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Book Review: Julia Kristeva, The Severed Head: Capital Visions
The following reviews Kristeva\u27s 2011 text on artistic, cultural, and political uses of images of severed heads
Review Essay: Emmanuel Falque, The Metamorphosis of Finitude: An Essay on Birth and Resurrection
A review of Emmanuel Falque, The Metamorphosis of Finitude: An Essay on Birth and Resurrection,trans. George Hughes (New York: Fordham University Press, 2012)
Claude Romano au carrefour de la phénoménologie française
Au carrefour de la phénoménologie française contemporaine Depuis la fin des années ’90, la réflexion sur l’événement a permis de compter Claude Romano parmi les protagonistes de la phénoménologie française contemporaine. Sa proposition phénoménologique s’est ensuite nouée (grâce à l’endurante lecture des romans de Faulkner) à l’inouï débordement de l’événement de la vie que le récit est censé redonner, pour ainsi dire, "en elle-même" et à l’abri de toute sorte de réduction. L’enjeu de ces pages – consacrées à l’ouvrage de Claude Romano paru en 2010, Au cœur de la raison, la phénoménologie – sera la même répétition de la phénoménologie que Romano nous a livrée dans cet ouvrage. En effet, notre avis est que Romano, en 2010, a pratiqué une Wiederholung de la phénoménologie et qu’il l’a fait situant celle-ci au centre d’un carrefour où confluent les questions historiques (Husserl, Heidegger), les libres variations de la phénoménologie en France (Sartre, Merleau-Ponty, Levinas), la philosophie analytique. Or par cette répétition il s’est installé au carrefour de la phénoménologie française contemporaine, et cela pour deux raisons : premièrement, parce qu’il a donné une contribution décisive à l’alternative "réduction vs intentionnalité" qui ne cesse de représenter l’alternative de la réception française de la phénoménologie. Deuxièmement, parce que par sa répétition il a ouvert aussi un chemin nouveau et original qui maintenant demande à être phénoménologiquement questionné
Kristeva\u27s Thérèse: Mysticism and Modernism
This essay focuses on Julia Kristeva’s recent volume Thérèse mon amour: Sainte Thérèse d’Avila (2008), describing and placing this blend of novel, play, psychoanalytic cultural theory, and case history in the context of her work. I argue that the volume contributes to an understanding of religion’s impact—especially Catholic mysticism--on Western categories of women. I address in particular Thérèse’s mysticism and modernist use of a feminine figure to subvert practices threatening the vitality of the psyche and of social relations. As in Kristeva’s earlier writing, her psychoanalytic approach to Catholicism’s influence continues to raise questions concerning the apparent stereotypes the approach may feed, especially that of the masochistic woman
Kristeva’s Sadomasochistic Subject and the Sublimation of Violence
Do representations of violence incite or quell violent desires and actions? This question--the question of the relation between mimesis and catharsis--is as old as Western Philosophy itself. In this essay, I attempt to think through how Kristeva might describe the difference between representations of violence that perpetuate violent desires and actions versus representations of violence that sublimate violent desires and thereby prevent violent actions
Heidegger without Man?: The Ontological Basis of Lyotard’s Later Antihumanism
The author argues thatJean-François Lyotard’s later antihumanism may be plausibly read as aradicalization of Heidegger’s, on the grounds that a) the philosophy of Beingas Event or Ereignis forms theontological basis of Lyotard’s antihumanism, and b) Lyotard reconfigures theplace of the human being vis-à-vis the revelation of Being – specifically,denying that humankind is the clearing in which Being reveals itself, andtherefore a privileged zone of dispensation. Rather, Being as Ereignis – linguistically cashed out forLyotard, as phrases – structures the human being completely, denying humanmastery of language and thereby decentring human beings as subjects of ethics
Review Essay: Suzanne Césaire, The Great Camouflage: Writings of Dissent (1941-1945)
Review of a recently published collection of the complete writings of Suzanne Césaire, arguing that it is an important moment for the emerging field of Afro-Caribbean philosophy
Book Review: Benoît Peeters, Derrida: A Biography
A review of Benoit Peeters, Derrida: A Biography, trans. Andrew Brown (Cambridge: Polity, 2013)
Review Essay: Daniel W. Smith, Essays on Deleuze
A review essay of Daniel W. Smith, Essays on Deleuze (Edinburgh: Edinburgh University Press, 2012)
Après la chair
Il n’y a pas de question plus urgente, pour la phénoménologie, que la question du « corps propre », comme il est convenu de l’appeler depuis Husserl. Mais il n’y a pas non plus de question qui ait été davantage négligée par les phénoménologues contemporains. À première vue, cette affirmation se heurte à l’évidence d’une production littéraire quasi exponentielle autour de cette notion depuis plus d’une trentaine d’années, aussi bien en histoire de la philosophie que dans des travaux qui se sont efforcés de croiser la perspective phénoménologique avec les apports des sciences du cerveau et de la cognition. L’ennui est que cette ample littérature ne pose aucune des questions préjudicielles à l’adoption du concept de corps propre ou de chair (Leib) en phénoménologie ; pour l’essentiel, elle fait comme si ce concept allait de soi et se borne à se demander de quelle manière il pourrait « féconder » des approches scientifiques plus positives. La légitimité du concept même de Leib et de ses prolongements à l’intérieur du courant phénoménologique n’y est jamais questionnée en tant que telle. Non seulement on ne se demande pas si les descriptions de cette « chair » au fil conducteur de l’expérience du toucher redoublé est tenable, mais on ne soulève même pas la question de savoir si l’adoption de ce concept chez Husserl et ses successeurs n’est pas conditionnée par des présupposés discutables et, en vérité, par tout un cadre théorique, de sorte que la mise en question de certains aspects centraux de ce cadre devrait conduire inévitablement à une révision en profondeur de ce concept. C’est cette question que nous voudrions aborder dans ces pages. Compte-tenu de l’ampleur du sujet, notre but sera uniquement d’indiquer un certain nombre de directions que pourrait – ou devrait – emprunter la réflexion.Il n’y a pas de question plus urgente, pour la phénoménologie, que la question du « corps propre », comme il est convenu de l’appeler depuis Husserl. Mais il n’y a pas non plus de question qui ait été davantage négligée par les phénoménologues contemporains. À première vue, cette affirmation se heurte à l’évidence d’une production littéraire quasi exponentielle autour de cette notion depuis plus d’une trentaine d’années, aussi bien en histoire de la philosophie que dans des travaux qui se sont efforcés de croiser la perspective phénoménologique avec les apports des sciences du cerveau et de la cognition. L’ennui est que cette ample littérature ne pose aucune des questions préjudicielles à l’adoption du concept de corps propre ou de chair (Leib) en phénoménologie ; pour l’essentiel, elle fait comme si ce concept allait de soi et se borne à se demander de quelle manière il pourrait « féconder » des approches scientifiques plus positives. La légitimité du concept même de Leib et de ses prolongements à l’intérieur du courant phénoménologique n’y est jamais questionnée en tant que telle. Non seulement on ne se demande pas si les descriptions de cette « chair » au fil conducteur de l’expérience du toucher redoublé est tenable, mais on ne soulève même pas la question de savoir si l’adoption de ce concept chez Husserl et ses successeurs n’est pas conditionnée par des présupposés discutables et, en vérité, par tout un cadre théorique, de sorte que la mise en question de certains aspects centraux de ce cadre devrait conduire inévitablement à une révision en profondeur de ce concept. C’est cette question que nous voudrions aborder dans ces pages. Compte-tenu de l’ampleur du sujet, notre but sera uniquement d’indiquer un certain nombre de directions que pourrait – ou devrait – emprunter la réflexion