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RB712 and RB713 antibodies recognize the Spargel protein by ELISA
The recombinant antibodies RB712 and RB713 detect by ELISA the Drosophila melanogaster Spargel protein (or GCH) fused to a GST protein
De l’action citoyenne à la mémoire citoyenne: Itinéraire d’un fonds d’archives exemplaire
Le Groupe citoyen « Culture religieuse et humaniste à l’école laïque », arrivé à la fin de ses activités, souhaitait mettre ses archives à disposition du public. C’est le début d’un échange fructueux entre chercheur.euse.s, étudiant.e.s, sociologues, archivistes et membres actifs du Groupe citoyen en question. Les documents sont évalués, décrits, classés, en même temps qu’ils sont exploités par des scientifiques. Il en ressort la publication d’un ouvrage, un colloque sur deux jours regroupant de nombreu.se.s intervenant.e.s, et le dépôt du fonds dans une institution d’archivage qui s’empresse de le mettre à disposition du public. Cette expérience enrichissante montre les possibilités qui existent lorsque producteur.ice.s de documents, scientifiques et professionnel.le.s de l’information unissent leurs compétences. Elle souligne aussi l’importance de conserver la mémoire de l’action citoyenne au sens large, au-delà de l’action des seuls services de l’Etat.
Abstract
The Citizen\u27s Group « Culture religieuse et humaniste à l’école laïque » ("Religious and Humanist Culture in Secular Schools"), having reached the end of its activities, wished to make its archives available to the public. This is the beginning of a fruitful exchange between researchers, students, sociologists, archivists and active members of the Citizen Group. The documents are evaluated, described and classified, while at the same time they are used by scientists. The result was the publication of a book, a two-day symposium attended by many speakers, and the deposit of the documents in an archival institution, which promptly made it available to the public. This enriching experience shows the possibilities that exist when document producers, scientists and information professionals combine their skills. It also underlines the importance of preserving the memory of citizen action in the broadest sense, beyond the actions of state services alone
Inna PERHEENTUPA. Feminist Politics in Neoconservative Russia. An Ethnography of Resistance and Resources. Bristol: Bristol University Press, 2022, 204 p.
Le grand mélange
This article is the result of my reflexion, on myself, on my city, on my country in this political, military, cultural situation that is ours now. As If I had gone back to my years of youth, I asked myself the same obsessive and inescapable questions over and over again: how could this have happened, how could we, and in particular I, do something to avoid the catastrophe? When did this country, which seemed be committed to the path of freedom, commit a fatal error? What have we done that we should not have done? And who is this “we”? Who is this “me”? Is there any future left for those who have so easily and unwittingly repudiated it to favour an illusory present, bewitched by a past that was itself invented by ideologues from their ivory tower? Are they many in Russia that endorse the war, and where are the sources of our resistance? What is happening to our language, to human nature? I raise all this as an artist and as a human being who is facing a critical situation.
Those reflexions took me three long months, from the stifling heat of August to the darkest days of November, which was cold in Russia. This article is the diary of my observations on the things of this world, on the dead and the living, on the mystical and the mundane, on the changes that have affected Moscow and its inhabitants in the last few months, on the process by which I understood that there are two “peoples of Russia”, impossible to mix, who are ontologically hostile and who have now met at a crossroads, although they are following opposite directions.
Cet article est le résultat de ma réflexion, sur moi-même, sur ma ville, sur mon pays dans cette situation politique, militaire et culturelle qui est aujourd’hui la nôtre. Comme si j’étais retournée aux années de ma jeunesse, je me suis posé et reposé les mêmes questions obsédantes et incontournables : comment cela a-t-il pu arriver, aurions-nous pu, et en particulier moi, faire quelque chose pour éviter la catastrophe ? Quand ce pays qui, semblait-il, s’était résolument engagé sur le chemin de la liberté, a-t-il commis une erreur fatale ? Qu’avons-nous fait que nous n’aurions pas dû faire et, surtout, qui est ce « nous » ? Qui est ce « moi » ? Reste-t-il un avenir à ceux qui l’ont répudié si facilement, à leur propre insu, en faveur d’un présent illusoire, ensorcelé par un passé qui lui-même a été inventé par des idéologues en chambre ? Sont-ils nombreux, ceux qui, en Russie, approuvent la guerre, et où se trouvent les sources de notre résistance ? Qu’arrive-il à la langue, à la nature humaine ? J’évoque tout ceci en artiste et en être humain qui se trouve dans une situation critique.
Ces réflexions m’ont pris trois longs mois depuis les chaleurs étouffantes d’août jusqu’aux journées les plus sombres de novembre, qui a été froid en Russie. Cet article est le journal de mes observations sur les choses de ce monde, sur les morts et les vivants, sur le mystique et le banal, sur les changements qui ont affecté Moscou et ses habitants au cours des derniers mois, sur le processus au terme duquel j’ai compris qu’il y avait deux « peuples de Russie », dont la mixtion est impossible, qui étaient ontologiquement hostiles et qui se sont rencontrés aujourd’hui à un croisement de routes, alors qu’ils suivent des directions opposées
Deux voyages d’écrivains en Arménie au début des années 1960 : les regards de Vassili Grossman et de Simone de Beauvoir
Vasily Grossman, the Soviet author of the novels Life and Fate and Everything Flows, travelled to Armenia in November and December 1961, to rewrite the Russian translation of a book, written in Armenian by one of the leaders of the Union of Armenian Writers, Hratchia Kotchar. Less than two years later, in September 1963, the French intellectuals Simone de Beauvoir and Jean-Paul Sartre, surrounded by local authorities, including Hratchia Kotchar, spent two or three days in this Soviet republic, at the very end of a six-week stay in the USSR.
Afterwards, Grossman and Beauvoir – but not Sartre – both wrote texts in the first-person singular recalling their stays in Armenia, and, if these texts are of very different lengths, they reflect two partly complementary observations of Armenia, its society and its literary world at a specific time: during the Thaw and de-Stalinisation. Furthermore, Grossman develops in his text an explicit comparison between Armenians and Jews, two peoples who were victims of mass massacres in the 20th century, and he thus continues his reflection on the totalitarianisms of the century. Therefore, his and Beauvoir’s texts are also revealing of the perceptions and expectations of their authors: a Soviet writer, who had become very critical of Stalinism and Leninism, marked by the collective murders of the 20th century, and seduced by the simple people in Armenia, and a French woman who remained fascinated by communism and revolutions, and spoke neither Russian nor Armenian.Vassili Grossman, auteur soviétique des romans Vie et destin et Tout passe, se rend en Arménie en novembre et décembre 1961 pour y retravailler la traduction en russe du roman de l’un des dirigeants de l’Union des écrivains arméniens, Hratchia Kotchar. Moins de deux ans plus tard, en septembre 1963, les intellectuels français Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, constamment entourés par les autorités locales, dont Hratchia Kotchar, passent deux ou trois jours dans cette république soviétique, à la toute fin d’un séjour de six semaines en URSS.
Grossman et Beauvoir – mais pas Sartre – écriront des textes à la première personne du singulier sur leur séjour en Arménie, et, si ces textes sont de longueurs très différentes, ils ont le mérite de figer deux regards en partie complémentaires sur l’Arménie, sa société et son monde littéraire à une époque précise : celle du Dégel et de la déstalinisation. En outre, Grossman développe dans le sien une comparaison explicite entre Arméniens et Juifs, deux peuples victimes de massacres de masse au XXe siècle, et il poursuit ainsi sa réflexion sur les totalitarismes du siècle. Ces deux textes sont donc aussi révélateurs des perceptions et des attentes de leurs auteurs : un Soviétique, désormais très critique du stalinisme et du léninisme, marqué par les meurtres collectifs du XXe siècle et séduit par les gens simples d’Arménie, et une Française qui demeure fascinée par le communisme et les révolutions, et ne parle ni russe ni arménien
Littérature interdite
Gorbachev’s call for Glasnost made it possible to re-examine the “blank pages” of history, particularly those of the Stalinist period in Armenia as in the rest of the USSR. In Armenia, the first republic to tear down the statue of Lenin (13 April 1991), this new Thaw opened the way for a critique of Stalinian nationalities policy in terms of territorial organisation (the demand for reuniting Nagorno-Karabakh to Armenia) and of cultural life (the attempt to erase national past and identity). Published in the liberal Garoun [Spring], in April 1991, a few months before the declaration of independence and the end of the USSR, David Gasparian presents a not exhaustive list of the literature banned during the Great Terror. Drawn from the archives, the list offers a sample of the works considered dangerous by the censors: from the 19th century classics, including those with progressive, if not socialist, ideals, to the revolutionary writings of the rallied partisans of the new regime. The article also shows the oscillating directives of the Party, which the censors do not always manage to follow, at the risk of becoming victims of the purges themselves. The chronology of reprints of these works in Armenia is a political barometer. Reprints abroad allow us to map the communities in the diaspora where the literary heritage was preserved. The number of reprints and translations give us a glimpse of the reception of this literature.L’appel à la Glasnost de Gorbatchev a permis de revisiter les « pages blanches » de l’histoire, en particulier celles de la période stalinienne en Arménie comme dans le reste de l’URSS. Dans cette république, la première à déboulonner la statue de Lénine (13 avril 1991), ce nouveau Dégel a été l’occasion d’une critique de la politique des nationalités du régime en matière territoriale (la revendication de rattachement du Haut-Karabagh) et culturelle (l’effacement du passé national et de l’identité). Publié dans la revue libérale Garoun [Printemps], en avril 1991, quelques mois avant la déclaration d’indépendance et la fin de l’URSS, cet article de David Gasparian rappelle à travers une liste – non exhaustive – quelle fut la littérature interdite par la censure lors de la Grande Terreur. Tirée des archives, la liste offre un échantillon des œuvres considérées comme dangereuses pour la censure : des classiques, y compris ceux empreints d’idéaux progressistes, sinon socialistes, du XIXe siècle, aux écrits révolutionnaires des partisans ralliés au nouveau régime. L’article montre aussi la ligne sinueuse des directives du Parti, que les censeurs n’arrivent pas toujours à suivre, au risque d’être eux-mêmes victimes des purges. La chronologie des rééditions de ces œuvres en Arménie constitue un baromètre politique. Les rééditions à l’étranger permettent d’établir la cartographie des communautés de la diaspora où l’héritage littéraire fut préservé. Le nombre de ces rééditions et des traductions laisse entrevoir la réception de cette littérature
James R. Fichter (dir.) (2019) - British and French Colonialism in Africa, Asia and the Middle East: Connected Empires across the Eighteenth to the Twentieth Centuries
Critical review: James R. Fichter (ed.), British and French Colonialism in Africa, Asia and the Middle East: Connected Empires across the Eighteenth to the Twentieth Centuries, Cham, Palgrave Macmillan, 2019, 353 p.Recensé : James R. Fichter (dir.), British and French Colonialism in Africa, Asia and the Middle East: Connected Empires across the Eighteenth to the Twentieth Centuries, Cham, Palgrave Macmillan, 2019, 353 p
Alessandro Stanziani (2020) - Les métamorphoses du travail contraint. Une histoire globale (XVIIIe-XIXe siècles)
Critical review: Alessandro Stanziani, Les métamorphoses du travail contraint. Une histoire globale (XVIIIe-XIXe siècles), Paris, Presses de Sciences Po, 2020, 328 p.Recensé : Alessandro Stanziani, Les métamorphoses du travail contraint. Une histoire globale (XVIIIe-XIXe siècles), Paris, Presses de Sciences Po, 2020, 328 p
« One country, one government, one flag and soon one currency »: Le franc CFA au Cameroun anglophone (1960-1963)
This article analyses monetary propaganda during the introduction of the CFA franc in the Anglophone regions in Cameroun 1962. The dispositive of the CFA franc as well as the monetary iconography were important elements of the invention of the Cameroonian nation. The campaign of monetary conversion reflects not only the ambivalence of national unity and money, but also the specificities of colonial monetization in the franc zone. This article stresses currency as an instrument for political legitimation and construction of a national identity. During the reunification of Cameroun, the franc CFA was an instrument of power as well as an object of contestation. The nationalist policy of Ahmadou Ahidjo was a hidden French colonialism in which CFA franc iconography functioned as a diplomatic tool for the French government, a legitimizing myth for Ahidjo, but also as an object of contestation for anticolonial nationalisms.Cet article analyse la propagande monétaire au moment de l’introduction du franc CFA dans les régions anglophones du Cameroun en 1962. Le dispositif du franc CFA ainsi que l’iconographie monétaire constituent des enjeux importants dans l’invention de la nation camerounaise. La campagne de conversion monétaire reflète non seulement l’ambivalence de la nation et de la monnaie au Cameroun, mais également les spécificités de la monétisation coloniale dans la zone franc. Cet article met l’accent sur la monnaie comme instrument de légitimation politique et de construction d’une identité nationale. Pendant la réunification du Cameroun, le franc CFA est à la fois un instrument de pouvoir, mais aussi un objet de contestation. La politique nationaliste d’Ahmadou Ahidjo a été une politique coloniale française déguisée où l’iconographie du franc CFA servait à la fois d’outil diplomatique pour le gouvernement français, de mythe légitimateur pour Ahidjo, et d’objet de contestation pour les nationalismes anticoloniaux
Écoles publiques et écoles privées au Sénégal : des réponses différentiées face à la Covid-19
Studies on educational inequalities in francophone Africa are emerging research topics. In Senegal, after the debate on quantitative democratization related to access and retention of children in school, the issue of quality is now at the center of concerns. The liberalization of the education sector in the 1990s opened up new forms of inequalities between the private and public sectors. With the arrival of the Covid-19 pandemic, inequalities are widening, as institutions do not have the same resources and capacities to adapt. Thus, the differentiated responses of public and private institutions will be analyzed. From qualitative and quantitative data collected, between November 2020 and April 2021, it can be seen that the implementation of the health protocol and pedagogical continuity confirms that private Catholic and elitist secular schools are better placed to adapt to the crisis, given their history, their mode of governance, and their financial means as well as those of families.Les études sur les inégalités en éducation en Afrique francophone constituent des thèmes de recherche en développement. Au Sénégal, après le débat sur la démocratisation quantitative liée à l’accès et au maintien des enfants à l’école, la question de la qualité est de nos jours au centre des préoccupations. La libéralisation du secteur de l’éducation dans les années 1990 ouvre de nouvelles formes d’inégalités entre le privé et le public. Avec l’arrivée de la pandémie de la Covid-19, les inégalités se voient renforcées, car les établissements n’ont pas les mêmes ressources et capacités d’adaptation. Ainsi, seront analysées les réponses différenciées des établissements publics et privés. À partir de données qualitatives et quantitatives collectées, entre novembre 2020 et avril 2021, on peut voir que la mise en œuvre du protocole sanitaire et de la continuité pédagogique confirme les meilleures dispositions des écoles privées catholiques et laïques élitistes à s’adapter à la crise, compte tenu de leur histoire, de leur mode de gouvernance et de leurs moyens financiers ainsi que de ceux des familles