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Sur les angles morts des politiques d'efficacité énergétique : le cas des outils informationnels et incitatifs
As global energy demand grows, energy efficiency is critical for reducing consumption and mitigating climate change. Despite widespread implementation, certain energy efficiency policies, particularly in regions with high energy demand like France, face barriers such as market frictions and unreliable informational tools. In rapidly growing energy demand areas like African countries, challenges include nascent policy frameworks and insufficient energy information for consumers to make energy-efficient choices.This thesis examines shortcomings that limit the effectiveness of energy efficiency policies in both high and rapidly growing energy demand regions, focusing on enforcement, reliability, and the role of incentives. It comprises three co-authored chapters, with me as the first author. I investigate energy efficiency labeling and disclosure policies, including France’s Energy Performance Certificate (DPE) and the absence of energy labeling in select African air conditioner (AC) markets, alongside incentive schemes like France’s Certificats d’économies d’énergie (CEE) program.The rise in AC adoption across Africa, driven by rising temperatures, income growth, and urbanization, significantly impacts energy demand and emissions. However, energy efficiency policies in these regions remain understudied, and reliable data on how energy efficiency information is communicated to consumers is lacking. For this first chapter, we compiled a dataset (2019-2022) covering 1,229 AC models from Africa’s largest e-commerce platform across 13 countries. This analysis reveals that less than 10% of AC models provide energy performance information. Weak regulatory enforcement leads to irregular energy efficiency information disclosure, indicating the need for mandatory policies and minimum energy performance standards.In France, the DPE plays a key role in the real estate market and in energy efficiency policies, but it has faced criticism for its complex methodology and susceptibility to manipulation. The second chapter analyzes reforms aimed at improving DPE's reliability. We find clear evidence of bunching prior to the 2021 reforms, with 24% of DPEs near energy class thresholds placed in more favorable categories. Following the reforms, which standardized assessment methods and enforced legal measures, suspected manipulation rates fell by half. However, some manipulation persists, underscoring the need for stronger enforcement, oversight, and verification to maintain the label's credibility.The third chapter examines France’s CEE program, launched in 2006 to incentivize energy efficiency investments by requiring energy suppliers to subsidize energy-saving measures across sectors. This chapter focuses on the program’s third period (2015–2017), before the introduction of a comprehensive bonus structure. Using a Regression Discontinuity Design, we assess the program's impact by exploiting subsidy variations across climatic zones. The results indicate overall limited effectiveness, with only slight increases in subsidized renovations observed at the boundaries of climate zones and for specific measures. We also find that the majority of subsidies were directed towards insulation measures, reflecting similar trends to those of other ongoing incentive programs.Overall, the findings of the thesis underscore the need for stronger enforcement mechanisms for the policies analyzed.Alors que la demande mondiale en énergie augmente, l'efficacité énergétique est essentielle pour réduire la consommation et atténuer le changement climatique. Malgré une mise en œuvre extensive, certaines politiques d'efficacité énergétique, en particulier dans les régions à forte demande comme la France, se heurtent à des obstacles tels que les frictions du marché et des outils informationnels peu fiables. Dans les régions de demande énergétique croissante, comme certains pays africains, les défis incluent des cadres politiques naissants et un manque d'informations permettant aux consommateurs de faire des choix énergétiques efficaces. Cette thèse examine les lacunes qui limitent l'efficacité des politiques dans les régions à forte et à croissante demande énergétique, leur application, leur fiabilité et le rôle des incitations. Elle comprend trois chapitres co-écrits, dont je suis la première autrice. J'analyse les politiques d'étiquetage et de divulgation de l'efficacité énergétique, comme le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) et l'absence d'étiquetage énergétique pour les climatiseurs dans certains marchés africains, ainsi que les dispositifs incitatifs comme le programme des Certificats d'économies d'énergie (CEE).L'adoption croissante des climatiseurs en Afrique, favorisée par l'augmentation des tempéra-tures, la croissance des revenus et l'urbanisation, a un impact significatif sur la demande énergétique et les émissions. Cependant, les politiques d'efficacité énergétique dans ces régions sont peu étudiées, et il manque des données fiables sur la divulgation de l'information aux consommateurs. Pour le premier chapitre, nous avons collecté des données (2019-2022) couvrant 1 229 modèles de climatiseurs issues de la plus grande plateforme de e-commerce d'Afrique et 13 pays: Algérie, Cameroun, Côte d'Ivoire, Égypte, Ghana, Kenya, Maroc, Nigeria, Sénégal, Afrique du Sud, Tanzanie, Tunisie et Ouganda. Cette analyse révèle que moins de 10% des modèles fournissent des informations sur la performance énergétique. Une application réglementaire faible conduit à une divulgation irrégulière des informations, soulignant la nécessité de politiques obligatoires et de normes minimales de performance. En France, le DPE joue un rôle clé dans le marché immobilier et dans les politiques d'efficacité énergétique, mais il a été critiqué pour sa vulnérabilité à la manipulation. Le deuxième chapitre analyse la réforme visant à améliorer la fiabilité du DPE. Nous identifions des signes de bunching avant la réforme de 2021, avec 24% des DPE situés près des seuils de classe et classés plus favorablement. Après la réforme, qui a harmonisé les méthodes d'évaluation et rendu le DPE opposable, le taux de manipulation suspectée a diminué de moitié, bien que des comportements de manipulation persistent, soulignant la nécessité d'un contrôle accru pour maintenir la crédibilité du DPE. Le troisième chapitre examine le programme CEE, lancé en 2006 pour encourager les investissements dans l'efficacité énergétique en obligeant les fournisseurs à subventionner des mesures d'économies d'énergie. Ce chapitre se concentre sur la troisième période (2015-2017), avant l'introduction d'un dispositif de bonus dans le cadre du programme. En utilisant la méthode de la regression sur la discontinuité, nous évaluons l'impact du programme en exploitant les variations des subventions entre les zones climatiques. Les résultats indiquent une efficacité globale limitée, avec seulement de légères augmentations des rénovations subventionnées observées aux frontières des zones climatiques et pour des mesures spécifiques. Nous constatons également que la majorité des subventions étaient dirigées vers des mesures d'isolation, reflétant des tendances similaires à celles d'autres programmes d'incitation en cours. Dans l'ensemble, les résultats de la thèse soulignent la nécessité d'un renforcement accru des mécanismes d'application des politiques analysées
Sur les angles morts des politiques d'efficacité énergétique : le cas des outils informationnels et incitatifs
As global energy demand grows, energy efficiency is critical for reducing consumption and mitigating climate change. Despite widespread implementation, certain energy efficiency policies, particularly in regions with high energy demand like France, face barriers such as market frictions and unreliable informational tools. In rapidly growing energy demand areas like African countries, challenges include nascent policy frameworks and insufficient energy information for consumers to make energy-efficient choices.This thesis examines shortcomings that limit the effectiveness of energy efficiency policies in both high and rapidly growing energy demand regions, focusing on enforcement, reliability, and the role of incentives. It comprises three co-authored chapters, with me as the first author. I investigate energy efficiency labeling and disclosure policies, including France’s Energy Performance Certificate (DPE) and the absence of energy labeling in select African air conditioner (AC) markets, alongside incentive schemes like France’s Certificats d’économies d’énergie (CEE) program.The rise in AC adoption across Africa, driven by rising temperatures, income growth, and urbanization, significantly impacts energy demand and emissions. However, energy efficiency policies in these regions remain understudied, and reliable data on how energy efficiency information is communicated to consumers is lacking. For this first chapter, we compiled a dataset (2019-2022) covering 1,229 AC models from Africa’s largest e-commerce platform across 13 countries. This analysis reveals that less than 10% of AC models provide energy performance information. Weak regulatory enforcement leads to irregular energy efficiency information disclosure, indicating the need for mandatory policies and minimum energy performance standards.In France, the DPE plays a key role in the real estate market and in energy efficiency policies, but it has faced criticism for its complex methodology and susceptibility to manipulation. The second chapter analyzes reforms aimed at improving DPE's reliability. We find clear evidence of bunching prior to the 2021 reforms, with 24% of DPEs near energy class thresholds placed in more favorable categories. Following the reforms, which standardized assessment methods and enforced legal measures, suspected manipulation rates fell by half. However, some manipulation persists, underscoring the need for stronger enforcement, oversight, and verification to maintain the label's credibility.The third chapter examines France’s CEE program, launched in 2006 to incentivize energy efficiency investments by requiring energy suppliers to subsidize energy-saving measures across sectors. This chapter focuses on the program’s third period (2015–2017), before the introduction of a comprehensive bonus structure. Using a Regression Discontinuity Design, we assess the program's impact by exploiting subsidy variations across climatic zones. The results indicate overall limited effectiveness, with only slight increases in subsidized renovations observed at the boundaries of climate zones and for specific measures. We also find that the majority of subsidies were directed towards insulation measures, reflecting similar trends to those of other ongoing incentive programs.Overall, the findings of the thesis underscore the need for stronger enforcement mechanisms for the policies analyzed.Alors que la demande mondiale en énergie augmente, l'efficacité énergétique est essentielle pour réduire la consommation et atténuer le changement climatique. Malgré une mise en œuvre extensive, certaines politiques d'efficacité énergétique, en particulier dans les régions à forte demande comme la France, se heurtent à des obstacles tels que les frictions du marché et des outils informationnels peu fiables. Dans les régions de demande énergétique croissante, comme certains pays africains, les défis incluent des cadres politiques naissants et un manque d'informations permettant aux consommateurs de faire des choix énergétiques efficaces. Cette thèse examine les lacunes qui limitent l'efficacité des politiques dans les régions à forte et à croissante demande énergétique, leur application, leur fiabilité et le rôle des incitations. Elle comprend trois chapitres co-écrits, dont je suis la première autrice. J'analyse les politiques d'étiquetage et de divulgation de l'efficacité énergétique, comme le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) et l'absence d'étiquetage énergétique pour les climatiseurs dans certains marchés africains, ainsi que les dispositifs incitatifs comme le programme des Certificats d'économies d'énergie (CEE).L'adoption croissante des climatiseurs en Afrique, favorisée par l'augmentation des tempéra-tures, la croissance des revenus et l'urbanisation, a un impact significatif sur la demande énergétique et les émissions. Cependant, les politiques d'efficacité énergétique dans ces régions sont peu étudiées, et il manque des données fiables sur la divulgation de l'information aux consommateurs. Pour le premier chapitre, nous avons collecté des données (2019-2022) couvrant 1 229 modèles de climatiseurs issues de la plus grande plateforme de e-commerce d'Afrique et 13 pays: Algérie, Cameroun, Côte d'Ivoire, Égypte, Ghana, Kenya, Maroc, Nigeria, Sénégal, Afrique du Sud, Tanzanie, Tunisie et Ouganda. Cette analyse révèle que moins de 10% des modèles fournissent des informations sur la performance énergétique. Une application réglementaire faible conduit à une divulgation irrégulière des informations, soulignant la nécessité de politiques obligatoires et de normes minimales de performance. En France, le DPE joue un rôle clé dans le marché immobilier et dans les politiques d'efficacité énergétique, mais il a été critiqué pour sa vulnérabilité à la manipulation. Le deuxième chapitre analyse la réforme visant à améliorer la fiabilité du DPE. Nous identifions des signes de bunching avant la réforme de 2021, avec 24% des DPE situés près des seuils de classe et classés plus favorablement. Après la réforme, qui a harmonisé les méthodes d'évaluation et rendu le DPE opposable, le taux de manipulation suspectée a diminué de moitié, bien que des comportements de manipulation persistent, soulignant la nécessité d'un contrôle accru pour maintenir la crédibilité du DPE. Le troisième chapitre examine le programme CEE, lancé en 2006 pour encourager les investissements dans l'efficacité énergétique en obligeant les fournisseurs à subventionner des mesures d'économies d'énergie. Ce chapitre se concentre sur la troisième période (2015-2017), avant l'introduction d'un dispositif de bonus dans le cadre du programme. En utilisant la méthode de la regression sur la discontinuité, nous évaluons l'impact du programme en exploitant les variations des subventions entre les zones climatiques. Les résultats indiquent une efficacité globale limitée, avec seulement de légères augmentations des rénovations subventionnées observées aux frontières des zones climatiques et pour des mesures spécifiques. Nous constatons également que la majorité des subventions étaient dirigées vers des mesures d'isolation, reflétant des tendances similaires à celles d'autres programmes d'incitation en cours. Dans l'ensemble, les résultats de la thèse soulignent la nécessité d'un renforcement accru des mécanismes d'application des politiques analysées
Sur les angles morts des politiques d'efficacité énergétique : le cas des outils informationnels et incitatifs
As global energy demand grows, energy efficiency is critical for reducing consumption and mitigating climate change. Despite widespread implementation, certain energy efficiency policies, particularly in regions with high energy demand like France, face barriers such as market frictions and unreliable informational tools. In rapidly growing energy demand areas like African countries, challenges include nascent policy frameworks and insufficient energy information for consumers to make energy-efficient choices.This thesis examines shortcomings that limit the effectiveness of energy efficiency policies in both high and rapidly growing energy demand regions, focusing on enforcement, reliability, and the role of incentives. It comprises three co-authored chapters, with me as the first author. I investigate energy efficiency labeling and disclosure policies, including France’s Energy Performance Certificate (DPE) and the absence of energy labeling in select African air conditioner (AC) markets, alongside incentive schemes like France’s Certificats d’économies d’énergie (CEE) program.The rise in AC adoption across Africa, driven by rising temperatures, income growth, and urbanization, significantly impacts energy demand and emissions. However, energy efficiency policies in these regions remain understudied, and reliable data on how energy efficiency information is communicated to consumers is lacking. For this first chapter, we compiled a dataset (2019-2022) covering 1,229 AC models from Africa’s largest e-commerce platform across 13 countries. This analysis reveals that less than 10% of AC models provide energy performance information. Weak regulatory enforcement leads to irregular energy efficiency information disclosure, indicating the need for mandatory policies and minimum energy performance standards.In France, the DPE plays a key role in the real estate market and in energy efficiency policies, but it has faced criticism for its complex methodology and susceptibility to manipulation. The second chapter analyzes reforms aimed at improving DPE's reliability. We find clear evidence of bunching prior to the 2021 reforms, with 24% of DPEs near energy class thresholds placed in more favorable categories. Following the reforms, which standardized assessment methods and enforced legal measures, suspected manipulation rates fell by half. However, some manipulation persists, underscoring the need for stronger enforcement, oversight, and verification to maintain the label's credibility.The third chapter examines France’s CEE program, launched in 2006 to incentivize energy efficiency investments by requiring energy suppliers to subsidize energy-saving measures across sectors. This chapter focuses on the program’s third period (2015–2017), before the introduction of a comprehensive bonus structure. Using a Regression Discontinuity Design, we assess the program's impact by exploiting subsidy variations across climatic zones. The results indicate overall limited effectiveness, with only slight increases in subsidized renovations observed at the boundaries of climate zones and for specific measures. We also find that the majority of subsidies were directed towards insulation measures, reflecting similar trends to those of other ongoing incentive programs.Overall, the findings of the thesis underscore the need for stronger enforcement mechanisms for the policies analyzed.Alors que la demande mondiale en énergie augmente, l'efficacité énergétique est essentielle pour réduire la consommation et atténuer le changement climatique. Malgré une mise en œuvre extensive, certaines politiques d'efficacité énergétique, en particulier dans les régions à forte demande comme la France, se heurtent à des obstacles tels que les frictions du marché et des outils informationnels peu fiables. Dans les régions de demande énergétique croissante, comme certains pays africains, les défis incluent des cadres politiques naissants et un manque d'informations permettant aux consommateurs de faire des choix énergétiques efficaces. Cette thèse examine les lacunes qui limitent l'efficacité des politiques dans les régions à forte et à croissante demande énergétique, leur application, leur fiabilité et le rôle des incitations. Elle comprend trois chapitres co-écrits, dont je suis la première autrice. J'analyse les politiques d'étiquetage et de divulgation de l'efficacité énergétique, comme le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) et l'absence d'étiquetage énergétique pour les climatiseurs dans certains marchés africains, ainsi que les dispositifs incitatifs comme le programme des Certificats d'économies d'énergie (CEE).L'adoption croissante des climatiseurs en Afrique, favorisée par l'augmentation des tempéra-tures, la croissance des revenus et l'urbanisation, a un impact significatif sur la demande énergétique et les émissions. Cependant, les politiques d'efficacité énergétique dans ces régions sont peu étudiées, et il manque des données fiables sur la divulgation de l'information aux consommateurs. Pour le premier chapitre, nous avons collecté des données (2019-2022) couvrant 1 229 modèles de climatiseurs issues de la plus grande plateforme de e-commerce d'Afrique et 13 pays: Algérie, Cameroun, Côte d'Ivoire, Égypte, Ghana, Kenya, Maroc, Nigeria, Sénégal, Afrique du Sud, Tanzanie, Tunisie et Ouganda. Cette analyse révèle que moins de 10% des modèles fournissent des informations sur la performance énergétique. Une application réglementaire faible conduit à une divulgation irrégulière des informations, soulignant la nécessité de politiques obligatoires et de normes minimales de performance. En France, le DPE joue un rôle clé dans le marché immobilier et dans les politiques d'efficacité énergétique, mais il a été critiqué pour sa vulnérabilité à la manipulation. Le deuxième chapitre analyse la réforme visant à améliorer la fiabilité du DPE. Nous identifions des signes de bunching avant la réforme de 2021, avec 24% des DPE situés près des seuils de classe et classés plus favorablement. Après la réforme, qui a harmonisé les méthodes d'évaluation et rendu le DPE opposable, le taux de manipulation suspectée a diminué de moitié, bien que des comportements de manipulation persistent, soulignant la nécessité d'un contrôle accru pour maintenir la crédibilité du DPE. Le troisième chapitre examine le programme CEE, lancé en 2006 pour encourager les investissements dans l'efficacité énergétique en obligeant les fournisseurs à subventionner des mesures d'économies d'énergie. Ce chapitre se concentre sur la troisième période (2015-2017), avant l'introduction d'un dispositif de bonus dans le cadre du programme. En utilisant la méthode de la regression sur la discontinuité, nous évaluons l'impact du programme en exploitant les variations des subventions entre les zones climatiques. Les résultats indiquent une efficacité globale limitée, avec seulement de légères augmentations des rénovations subventionnées observées aux frontières des zones climatiques et pour des mesures spécifiques. Nous constatons également que la majorité des subventions étaient dirigées vers des mesures d'isolation, reflétant des tendances similaires à celles d'autres programmes d'incitation en cours. Dans l'ensemble, les résultats de la thèse soulignent la nécessité d'un renforcement accru des mécanismes d'application des politiques analysées
Sur les angles morts des politiques d'efficacité énergétique : le cas des outils informationnels et incitatifs
As global energy demand grows, energy efficiency is critical for reducing consumption and mitigating climate change. Despite widespread implementation, certain energy efficiency policies, particularly in regions with high energy demand like France, face barriers such as market frictions and unreliable informational tools. In rapidly growing energy demand areas like African countries, challenges include nascent policy frameworks and insufficient energy information for consumers to make energy-efficient choices.This thesis examines shortcomings that limit the effectiveness of energy efficiency policies in both high and rapidly growing energy demand regions, focusing on enforcement, reliability, and the role of incentives. It comprises three co-authored chapters, with me as the first author. I investigate energy efficiency labeling and disclosure policies, including France’s Energy Performance Certificate (DPE) and the absence of energy labeling in select African air conditioner (AC) markets, alongside incentive schemes like France’s Certificats d’économies d’énergie (CEE) program.The rise in AC adoption across Africa, driven by rising temperatures, income growth, and urbanization, significantly impacts energy demand and emissions. However, energy efficiency policies in these regions remain understudied, and reliable data on how energy efficiency information is communicated to consumers is lacking. For this first chapter, we compiled a dataset (2019-2022) covering 1,229 AC models from Africa’s largest e-commerce platform across 13 countries. This analysis reveals that less than 10% of AC models provide energy performance information. Weak regulatory enforcement leads to irregular energy efficiency information disclosure, indicating the need for mandatory policies and minimum energy performance standards.In France, the DPE plays a key role in the real estate market and in energy efficiency policies, but it has faced criticism for its complex methodology and susceptibility to manipulation. The second chapter analyzes reforms aimed at improving DPE's reliability. We find clear evidence of bunching prior to the 2021 reforms, with 24% of DPEs near energy class thresholds placed in more favorable categories. Following the reforms, which standardized assessment methods and enforced legal measures, suspected manipulation rates fell by half. However, some manipulation persists, underscoring the need for stronger enforcement, oversight, and verification to maintain the label's credibility.The third chapter examines France’s CEE program, launched in 2006 to incentivize energy efficiency investments by requiring energy suppliers to subsidize energy-saving measures across sectors. This chapter focuses on the program’s third period (2015–2017), before the introduction of a comprehensive bonus structure. Using a Regression Discontinuity Design, we assess the program's impact by exploiting subsidy variations across climatic zones. The results indicate overall limited effectiveness, with only slight increases in subsidized renovations observed at the boundaries of climate zones and for specific measures. We also find that the majority of subsidies were directed towards insulation measures, reflecting similar trends to those of other ongoing incentive programs.Overall, the findings of the thesis underscore the need for stronger enforcement mechanisms for the policies analyzed.Alors que la demande mondiale en énergie augmente, l'efficacité énergétique est essentielle pour réduire la consommation et atténuer le changement climatique. Malgré une mise en œuvre extensive, certaines politiques d'efficacité énergétique, en particulier dans les régions à forte demande comme la France, se heurtent à des obstacles tels que les frictions du marché et des outils informationnels peu fiables. Dans les régions de demande énergétique croissante, comme certains pays africains, les défis incluent des cadres politiques naissants et un manque d'informations permettant aux consommateurs de faire des choix énergétiques efficaces. Cette thèse examine les lacunes qui limitent l'efficacité des politiques dans les régions à forte et à croissante demande énergétique, leur application, leur fiabilité et le rôle des incitations. Elle comprend trois chapitres co-écrits, dont je suis la première autrice. J'analyse les politiques d'étiquetage et de divulgation de l'efficacité énergétique, comme le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) et l'absence d'étiquetage énergétique pour les climatiseurs dans certains marchés africains, ainsi que les dispositifs incitatifs comme le programme des Certificats d'économies d'énergie (CEE).L'adoption croissante des climatiseurs en Afrique, favorisée par l'augmentation des tempéra-tures, la croissance des revenus et l'urbanisation, a un impact significatif sur la demande énergétique et les émissions. Cependant, les politiques d'efficacité énergétique dans ces régions sont peu étudiées, et il manque des données fiables sur la divulgation de l'information aux consommateurs. Pour le premier chapitre, nous avons collecté des données (2019-2022) couvrant 1 229 modèles de climatiseurs issues de la plus grande plateforme de e-commerce d'Afrique et 13 pays: Algérie, Cameroun, Côte d'Ivoire, Égypte, Ghana, Kenya, Maroc, Nigeria, Sénégal, Afrique du Sud, Tanzanie, Tunisie et Ouganda. Cette analyse révèle que moins de 10% des modèles fournissent des informations sur la performance énergétique. Une application réglementaire faible conduit à une divulgation irrégulière des informations, soulignant la nécessité de politiques obligatoires et de normes minimales de performance. En France, le DPE joue un rôle clé dans le marché immobilier et dans les politiques d'efficacité énergétique, mais il a été critiqué pour sa vulnérabilité à la manipulation. Le deuxième chapitre analyse la réforme visant à améliorer la fiabilité du DPE. Nous identifions des signes de bunching avant la réforme de 2021, avec 24% des DPE situés près des seuils de classe et classés plus favorablement. Après la réforme, qui a harmonisé les méthodes d'évaluation et rendu le DPE opposable, le taux de manipulation suspectée a diminué de moitié, bien que des comportements de manipulation persistent, soulignant la nécessité d'un contrôle accru pour maintenir la crédibilité du DPE. Le troisième chapitre examine le programme CEE, lancé en 2006 pour encourager les investissements dans l'efficacité énergétique en obligeant les fournisseurs à subventionner des mesures d'économies d'énergie. Ce chapitre se concentre sur la troisième période (2015-2017), avant l'introduction d'un dispositif de bonus dans le cadre du programme. En utilisant la méthode de la regression sur la discontinuité, nous évaluons l'impact du programme en exploitant les variations des subventions entre les zones climatiques. Les résultats indiquent une efficacité globale limitée, avec seulement de légères augmentations des rénovations subventionnées observées aux frontières des zones climatiques et pour des mesures spécifiques. Nous constatons également que la majorité des subventions étaient dirigées vers des mesures d'isolation, reflétant des tendances similaires à celles d'autres programmes d'incitation en cours. Dans l'ensemble, les résultats de la thèse soulignent la nécessité d'un renforcement accru des mécanismes d'application des politiques analysées
Sur les angles morts des politiques d'efficacité énergétique : le cas des outils informationnels et incitatifs
As global energy demand grows, energy efficiency is critical for reducing consumption and mitigating climate change. Despite widespread implementation, certain energy efficiency policies, particularly in regions with high energy demand like France, face barriers such as market frictions and unreliable informational tools. In rapidly growing energy demand areas like African countries, challenges include nascent policy frameworks and insufficient energy information for consumers to make energy-efficient choices.This thesis examines shortcomings that limit the effectiveness of energy efficiency policies in both high and rapidly growing energy demand regions, focusing on enforcement, reliability, and the role of incentives. It comprises three co-authored chapters, with me as the first author. I investigate energy efficiency labeling and disclosure policies, including France’s Energy Performance Certificate (DPE) and the absence of energy labeling in select African air conditioner (AC) markets, alongside incentive schemes like France’s Certificats d’économies d’énergie (CEE) program.The rise in AC adoption across Africa, driven by rising temperatures, income growth, and urbanization, significantly impacts energy demand and emissions. However, energy efficiency policies in these regions remain understudied, and reliable data on how energy efficiency information is communicated to consumers is lacking. For this first chapter, we compiled a dataset (2019-2022) covering 1,229 AC models from Africa’s largest e-commerce platform across 13 countries. This analysis reveals that less than 10% of AC models provide energy performance information. Weak regulatory enforcement leads to irregular energy efficiency information disclosure, indicating the need for mandatory policies and minimum energy performance standards.In France, the DPE plays a key role in the real estate market and in energy efficiency policies, but it has faced criticism for its complex methodology and susceptibility to manipulation. The second chapter analyzes reforms aimed at improving DPE's reliability. We find clear evidence of bunching prior to the 2021 reforms, with 24% of DPEs near energy class thresholds placed in more favorable categories. Following the reforms, which standardized assessment methods and enforced legal measures, suspected manipulation rates fell by half. However, some manipulation persists, underscoring the need for stronger enforcement, oversight, and verification to maintain the label's credibility.The third chapter examines France’s CEE program, launched in 2006 to incentivize energy efficiency investments by requiring energy suppliers to subsidize energy-saving measures across sectors. This chapter focuses on the program’s third period (2015–2017), before the introduction of a comprehensive bonus structure. Using a Regression Discontinuity Design, we assess the program's impact by exploiting subsidy variations across climatic zones. The results indicate overall limited effectiveness, with only slight increases in subsidized renovations observed at the boundaries of climate zones and for specific measures. We also find that the majority of subsidies were directed towards insulation measures, reflecting similar trends to those of other ongoing incentive programs.Overall, the findings of the thesis underscore the need for stronger enforcement mechanisms for the policies analyzed.Alors que la demande mondiale en énergie augmente, l'efficacité énergétique est essentielle pour réduire la consommation et atténuer le changement climatique. Malgré une mise en œuvre extensive, certaines politiques d'efficacité énergétique, en particulier dans les régions à forte demande comme la France, se heurtent à des obstacles tels que les frictions du marché et des outils informationnels peu fiables. Dans les régions de demande énergétique croissante, comme certains pays africains, les défis incluent des cadres politiques naissants et un manque d'informations permettant aux consommateurs de faire des choix énergétiques efficaces. Cette thèse examine les lacunes qui limitent l'efficacité des politiques dans les régions à forte et à croissante demande énergétique, leur application, leur fiabilité et le rôle des incitations. Elle comprend trois chapitres co-écrits, dont je suis la première autrice. J'analyse les politiques d'étiquetage et de divulgation de l'efficacité énergétique, comme le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) et l'absence d'étiquetage énergétique pour les climatiseurs dans certains marchés africains, ainsi que les dispositifs incitatifs comme le programme des Certificats d'économies d'énergie (CEE).L'adoption croissante des climatiseurs en Afrique, favorisée par l'augmentation des tempéra-tures, la croissance des revenus et l'urbanisation, a un impact significatif sur la demande énergétique et les émissions. Cependant, les politiques d'efficacité énergétique dans ces régions sont peu étudiées, et il manque des données fiables sur la divulgation de l'information aux consommateurs. Pour le premier chapitre, nous avons collecté des données (2019-2022) couvrant 1 229 modèles de climatiseurs issues de la plus grande plateforme de e-commerce d'Afrique et 13 pays: Algérie, Cameroun, Côte d'Ivoire, Égypte, Ghana, Kenya, Maroc, Nigeria, Sénégal, Afrique du Sud, Tanzanie, Tunisie et Ouganda. Cette analyse révèle que moins de 10% des modèles fournissent des informations sur la performance énergétique. Une application réglementaire faible conduit à une divulgation irrégulière des informations, soulignant la nécessité de politiques obligatoires et de normes minimales de performance. En France, le DPE joue un rôle clé dans le marché immobilier et dans les politiques d'efficacité énergétique, mais il a été critiqué pour sa vulnérabilité à la manipulation. Le deuxième chapitre analyse la réforme visant à améliorer la fiabilité du DPE. Nous identifions des signes de bunching avant la réforme de 2021, avec 24% des DPE situés près des seuils de classe et classés plus favorablement. Après la réforme, qui a harmonisé les méthodes d'évaluation et rendu le DPE opposable, le taux de manipulation suspectée a diminué de moitié, bien que des comportements de manipulation persistent, soulignant la nécessité d'un contrôle accru pour maintenir la crédibilité du DPE. Le troisième chapitre examine le programme CEE, lancé en 2006 pour encourager les investissements dans l'efficacité énergétique en obligeant les fournisseurs à subventionner des mesures d'économies d'énergie. Ce chapitre se concentre sur la troisième période (2015-2017), avant l'introduction d'un dispositif de bonus dans le cadre du programme. En utilisant la méthode de la regression sur la discontinuité, nous évaluons l'impact du programme en exploitant les variations des subventions entre les zones climatiques. Les résultats indiquent une efficacité globale limitée, avec seulement de légères augmentations des rénovations subventionnées observées aux frontières des zones climatiques et pour des mesures spécifiques. Nous constatons également que la majorité des subventions étaient dirigées vers des mesures d'isolation, reflétant des tendances similaires à celles d'autres programmes d'incitation en cours. Dans l'ensemble, les résultats de la thèse soulignent la nécessité d'un renforcement accru des mécanismes d'application des politiques analysées
Sur la valeur ajoutée du financement des programmes d'efficacité énergétique par les fournisseurs d'énergie: Le cas de la troisième période des Certificats d'économies d'énergie
Since 2006, French energy suppliers provide subsidies for home energy retrofits to comply with an energy efficiency, or "White Certificate," obligation. The alleged advantage of utility-sponsored programs, compared to the public counterparts with which they often overlap, is in leveraging the private information energy suppliers may possess about energy efficiency potentials, allowing them to save energy more cost-effectively. We challenge this hypothesis and assess the value private funding adds to public funding. In a regression discontinuity design, we exploit two geographical discontinuities in subsidy amounts that prevailed during the third phase of the program (2015-2017). Comparing outcomes across the high-versus middle-subsidy border, we find that a 1% increase in subsidy amounts induced a 1.16% higher take-up. The effect only holds in three out of eight specifications, however. We moreover fail to identify a significant elasticity across the middle-versus low-subsidy border. In subsample regressions, we find that take-up was strong for insulation measures, which rank first in the cost-effectiveness merit order. These results together imply that the program's third phase was effective qualitatively, but not quantitatively. This suggests that energy suppliers could fulfill their obligation by merely free riding on overlapping programs -- a mechanism we confirm in complementary microsimulations.Depuis 2006, les fournisseurs d'énergie français accordent des subventions pour la rénovation énergétique des logements dans le cadre des Certificats d'économie d'énergie. L'avantage présumé des programmes financés par les fournisseurs d'énergie, par rapport aux dispositifs publics auxquels ils se superposent souvent, réside dans l'information privée possédée par les fournisseurs d'énergie quant aux potentiels d'efficacité énergétique, qui leur permettent d'identifier les opportunités les plus coût-efficaces. Nous questionnons cette hypothèse et évaluons la valeur ajoutée du financement privé par rapport au financement public. Dans un modèle de Regression Discontinuity, nous exploitons des frontières entre zones climatiques qui ont généré des montants des subventions différenciés au cours de la troisième période du programme (2015-2017). En comparant les résultats à la frontière entre les zones H1 et H2, nous constatons qu'une augmentation de 1 % des montants des subventions induit une augmentation de 1,16 % du taux de participation. Toutefois, l'effet ne se vérifie que dans trois spécifications sur huit. En outre, nous ne parvenons pas à identifier une élasticité significative à la frontière entre H2 et H3. Dans les régressions en sous-échantillon, nous constatons que la participation a été forte pour les mesures d'isolation, qui se classent au premier rang dans l'ordre de mérite de la rentabilité. L'ensemble de ces résultats implique que la troisième phase du programme a été efficace d'un point de vue qualitatif, mais pas quantitatif. Ce résultat suggère que les fournisseurs d'énergie ont pu remplir leur obligation en se contentant de valoriser des certificats attribuables à d'autres dispositifs -- un mécanisme que nous confirmons dans des microsimulations complémentaires
Sur la valeur ajoutée du financement des programmes d'efficacité énergétique par les fournisseurs d'énergie: Le cas de la troisième période des Certificats d'économies d'énergie
Since 2006, French energy suppliers provide subsidies for home energy retrofits to comply with an energy efficiency, or "White Certificate," obligation. The alleged advantage of utility-sponsored programs, compared to the public counterparts with which they often overlap, is in leveraging the private information energy suppliers may possess about energy efficiency potentials, allowing them to save energy more cost-effectively. We challenge this hypothesis and assess the value private funding adds to public funding. In a regression discontinuity design, we exploit two geographical discontinuities in subsidy amounts that prevailed during the third phase of the program (2015-2017). Comparing outcomes across the high-versus middle-subsidy border, we find that a 1% increase in subsidy amounts induced a 1.16% higher take-up. The effect only holds in three out of eight specifications, however. We moreover fail to identify a significant elasticity across the middle-versus low-subsidy border. In subsample regressions, we find that take-up was strong for insulation measures, which rank first in the cost-effectiveness merit order. These results together imply that the program's third phase was effective qualitatively, but not quantitatively. This suggests that energy suppliers could fulfill their obligation by merely free riding on overlapping programs -- a mechanism we confirm in complementary microsimulations.Depuis 2006, les fournisseurs d'énergie français accordent des subventions pour la rénovation énergétique des logements dans le cadre des Certificats d'économie d'énergie. L'avantage présumé des programmes financés par les fournisseurs d'énergie, par rapport aux dispositifs publics auxquels ils se superposent souvent, réside dans l'information privée possédée par les fournisseurs d'énergie quant aux potentiels d'efficacité énergétique, qui leur permettent d'identifier les opportunités les plus coût-efficaces. Nous questionnons cette hypothèse et évaluons la valeur ajoutée du financement privé par rapport au financement public. Dans un modèle de Regression Discontinuity, nous exploitons des frontières entre zones climatiques qui ont généré des montants des subventions différenciés au cours de la troisième période du programme (2015-2017). En comparant les résultats à la frontière entre les zones H1 et H2, nous constatons qu'une augmentation de 1 % des montants des subventions induit une augmentation de 1,16 % du taux de participation. Toutefois, l'effet ne se vérifie que dans trois spécifications sur huit. En outre, nous ne parvenons pas à identifier une élasticité significative à la frontière entre H2 et H3. Dans les régressions en sous-échantillon, nous constatons que la participation a été forte pour les mesures d'isolation, qui se classent au premier rang dans l'ordre de mérite de la rentabilité. L'ensemble de ces résultats implique que la troisième phase du programme a été efficace d'un point de vue qualitatif, mais pas quantitatif. Ce résultat suggère que les fournisseurs d'énergie ont pu remplir leur obligation en se contentant de valoriser des certificats attribuables à d'autres dispositifs -- un mécanisme que nous confirmons dans des microsimulations complémentaires
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