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Incidence des cancers et polypes colorectaux dans le canton de Vaud, 1983-2007: tendances et déterminants
Le cancer colorectal atteint, chaque année, plus d'un million de personnes dans le monde et plus de 500'000 en meurent [1]. Il affecte de manière très inégalitaire les différentes parties du monde. En effet, s'il constitue un problème de santé publique majeur dans des régions telles que l'Amérique du Nord, l'Europe ou l'Océanie (incidence supérieure à 50 pour 100'000), il est nettement plus rare dans certains pays d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique du Sud (incidence inférieure à 10 pour 100'000) [2]. Aux Etats-Unis, on estime que 5 à 6% de la population générale présentera un cancer colorectal au cours de sa vie [3].
En Suisse, le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus mortel, avec quelque 1'600 décès par an, après le cancer du poumon [4]. Avec 4'000 nouveaux cas annuels, il représente 11% de tous les cancers chez l'homme et chez la femme [5]. Le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquent après celui du poumon et de la prostate chez l'homme, alors qu'il n'est précédé chez la femme que par le cancer du sein. Pour la période 2003-07, l'incidence en Suisse est estimée à 50 cas/100'000 hommes et 32 cas/100'000 femmes (taux standardisés selon la population européenne) [5] et son taux de survie relative à 5 ans est de 60%, ce qui en fait le taux le plus élevé d'Europe [6].
Le fait que l'incidence chez les migrants ait tendance à rattraper celle des indigènes en moins d'une génération suggère que les facteurs environnementaux jouent un rôle prédominant dans la carcinogénèse des tumeurs colorectales [7]. Cependant, d'autres facteurs, notamment génétiques, interviennent dans la survenue des cancers colorectaux. En effet, dans des conditions de vie similaires, on observe une incidence de cancers colorectaux différente entre différentes ethnies. Des études américaines ont par exemple montré une incidence plus élevée chez les noirs (48 pour 100'000) que chez les blancs (40/100'000) ou les hispaniques (26/100'000) [8].
Les hommes sont plus fréquemment touchés par le cancer colorectal que les femmes, avec un sexe ratio de 1,5 [9]. Les premiers cas de cancers colorectaux apparaissent à partir de 25 ans et l'incidence augmente de manière quasi exponentielle jusqu'à un âge de 75-80 ans, puis se stabilise [10]. L'âge moyen au diagnostic se situe entre 65 et 70 ans. Environ 66% des cancers colorectaux sont localisés dans le côlon (dans l'ordre
décroissant: au niveau du sigmoïde, du côlon ascendant, descendant et transverse), 27% dans le rectum, 4% dans l'anus tandis qu'environ 4% restent multiples et indéfinis [10]. Notons encore, qu'à des fins de comparaisons épidémiologiques, les cancers du côlon, du rectum et de l'anus sont souvent regroupés dans l'unique groupe des tumeurs colorectales
Prévention et dépistage du cancer en Suisse : fréquence et déterminants
Contexte : Après les maladies cardiovasculaires, le cancer est la deuxième cause de mortalité en Suisse. Les cancers de la prostate, du sein, du côlon-rectum, du col utérin et le mélanome cutané représentent, en termes d'incidence et de mortalité, la moitié du fardeau du cancer en Suisse. Des moyens de prévention primaire et/ou secondaire contribuent à réduire la fréquence et la mortalité due à ces cinq cancers. Cependant, l'attitude face à la prévention diffère selon les individus et dépend de multiples facteurs socio-économiques, environnementaux, culturels et comportementaux.
Objectif : Évaluer la fréquence et identifier les déterminants des pratiques de dépistage des cancers de la prostate, du sein, du côlon-rectum, du col utérin et du mélanome cutané en Suisse.
Matériel et méthode : Les données utilisées sont issues de l'Enquête suisse sur la santé 2007. Une pondération statistique permet d'extrapoler les résultats à la population générale. Des modèles de régression logistique multivariée ont été construits afin de décrire l'association entre pratique du dépistage et facteurs sociodémographiques, style de vie, état de santé, recours aux prestations de santé et soutien social.
Résultats : En 2007, selon les méthodes et fréquences recommandées en Suisse et dans les tranches d'âge concernées, 49% des hommes ont effectué un dépistage du cancer prostatique, 13% du cancer colorectal et 33,7% du mélanome cutané. Chez les femmes, 17,9% ont réalisé un dépistage du cancer du sein, 8,7% du cancer colorectal, 36,8% du mélanome cutané et 50,2% du cancer du col utérin. Globalement et pour les deux sexes, l'âge, le lieu de résidence, le niveau de formation, la classe socioprofessionnelle, le revenu d'équivalence du ménage, la pratique d'autres dépistages des cancers, le nombre de visites médicales et de jours d'hospitalisation au cours des 12 mois précédents déterminent le recours au dépistage des cancers d'intérêt. Chez les hommes, la présence d'un médecin de famille et, chez les femmes, la franchise annuelle, influencent aussi la pratique du dépistage.
Conclusion : Les prévalences du dépistage varient notablement selon le type de cancer. Le recours aux dépistages des cancers dépend de facteurs sociodémographiques, de l'utilisation des services de santé et de la pratique d'autres dépistages, mais peu, voire pas, du style de vie, de l'état de santé et de la sécurité et du soutien sociaux. Les facteurs identifiés sont souvent communs aux différents types de cancer et rendent possible l'établissement d'un profil général d'utilisateurs du dépistage des cancers. Les stratégies visant à améliorer la compliance aux examens de dépistage devraient considérer les facteurs qui en déterminent le recours et mieux cibler les segments de la population qui les sous-utilisent
Predicting cancer incidence in Switzerland
Projecting the future of cancer incidence in a country is an important task for planning future cancer interventions and research and for allocating economic resources. This is a complex exercise, however, as is any attempt to anticipate the future. Applying leave-future-out cross-validation to data from three Swiss cancer registries (Vaud, Geneva, and Neuchâtel) and the period 1982-2016, we compared the predictive performance of a large number of models used in the cancer prediction literature: widely used age-period-cohort (APC) models and their Bayesian counterparts (BAPC), classical generalized linear models (GLM), autoregressive integrated moving average (ARIMA) models, and linear models (LM). Perhaps surprisingly, we found that the simpler a model is, the better it performs in predicting future cancer incidence, in line with the famous Occam's razor principle, which recommends looking for explanations constructed with the smallest possible set of elements. Models simply extrapolating past tendencies (ARIMA, LM) outperformed models seeking to estimate and then project underlying effects (GLM, APC, BAPC). Among the first, models relying on few parameters (e.g. low-order ARIMA) outperformed more complex higher-order models that closely fit observed data, as well as methods based on the well-known AIC selection criterion.
The best model in our comparative study, an ARIMA(2,1,1), was applied to predict cancer incidence in Switzerland until 2025, anticipating a substantial stabilization of the risk of developing cancer for the next few years. Combining this trend with the demographic projections of the Swiss Federal Statistical Office, however, we anticipated a substantial increase in the annual number of new cancer cases, entirely due to demographic changes. This increase was estimated at +18% for men and +11% for women, with increases ranging from 4.15% for thyroid in men to 26% for bladder in men.
Estimating (and predicting) trends in cancer incidence over time can be confounded by changes in cancer detection, such as but not limited to: the introduction or modification of screening programs, the use of different screening tools, and incidental detection. In the third part of this thesis, we proposed a model capable of adjusting for these changes and thus estimating the true underlying trend in cancer incidence.
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La projection de l'avenir de l'incidence du cancer dans un pays est une tâche importante pour planifier les futures interventions et recherches sur le cancer et pour optimiser l’allocation des ressources. Il s'agit toutefois d'un exercice complexe, comme toute tentative d'anticiper l'avenir. En appliquant une validation croisée aux données de trois registres suisses du cancer (Vaud, Genève et Neuchâtel) pour la période 1982-2016, nous avons comparé la performance prédictive d'un grand nombre de modèles utilisés dans la littérature : les modèles âge-période-cohorte (APC) et leurs équivalents bayésiens (BAPC), les modèles linéaires généralisés (GLM), les modèles autorégressifs intégrés à moyenne mobile (ARIMA) et les modèles linéaires (LM). De manière peut-être surprenante, nous avons constaté que plus un modèle est simple, plus il est performant dans la prédiction, conformément au célèbre principe du rasoir d'Occam, qui veut que la solution la plus simple soit préférée. Les modèles qui se contentent d'extrapoler les tendances passées (ARIMA, LM) sont plus performants que ceux qui tentent d'estimer puis de projeter des effets sous-jacents (GLM, APC, BAPC). Le modèle le plus performant a été L’ARIMA (2,1,1). Ce dernier s’est notamment révélé meilleur que ceux qui sélectionnent la complexité du modèle avec un critère comme l’AIC.
Ce meilleur modèle a été appliqué pour prédire l'incidence du cancer en Suisse jusqu'en 2025, anticipant une stabilisation du risque de développer un cancer dans les années à venir. En combinant cette tendance avec les projections démographiques de l'Office fédéral de la statistique, nous avons cependant anticipé une augmentation substantielle du nombre annuel de nouveaux cas de cancer, entièrement due aux changements démographiques. Cette augmentation a été estimée à +18% pour les hommes et +11% pour les femmes, avec des augmentations allant de 4,15% pour la thyroïde chez l'homme à 26% pour la vessie chez l'homme.
L'estimation (et la prévision) des tendances de l'incidence du cancer au fil du temps peut être en partie faussée par les changements dans les processus de détection du cancer, tels que, mais sans s'y limiter : l'introduction ou la modification des programmes de dépistage, l'utilisation de différents outils de dépistage, et la détection opportuniste. Dans la troisième partie de cette thèse, nous avons proposé un modèle capable de s'ajuster à ces changements et donc d'estimer la véritable tendance sous-jacente de l'incidence du cancer
Going Beyond Counting First Authors in Author Co-citation Analysis
The present study examines one of the fundamental aspects of author co-citation analysis (ACA) - the way co-citation
counts are defined. Co-citation counting provides the data on which all subsequent statistical analyses and mappings
are based, and we compare ACA results based on two different types of co-citation counting - the traditional type that
only counts the first one among a cited work's authors on the one hand and a non-traditional type that takes into
account the first 5 authors of a cited work on the other hand. Results indicate that the picture produced through this non-traditional author co-citation counting contains more coherent author groups and is therefore considerably clearer. However, this picture represents fewer specialties in the research field being studied than that produced through the traditional first-author co-citation counting when the same number of top-ranked authors is selected and analyzed. Reasons for these effects are discussed
Melanoma in Switzerland: long-term evaluation of a secondary prevention campaign and aetiological clues
Highlights of the 6th World Congress on Melanoma [held in Vancouver, 6-10 September 2005]
Programme et abstracts disponibles à l'adresse : http://www.venuewest.com/worldmelanoma/images/6th_Melanoma_Web_Final.pd
Variations on the Author
“Variations on the Author” discusses two of Eduardo Coutinho’s recent films (Um Dia na Vida, from 2010, and Últimas Conversas, posthumously released in 2015) and their contribution to the general question of documentary authorship. The director’s filmography is characterized by a consistent yet self-effacing form of authorial self-inscription: Coutinho often features as an interviewer that rather than express opinions propels discourses; an interviewer that is good at listening. This mode of self-inscription characterizes him as an author who is not expressive but who is nonetheless markedly present on the screen. In Um Dia na Vida, however, Coutinho is completely absent form the image, while Últimas Conversas, on the contrary, includes a confessional prologue that moves the director from the margins to the center of his films. This article examines the ways in which these works stand out in the filmography of a director who offers new insights into the notion of cinematic authorship
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