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Sunt verba et voces praetereaque nihil ou la restitution d’une chronique almohade oubliée al‑Mann bi‑l‑Imāma
Les sources favorables aux Almohades restent rares. On ne peut, tout au plus, recenser que deux ou trois ouvrages, partiellement redécouverts en Europe sous la forme d’unicum. La chronique appelée al‑Mann bi‑l‑Imāma d’Ibn Ṣāḥib al‑Ṣalāt relève de ce cas de figure. L’aspect aussi original que déroutant du titre et de la structure du récit contribua à rebuter les spécialistes de l’histoire de l’Occident musulman retardant d’autant sa publication. La prépondérance des lettres de chancellerie et des vers que comportait al‑Mann bi‑l‑Imāma conduisit à déconsidérer cette source pourtant essentielle. De plus, la citation latine : « sunt verba et voces et praeteraque nihil » qu’associèrent Reinhart Dozy puis Ambrosio Huici Miranda à al‑Mann bi‑l‑Imāma afin de dénigrer cette chronique a probablement participé à ce qu’elle ne fasse pas l’objet d’une édition intégrale. C’est la volonté de doter le Maroc et le monde arabe d’une nouvelle source à même d’éclairer « son passé » qui amena un lettré marocain, Abdelhadi Tazi, à en réaliser une édition critique en 1964.Sources favorable to the Almohads remain rare. At most, only two or three works can be identified, partially rediscovered in Europe in the form of unicum. The chronicle called al‑Mann bi‑l‑Imāma by Ibn Ṣāḥib al‑Ṣalāt belongs to this category. The original as well as confusing aspect of the title and structure of the narrative contributed to repel scholars of the history of the Muslim West delaying its publication accordingly. The original and confusing aspect of the title and the structure of the narrative contributed to the rebuff of scholars of the history of the Muslim West. This further delayed its publication. Moreover, the Latin quotation “sunt verba et voces et praeteraque nihil” that Reinhart Dozy and then Ambrosio Huici Miranda associated with al‑Mann bi‑l‑Imāma in order to denigrate this chronicle probably contributed to its not being published in full. It was the desire to provide Morocco and the Arab world with a new source that could shed light on “its past” that led a Moroccan scholar, Abdelhadi Tazi, to produce a critical edition in 1964.قليلة هي المصادر التي تصب في صالح دولة الموحدين. ولا نكاد نحصي إلا كتابين أو ثلاثة كتب تمت إعادة اكتشافها جزئـيا على شكل نسخ فريدة. ومؤلَّـف المـنّ بالإمامة لابن صاحب الصلاة يندرج في هذا الإطار. فـعنوان الكتاب غريب ومثير للانتباه كما هو حال بنية النص، وقد ساهم هذا في تبريد همّـة أخصائيي الغرب الإسلامي ممّا أدّى إلى تأخير نشره. وقد زاد من فـقْد حظوة هذا المؤلَّـف أنّه يحتوي على عدد هائل من الرسائل الموحدية والأشعار. وعلاوة على هذا فإنّ العبارة اللاتينية «إنّـك لست إلا صوتا ولا غير» التي ألصقها المستشرق رينهاردت دوزي ومن بعده هويسي ميراندا بهذه الكتاب، للنيل منه والتقليل من قدره، قد ساهمت في عدم نشره بكامله. وفي إطار إرادة المغرب والعالم العربي لإيجاد مصدر جديد من شأنه أن يُضيء «ماضيه» فقد أخذ الباحث المغربي عبد الهادي التازي على عاتقه تحقيق المؤلَّـف ونشره سنة 1964
Introduction
Présentation Les Almohades constituèrent le seul État-dynastie qui réussit l’exploit d’unifier l’ensemble de l’Occident musulman, le Maghreb et al-Andalus. Cet empire, au faîte de sa gloire dans la seconde moitié du xiie siècle et jusque dans les années 1220, s’étendait d’est en ouest depuis la Tripolitaine jusqu’à l’océan Atlantique, et du nord au sud depuis Peñíscola jusqu’à Nūl Lamṭa, un espace compris entre le sud de l’embouchure de l’Èbre et la frange septentrionale du Sahara. La dominat..
Chapitre VI. Un souverain vengeur : l’éclat des supplices
Une pratique et son cadre Pour les supplices comme pour bien des faits relatifs au quotidien des habitants de l’Occident musulman, Ibn Tūmart donna sa vision sur ce qu’il convenait de faire. Au cours de ses pérégrinations, chaque occasion est mise à profit pour définir une société musulmane vertueuse. Les contemporains vivant majoritairement dans le péché et ne se conformant que peu à ce modèle, il fallait donc les corriger, par la force si nécessaire, afin de conformer tous les hommes à l’or..
Going Beyond Counting First Authors in Author Co-citation Analysis
The present study examines one of the fundamental aspects of author co-citation analysis (ACA) - the way co-citation
counts are defined. Co-citation counting provides the data on which all subsequent statistical analyses and mappings
are based, and we compare ACA results based on two different types of co-citation counting - the traditional type that
only counts the first one among a cited work's authors on the one hand and a non-traditional type that takes into
account the first 5 authors of a cited work on the other hand. Results indicate that the picture produced through this non-traditional author co-citation counting contains more coherent author groups and is therefore considerably clearer. However, this picture represents fewer specialties in the research field being studied than that produced through the traditional first-author co-citation counting when the same number of top-ranked authors is selected and analyzed. Reasons for these effects are discussed
La gestion des crises de subsistance par les souverains almohades
La question des crises environnementales et de leur rôle au cours de l’histoire a été peu explorée au Maghreb. Cet article se propose de le faire pour le Moyen-Âge, au cours de l’époque Almohade (XIIe-XIIIe siècle). On y montre comment ces crises ont été intégrées aux dispositifs de pouvoir califal et ont été un facteur déterminant de l’étatisation de la société. L’examen de sources hagiographiques et de chroniques permet de montrer l’instrumentalisation des crises reposant sur l’enchaînement sécheresse/cherté/crise de subsistance/épidémie, tant par le pouvoir politique pour une meilleure assise de ce pouvoir que par les administrés comme moyen de le contester.Environmental crises - and their historical impacts - have been seldom explored in the Maghreb. With this paper, we aim at examining those of the Middle Age, more precisely of the Almohad period (XII-XIII centuries). We disclose how such crises were used to reinforce the power of the ruling dynasty, and thus played a key role in the rise of the state over society.The analysis of chronicles and hagiographical sources highlights how these crises, based on a sequence drought/high prices/crises/epidemics, were turned into political tools. Rulers used them to fortify their power, and commoners to challenge it.El tema de las crisis del medio ambiente y su papel en la historia fue poco explorado en el Magreb. Este artículo pretende hacerlo para la Edad Media, durante la época Almohade (siglo XII y siglo XIII). Se muestra cómo estas crisis se han incorporado a los sistemas del poder califal y han sido un factor determinante para el control del estado de la sociedad. El estudio de las fuentes hagiográficas y crónicas permite mostrar la instrumentalización de las crisis sobre la base de la secuencia de sequías/alto precio/crisis de subsistencia/epidemia, tanto por el poder político para mejorar su base de poder como por los administrados como medio para discutir ese poder
Chapitre V. Le choix de la langue
Les motifs de la promotion du berbère Les Berbères, un peuple à la marge du monde musulman Pour l’auteur du début de la période mérinide, Ibn ‘Abd al-Hạlīm, originaire de la tribu masṃūda des Aylān, les Berbères ne faisaient pas originellement partie de l’histoire prophétique et des grandes civilisations, ce qu’il exprime de la façon suivante : lorsque le Prophète envoie des missionnaires aux grands de ce monde, c’est au patriarche d’Alexandrie, pour l’Égypte, au négus pour l’Éthiopie, à C..
Al‑lisān al‑ġarbī ou la langue des Almohades
D’une façon générale, le Maghreb n’avait pas bonne réputation en Orient et en al‑Andalus. On reprochait à ses habitants d’être des rustres, peu au fait de la culture savante, la langue arabe, n’y étant que peu répandue, voire pas du tout. De même, après avoir livré une opposition acharnée aux conquérants arabes, les autochtones avaient fini par rejeter cette « occupation ». En effet, allant de pair avec cette indépendance politique, l’islamisation se fit, Ifrīqiya mise à part, dans un cadre o..
Variations sur le don de nourriture comme instrument de gouvernement chez les Almohades
Dans le cadre d’une société segmentaire, les Almohades surent se créer une base politique à même de permettre d’accéder au pouvoir et de s’y maintenir. Pour ce faire, ils jouèrent sur au moins deux tableaux : - L’aspect contractuel avec les différents groupes segmentaires qui composaient la société du Maghreb médiéval. Ici l’adhésion d’un groupe à une personne Ibn Tûmart, à une cause politique qui est également un credo, jugé par la majorité des musulmans comme hétérodoxe, le tawhîd, passait par la consommation d’un repas en commun, avec un plat caractéristique du sud du Maghrib al-aqsâ appelait asmâs. Par la suite, la consommation de l’asmâs devait être attachée à un rituel politique qui permettait à l’élite dirigeante de se donner de la cohésion et d’exhorter l’esprit de corps des Masmûda, élément sans qui rien ne fût possible. - La fidélité pro domino où le souverain à l’instar du maître de maison se devait de pourvoir aux besoins de ses dépendants. De même, le don de raghîf permettait au calife almohade, à l’instar d’autres monarques médiévaux, de coller au paradigme du saint.Ghouirgate Mehdi. Variations sur le don de nourriture comme instrument de gouvernement chez les Almohades. In: Horizons Maghrébins - Le droit à la mémoire, N°59, 2008. Manger au Maghreb - Partie II. pp. 30-37
La gestion des crises de subsistance par les souverains almohades
Si l’histoire ne peut se concevoir sans la prise en compte des différents événements, crises de cherté, famines et épidémies qui marquaient, voire qui rythmaient la vie des hommes de l’époque médiévale et moderne, force est de constater que cet aspect des choses est resté, pour le Maghreb médiéval, quasiment inexploré, au même titre que son histoire démographique. Mon attention fut attirée par une assertion de Bernard Rosenberger concernant le Maroc des XVIe-XVIIIe siècles : « En cas de diset..
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