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La bombe et les essais nucléaires français entre indépendance stratégique et dépendance technologique (1957-1975)
International audienceLa France a-t-elle fait sa bombe toute seule ? C'est la thèse généralement admise par l'historiographie. Nous proposons de discuter cette conception sur la base des archives françaises déclassifiées depuis 2021 et de sources consultées à Londres et Washington. Le contraste entre un programme d'armement nucléaire clandestin, non assumé devant l'opinion publique sous la IV e République, et l'affichage par le général de Gaulle d'une bombe nationale, garante de l'indépendance et signe du relèvement de la France, occulte une réalité méconnue : un écart entre l'indépendance stratégique et la dépendance technologique qui a caractérisé la mise en oeuvre de l'arme nucléaire. Un programme d'armement atomique se développe sous la IV e République in a fit of absence of mind ou du moins dans un secret qui dispense d'afficher objectif et calendrier. Les principaux organes de décision, le « Comité des Explosifs nucléaires », créé par un décret du 26 octobre 1954, puis le comité des sites lointains, qui planifie le programme des tirs, sont secrets et demeurent largement méconnus . La coopération avec les États-Unis pour acquérir la bombe (engin et vecteurs) est non moins discrète. Théoriquement empêchée par la législation américaine (McMahon Act), elle existe en réalité, ce dont témoignent aussi bien les archives françaises qu'américaines et britanniques, avant comme après la rupture gaullienne. Le secret ne doit pas nous abuser en donnant l'impression d'un dessein réfléchi et cohérent : la politique d'acquisition d'une force de frappe ne progresse pas de façon linéaire, suivant un agenda caché. Les divergences entre les acteurs français d'une part, les contingences liées aux circonvolutions du partenaire américain d'autre part, caractérisent ce processus de décision avant le tournant du printemps 1958. Cette coupure institutionnelle elle-même ne constitue pas une rupture nette dans l'histoire de l'atome militaire : de Gaulle n'exclut pas d'emblée de doter la France avec l'aide de Washington grâce à une révision du McMahon Act. Le choix de l'indépendance stratégique qui met en scène une grandeur française retrouvée, se formule progressivement. Cela n'arrête pas l'histoire de la coopération franco-américaine en matière nucléaire, sur le plan technologique. La rupture concerne en réalité un déplacement du secret. Ce dernier couvrait sous la IV e République le programme atomique militaire. Il concerne désormais la dimension transnationale du programme français qui prend plusieurs visages de la coopération dissimulée jusqu'à l'espionnage en passant par des échanges informels. Entre 1966 et 1996, 193 essais nucléaires sont réalisés par la France en Polynésie française. Les États-Unis et la Grande-Bretagne ont investi vingt ans plus tôt les îles du Pacifique et le désert du Nevada pour implanter leurs sites d'essais nucléaires . Ils y ont acquis une expertise technique liée au milieu insulaire et aux tirs souterrains. La vitesse à laquelle les Français construisent le Centre d'Expérimentation du Pacifique (CEP) de 1963 à 1966, pour réaliser 46 tirs atmosphériques entre 1966 et 1974 puis le passage aux essais souterrains à partir de 1975, s'expliquent pour partie par le recours à l'aide technique et matérielle des Américains et des Britanniques. La coopération francoanglo-américaine, indirecte puis informelle se met en place pour aider la France dans son programme d'essais nucléaires en Polynésie. Cette coopération, évolutive et multiscalaire se traduit par des circulations d'acteurs militaires, diplomatiques et scientifiques
Le recrutement contractuel sur un emploi permanent ne suffit pas pour requalifier un contrat de vacataire
International audienceNote sous CAA Douai, 4 décembre 2024, no 23DA0025
The El Niño Southern Oscillation (ENSO) Recharge Oscillator Conceptual Model: Achievements and Future Prospects
International audienceAbstract The recharge oscillator (RO) is a simple mathematical model of the El Niño Southern Oscillation (ENSO). In its original form, it is based on two ordinary differential equations that describe the evolution of equatorial Pacific sea surface temperature and oceanic heat content. These equations make use of physical principles that operate in nature: (a) the air‐sea interaction loop known as the Bjerknes feedback, (b) a delayed oceanic feedback arising from the slow oceanic response to winds within the equatorial band, (c) state‐dependent stochastic forcing from fast wind variations known as westerly wind bursts (WWBs), and (d) nonlinearities such as those related to deep atmospheric convection and oceanic advection. These elements can be combined at different levels of RO complexity. The RO reproduces ENSO key properties in observations and climate models: its amplitude, dominant timescale, seasonality, and warm/cold phases amplitude asymmetry. We discuss the RO in the context of timely research questions. First, the RO can be extended to account for ENSO pattern diversity (with events that either peak in the central or eastern Pacific). Second, the core RO hypothesis that ENSO is governed by tropical Pacific dynamics is discussed from the perspective of influences from other basins. Finally, we discuss the RO relevance for studying ENSO response to climate change, and underline that accounting for ENSO diversity, nonlinearities, and better links of RO parameters to the long term mean state are important research avenues. We end by proposing important RO‐based research problems
CITIS : les droits de l'agent après l'échec de la période de préparation au reclassement
International audienceNote sous TA Besançon, 10 juillet 2024, no 2201150 (C+
Urgence sanitaire et obligation vaccinale : la situation des maîtres délégués des établissements d'enseignement privé sous contrat simple
International audienceNote sous TA la Guadeloupe, 27 septembre 2024, no 2200861 (C+
IMPACT DES VARIATIONS GRAMMATICALES DES ÉNONCÉS MATHÉMATIQUES SUR LES RÉPONSES DES ÉLÈVES.ÉTUDE EXPLORATOIRE
International audienceThis paper reports on an ongoing exploratory study into the possible impact of the grammaticalstructure of the PISA ITEM statements on student answers. We present the a priori analysis of one ofthe PISA 2022 ITEMs, our experimental protocol and we describe the bi-plurilingual experimentalcontexts in hexagonal France and Overseas, and we present our first resultsCe texte rend compte d'une étude exploratoire en cours, sur le possible impact de la structure grammaticale d'énoncés de problèmes mathématiques du PISA sur les réponses des élèves. Nous présentons l'analyse a priori d'un des ITEMs du PISA 2022, notre protocole d'expérimentation et nous décrivons les contextes bi-plurilingues de France hexagonale et d'Outre-mer dans lesquels ont été menées les premières expérimentations et nous présentons nos premiers résultats
« Échapper à la monolangue » : l’engagement poétique de Flora Aurima Devatine et de Chantal T. Spitz
International audienceFlora Aurima Devatine and Chantal T. Spitz, both activists supporting the Ma'ohi cultural emancipation and identity, are two major writers of Tahitian literature. They also co-founded the magazine Littérama'ohi, which they successively directed.This article aims at showing how their respective works, whether in verse or in prose, strive to “escape the monolanguage to impassion [their] multiple influences”, to free themselves from the “language of the Winner” in order to invent a French language pollinated by Tahitian and traditional forms of 'ōrero. We are also interested in the way they worked to rid the Polynesians of their inhibitions regarding writing, to bring indigenous Polynesian literature in a forum (Littérama'ohi) and in a theater (Pina'ina'i), and in their constant concern for dialogue-writing with other “pacific peoples”.Militantes en faveur de l’émancipation culturelle et identitaire ma’ohi, Flora Aurima Devatine et Chantal T. Spitz sont deux écrivaines majeures de la littérature tahitienne. Elles ont cofondé la revue Littérama’ohi, qu’elles ont dirigée successivement. Cet article se propose de montrer comment leurs œuvres respectives, en vers ou en prose, s’attachent à « échapper à la monolangue pour flamboyer [leurs] multiples influences », à se libérer de la « langue du Vainqueur » pour inventer un français pollinisé par le tahitien et les formes traditionnelles du ‘ōrero. On s’intéressera aussi à la façon dont elles ont œuvré pour décomplexer les Polynésiens vis-à-vis de l’écriture, faire entrer la littérature autochtone polynésienne sur un forum (Littérama’ohi) et sur un théâtre (Pina’ina’i) et à leur souci constant d’écriture-dialogue avec les autres « peuples pacifiques »
Vieillir en Polynésie française : rapports intergénérationnels, conditions de vie et bien-être à la retraite. Synthèse scientifique remise au Ministère de la famille et des solidarités de la Polynésie française
En Polynésie française, l’organisation du care aux personnes âgées relève d’un modèle familialiste, pour l’heure faiblement régulé par les pouvoirs publics. Ce modèle se trouve aujourd’hui confronté à diverses dynamiques de changement social qui contribuent à le mettre en tension (migration des descendants, notamment des jeunes, aspiration à l’autonomie résidentielle et à la décohabitation entre générations, intégration des descendants dans l’emploi salarié). Face à ces dynamiques, les enjeux du vieillissement suscitent une visibilité croissante dans les médias et l’action publique. Cette dernière, en voie de structuration, est actuellement orientée vers une professionnalisation de la prise en charge à domicile des personnes âgées dépendantes ou en perte d’autonomie. Toutefois, au vu des inégalités socio-économiques à l’œuvre sur le territoire, toutes les familles ne détiennent pas les mêmes ressources ni les mêmes conditions matérielles pour accompagner leurs aînés. Pour l’heure, les dispositifs d’aide sociale disponibles (tels que celui de l’ « aidant feti’i ») bénéficient à une minorité d’aidants familiaux (environ 300 selon les dernières données institutionnelles). La qualité de l’accompagnement dépend, par ailleurs, du niveau d’implication des proches disponibles au quotidien, de la qualité des relations familiales, des niveaux de revenus, des lieux de vie, des possibilités d’accès aux biens et aux services (para)médicaux et sociaux ainsi que de l’accès à l’information concernant les droits et dispositifs publics disponibles, en termes d’aide sociale et sanitaire