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Risques et projets d’infrastructure : cas du Québec
Ce mémoire explore les enjeux de gestion des risques et de gouvernance dans les projets d’infrastructures réalisés en Partenariat Public-Privé (PPP), à travers l’étude comparative de deux projets phares : le Réseau express métropolitain (REM) à Montréal et la Canada Line à Vancouver. Bien que tous deux aient pour ambition d’améliorer les réseaux de transport collectif dans un contexte urbain en transformation, ils se distinguent par la manière dont les acteurs ont structuré la prise de décision, réparti les responsabilités et réagi aux imprévus. L’analyse s’appuie sur des données secondaires issues de rapports officiels, d’évaluations d’audit et de recherches scientifiques, afin de mieux cerner les risques rencontrés qu’ils soient d’ordre financier, technique, social ou environnemental et les réponses apportées par chaque projet. Le REM, porté par un modèle de gouvernance fortement centralisé, s’est montré agile face à certains aléas, mais a été critiqué pour son manque de transparence. La Canada Line, à l’inverse, repose sur un modèle plus équilibré entre les partenaires publics et privés, ce qui a favorisé l’acceptabilité sociale, tout en limitant la marge de manoeuvre en cas de difficulté. En plus de dresser un état des lieux rigoureux, ce travail propose des recommandations concrètes pour améliorer la gestion des futurs projets en PPP. Il met notamment en avant l’intérêt d’un modèle de gouvernance hybride, d’une meilleure anticipation des risques sociaux, et d’un dialogue renforcé avec les parties prenantes. Enfin, il souligne l’importance de poursuivre l’évaluation du REM une fois son déploiement complet achevé, afin d’enrichir les apprentissages tirés de cette comparaison
Comparaison de la diversité microbienne intestinale chez des enfants ayant des allergies alimentaires avant et après un traitement d’immunothérapie orale
L’allergie alimentaire touche 8 % des Canadiens et provoque des symptômes variables allant d’une urticaire à un choc anaphylactique. Celle-ci peut être traitée par immunothérapie orale (ITO), une approche qui consiste à ingérer de petites doses de l’allergène et à les augmenter progressivement jusqu’à développer une désensibilisation. Les micro-organismes du tractus gastro-intestinal, ou microbiote intestinal, joue un rôle clé dans le risque de développer des allergies alimentaires. La diversité microbienne varie entre les enfants avec et sans allergies et est également influencée par des facteurs environnementaux. À ce jour, les effets de l’immunothérapie orale sur le microbiote intestinal ont été peu étudiés. L’objectif de cette étude est donc de comparer la composition et la diversité microbienne intestinale chez les enfants allergiques avant et après un traitement d’immunothérapie orale. L’étude inclut 30 enfants suivis à la clinique de recherche Zéro allergie du Saguenay−Lac-St-Jean ayant suivi une ITO. Des échantillons de selles ont été prélevés avant et après l’immunothérapie orale. L’ADN microbien a été extrait, puis le gène codant pour l’ARNr 16S a été séquencé. Les données ont été analysées pour comparer la diversité alpha et la diversité bêta, ainsi que l’abondance des bactéries présentes. L’analyse différentielle a révélé deux phyla bactériens, Bacteroidota et Verrucomicrobiota dont les niveaux d’abondance après l’immunothérapie orale se rapprochaient de ceux des enfants non allergiques. Cela suggère que l’immunothérapie orale a un effet modulateur sur la composition microbienne intestinale, favorisant, dans la présente étude, une normalisation des niveaux de ces phyla. Ces résultats apportent des perspectives pour le développement de nouvelles thérapies, par exemple par l’utilisation de probiotiques pour améliorer la prise en charge des allergies alimentaires. En conclusion, cette étude est la première à démontrer l’impact de l’immunothérapie orale sur le microbiote intestinal chez les enfants présentant des allergies alimentaires, ouvrant la voie à de nouvelles thérapies
Pratiques managériales et résilience des PME au Québec en période de crise
L'étude des pratiques managériales des petites et moyennes entreprises (PME) au Québec en période de crise est essentielle pour comprendre leur capacité d'adaptation et de résilience face aux défis économiques, notamment ceux engendrés par la pandémie de Covid-19. Les PME, qui représentent une part significative de l'économie québécoise, doivent naviguer dans un environnement marqué par l'incertitude, les pénuries de main-d'oeuvre, et l'évolution des demandes des consommateurs. Cette recherche a mis en lumière l'importance de l'innovation organisationnelle et du management situationnel comme leviers clés pour la survie des PME durant les crises. Les résultats montrent que les entreprises ayant su adopter des pratiques managériales innovantes, telles que l'intégration de technologies numériques et l'encouragement d'une culture d'innovation, ont mieux résisté aux effets négatifs des crises. De même, un leadership empathique, basé sur la communication ouverte et la reconnaissance des efforts des employés, a contribué à améliorer le moral et la cohésion d'équipe. Les conclusions de cette étude soulignent que la résilience des PME repose non seulement sur leur capacité d'adaptation économique, mais également sur leur engagement envers le bien-être de leurs employés. Les dirigeants doivent envisager ces pratiques comme des éléments permanents de leur stratégie, permettant ainsi à leur entreprise non seulement de survivre, mais aussi de prospérer dans un environnement en constante évolution. Enfin, il est recommandé que ces entreprises intègrent des évaluations régulières du bien-être et du niveau d'engagement de leurs collaborateurs, tout en offrant des opportunités de formation continue pour renforcer leurs compétences et leur engagement. Les implications de cette recherche offrent des pistes précieuses pour les PME afin de renforcer leur résilience à long terme, tout en mettant en évidence la nécessité de poursuivre des recherches sur l'impact des pratiques managériales dans des contextes variés
L'Institut MacDonald Laurier, le Réseau Atlas et les peuples autochtones: engagement pour la réconciliation ou reproduction du colonialisme économique?
Analyse des interactions entre les marchés primaire et secondaire de l’aluminium au Québec : une approche par l’analyse des flux de matières
Dans un contexte mondial de transition vers une économie sobre en carbone, l’aluminium s’impose comme un matériau stratégique grâce à sa légèreté, sa durabilité et surtout sa recyclabilité quasi infinie. Le Québec, avec son électricité issue majoritairement de sources hydrauliques, détient un avantage considérable dans la production d’aluminium primaire à faible empreinte carbone. Toutefois, cette performance environnementale ne se reflète pas encore pleinement dans le développement du marché de l’aluminium secondaire, ni dans l’intégration systémique des flux de matières dans une logique d’économie circulaire.
Ce mémoire a pour objectif d’évaluer dans quelle mesure l’intégration des marchés de l’aluminium primaire et secondaire peut contribuer à renforcer la circularité de la filière au Québec. Pour ce faire, une approche méthodologique basée sur l’Analyse de Flux de Matières (AFM) est mobilisée, à l’aide du logiciel STAN. L’étude propose ainsi une cartographie complète et cohérente des flux physiques d’aluminium pour l’année 2019, depuis l’importation de la bauxite jusqu’à la gestion des rebuts post-consommation, en passant par les étapes de transformation et d’utilisation.
Les résultats révèlent une forte dépendance au marché international : environ 80 % de l’aluminium primaire produit est exporté sous forme brute, tandis que la capacité locale de recyclage des rebuts post-consommation reste très limitée. Les pertes de matière dans la chaîne de valeur sont principalement liées à l’insuffisance d’infrastructures de traitement, à l’exportation des déchets vers les États-Unis, et à la faible valorisation industrielle de l’aluminium recyclé dans la province. L’analyse met également en évidence un manque d’interconnexion entre les différents segments du cycle de vie de l’aluminium, freinant la transition vers une véritable économie circulaire.
Cette recherche apporte une contribution originale en combinant l’analyse quantitative des flux de matières avec une réflexion sur les politiques publiques, les incitatifs économiques et les obstacles structurels à surmonter. Elle propose des pistes concrètes pour renforcer l’intégration des marchés : développement de filières locales de recyclage, amélioration de la traçabilité des matériaux, stimulation de la demande en aluminium secondaire et renforcement de la gouvernance circulaire.
Toutefois, l’étude présente certaines limites, notamment liées à la disponibilité et à la qualité des données. Les incertitudes statistiques ont nécessité une réconciliation des données à l’aide de l’outil STAN, mais l’absence d’un système intégré de suivi en temps réel limite la précision de certaines estimations. De plus, l’analyse s’appuie principalement sur l’année 2019 en raison de l’homogénéité et de la cohérence des données disponibles à cette date, ce qui peut restreindre la portée temporelle des résultats.
Ces limites soulignent l’importance de mettre en place des mécanismes de collecte de données plus robustes pour soutenir les futures démarches d’évaluation des flux de matières
L’optimisation des délais dans les projets de construction par une approche intégrée de la gestion des risques
Ce mémoire porte sur l’optimisation des délais dans les projets de construction, en s’appuyant sur une approche intégrée de la gestion des risques. Il s’inscrit dans un contexte où les projets de construction sont régulièrement confrontés à des retards significatifs, affectant la performance globale, les coûts et la satisfaction des parties prenantes. La question centrale de cette recherche est donc : comment une gestion intégrée et proactive des risques peut-elle contribuer à optimiser les délais dans les projets de construction ?
L’objectif principal de ce travail est d’analyser l’influence des pratiques de gestion des risques sur la performance temporelle des projets. Il s’agit d’identifier les facteurs clés responsables des retards et d’évaluer comment une gestion structurée des incertitudes peut en atténuer les effets. Les projets de construction, par leur nature complexe, leur durée souvent longue et la diversité des intervenants impliqués, sont particulièrement sensibles aux aléas. Ils font face à des risques multiples techniques, financiers, humains, environnementaux susceptibles de compromettre le respect des délais. Ce mémoire vise à évaluer l’efficacité réelle des méthodes actuelles de gestion des risques dans ce domaine et à déterminer dans quelle mesure elles peuvent être intégrées dans une approche systémique pour réduire les retards.
Dans cette perspective, la recherche explore également le lien entre les parties prenantes et leur perception de la gestion des risques, notamment dans la manière dont leurs décisions influencent directement la planification. L’étude met en lumière les mécanismes d’interaction entre gestion des risques et maîtrise du temps, et cherche à identifier les pratiques les plus efficaces pouvant être mises en œuvre pour une meilleure optimisation des délais.
Pour atteindre ces objectifs, une approche méthodologique fondée sur l’analyse de données secondaires a été adoptée. Elle s’appuie sur un corpus varié de sources : études de cas, articles scientifiques, rapports de projet, publications professionnelles. Cette méthode permet d’extraire des enseignements issus de projets réels et de relier les pratiques observées aux résultats temporels obtenus, dans une logique de comparaison et d’évaluation critique.
La richesse des données disponibles, combinée à une lecture analytique rigoureuse, offre l’opportunité de mettre en évidence des stratégies concrètes d’optimisation des délais, tout en identifiant les limites des approches traditionnelles de gestion des risques.
Ce mémoire ambitionne ainsi de contribuer à l’amélioration des pratiques managériales dans le secteur de la construction, en formulant des recommandations pratiques basées sur les meilleures pratiques identifiées. À travers une lecture croisée des dimensions techniques, organisationnelles et stratégiques de la gestion des risques, il vise à :
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Encourager une anticipation structurée des incertitudes ;
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Renforcer la culture collaborative autour des délais ;
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Promouvoir l’adoption de technologies et de méthodes contractuelles favorables à la maîtrise du temps
Transition à l’âge adulte des jeunes femmes ayant vécu un placement au Saguenay–Lac-Saint-Jean
La transition vers l’âge adulte est une période décisive marquée par l’appropriation de nouveaux rôles et responsabilités. Les jeunes femmes font alors face à de nombreuses prises de décisions concernant leur avenir financier, professionnel, fonctionnel, scolaire et social. Cette période critique, considérant les changements qu’elle impose, peut se révéler plus difficile pour certaines vivant en contexte de vulnérabilité. Malgré le fait que des études s’intéressent à la transition vers l’âge adulte, peu d’entre elles abordent de manière sexospécifique les défis vécus par les jeunes femmes à leur sortie des centres jeunesse ou de familles d’accueil, et aucune ne permet de rendre visible l’expérience des jeunes femmes du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Ce mémoire a donc pour but de documenter la transition vers l’âge adulte des jeunes femmes du Saguenay–Lac-Saint-Jean à la sortie d’une trajectoire de placement, d’après leur point de vue personnel.
Sept répondantes ayant séjourné en famille d’accueil ou en centre de réadaptation au Saguenay–Lac-Saint-Jean ont été questionnées en s’appuyant sur la théorie du parcours de vie à partir d’une entrevue semi-dirigée et de calendriers historiques de vie. Les résultats présentent les événements importants de leur parcours de placement, les stratégies agentives utilisées ainsi que les femmes qu’elles sont devenues. Ce mémoire a également permis d’identifier l’influence que leur entourage a eu sur elles durant leur parcours de placement et après
« Quelqu’un meurt à la fin » L’exploration du concept de l'attente dans un lieu comme métaphore de la vie quotidienne dans une création théâtrale
Ce mémoire présente les résultats de mes observations sur le concept de l’attente, sur ces états générés lors de ce moment de vie qui touchent tout le monde, mais qui se vivent différemment. Chaque état, chaque attente est unique et le parcours vers le but, vers la fin de l’attente sera différente selon la perception.
Ma recherche-création porte sur l’exploration de ce concept dans un lieu comme métaphore de la vie quotidienne dans une création théâtrale. Comment une réalité de la vie courante peut servir de prétexte à une œuvre. Je profiterai aussi de l’occasion pour poursuivre ma démarche d’intégration des spectateurs dans une fiction, à savoir comment les comédiens peuvent être infiltrés parmi ceux-ci.
Cette recherche m’a permis de définir cette attente et d’analyser ces différents états. Aussi, ce qui m’intéressait, c’est de comprendre comment maintenant, la patience a disparu pour laisser sa place à la rapidité, à l’accélération de vouloir l’objet d’attente. Durant ces années, j’ai pu comprendre comment les états humains peuvent être intéressants à explorer dans une pratique théâtrale. Comment les phénomènes de la vie peuvent être intégrés à une création. Celle-ci tentera de faire comprendre, pourquoi nous attendons
La recherche visuelle pendant la conduite d’ambulance sur simulateur en situation d’urgence
La recherche visuelle chez les paramédics est un sujet peu documenté et pourtant primordial à une conduite sécuritaire. Elle pourrait permettre de comprendre les éventuelles collisions et les améliorations qui pourraient être faites dans la performance de conduite des ambulances. L’objectif du projet est de documenter la recherche visuelle de paramédics dans différentes situations de conduite sur simulateur (ex. ligne droite, passage aux intersections) ainsi que d’étudier s’il y a une différence dans la recherche visuelle selon les contextes de travail (appel du centre de communication santé, patient à l’arrière de l’ambulance). Pour qualifier la recherche visuelle, des vidéos de paramédics en situation de conduite simulée ont été analysées. L’environnement des conducteurs a été fractionné en plusieurs régions d’intérêts visuels (ROI), puis différentes situations de conduites ont été sélectionnées et visionnées image par image (30hz) afin de déterminer les temps de fixations et les patrons de recherche visuelle vers les régions d’intérêts visuels. Les résultats indiquent que la proportion de temps accordé à chaque région d’intérêt varie selon les situations de conduite. Aussi, le nombre de changements par ROI, dans les situations de virages, est différent en fonction des contextes de conduite et les durées de fixation varient selon les contextes et les situations de conduite. Les résultats recueillis montrent que la recherche visuelle des paramédics varie en fonction des différentes situations de conduite (Crundall et al., 2003). Cette meilleure compréhension des patrons de recherche visuelle pourrait éventuellement permettre la création de formations en conduite plus adaptées aux contextes de conduite des paramédics. Une recherche visuelle adaptée au contexte de conduite de la part des paramédics est primordiale pour assurer la sécurité des usagers à l’extérieur comme à l’intérieur de l’ambulance.
Paramedics' visual search is a poorly documented subject, yet it is essential for safe driving and for understanding potential collisions and improvements that could be made to their ambulance driving performance. The aim of the project is to document the visual search of paramedics in different simulator driving situations (e.g. straight line, intersection crossing) and to study whether there is a difference in visual search depending on the work context (centre de communication santé call, patient in the back of the ambulance). To qualify visual search, videos of paramedics in simulated driving situations were analyzed. The drivers' environment was split into several regions of visual interest (ROIs), then different driving situations were selected and viewed frame by frame (30hz) to determine fixation times and visual search patterns towards the regions of visual interest. The results show that the proportion of time allocated to each region of interest varies according to the driving situation. Also, the number of changes per ROI, in turning situations, is different according to driving contexts, and fixation times vary according to contexts and driving situations. The results gathered here show that paramedics' visual search varies according to different driving situations (Crundall et al., 2003). This better understanding of visual search patterns could eventually lead to the creation of driving training courses better adapted to paramedics' driving contexts. A visual search adapted to the driving context on the part of paramedics is essential to ensure the safety of users both inside and outside the ambulance
Mobilisation des perspectives autochtones dans les programmes scolaires
Cette recherche postdoctorale se situe dans le cadre plus vaste de l’Action concertée en sécurisation culturelle (FRQSC, 2020-2023) qui vise à développer des exemples de pratiques de sécurisation culturelle (Brascoupé et Waters, 2009; Leclerc, Vézeau-Beaulieu, Rivard et Miquelon, 2018; Lévesque, 2015) avec des personnes des milieux éducatifs au nord du 49e parallèle, plus précisément sur la Côte-Nord, qui interviennent auprès d’enfants, d’élèves et d’étudiant.e.s innu.e.s, et de leur famille. Elle porte sur la mobilisation des perspectives des Premiers Peuples dans les programmes scolaires, essentiellement au primaire et au secondaire, en cohérence avec les appels à l’action de la Commission royale sur les peuples autochtones (2013) et la Commission de vérité et réconciliation (2015). Ces commissions rappellent le rôle qu’a joué l’éducation dans la volonté d’assimilation des peuples autochtones par le gouvernement, mais aussi l’importance fondamentale qu’elle occupe dans le mouvement de réconciliation comme « fondement de l’avenir des Premières Nations » (Lévesque et Polèse, 2015, p. 45). Dans ce contexte, les peuples autochtones veulent que les savoirs et les modes d’apprentissage autochtones soient pris en compte dans les curriculums. Cette recherche postdoctorale contribuera à aller dans cette direction. Des concepts qui permettent d’avoir une bonne compréhension des principes fondamentaux à considérer dans l’éducation chez les peuples autochtones sont présentés dans ce rapport. C’est ainsi que ressort l’importance centrale du territoire en lien avec une vision holistique et circulaire du monde (Ottmann et Pritchard, 2009), où la spiritualité permet d’appréhender la relationalité (Littletree, Belarde-Lewis et Duarte, 2020; Toulouse, 2016) entre tous les éléments de l’univers comme concept fondamental souvent peu pris en compte dans les conceptions eurocentriques de l’éducation. Les savoirs ou les préférences d’apprentissage chez les autochtones engendrent ainsi une vision de la pédagogie qui favorise l’apprentissage expérientiel (Chevrier et Charbonneau, 2000), où l’observation et la participation actives des apprenant.e.s sont sollicitées. Une phase de collecte de données spécifiquement relatives aux programmes a été menée dans le cadre de l’Action concertée en sécurisation culturelle (FRQSC, 2020-2023), en collaboration avec des organisations autochtones participant à la recherche. Cinq rencontres de partage et de discussion ont ainsi été réalisées. Elles ont permis de recueillir les propos de 15 participant.e.s (dont 8 autochtones) au sujet de leurs points de vue quant à la mobilisation de perspectives des Premiers Peuples en enseignement. La méthodologie adoptée s’est basée sur une démarche de coconstruction de connaissances, dans une perspective de cocréation (Kaine, Kurtness et Tanguay, 2016), et s’est inscrite dans une approche de recherche collaborative (Desgagné, Bednarz, Lebuis, Poirier et Couture, 2001). Les différents entretiens réalisés ont été enregistrés puis transcrits textuellement. La transcription des extraits retenus a ensuite été proposée à chaque participant.e pour validation afin de s’assurer que leurs propos n’avaient pas été mal interprétés ni déformés. L’analyse de ces propos met en valeur les initiatives mises en place essentiellement dans les différentes communautés innues. On constate ainsi que des projets se développent en sciences, en univers social ou encore en langue et culture innues. Plusieurs des apprentissages envisagés, s’ils ne se font pas tous en territoire, se développent en lien avec la culture, le territoire et les modes de vie des Premiers Peuples. L’analyse des entretiens fait aussi ressortir les difficultés ou obstacles rencontrés pour mobiliser les perspectives des Premiers Peuples en éducation. On constate entre autres un manque de souplesse sur le plan des programmes ou du matériel didactique, ce qui rend difficile la prise en compte des diverses réalités culturelles et linguistiques ainsi que l’apprentissage des langues autochtones. Des cours de langues et de cultures sont malgré tout donnés dans les communautés, bien qu’il n’y ait pas de périodes réservées dans la grille-horaire. Certains ajustements apparaissent nécessaires pour se conformer davantage aux réalités locales des communautés. La formation des enseignant.e.s est aussi questionnée : d’une part, les enseignant.es allochtones ne sont pas suffisamment formé.e.s aux réalités autochtones, ce qui engendre des craintes de commettre erreurs et maladresses. D’autre part, on constate une faible prise en compte des préférences d’apprentissage des Premiers Peuples. Il manque également de ressources pour enseigner et transmettre les langues autochtones, dont la vitalité est généralement menacée. Les participant.e.s partagent aussi des pistes de solutions qui se situent sur différents plans. Dans un premier temps, l’accueil des élèves à l’école devrait offrir un milieu où ils se reconnaissent. Les approches pédagogiques pourraient assez facilement prendre en compte les perspectives et les savoirs autochtones, par exemple en intégrant des œuvres autochtones ou encore le point de vue des Premiers Peuples sur l’histoire du Québec et du Canada. La posture enseignante semble aussi fondamentale dans cet effort de réconciliation. Ainsi, la formation des enseignant.e.s pourrait intégrer des stages en contexte autochtone afin de favoriser une certaine sensibilité culturelle qui, selon les participant.e.s, passe par la reconnaissance de la compétence 15 (Conseil en Éducation des Premières Nations, Institut Tshakapesh et Centre de développement de la formation et de la main-d’œuvre huron-wendat, 2020). Les programmes et le matériel didactique devraient aussi être réaménagés et ajustés dans une perspective plus locale qui permettrait d’embrasser les réalités linguistiques et culturelles propres à chaque communauté. En conclusion, les initiatives à mettre en place pour une réelle mobilisation des perspectives des Premiers Peuples relèvent de plusieurs plans qui se situent entre l’ajustement de curriculums et de programmes, mais aussi la formation d’enseignant.e.s, le matériel didactique ou encore les approches pédagogiques