1,720,974 research outputs found

    Les règles de l’art, le poète et le mathématicien

    Get PDF
    Si, depuis l’époque romantique, l’idée des « règles de l’art » connaît un grand discrédit, cela n’a pas toujours été le cas. F. X. Dmochowski et J. Śniadecki ont ainsi eu l’occasion de théoriser, dans le cadre du classicisme polonais, ce qu’ils estiment être les bienfaits des règles de l’art. À travers un commentaire historique et conceptuel de quelques-uns de leurs textes théoriques, il s’agit dans cette étude de préciser les enjeux culturels, voire politiques, de leur défense du normativisme esthétique. Pour ce faire, on formulera un certain nombre de leurs idées dans une perspective analytique, en puisant à la fois dans l’héritage philosophique du xviiie siècle (la philosophie de Thomas Reid), la tradition philosophique médio-européenne et le réalisme esthétique de Roger Pouivet. On propose, à l’issu du commentaire, quelques pistes permettant de tirer profit de l’apport des classiques polonais dans les débats esthétiques contemporains.Since the Romantic period, the notion of “rules in art” has been discredited, but this hasn’t always been the case. Franciszek Xawery Dmochowski and Jan Śniadecki, both part of the Polish classicism, thought that subjecting art to rules was, on the whole, a good thing. Through a historical and conceptual analysis of a selection of their works in the field of aesthetics, this study aims to provide a better understanding of the cultural and political grounds of their defense of esthetic normativism. To achieve this, the author formulates some of their key ideas in a deliberately analytical perspective, drawing on 18th century philosophical heritage (Thomas Reid’s philosophy), Central Europe philosophical tradition and Roger Pouivet’s aesthetic realism. This commentary concludes with some prospective remarks, highlighting the relevance of Polish classicists’ ideas to contemporary aesthetic debates

    Séminaire 2023-2025 : séance #3 – 14 décembre

    No full text
    La troisième séance du séminaire consacré aux mondes de l'énergie se tiendra le jeudi 14 décembre à partir de 16h30 en salle CRESEM-Sociétés (dans le patio du bâtiment Y, campus du Moulin à Vent). Nous y entendrons Hélène Guillaume, maîtresse de conférence en littératures anglophones à l'UPVD, présenter un exposé intitulé "Le Berceau du chat, ou le jeu de la ficelle (1963) : entropie politique et apocalypse par le gel"

    On Rules of Art as Perhaps not such a Bad Thing: a Discussion of Aesthetic Normativity according to Alexander Pope and Philip Pullman

    No full text
    The concept of “rules of art” feels, in the context of 21st-century aesthetics and critical discourse, like an antiquated idea with unsound theoretical bases (it is by definition at odds with Kantian aesthetic subjectivism) and authoritarian undertones (regulating art being often seen as political censorship). The purpose of this article is to play Devil’s advocate and make the case for rules of arts, in defense of what could be called aesthetic normativity, through a commentary of critical writings by Augustan age poet Alexander Pope (1688-1744) and contemporary novelist Philip Pullman (*1946). The introduction presents this project from an historical and critical perspective; Pope’s and Pullman’s views of aesthetic normativity are then discussed in succession, on the basis of which the conclusion offers answers to anti-normativism, and a definition of aesthetic normativity as a beneficial framework for the democratic discussion of artistic works and processes.Le concept des « règles de l’art » a tout l’air, au 21e siècle, d’une idée dépassée, aux fondements théoriques approximatifs (elle contredit le cadre subjectiviste de l’esthétique établi par la troisième Critique de Kant) et aux résonances autoritaires (normer l’art pouvant facilement être entendu comme une censure politique). Le propos de cet article est de se faire l’avocat du diable et de défendre les règles de l’art et ce que l’on peut appeler l’esthétique normative, à travers le commentaire des écrits critiques de deux auteurs britanniques : le poète classique Alexander Pope (1688-1744) et le romancier contemporain Philip Pullman (*1946). L’introduction présente les enjeux historiques et théoriques de ce projet ; suivent successivement les analyses de l’esthétique normative selon Pope et Ph. Pullman, dont la conclusion tire des réponses aux objections qu’on peut adresser à l’esthétique normative, ainsi qu’une définition de cette dernière comme le cadre bénéfique d’une conversation démocratique sur l’art et ses enjeux.El concepto de "reglas del arte" parece, en el siglo XXI, una idea anticuada, con escasos fundamentos teóricos (al contradecir el marco subjetivista de la estética establecido por la Tercera Crítica de Kant) y resonancias autoritarias (normar el arte puede entenderse fácilmente como censura política). El propósito de este artículo es hacerse el abogado del diablo y defender las reglas del arte y lo que puede llamarse una estética normativa, a través de un comentario sobre los escritos críticos de dos autores británicos: el poeta clásico Alexander Pope (1688-1744) y el novelista contemporáneo Philip Pullman (*1946). En la introducción se presentan las claves históricas y teóricas de este proyecto; a continuación, se analizan las estéticas normativas según Pope y Pullman, y en la conclusión se dan respuestas a las objeciones que pueden plantearse respecto a las estéticas normativas, así como una definición de éstas como marco beneficioso de una conversación democrática sobre el arte y su significado

    Geometryczna Muza. Gatunek bohaterski w osiemnastowiecznej Europie

    No full text
    Considering an epic corpus from 18th-century France, England, Poland and Denmark, the epic genre can be said to exist in the 18th century in several forms. (1) As the theoretical object of speculative poetics (the main model of which is Boileau's Art Poétique). (2) As heroic epics, such as Voltaire's Henriade, which may enjoy success but are whose shortcomings are systematically pointed out by critics. (3) As comic epics (heavily influenced by Boileau's Lutrin), which achieve much greater success than their heroic counterparts both in the 18th century and today: Pope's Rape of the Lock, Ludvig Holberg's Peder Paars, Ignacy Krasicki's Myszeis. Can the epic genre then only survive through comic degradation? Is heroic poetry so smothered by speculative rules of art that it can only survive when burlesque subversion relaxes them?Whereas theoretical over-thinking has been, since the late 17th century, the go-to explanation for the many failures of early modern epic poetry, it seems that heroicomic poetry is actually a paragon of poetic regularity in the 18th century. Far from being asphyxiated by its rules, the epic genre as theorized and practiced by men of letters admirative of French neoclassicism such as Alexander Pope, Ludvig Holberg, Charles Batteux, Ignacy Krasicki or F. X. Dmochowski is both regular and very much alive. An epic is even more efficient the better it fits within a neoclassical framework heavily based on 18th-century reinterpretations of Aristotle's Poetics. To formulate this framework amounts to understanding "classical readability", a set of aesthetic and normative expectations within which poetic rules are not empty slogans but describe actual meaningful poetic techniques.This dissertation examines the implications of this idea with respect to the reception of early modern texts in the 18th century (I), how the opening lines of epic poems are seen to program the bulk of the work (II), the representation of the inspiration and social role of the epic poet (III), epic fiction (the "fable", IV), and the composition of the epic text itself (V). The aforementioned English, Danish and Polish epics are testaments to the transformations of neoclassical poetics and poetry through 18th-century Europe, whereas Voltaire's ambitious attempt at a reform of the neoclassical normative doctrine shows that, in contrast to some of his contemporaries, he failed to perceive its poetic conductivity.Le corpus épique du 18e siècle en France, en Angleterre, en Pologne et au Danemark révèle trois types de survivance de l’épopée : (1) une survivance théorique dans la poétique spéculative (dont le modèle relativement incontesté est au 18e siècle l’Art poétique de Boileau), (2) l’épopée héroïque (comme la Henriade de Voltaire), toujours critiquée pour ses imperfections ; et (3) l’épopée comique (sur le modèle du Lutrin de Boileau), au succès bien plus unanime tant au 18e siècle qu’au regard de la postérité : The Rape of the Lock d’Alexander Pope, Peder Paars de Ludvig Holberg, Myszeis d’Ignacy Krasicki. L’épopée ne pourrait-elle ainsi survivre qu’au prix de sa dégradation de l’héroïque au comique ? Le poème héroïque serait-il donc tant étouffé par ses règles qu’il ne puisse exister dans la modernité qu’au prix d’un burlesque libérateur qui en relâche l’emprise ? Si, depuis la fin du 17e siècle, les échecs du genre épique sont régulièrement attribués à sa surthéorisation, il semble pourtant que l’héroïcomique se révèle au 18e siècle la forme par excellence de la régularité poétique. Loin d’être étouffé par ses règles, le genre épique tel que le conçoivent des théoriciens et des poètes inspirés par le classicisme français comme Alexander Pope, Ludvig Holberg, Charles Batteux, Ignacy Krasicki ou F. X. Dmochowski est à la fois régulier et vivant. L’efficacité du genre épique, qui englobe alors l’héroïcomique, dépend de son inscription dans un cadre formel « classique » qui se fonde largement sur les relectures de la Poétique d’Aristote au 18e siècle. Le reconstituer, c’est définir une « lisibilité classique » – c’est-à-dire un horizon d’attente esthétique et normatif dans lequel les règles ne sont pas des slogans, mais définissent réellement des pratiques poétiques signifiantes. La thèse explore, dans ses cinq parties, les implications de cette idée au niveau de la réception des textes épiques modernes (I), de la composition de l’ouverture épique conçue comme patrice du poème (II), des représentations de l’inspiration et du rôle du poète épique (III), de la fiction poétique (la « fable », IV) et de la textualité épique (diction et tableaux épiques, V). Les épopées anglaises, danoises ou polonaises étudiées témoignent ainsi des métamorphoses que connaît au 18e siècle le classicisme, européanisé et vivant – quand les ambitions refondatrices de Voltaire s’inscrivent en faux par rapport à une doctrine normative dont le poète français perçoit, moins que certains de ses contemporains, la productivité

    Séminaire 2023-2025 : séance #2 – 24 octobre

    No full text
    La deuxième séance du séminaire "Les mondes de l'énergie" aura lieu le mardi 24 octobre 2023 à 18h en salle CRESEM. Nous y entendrons Oliver Wilson, lecteur au département d'anglais, présenter une communication intitulée "A Waste of Space: corps cosmiques et énergies érotiques dans High Life de Claire Denis". Le film de Claire Denis est visible sur le site de VOD d'Arte : https://boutique.arte.tv/detail/high_lif

    Séminaire 2023-2025 : séance #5 – 27 février

    No full text
    La prochaine séance du séminaire Poétique et perception sur la représentation de l'énergie aura lieu le mardi 27 février à 17h en salle Environnement (patio du bâtiment Y). Fabrice Parisot (PU espagnol, UPVD) nous parlera de Pablo Neruda : " "Ode à l'atome". Une énergie au service de l'univers"

    Séminaire 2023-2025 : séance #8 – 24 mai

    No full text
    Giulia Verardi, doctorante CRESEM (sous la direction de Jonathan Pollock), présentera le jeudi 23 mai à 17h en salle Société une conférence intitulée « Représentations de l'énergie dans la fiction climatique : perspectives écologiques, spirituelles et technologiques »

    Retour sur la “connaissance des règles par le sentiment”: et si le goût selon Charles Batteux était une vertu esthétique?

    No full text
    International audienceTaste is defined by the Abbot Charles Batteux (1713-1780) as ‘knowledge of rules through feelings’, which is often understood as supporting an aesthetic irrationalism, based on an XVIIIth century division between cognition (epistemics) and senses (aesthetics). However this interpretation presents textual and doctrinal problems in a careful reading of Batteux’ oeuvre. This article attempts to identify Batteux’ scholastic resistance to the ‘triumph of the ignoramus’ aesthetic matters, and offers a description of how taste works according to the Abbot.La définition du goût par l’abbé Charles Batteux (1713-1780) comme « connaissance des règles par le sentiment » est souvent interprétée comme souscrivant à un irrationalisme esthétique, c’està- dire comme participant d’une scission entre les domaines cognitif (épistémique) et sensible (esthétique) au XVIIIe siècle. Or cette interprétation pose des problèmes d’ordre textuel et doctrinal à la lecture de l’oeuvre. La présente étude tente d’identifier chez Batteux une résistance scolastique au « triomphe de l’ignorant » en matière esthétique et de proposer une description des opérations du goût selon l’abbé

    Esquisse d’un portrait de Charles Batteux en esthéticien des vertus : du goût, du génie et de l’intelligence

    Get PDF
    International audienceThis article approaches Charles Batteux’s (1713-1780) concept of taste (one as central to 18th-century nascent aesthetics as it is complex) through the lens of virtue aesthetics, mostly borrowing from Roger Pouivet’s work (2006, 2017). Firstly, it argues that Batteux’s account of taste matches Pouivet’s description of aesthetic virtues, and that taste, as a function of the soul, is the golden mean between corresponding intellectual vices. Secondly, it examines the ways the aesthetic virtue of taste interacts with two other intellectual virtues discussed by Batteux, namely intelligence and genius. In sum, it argues that re-reading Batteux’s philosophy of literature through the lens of contemporary, analytical virtue aesthetics makes it relevant to contemporary aesthetic theory, and not only for students of the history of literary theory.Cet article a pour but de relire la théorie du goût (notion aussi centrale que problématique dans l’esthétique du XVIIIe siècle) selon Charles Batteux (1713-1780) au regard de la théorie contemporaine des vertus esthétiques telle que la présente notamment Roger Pouivet (2006, 2017), dans l’optique d’actualiser la lecture de Batteux et de rendre exploitable sa philosophie de la littérature dans un cadre analytique. La première partie défend l’idée que le goût selon Batteux est une vertu épistémique et esthétique au sens de Pouivet, qui fonctionne comme un juste milieu entre deux vices intellectifs. La seconde partie examine le positionnement de cette vertu esthétique par rapport à deux autres vertus intellectives discutées par Batteux : l’intelligence et le génie. On suggère en conclusion que cette lecture de Batteux rend compte de l’ambivalence des « passions douces » d’une façon exploitable dans le discours esthétique contemporain

    Séminaire 2023-2025 : séance #7 – 3 avril

    No full text
    La septième séance du séminaire 2023-2024 aura lieu mercredi 3 avril 2024 en salle CESEM-Sociétés (campus du Moulin à Vent, bâtiment Y, rez-de-jardin) à 17h. Isabelles CASES, maîtresse de conférences en littérature anglaise, y présentera une conférence intitulée "Folk Horror, énergies naturelles et forces surnaturelles"
    corecore