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Le jeune Élie Halévy et Karl Marx
Frobert Ludovic. Le jeune Élie Halévy et Karl Marx. In: Mil neuf cent, n°17, 1999. Intellectuels dans la République. pp. 45-65
"Si vous êtes si malins ... " : McCloskey et la rhétorique des économistes
Référence complète : FROBERT, Ludovic (2004). "Si vous êtes si malins ... " : McCloskey et la rhétorique des économistes ; suivi de La rhétorique des sciences économiques [de Deirdre N. McCloskey]. Frédéric Regard (trad.). Lyon : ENS Editions. 126 p. ISBN 2-84788-059-3En 1983, paraît dans le très sérieux Journal of Economic Literature un article au ton pour le moins iconoclaste. Signé par un auteur jusqu'alors reconnu pour ses travaux classiques dans le domaine de l'histoire économique quantitative, ce papier traite de la rhétorique des économistes. D. N. McCloskey y assène, entre autres, que l'étude des textes économiques relève avant tout de la critique littéraire ; que les modèles mathématiques, tant prisés par les économistes, sont essentiellement métaphoriques et composent un véritable domaine poétique original ; que l'économiste de profession est, au minimum, en retard d'une révolution épistémologique par rapport à ses contemporains lorsqu'il prétend assurer son autorité scientifique sur sa capacité réelle à faire des prédictions. Un fort courant de réflexion sur la rhétorique des sciences économiques va prendre sa source dans cette bravade contre le positivisme et le scientisme ambiants. En précisant le point de départ de McCloskey, en consolidant les intuitions fécondes contenues dans son attaque en règle contre le « modernisme », en prenant parfois leurs distances vis-à-vis des aspects trop clinquants de son manifeste de 1983, quelques auteurs – dont notamment Roy Weintraub, Robert Heilbroner, Albert Hirschman – vont explorer alors plus avant les conséquences de la révolution rhétoricienne en économie. « La Rhétorique des sciences économiques » est proposé ici pour la première fois en traduction française
L'Écho de la fabrique
C'est à Lyon, entre octobre 1831 et mai 1834, que paraît le premier journal ouvrier pérenne publié en France. Là, aux temps des insurrections, les canuts créent leur propre organe, un hebdomadaire de huit pages sur deux colonnes, L'Écho de la fabrique. Durant plusieurs mois, les chefs d'atelier et ouvriers en soie vont prendre voix dans leur journal pour tenter d'adapter le régime complexe de la fabrique lyonnaise à l'évolution industrielle en cours, et préserver ainsi leur autonomie et leur liberté. Pour cela, Antoine Vidal, Joachim Falconnet, Marius Chastaing, Joseph Bouvery, Jacques Rivière Cadet, Michel-Marie Derrion, César Bernard, mais aussi une multitude de correspondants locaux débattent dans les pages de L'Écho de « l'association industrielle » et de « l'enseignement mutuel » ; ils tiennent la chronique des séances du conseil des prud'hommes, développent leurs réfl exions sur l'économie sociale, présentent leurs poèmes, chansons et charades, ou multiplient les conseils pratiques, dans le domaine de l'hygiène aussi bien que dans celui de la « jurisprudence usuelle ». Réunis dans cet ouvrage, historiens, sociologues, littéraires, linguistes, politistes, philosophes et économistes proposent de traverser le corpus de L'Écho de la fabrique selon leurs propres curiosités et interrogations. Les perspectives mises en oeuvre révèlent la richesse et l'importance de ce journal ouvrier. Elles montrent son caractère unique sur le plan social, économique, linguistique et pour l'histoire même du phénomène de l'imprimé.Ce recueil rassemble les contributions présentées lors d'un colloque organisé en septembre 2007 par le laboratoire TRIANGLE à l'École normale supérieure Lettres et sciences humaines. À cette occasion, historiens, sociologues, linguistes, économistes, politistes ou philosophes se sont rassemblés pour présenter leurs cheminements au sein du corpus constitué par les quelques milliers de pages de L'Écho de la fabrique. Depuis octobre 2004, les numéros successifs du journal des canuts ont été mis en ligne sur le site http://echo-fabrique.ens-lsh.fr. Chaque semaine, l'équipe d'édition du laboratoire (au sein de laquelle Samantha Saïdi et Carole Boulai ont assuré la conception et l'évolution du site) a mis à disposition un numéro supplémentaire du journal des canuts. La collection complète (publiée originellement entre fin octobre 1831 et mai 1834) a donc été disponible, en mode texte et avec appareil critique, en mai 2007. Ce programme, outre le soutien de TRIANGLE et de l'ENS de Lyon a bénéficié d'une double aide fi nancière de la Région Rhône-Alpes
Pecqueur après Pecqueur : quelques remarques sur les travaux postérieurs à 1851
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Archaïsme et modernité à Lyon en novembre 1831
International audienceDans un texte consacré aux violences rurales dans la France du 19e siècle, Alain Corbin signalait une nécessaire évolution de l’historiographie. Longtemps, ces violences qui connurent un pic au milieu des années 1850 avant de décroitre furent, en effet analysées selon un canevas que l’historien pouvait résumer en ces termes : « durant près d’un demi-siècle, les historiens de la violence collective (…) tentaient de discerner, derrière la réitération des gestes anciens, la manifestation d’une conscience de classe
« Socialisation » et « nationalisation » dans l’oeuvre de Constantin Pecqueur
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Machines et machinations : le débat entre Anselme Pétetin et Joseph Bouvery
Dans les « nouvelles diverses » de son numéro du 19 février 1832, L’Echo de la fabrique reproduit un extrait du journal Le voleur : « A la Louisiane on vient d’inventer un instrument qui, mu par la vapeur, creuse la terre, l’enlève et la jette de côté. Ainsi les gens qui vivent comme des machines, pourront se faire enterrer à la mécanique » . Cet extrait publié au lendemain de la première insurrection des canuts et alors même que leur journal est dirigé par deux des leurs - Antoine Vidal et Joachim Falconnet - témoigne, au mieux, sans doute, de l’optimisme pragmatique des artisans en soierie de Lyon face aux différents progrès en cours, technologique, politique ou économiqu
« Socialisation » et « nationalisation » dans l’oeuvre de Constantin Pecqueur
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Une imagination républicaine, François-Vincent Raspail (1794-1878)
Longtemps décrite comme de la simple vulgarisation, l’œuvre de François-Vincent Raspail (1794-1878) mérite aujourd’hui un nouvel examen. Il doit être conduit en portant attention à la multiplicité des expressions de cette oeuvre – chimie, économie, médecine, agronomie, météorologie, pensée politique et sociale – ; et en tentant d’en signaler la portée créative ainsi que sa volonté d’en diffuser les lumières au plus grand nombre afin de lui permettre de participer aux progrès en cours. Il s’agit aussi de mettre en exergue le développement de cette réflexion avec une inscription souvent décisive de Raspail dans les événements de son temps, de la révolution de 1830 jusqu’à la Troisième République
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