographic and generational change in a context where educational system is going through important institutional transformations. Although recent studies have insisted on strong politicisation of teachers and their maintained involvement in collective action, they have also pointed out their growingly lukewarm attitude towards unions and the professional group. It is during early career, when individuals both learn the trade and get involved in professional collective action, that socialisation can be best observed. This work focuses on the encounter between individual dispositions and professional socialising processes and is based on a longitudinal study implying 112 secondary school beginner teachers in the Paris area in France. We have collected materials through questionnaires and interviews. This work describes respondents'socio-educational backgrounds and their views on teaching, which appear to be very close to those of the generations of teachers who were recruited following the renovation of professional training since the 1990s. It then portraits the difficulties of the beginnings, on training year and afterwards, when beginner teachers are posted on replacement missions or in "difficult" schools in priority education. In such contexts, most respondents take part in collective action, although in specific ways. Individuals participate according to their political background and capacity to settle in one or several mobilised schools. The local space indeed appears as a very effective place of mobilisation whatever the individuals' imported political dispositions. A multiple correspondence analysis and a hierarchical clustering method complete this work, allowing to sort the diversity of individual attitudes to mobilisation into a typology of the forms, temporalities and trajectories of individual mobilisation. A small part of the respondents to the enquiry avert the most political dimensions of collective action as well as unionism, however most of them end up participating in institutional local life. The most professionally isolated teachers benefit from union help and information. A strong minority of the respondents, with left-wing politicisation and a stable local posting, invest local collective action in every dimensio
Variations on the Author
“Variations on the Author” discusses two of Eduardo Coutinho’s recent films (Um Dia na Vida, from 2010, and Últimas Conversas, posthumously released in 2015) and their contribution to the general question of documentary authorship. The director’s filmography is characterized by a consistent yet self-effacing form of authorial self-inscription: Coutinho often features as an interviewer that rather than express opinions propels discourses; an interviewer that is good at listening. This mode of self-inscription characterizes him as an author who is not expressive but who is nonetheless markedly present on the screen. In Um Dia na Vida, however, Coutinho is completely absent form the image, while Últimas Conversas, on the contrary, includes a confessional prologue that moves the director from the margins to the center of his films. This article examines the ways in which these works stand out in the filmography of a director who offers new insights into the notion of cinematic authorship
Les relations entre parents et personnels d’accueil de jeunes enfants. La transmission des normes au prisme des rapports entre classes sociales
The relationship between parents and child carers of young children
Communicating norms throught social class interrelations
Following a year-long investigation on fifty families from wide-ranging social backgrounds, the author examines the relationships between parents and different types of child carers. The analysis brings to light a differential gap between parenting methods, and also identifies the norms that are passed on by different institutions surrounding family life. It also highlights the importance of social class in the way how child carers become involved with families. For example, specific connections are observed among registered pre-school assistants and the intermediary categories between working and middle classes. Privileged, yet less symmetrical, relationships between collective day nurseries and the educated upper class, and domestic employees and the wealthy upper class are outlined. The most precarious percentage of working class is excluded from any other relations with the family and loved ones.À partir d’une enquête conduite pendant un an auprès de cinquante familles appartenant aux catégories sociales les plus variées, l’auteur examine les relations que les parents entretiennent avec les différents types de personnels d’accueil des jeunes enfants. L’analyse permet de mettre en évidence un espace de différenciations dans les manières d’être parent et de percevoir les normes transmises par les différentes institutions qui concourent à l’encadrement de la vie familiale. Elle souligne également le poids de l’appartenance sociale des personnels dans la manière dont ils entrent en relation avec les familles. Par exemple, des relations spécifiques d’affinité sont observées entre les assistantes maternelles agréées et les catégories intermédiaires, entre les classes populaires et les classes moyennes. Se dessinent également des relations privilégiées, mais plus dissymétriques, entre, d’une part, les crèches collectives et le pôle cultivé des classes supérieures et, d’autre part, les employées à domicile et le pôle économique des classes supérieures. Les fractions les plus précaires des classes populaires restent à distance de toute prise en charge extérieure à la famille et aux proches.Geay Bertrand. Les relations entre parents et personnels d’accueil de jeunes enfants. La transmission des normes au prisme des rapports entre classes sociales. In: Politiques sociales et familiales, n°118, 2014. Production et réception des normes de « bonne » parentalité. pp. 35-44
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