Canadian Journal of Emergency Nursing (CJEN)
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Intégration des modèles de suicidalité en suicidologie Canadienne : Une synthèse narrative
Background: Suicide is a pressing public health issue that necessitates comprehensive understanding and intervention strategies. This literature review integrates various models of suicidality, including suicidal careers, Galynker\u27s Narrative-Crisis Framework, attachment styles, gender differences, and developmental stages. Objective: The objective of this review is to synthesize these models and frameworks to provide a holistic perspective on suicidality, emphasizing the importance of cultural contexts and developmental stages in emergency nursing practice. Methods: This review collates findings from multiple theoretical and empirical studies to explore the complex interplay of factors contributing to suicidality. By integrating diverse models, this review aims to offer insights that can inform emergency nursing practice, policy, and research. Results: The integration of suicidal careers and the Narrative-Crisis Framework reveals the dynamic and evolving nature of suicidal behavior, underscoring the importance of narrative and identity in understanding suicidality. Attachment styles are identified as significant predictors of suicidal tendencies, with insecure attachment linked to higher suicide risk. Gender differences are highlighted, with findings indicating that males and females exhibit different patterns of suicidal behavior and risk factors. Developmental stages are also crucial, as the risk factors and manifestations of suicidality vary across the lifespan. Conclusion: This review underscores the necessity for emergency nurses to adopt a multidisciplinary approach in assessing and intervening with individuals at risk of suicide. By understanding the intricate and multifaceted nature of suicidality, emergency nursing practice can be enhanced, leading to better patient outcomes. The review advocates for culturally sensitive and developmentally appropriate interventions, stressing the need for emergency nurses to be equipped with knowledge from various theoretical perspectives to effectively address suicidality in diverse populations. Implications for Practice: This comprehensive approach offers valuable insights for emergency nurses, aiding in the development of targeted strategies for suicide prevention. Enhanced understanding of the factors contributing to suicidality can lead to improved assessment, intervention, and prevention strategies in emergency settings, ultimately reducing the incidence of suicide and improving patient care.Résumé
Contexte : Le suicide demeure un grave problème de santé publique qui exige des approches allant au-delà des modèles statiques. Les modèles traditionnels fonctionnent encore souvent de manière isolée, ce qui ne permet pas de les appliquer dans des environnements à forte intensité de soins comme les services d’urgences. Des modèles intégratifs reflétant la nature fluide et complexe de la suicidalité dans les services de soins aigus sont donc nécessaires. Objectif : La présente synthèse narrative examine comment divers modèles théoriques peuvent éclairer la pratique des soins infirmiers d’urgence en concevant la suicidalité comme un processus dynamique et évolutif. L’objectif est d’améliorer l’évaluation du risque de suicide en adoptant une approche intégrée et pertinente sur le plan clinique. Méthodes : Une synthèse narrative a été réalisée afin d’examiner les modèles empiriques et conceptuels ayant démontré leur pertinence pour la santé mentale en situation d’urgence. Les cadres théoriques comprenaient le modèle des trajectoires suicidaires, le modèle narratif de crise, la théorie de l’attachement, les perspectives de développement, les cadres relatifs au genre et le syndrome de crise suicidaire (SCS). Ces modèles ont été retenus en raison de leur valeur prédictive, de leur utilité clinique et de leur pouvoir explicatif. Résultats : La suicidalité naît de l’interaction entre les vulnérabilités à long terme et les états de crise aigus. Le cadre intégré met en évidence les rôles de l’attachement insécurisant, des perturbations de l’identité, des facteurs de risque lié au sexe et du stade développemental. Une attention particulière est prêtée aux expériences des personnes de genre divers, qui échappent souvent aux modèles de risque traditionnels. Conclusion : Un cadre pluridimensionnel et adapté au développement améliore la détection du risque de suicide et l’intervention dans les situations d’urgence. La prise en considération de l’identité, du contexte relationnel et de la dynamique de la crise permet de favoriser des stratégies de prévention plus inclusives et plus efficaces aux soins de première ligne
Une mise à jour des Normes de pratique canadiennes en soins infirmiers d’urgence
Over a period of almost two years, a dedicated group of NENA members, representing ED nurses from across the country reviewed the existing standards, researched standards from similar organizations, wrote a new version of the standards, and had the new edition of the standards approved by the NENA board of directors.Sur une période de près de deux ans, un groupe dévoué de membres de la NENA, représentant des infirmières et infirmiers des services d’urgence de partout au pays, a examiné les normes existantes, étudié les normes d’organismes similaires, rédigé une nouvelle version des normes et obtenu l’approbation de cette nouvelle édition par le conseil d’administration de la NENA
Perceptions du personnel infirmier autorisé des services d’urgence concernant les troubles liés à l’utilisation de substances et les sites de consommation supervisée
Abstract
Background: Canada is facing increased drug-related harms; thus, a stronger emphasis has been placed on harm reduction strategies such as supervised consumption sites (SCSs). There is a lack of literature on emergency department (ED) registered nurses\u27 (RNs) perceptions of SCSs and substance use disorders (SUDs), especially in small to mid-sized Canadian cities.
Purpose: This study aimed to determine ED RNs’ perceptions of SUDs and SCSs.
Methods: A 27-question survey was sent to RNs currently working in EDs in Southwestern Ontario using an online Qualtrics® link. The research explored ED RNs’ perceptions of SCSs and SUDs.
Results: Quantitative results indicated that ED RNs (n = 146) were understanding of drug use and SUDs but felt neutral towards SCSs. They indicated positive impacts and potential concerns of SCS implementation. However, most ED RNs reported that they would still refer their patients to such sites if one was available, despite their apprehensions.
Conclusion: This research demonstrates the importance of harm reduction education in nursing curricula and the workplace. Recommendations include a harm reduction referral partnership between the ED and community partners. It is essential to practice reflectively, decrease the influence of stereotypes and stigma-based decisions and care, and encourage legislation that supports ethical policies and procedures that increase the use and access to SCSs.RÉSUMÉContexte : Face à l’augmentation des méfaits liés à la consommation de drogues au Canada, l’accent aété mis sur les stratégies de réduction des méfaits telles que les sites de consommation supervisée(SCS).La documentation sur la perception du personnel infirmier autorisé (IA) des services d’urgence à l’égarddes sites de consommation supervisée et des troubles liés à l’utilisation de substances (TUS) estinsuffisante, en particulier dans les villes canadiennes de petite et de moyenne taille.Objectif : La présente étude descriptive visait à déterminer les perceptions des IA des urgences sur lesTUS et les SCS.Méthodes : Une enquête comportant 27 questions a été diffusée auprès des IA travaillant actuellementdans les services d’urgence du sud-ouest de l’Ontario par le biais d’un lien en ligne Qualtrics®. Larecherche a examiné les perceptions des IA des urgences sur les SCS et les TUS.Résultats : Les résultats quantitatifs révèlent que les IA des urgences (n = 146) font preuve d’empathie àl’égard de la consommation de drogues et des TUS, mais se montrent neutres envers les SCS. Ils ont faitétat des effets positifs et des préoccupations potentielles de la mise en œuvre des SCS. Malgré leurs
appréhensions, la plupart des IA des urgences ont indiqué le cas échéant leur volonté d’orienter leurspatients vers de tels sites si ceux-ci étaient à disposition.Discussion : Les résultats de la présente étude ont fourni des données récentes sur les perceptions desIA des services d’urgence à l’égard des TUS et des SCS dans les villes canadiennes de petite et demoyenne taille. Elle a également permis de déterminer les services que les SCS et leurs servicesd’urgence devraient offrir du point de vue de l’IA du service d’urgence.Conclusion : Cette étude à sites multiples offre la possibilité de comparer les perceptions d’autresdisciplines, de partager de nouvelles connaissances et d’améliorer les soins et la sécurité des patients.Parmi les recommandations, un partenariat d’orientation vers la réduction des risques entre les servicesd’urgence et les partenaires communautaires. Il est essentiel de pratiquer de manière réfléchie, deréduire l’influence des stéréotypes et des décisions et soins fondés sur la stigmatisation, et d’encouragerla mise en place d’une législation soutenant les politiques et procédures éthiques qui augmententl’utilisation et l’accès aux SCS
Personnes en situation d’itinérance et engelures graves à Edmonton et à Calgary : une revue sur trois hivers
Background: Edmonton and Calgary are Albertan cities with populations of over 1 million each and experience cold winter temperatures, making frostbite a common emergency departments (ED) presentation. In 2024 the estimated unhoused population was approximately 7000 across both cities. Our primary objective was to assess the frequency and severity of frostbite injuries in individuals experiencing houselessness (IEH) compared to those with housing.
Methods: This retrospective study of administrative data assessed patients treated in Edmonton and Calgary with severe frostbite over three winters. Data abstracted include patient characteristics, frostbite grade, and time between injury and ED presentation. Ambient temperatures at injury time were assessed from the Alberta Climate Information Service. IEH was determined via clinician notes. Descriptive analysis and statistical methods were used to compare housing status and the grade of injury and arrival time to the ED. The relationship between homelessness and time of injury to arrival at the hospital was examined using ordinal logistic regression. The dependent variable, Time of Injury to Arrival, was categorized as: <12 hours, 12 to 24 hours, 24 to 48 hours, 48 to 72 hours, and >72 hours.
Results: 257 cases of severe frostbite were abstracted. Mean age 42.5 (SD13.7), Sex male 208/257(80.9%). IEH comprised 140/257 (54.5%) of cases and unknown in 40/257(15.6%). Houselessness was a precipitating frostbite factor in 102/257(39.7%). IEH was not found to be a statistically significant predictor of frostbite grade (p = .109); OR = 1.55 (95% CI = 0.910 - 2.67). IEH experienced delays in arrival to the ED (p < .001, OR = 2.90, 95% CI = 1.73 - 4.91). IEH were nearly three times as likely to fall into a higher delay category of arrival time compared to non-IEH. Additionally, among the IEH population in this study, 43.48% of Grade 4, 25.86% of Grade 3, and 34.48% of Grade 2 cases occurred at temperatures warmer than -20 degrees Celsius.
Implication and lessons learned: Individuals experiencing houselessness had a threefold increase in the likelihood of delayed frostbite ED presentation. Additionally, a significant proportion of frostbite injuries occurred at temperatures warmer than -20C. This study suggests a need for current cold weather system responses to reexamine opportunities for prevention, proactive care, and the availability of shelter for IEH at temperatures warmer than -20C, which is warmer than many cities cold weather responses.Contexte : Edmonton et Calgary sont deux villes de l’Alberta comptant chacune plus d’un million d’habitants et connaissant des hivers rigoureux, ce qui fait des engelures une présentation fréquente dans les services d’urgence. En 2024, la population sans abri des deux villes était estimée à environ 7 000 personnes. Notre objectif principal était d’évaluer la fréquence et la gravité des engelures chez les personnes en situation d’itinérance (PSI) comparativement à celles ayant un logement.
Méthodes : Cette étude rétrospective de données administratives a évalué les patients traités à Edmonton et à Calgary pour des engelures graves sur trois hivers. Les données extraites comprenaient les caractéristiques des patients, le grade d’engelure et le délai entre la blessure et la présentation à l’urgence. Les températures ambiantes au moment de la blessure ont été obtenues à partir du Alberta Climate Information Service. Le statut d’itinérance a été déterminé à partir des notes cliniques. Des analyses descriptives et statistiques ont été utilisées pour comparer le statut d’hébergement, le grade de la blessure et le délai d’arrivée à l’urgence. La relation entre l’itinérance et le délai entre la blessure et l’arrivée à l’hôpital a été examinée au moyen d’une régression logistique ordinale. La variable dépendante, délai entre la blessure et l’arrivée, a été catégorisée comme suit : < 12 heures, 12 à 24 heures, 24 à 48 heures, 48 à 72 heures, et > 72 heures.
Résultats : Au total, 257 cas d’engelures graves ont été recensés. L’âge moyen était de 42,5 ans (ÉT 13,7), et 208/257 (80,9 %) des patients étaient de sexe masculin. Les PSI représentaient 140/257 (54,5 %) des cas, et le statut d’hébergement était inconnu dans 40/257 (15,6 %). L’itinérance a été identifiée comme facteur déclencheur d’engelure dans 102/257 (39,7 %) des cas. L’itinérance n’a pas été un prédicteur statistiquement significatif du grade d’engelure (p = 0,109; RC = 1,55; IC à 95 % = 0,910 – 2,67). Cependant, les PSI ont connu des délais significatifs dans leur arrivée à l’urgence (p < 0,001; RC = 2,90; IC à 95 % = 1,73 – 4,91). Les PSI étaient près de trois fois plus susceptibles de se trouver dans une catégorie de délai pluslongue comparativement aux personnes hébergées. De plus, parmi les PSI de cette étude, 43,48 % des cas de grade 4, 25,86 % des cas de grade 3 et 34,48 % des cas de grade 2 sont survenus à des températures supérieures à -20 °C.
Retombées et leçons apprises : Les personnes en situation d’itinérance présentaient une probabilité trois fois plus élevée de retard dans leur présentation à l’urgence pour engelures graves. En outre, une proportion importante de ces blessures est survenue à des températures supérieures à -20 °C. Cette étude suggère que les systèmes actuels de réponse aux vagues de froid devraient réévaluer les occasions de prévention, les stratégies de soins proactifs et la disponibilité d’abris pour les PSI à des températures plus chaudes que -20 °C — un seuil plus élevé que celui prévu par de nombreuses politiques municipales de réponse au froid
Consultations fréquentes dans les services d’urgence pour des problèmes de santé mentale et de toxicomanie : le point de vue des prestataires de soins de santé
Background: Rising mental health and addiction (MHA) related emergency department (ED) visits has been reported as a contributing factor for ED crises and increased healthcare costs. Studies on the issues have largely focused on patients’ perspective, while as another side of the phenomenon, healthcare providers’ (HCPs) experiences have been less researched. The purpose of this study was to explore the perspectives of HCPs on the issues.
Methods: In this qualitative research, data collection involved semi-structured individual interviews. Thematic analysis approach was utilized in data analysis.
Results: Six HCPs from diverse disciplines participated in this qualitative study. Four major themes emerged from the data analysis: (a) social determinants of mental health (housing crisis and financial problems); (b) structural barriers (overstimulation and not a priority in ED, inadequate knowledge and training among HCPs, lack of detox facilities, stigma from HCPs, shortages of HCPs); (c) suggestions for prevention (more funding/ resources and early childhood education) and (e) HCP’s response to working with patients (making a difference and rewarding).
Conclusions: The study revealed that low socio-economic status and limited availability of community services were major factors for frequent MHA-related ED visits. All levels of governments, communities, and HCPs, especially nurses, should work together to better understand the complex needs of individuals with MHA disorders, and develop and implement effective interventions, ultimately reduce MHA-related ED recidivism.Contexte : L’augmentation du taux de consultation des services d’urgence pour des problèmes de santé mentale et de toxicomanie (SMT) a été identifiée comme étant un facteur contribuant à la crise des services d’urgence (SU) et à l’augmentation des coûts des soins de santé. Bien que les recherches antérieures se soient largement intéressées au point de vue des patients, peu d’attention a été accordée au point de vue des prestataires de soins de santé (PSS). Cette recherche examine plus particulièrement les perceptions des prestataires de soins sur les raisons pour lesquelles les patients souffrant de problèmes SMT se présentent fréquemment aux urgences.
Méthodes : Cette étude qualitative s’est appuyée sur des entretiens individuels semi-structurés pour la collecte des données. Une approche d’analyse thématique a été adoptée pour l’analyse des données.
Résultats : Six PSS provenant de différentes spécialités ont participé à cette étude qualitative. Il ressort de l’analyse des données quatre thèmes principaux : (a) les déterminants sociaux de la santé mentale (crise du logement et problèmes financiers) ; (b) les obstacles structurels (surstimulation et absence de priorité dans les services d’urgence, lacunes dans les connaissances et la formation des PSS, faible nombre d’établissements de gestion du sevrage, stigmatisation par les PSS, pénurie de PSS) ; (c) des propositions de prévention (plus de financement/ressources et éducation de la petite enfance) et (d) la réaction des PSS au travail avec les patients (avoir un impact et valorisant).
Conclusions : Selon l’étude, les PSS estiment que le statut socio-économique faible et la disponibilité limitée des services et des ressources communautaires en matière de santé mentale sont des facteurs clés qui contribuent à la fréquence des visites aux urgences liées aux problèmes de SMT. Afin de mieux comprendre les besoins complexes des personnes souffrant de SMT, tous les niveaux de gouvernement, les organismes communautaires et les PSS, tout particulièrement le personnel infirmier, devraient collaborer à l’élaboration et à la mise en œuvre d’interventions efficaces visant à réduire les visites fréquentes aux urgences ou les réadmissions liées à des problèmes de SMT
Fréquentation des urgences pour des motifs de santé mentale et de dépendance : perspectives des professionnels de la santé
Background: The rise in mental health and addiction (MHA)-related emergency department (ED) visits has been recognized as a contributing factor to ED crises and increasing healthcare costs. While prior research has largely centered on patients\u27 perspectives, limited attention has been given to healthcare providers’ (HCPs) insights. This qualitative study specifically explores HCPs’ perceptions of the reasons patients with MHA issues frequently present to EDs.
Methods: HCPs were recruited from ED, and MHA services of the local health authority and community agencies. Data collection involved semi-structured individual interviews. The thematic analysis approach was utilized in data analysis.
Results: Six HCPs from diverse disciplines participated in this qualitative study. Four major themes emerged from the data analysis: (a) social determinants of mental health (housing crisis and financial problems); (b) structural barriers (overstimulation and not a priority in ED, inadequate knowledge and training among HCPs, lack of detox facilities, stigma from HCPs, and shortages of HCPs); (c) suggestions for prevention (more funding/ resources and early childhood education) and (e) HCP’s response to working with patients (making a difference and rewarding).
Implications and lessons learned: The findings indicate the importance of MHA specialty training for HCPs, combined with innovative anti-stigma initiatives. Nurses can play a crucial role in policy development focusing on enhancing MHA services, and ultimately reducing MHA-related emergency visits.Contexte : L’augmentation des visites aux services d’urgence (SU) liées à la santé mentale et aux dépendances (SMD) a été reconnue comme un facteur contribuant à la crise des urgences et à la hausse des coûts des soins de santé. Alors que la recherche antérieure s’est principalement concentrée sur les perspectives des patients, peu d’attention a été accordée aux points de vue des professionnels de la santé (PS). Cette étude qualitative explore spécifiquement les perceptions des PS quant aux raisons pour lesquelles les patients ayant des problèmes de SMD se présentent fréquemment aux urgences.
Méthodes : Les PS ont été recrutés dans les services d’urgence, les services de SMD de l’autorité sanitaire locale et dans des organismes communautaires. La collecte de données s’est appuyée sur des entrevues individuelles semi-structurées. L’analyse thématique a été utilisée pour examiner les données recueillies.
Résultats : Six PS issus de diverses disciplines ont participéà cette étude qualitative. Quatre grands thèmes sont ressortis de l’analyse des données : (a) Déterminants sociaux de la santé mentale (crise du logement et problèmes financiers) ; (b) Barrières structurelles (surstimulation et faible priorité aux SU, connaissances et formation insuffisantes des PS, manque d’installations de désintoxication, stigmatisation de la part des PS, et pénurie de personnel) ; (c) Suggestions de prévention (plus de financement et de ressources, et éducation dès la petite enfance) ; (d) Réaction des PS face au travail auprès de cette clientèle (sentiment de faire une différence et gratification professionnelle).
Retombées et leçons apprises : Les résultats soulignent l’importance d’offrir une formation spécialisée en SMD aux PS, combinée à des initiatives novatrices de lutte contre la stigmatisation. Les infirmières et infirmiers peuvent jouer un rôle essentiel dans l’élaboration de politiques visant à renforcer les services en santé mentale et en dépendances, et ultimement à réduire les visites aux urgences liées à ces problématiques
English
Introduction: Health systems across Canada are facing high numbers of patients who use substances, have a diagnosed substance use disorder, or are experiencing a toxic drug poisoning, necessitating innovative approaches to care. The article discusses a unique pilot project that incorporates individuals with experience using unregulated substances (i.e., peers) into emergency departments to improve patient outcomes and enhance staff satisfaction, in response to the significant impact of the toxic drug crisis on healthcare systems.
Methods: The project used an overarching Plan-Do-Study-Act quality improvement framework, and an adapted ‘Four Approaches to Evaluation’ to assess the impacts of embedding peers into the emergency department. Data collection included quantitative/qualitative intake forms, patient/staff experience surveys, and a focus group.
Results: The most common reasons for peer encounters (N = 764) were emotional support, harm reduction, referrals, witnessed consumption, and requests for necessities. The patient survey (N = 51) results demonstrated how the peers helped majority of patients feel safe and more supported while accessing emergency care. ED staff (N = 22) shared positive experiences with the new program, citing improvements in quality of life, access to harm reduction services, and creating a more supportive health system. During focus groups, peers (N = 2) outlined the importance of having this role embedded into emergency departments to ensure patients are receiving the care they need in a high-stress environment that, historically, has had the potential to cause significant harm through stigma and biases to people who use substances.
Conclusion: Integrating peers into EDs during the toxic drug crisis has greatly improved support for both patients and staff. This approach boosts staff morale, reduces workload stress, decreases stigma, and enhances patient care. Overall, it optimizes resources and strengthens both patient and provider experiences.RésuméIntroduction : Les systèmes de soins de santé duCanada affrontent un nombre élevé de patients qui utilisentdes drogues (PUD), qui ont un diagnostic de troublelié à l’utilisation de substances ou qui sont victimesd’un empoisonnement aux drogues illégales, ce qui rendnécessaire l’adoption d’approches novatrices en matièrede soins. En raison du nombre élevé d’intoxications auxdrogues, le personnel des services d’urgence est de plusen plus confronté à l’épuisement professionnel et à ladétresse morale (Van Hout et O’Reilly, 2020). Un projetpilote d’amélioration de la qualité a été mené pour incorporerdes personnes ayant une expérience de la consommationde drogues illégales (c’est-à-dire des pairs)dans les équipes des services d’urgence afin d’améliorerles résultats pour les patients et de renforcer le soutiendu personnel, pour répondre à l’impact significatif de lacrise des drogues illégales toxiques sur les systèmes desoins de santé.Méthodes : Le projet s’est appuyé sur un cadred’amélioration de la qualité Planifier-Exécuter-Étudier-Agir (PEÉA) et sur une évaluation à méthodes mixtesaxée sur l’utilisation pour évaluer l’impact de l’intégrationdes pairs dans le service des urgences. Un modèlede méthodes mixtes a été adopté pour recueillir desdonnées à partir de formulaires d’admission, d’enquêtessur l’expérience des patients et du personnel, et d’ungroupe de discussion semi-structuré composé de membresdu personnel de soutien par les pairs.Résultats : Les principaux motifs de rencontre avecles pairs (n = 764) étaient le soutien émotionnel, laréduction des méfaits, un aiguillage, la consommationen présence d’un témoin et la demande de produitsde nécessité de base. Selon les résultats de l’enquêteauprès des patients (n = 51), les pairs ont aidé la majoritédes patients à se sentir en sécurité et plus soutenuslorsqu’ils accédaient à des soins d’urgence. Les membresdu personnel des urgences (n = 22) se sont montréspositifs dans l’enquête sur le nouveau programme depairs, soulignant l’amélioration du soutien aux patients,l’accès accru aux services de réduction des méfaits etles progrès d’un système de soins de santé plus fiable.Lors des groupes de discussion, les pairs (n = 2) ontsignalé l’importance d’intégrer ce rôle dans les servicesd’urgence afin de s’assurer que les patients reçoiventles soins dont ils ont besoin dans un environnementà niveau de stress élevé qui, au fil du temps, a eu le potentiel de causer des dommages importants en raisonde la stigmatisation et des préjugés à l’égard des PUD.Conclusion : L’intégration d’intervenants en services desoutien aux pairs dans le service des urgences pendantla crise des drogues illégales toxiques a amélioréle soutien apporté aux patients et au personnel. Cettestratégie pourrait également améliorer le moral dupersonnel, réduire le stress de la charge de travail,diminuer les préjugés à l’égard des PUD et améliorer lessoins prodigués aux patients. Le but est d’optimiser lesressources et de renforcer l’expérience vécue par lespatients et les soignants en intégrant des pairs
Conseils et astuces cliniques : la capnographie au service des urgences — notions de base
Capnography is an underappreciated tool in the Emergency Department. Continuous monitoring of a patient’s CO2 output provides insights into their ventilatory, perfusion, and metabolic status at the bedside. Since it is a continuous process, capnography can often warn of dangerous conditions, especially deteriorations, seconds to minutes before other modalities. This article briefly reviews the physiology behind CO2 production, how capnography monitors work, and what they tell us. Key waveforms are reviewed, with emphasis on those that may impact immediate patient care decisions. The remainder of the article briefly discusses various clinical presentations and how the associated capnography measurements, along with patient history and other diagnostic tools, can provide early notice of life-threatening conditions or deterioration.Résumé :
La capnographie est un outil sous-estimé par les services d’urgence. La surveillance continue du dioxyde de carbone (CO2) expiré permet de connaître l’état de la ventilation, de la perfusion et du métabolisme d’un patient au chevet. Comme il s’agit d’un processus continu, la capnographie peut souvent signaler la détérioration d’un patient quelques secondes ou quelques minutes avant que d’autres modalités (par exemple, l’oxymétrie de pouls et la tension artérielle) ne soient prises en compte). Le présent article examine brièvement la physiologie de la production de CO2, le fonctionnement des moniteurs de capnographie et ce qu’ils nous apprennent. Les formes d’ondes courantes et importantes sont passées en revue, avec un accent particulier sur celles pouvant influencer les décisions cliniques immédiates. Le reste de l’article présente brièvement diverses présentations cliniques et explique comment les mesures de capnographie associées à l’anamnèse à d’autres outils de diagnostic peuvent signaler précocement des conditions potentiellement mortelles ou une détérioration de l’état du patient